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  • Faut-il masser la bite ?

    Nous lirons ce titre avec les réserves qui s'imposent. Il s'agit bien sur du sexe en général mais que je développerai prochainement plus en détail dans d'autres papiers. Ici il prendra une couleur plus masculine et engagée.

    Nous connaissons cette chanson que les militaires ont tous chantés durant leurs longues marches viriles

    Un jour la petite Huguette
    Tripotes moi la bite avec les doigts
    Un jour la petite Huguette
    S'en revenait des bois...

    Longues marches viriles et machistes certes, mais qui en disent long sur notre sexualité et sur le rapport que nous entretenons avec notre corps. Les hommes ne pensent qu'au sexe nous dit-on et cela pousse le masseur et masculiniste que je suis à se demander :

    ...et si les hommes, en massage aussi, ne pensaient effectivement qu'au sexe ?
    Cette observation de première analyse ne peut longtemps tenir dans la forme, face à la discrimination qu'elle suggère réduisant notre sexe à la primitivité du géniteur, et dans le fond, à cause de la complexité des mécanismes archétypiques que cela engage. Car, si les hommes ne pensent qu'au sexe, le sexe lui ne pense pas qu'aux hommes. On ne se complet pas à voir dans l'orchidée une nymphomane, dans le cochon un lubrique et dans l'homme, _race bien à part "on se rassure comme on peut_ un pervers priapique sans donner dans le sexisme le plus crasse et anti-masculin qui soit.

    Nous abordons là le nœud gordien de l'espèce humaine, l'inconciliable dualité qu'il y a entre sexualité et cérébralité, entre nature et culture. En un mot, dois-je faire ce que ma nature me pousse instinctivement à faire, ce que mon corps réclame au plus profond de lui-même en opposition directe avec les lois du groupe, de la société dont j'ai besoin en tant qu'animal social ? L'homme depuis les origine se fait fort de s'extraire de ce monde fait de fange et de tribalité dont il est issu, multiplie codes sociaux et législations qui sont autant de contraintes corsetant nos penchants naturels et nos environnements de vie. Vous vous souvenez de ces panneaux dans Paris lors du ré-aménagement des voies publiques en 2004 ? "Zone urbaine prochainement civilisée"... Ces lois le plus souvent antinomiques avec nos aspirations premières puisque qu'elles dictent au groupe des comportements qui ne lui semble pas suffisamment spontanés pour se sécréter elle-même et que les désirs d'organisation poussent à élaborer. Seulement si organisation et propension tirent dans le même sens elles ne vont pas dans la même direction. Le but étant le bien-être de l'individus mais selon des procédés différents. L'organisation contient la notion d'ordre consubstantiel à l'agencement de toutes complexité et processus de complexification. Toute chose répond à des lois. Seulement la propension de l'individu isolé ne répond qu'à des critères égoïstes et opportunistes dictés par la situation du moment et ce, indépendamment du fait qu'il est lui-même le résultat d'une organisation des lois de la physique extrêmement ordonnées.

    En massage cela donnerait, "dois-je être dans l'égoïsme des pulsions primaires selon l'item envie = sexe en déduction de toute autre considération extérieure, pulsion/exécution ?" ou, "dois-je me glisser, tout à fait naturellement, dans cette douce organisation du massage qui semble, au départ, répondre à mes attentes pulsionnelles faisant cause commune avec ces tenants couple/toucher/relaxation, mais me contraignant à ses aboutissants finaux basés sur des prédicats philosophiques construits et donc pré-contraints ?".

    A ma connaissance seul deux massages ont travaillé et intégrer le sexe dans leur pratique qui sont le tantrique et le massage français par ordre d'ancienneté. Le massage tantrique s'incère dans les arcanes de la cosmogonie hindouiste dont la complexité est inversement proportionnelle à ce à quoi on voudrait le réduire en occident. J'entends par là un massage sans contexte, masturbatoir et surtout éjaculatoir avec validation des acquits sur parchemin estampillé Tantrique.
    Le massage français considère le sexe et plus généralement l'ensembles des zones dites intimes comme de simples composantes du corps qu'il s'agit de manipuler selon des règles bien définies dans deux des trois massages qui le composent, le français-origine et le français-organique. Le massage français-classique, étant ordonnancé pour éviter ces zones afin d'être au plus proche de la sensibilité des personnes et qu'une technique monolithique ne les contraignent pas, pour en bénéficier, à subir un toucher. Le massage français est le fruit de son époque, le XXème siècle dont sont nés beaucoup de massages mais c'est le seul qui se soit développé sans théoriser d'incidences thérapeutiques et en prenant en compte le combat des femmes dans ce qu'il y a en terme d'avancées des moeurs.

    On dit en massage français "amusez-vous à gommer les zones de votre corps qui n'ont pas été massées et regardez à quoi vous ressemblez". C'est un individu nié dans son corps, sans sexe, sans anus mais aussi souvent sans visage, sans articulations. C'est ce que j'appelle le paradoxe du petit orteil. Vous massez le pieds, extrémité s'il en est et en particulier ce petit orteil parce la réflexologie, parce que le raffinement est passé par là, et dès que la personne se retourne on fait celui qui ne voit rien. Cette découpe du sexe est appelée faire "U comme Ventre", c'est à dire quelque chose de pas conforme à l'anatomie, c'est découper la forme de la verge pour ne pas avoir à la toucher en présentant comme une anomalie ce U qui n'est pas la première lettre de Ventre. Pouvez-vous imaginer un seul instant qu'en 2007, en France, pays de droit que le sexe soit l'objet de tant de circonvolutions ?
    Alors ce statut illégitime se délite progressivement, des hommes, des femmes se font masser tous les jours à la française ou en tantrique sans qu'ils n'y trouvent autre chose que le plaisir d'enfin exister dans leur totalité d'Être. Internet avec ses photos disponibles en permanence, la mode de l'épilation, du rasage contre lesquels je peste tant ils participent au conditionnement dans lequel les femmes sont tombées. La place du sous-vêtement aussi dont sexy n'a plus rien à envier aux femmes participe à cette dèsphallusation certes toujours barycentrée mais dont les préoccupations changent.

    « Tout corps pesant a un centre de gravité bien défini en lequel tout le poids du corps peut être considéré comme concentré. » Archimède
    Ce centre de gravité chez l'homme restera toujours génital mais il se regarde désormais autrement.

    Donc à la question "Faut-il masser la bite" je réponds oui car elle mérité plus que les autres son statut de citoyen du corps.