jeudi, 22 novembre 2007
Prostitution et massage
Les faux ennemis
Les prostitué(e)s qui se qualifient comme tels, ou ceux pour lesquel(le)s le travail de sape de l'inconscient à commencé son oeuvre de préservation des équilibres mentaux en ramenant les pratiques sexuelles dans le cadre d'un massage, à de simples finissions, et non comme objectif en soit, ne sont pas les ennemi(e)s de la profession mais les ombres malgré eux.
La prostitution fait la jonction entre la nature spontané de l'homme dans ses expressions sexuelles et la cérébralisation des comportements sexuels nécessaires à toute construction sociale. L'envie immédiate et immédiatement satisfaite chez l'enfant par la mise en oeuvre, souvent brutale, des actions utiles pour obtenir satisfaction, se heurtera à des codes imposés par d'autres que la vie en communauté rend nécessaires. Ce besoin de "prendre de la sexualité", de consommer de suite ce que l'on désir est obtenue par la rémunération d'un tiers. Je ne développerai pas ici les mécanismes qui d'ailleurs m'échappent, opposant besoins et envies, pulsions humaines et résultantes législatives faites d'actualités résiduelles, d'éducations, le tout enfermé dans un contexte le plus souvent agité, pour que soit ressenti comme nécessaire l'application d'une loi. Voir le papier De la dendrochronologie législative
Si nous, masseuses et masseurs, acceptons cette orientation prostitutive que prend le massage à cause de l'incapacité momentané de l'État de donner un statut sinon aux prostitués en tout les cas aux masseurs de relaxation que nous sommes, alors cette assimilation des genres s'amplifiera. J'apporterai deux précisions à cela. La première c'est que ce n'est pas à l'État de statuer sur une profession qui ne se mobilise pas avec vigueur sur ses revendications sociaux-professionnelles. La deuxième choses c'est que pour ma part, je ne souhaite pas que cette distinction entre masseur(se)s et prostitué(e)s se fasse au détriment des professionnel(le)s du sexe. Il y aurait en effet une faute morale d'envergure qu'il nous faut éviter à tout prix et qui consisterait à légitimer un mouvement en tapant sur un autre. La prostitution a toutes les morphologies historiques des boucs-émissaires sur le dos des quels se moralisent les causes les plus diverses. Cette tendance _naturelle mais intellectuellement plus que contestable surtout lorsqu'on l'a compris_ reste inhérente à toute entreprise de reconnaissance, nécessitant la mise en perspective des différences pour asseoir ses revendications. L'objectif étant alors de démontrer le coté pervers de l'absence de loi en montrant du doigts les extrêmes que la société considère comme tels. Ainsi, la prostitution deviendrait le mouton noir de la profession alors qu'il en est un des acteurs. En effet, il ne serait pas envisageable de demander que soit à leur tour, dans le cadre d'une reconnaissance de nos professions, pénalisés ceux qui utiliseraient le vocable de massage et tous ses dérivés pour parer leur pratique sexuelle. Je pense, même si ce n'est pas le sujet ici, que la France ne pourra longtemps faire l'économie d'un débat et d'une loi sur le sujet.
Le massage ne peut avoir d'ennemis mais seulement des gens à convaincre.
Les prostitué(e)s sont tout autant que nous dans le désir de reconnaissance et il est légitime pour eux de vouloir prendre leur distance avec les vocables péjoratifs dont on les affubles pour celui plus lissé de masseurs ou masseuses. Pour y parvenir il nous faut demander que distinction soit faite entre massage et pratiques prostitutives en procédant à la reconnaissance de la pratique des métiers de relaxations en France. Je pense pour ma part, et cela peut sembler un peu paradoxale au vu de mes prises de positions véhémentes que j'ai contre la prostitution en massage tant elle dénature cet art, qu'il devrait y avoir trois catégories de massages reconnues, les massages dit érotiques, les massage de relaxation sans but thérapeutique et enfin les massages thérapeutiques avec en tête le massage kinésithérapeutique. Ça ne sert à rien d'être opposé à une pratique qui s'immiscera toujours partout puisqu'elle est l'expression monnayée de la sexualité et qu'il n'est pas de loi en conformité avec les libertés les plus simples qui puisse l'interdire tout à fait. Quelque soit la position morale que l'on peut avoir, quelque soient les réticences éthiques que je partage tendant à considérer que la prostitution est un échec d'éducation et heurte nos sensibilités et nos idéaux d'amour, force est de constater que cette part de nous-même existe.
Alain Cabello
Jeudi 22 novembre 2007
14:10 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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