vendredi, 23 novembre 2007

De la dendrochronologie législative

à la parlementaro-chronologie de nos élus.

2646b71362586adb3d95facffcfb10da.jpgL'intérêt majeur avec la loi c'est qu'à l'instar de la dendrochronologie qui est l'étude de la datation des arbres par comptage des anneaux d'un tronc, on constate une dendrochronologie législative ou une légis-chronologie dont l'observation minutieuse permet de suivre les évolutions au vu des évènements politiques. Ainsi, les lois ne sont jamais monoblocs, elles se constituent d'une loi-cadre dans laquelle se rangent toute sorte d'aménagements, d'articles souvent travaillés en fonction des intérêts de l'époque. Dans cette "circum-observation" ou observation des circularités de la loi, on voit toute une logique parlementaire qui, selon les sensibilités politiques et l'émotion/médiatisation que le sujet à pu susciter, exhausse des clivages politiques. De la même manière, on peut donc parler de parlementaro-chronologie mais aussi de parlementaro-climatologie constituant le corps d'une loi. Je m'explique. Dans les informations que nous révèlent la création d'une loi, du sujet concerné en passant par les délibérations, les amendements, on voit de fait la ligne politique correspondante non pas seulement à la majorité législative et exécutive mais aussi aux crispations sociales. Une même loi, votée en début de mandature ou à la fin ne donnerait pas le même textes, les mêmes dispositions. Cela veut dire que la loi dépend aussi de la saisons sociale qui l'accompagne et que si elle est votée dans un climat défavorables, voir carrément délétère, on est en droit de se demander si elle conserve toute ça légitimité de loi pensée. La notion par exemple de texte votés à l'arraché, ou en catimini et donc par surprise me laisse perplexe. 
De plus, cet empilement de photographies sociales ne répond que rarement aux aspirations des intérêts en jeux et les majorités qui se nouent ne donnent qu'une ligne médiane par consensus souvent dénaturée et non conforme aux attentes légitimes qui avaient nécessité sa création ou sa réforme. Ce n'est pas là une critique du système parlementaire mais juste la volonté citoyenne d'un homme de s'interroger sur l'influence d'une époque et de ses crises sur les prises de décisions et si le temps ne rend pas de fait hors contexte nombre de textes votés pour répondre à des demandes aujourd'hui différentes. Je déplore les affres de ces arcanes politiques qui ne sont que les maux de son manque d'organisation et non la condamnation de ce-pourquoi elle s'est constitué. Ces majorités parlementaires ou majorité d'idée comme l'avait qualifié Valéry Giscard d'Estaing lors du vote en faveur de la contraception, sont heureusement plus complexes que la Curia Régis ou conseil du roi qui prévalait avant le 18ème siècle et qui ne serait plus vraiment conforment à nos exigences démocratiques.

Dans cette lecture transversale, hâtive et incomplète des mécanismes de la loi, on voit bien que l'évolution des moeurs et les attentes des citoyens changent. Il serait pédagogique et peut-être même sujet à changer le vote de bien des parlementaires si, dès que l'on exhumé une loi pour la "dépoussiérer", on la replacé dans son contexte historique avec projection de vidéos de l'INA, coupures de presse et pourquoi pas "la mode" à la-dite époque. Cela montrerait l'impérieuse nécessité d'être en phase avec son temps et combien ces modifications sont utiles et doivent aboutir à une majorité mature et non partisane.

Alain Cabello
Vendredi 23 novembre 2007

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