mardi, 11 décembre 2007

Exercice illégal de l'exercice illégal

 

 EN COURS D'ECRITURE
LA LECTURE DE CE TEXTE SERA INCOMPLETE

 

Lorsque nous lisons une telle sentence nous sommes tous sidérés d'horreur, "Exercice illégale de la médecine" ce n'est pas rien, c'est pratiquer un art médical sans  validations, sans diplômes avec tous les risques que cela comporte et le seul mot qui nous vient alors spontanément en tête c'est "inconscience, criminel"... On pense au "faux médecin, qui pratiquait depuis des années sans être diplômé", au "simple masseur de relaxation auto-proclamé kinésithérapeute et pratiquant donc illégalement jusqu'à du clapping sur nos enfants". Cette usurpation n'est effectivement pas admissible dans un pays de droit, tant elle s'arroge des capacités que le législateur a reconnu à telle organisation professionnelle elle-même oeuvrant à sa plus application.

Relisons encore cette formule afin de bien mesurer ça gravitée et imaginons la teneur des actes qui peuvent la susciter "Exercice illégale de la médecine". En France, pays de science, pays de réflexions, on se dit que de tels intitulés inscrits dans la loi ont un sens, qu'ils ne sont pas utilisés à la légère et pourtant, ce qui va suivre va vous époustoufler.

La pratique du massage de relaxation en France est interdite. Pire, elle est qualifier, tenez-vous bien, de ce fameux exercice illégal de la dite-médecine... Dans la loi, le fait de toucher un corps dans une enceinte professionnelle est prohibé.
Non non, je ne vous parle pas d'introspections médiévales dans les lois du royaume sous Philippe Le Bel qui condamnerait le massage français dans un édit écrit en latin. J'écrit bien cela aujourd'hui, en 2007 et qui plus est en France.

Exercice illégal de l'exercice illégal
Cela démontre bien qu'un intitulé législatif peut ne plus vraiment protéger les pratiques médicales qu'il est sensés codifier. Pire encore, lorsque que ces intitulés sont entrés comme ils le sont dans le sens commun, lorsqu'ils revêtent tous les signaux du danger perçu comme tel par les gens, il est contre-productif de les employer à la légère et même criminel. Socrate, parlant de la tyrannie et de la démocratie disait que le risque qu'avait la loi dans les deux cas été que le peuple y soit plus soumis qu'il n'y adhère. Le peuple ne fait pas la loi mais il la ressent et personne aujourd'hui de censé, pris au hasard dans la rue ne qualifierait l'art du massage, tel qu'il est perçu en France, de pratique médicale. L'usurpation de statut médicale n'est pas soutenable et aucun masseur de relaxation ne la défend mais il n'est pas davantage tolérable que nos pratiques parfois millénaires soient ainsi bafouées. Nos métiers ne sont pas négociables et aucune autorité ne peut l'interdire sous peine d'atteinte aux libertés d'exercer ça profession. C'est plus qu'un simple problème de reconnaissances professionnelles c'est la place même qu'un État octroie aux toucher. Il est même étonnant qu'il faille légiférer la-dessus hormis pour les massages demandant la validation de leur dimension thérapeutique. Mais imaginer un seul instant qu'un Etat puisse interdire de toucher l'autre est abasourdissant et ne peut s'expliquer que par le parcours historique des reconnaissances médicales de la France. Aujourd'hui, de nouveaux acteurs du massage sont amenés à avoir un écho de plus en plus important dans notre société et le devoir de l'État est de leur donner un statut qui ne saurait passer par des vocables inappropriés. C'est faire abus de la loi et même préjuger de la propriété de nos corps que de considérer le massage seulement réservé aux kinés. Si une telle loi venait à être votée aujourd'hui en France comme dans n'importe quel pays de la communauté européenne, sans être le prolongement de ce qu'elle est c'est à dire l'expression d'une époque révolue, ce serait une dérive dictatoriale caractérisée qui se saurait s'enchâsser dans aucune disposition de droit. Elle serait plus qu'anachronique, elle serait liberticide. Ce serait une sorte de nationalisation des corps. Vous n'avez pas le droit de vous faire toucher sans autorisation de l'Etat. L'Europe ne s'y est d'ailleurs pas trompée et comment le pourrait-elle, en demandant à ses pays membres de légiférer sur ces professions.

Contre-sens et inappropriation
Nous sommes des "RELAXOLOGUES" pratiquants le "modelage".
Ce terme n'est pas le notre, il nous a été appliqué sans concertations, sans autorisation et constitue même un contre sens. Le préfixe de relaxologue contient la notion de détente, de relaxation mais il n'exprime pas le touché comme l'étymologie du mot massage le spécifie. La définition de relaxation que nous propose par exemple les fiches de l'APCE concernant les métiers, c'est "détendre sans toucher, sans contact direct". La musique est un relaxant, prendre une douche relaxe, l'aromathérapie a des incidentes relaxantes en déclenchant des mécanismes physiologiques.
Les origines étymologiques du mot massage, quelles soient hébraïque "mashesh", arabes "massa" ou grecque "massein", elles impliquent toutes le toucher avec les mains, les doigts. Si les mots et leur histoire ont un sens, seul massage peut dénominer notre activité.

Contre-sens légal
Il constitue aussi, à mon humble avis, d'un contre-sens légal. On nous reproche d'utiliser le mot massage dans ce qu'il contient d'exercice illégal de la médecine et on nous propose de le remplacer par "ENVELLOPPEMENT. Mais le souci est dans le mot ou dans la pratique ? Si l'envelloppement permet, ce qui semble être le cas, le massage de relaxation et que la pratique finale reste la même, les dangers supposés du massage restent de fait les mêmes, et si cela pose un vrai risque pour nos concitoyens, il faut l'interdire carrément... Si c'est le mot massage que l'on veut préserver par esprit de prédation parce qu'il serait considéré comme un des tenant de la kinésithhérapie, alors il n'est plus défendable. Le vocable par interprétation pourrait donc prêter à confusion et amener certains à s'égarer dans le shiatsu alors qu'il leurs fallait un kinésithérapeute ?

Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.

Le mot massage peut, à mon sens, être co-utilisé par l'ensemble des acteurs du massage sans que l'on nuise à la crédibilité de telle pratique. Lorqu'on me demande en massage français un rééquilibrage des énergies ou d'insister sur tel méridien, je répond que ces pratiques n'ont pas d'existence dans ce massage.
Pratiquement, toute l'organisation autour de ce mot est faite. Dans les pages jaunes par exemple, lorsque vous cherchez MASSAGE on vous renvoie sur "kinésithérapeutes". Dans l'acception du terme on voit bien que le mot générique de massage ne met en avant aucune pratique autres que celles passant par le toucher. Le mot seul n'est d'ailleurs jamais utilisé pour définir un massage spécifique et s'accompagne systématiquement de son appartenance géographique, thérapeutique ou pratique. Massage suédois, massage français, gestalt-thérapie, massages érotiques et bien sur, massage kinésithérapeutique.
Cette appropriation rendue possible, au lendemain de la seconde guerre mondiale, en l'absence d'intervenants à cette époque, et l'intérêt encore diffus pour les différents massages du monde a été rendu possible et a participé, d'une certaine manière à la démocratisation du massage par l'accolement des termes Masseur-kinésithérapeute-ré-éducateur.

Nous demandons que chaque massage thérapeutique fasse l'objet d'une mise en conformité afin que leur libre exercice ne soit pas entravé.

La pratique du massage de relaxation, aujourd'hui encore ce mercredi 28 novembre 2007 date où j'écris cet article est bien un acte médical complètement illégal puni d'une lourde amende et même d'incarcération dans les geôle de la République. Le législateur a même été jusqu'à légiférer sur "la nature d'un soins esthétique du visage passant par le massage.

 

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Phrases jetées pour la constitution de cet article 

Comprenez bien que les kiné s'en foutent et seul provoquerait une levée de boucliers, d'ailleurs à mon avis légitime, si les masseurs que nous sommes, même complètement assimilés dans la loi, demandaient de pouvoir exercer la kinésithérapie.

c'est à nous aujourd'hui, en tant qu'acteur du massage de nous prononcer

glaçant d'horreur n'importe quel sang d'honnête citoyen, et j'en frissonne moi-même...

Les kinésithérapeutes observant l'exercice illégale de la médecine autour d'eux devraient dénoncer ces établissements comme d'ailleurs les écoles de massages. Imaginez un médecin constatant qu'une personne exerce illégalement le métier de médecin, la réaction serait immédiate. Ces kiné qui travaillent avec nous, qui viennent se faire masser dans nos instituts seraient de mauvais praticiens ? Le constat d'un tel risque devraient engendrer la révocation de ces kinés. Car, si exercice illégal de la médecin il y a, alors il ne peut être distinguer de celui de non assistance à personne en danger puisqu'il s'avère qu'un tel risque existe.

Ne parlons pas de monopole, cela n'a pas de sens,

Béjart, autre français disait "J'ai besoin d'enlever cet espèce de racisme qu'il y a dans la danse, entre les différentes danses;  pour moi il y a l'unité de la danse à travers les pays, à travers continents, à travers le monde". Paraphrasant béjà je dirai qu'il nous faut sortir de cet infernal imbroglio de sens autour de l'utilisation d'un terme, celui de massage. Ne tombons pas dans ce racisme des pratiques, ne hiérarchisons pas nos métiers, de faisons des prostitués le lumpenprolétariat d'une classe ouvrière que nous serions fasse à l'élite de la kinésithérapie. Les oppositions ne crées que des incompréhensions dans lesquelles s'engouffre les préjugés.

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