lundi, 17 décembre 2007
Pénalisation sans délits

EN COURS D'ECRITURE
Je tente par ce papier de poser quelques réflexions que m'inspire cette situation pour le moins étrange qu'est la pénalisation de la profession des masseurs, de l'utilisation même du terme massage et ce que cela implique.
Le terme moulin est utilisé pour définir un tunnel dans lequel disparaît brusquement l'ensemble des eaux de fonte des glaciers, créant alors tout un réseau de conduits souterrains. C'est ce que m'inspire cette disparition législative brutale des massages en France. Cette eau qui provient des différents massages du monde irrigue tout le pays comme nous le voyons, draine avec elle les sédiments de leur culture respective et c'est cela qui rend le massage si unique. Ils arrivent en France par toutes les frontières, se transforment en fleuves, confluent dans nos villes dans lesquels bien des gens se baignent quand tout à coup, ce lien entre les hommes, plus long que la Loire, disparaît dans un moulin terrestre au coeur de la France légale des années 2007/2008.
Mais quel crime est donc le nôtre ?
Y a t-il eu seulement un masseur de relaxation pris en flagrant délit d'exercice illégal de la médecine qu'un collège d'experts pourrait qualifier comme tel ? On pénalise par la loi une intention d'exercice illégale d'actes médicaux, et non un délit avéré par le truchement d'actes effectivement de nature à faire courir un risque grave à la personne, avec usurpation délibérer de titre pour tromper autrui.
L'intention serait-elle donc France un crime puni comme tel ? Que nous reproche t-on à la fin ? Une usurpation de titre pour exercer frauduleusement l'exacte profession pour laquelle cette interdiction a été crée, ou un détournement de qualificatif générique qui n'en comporte pas d'autre pour pratiquer un massage sans lien avec le médical de la corporation protégée...? Si la différence n'en est pas une pour la loi, je suis intimement persuadé qu'elle en deviendra vite une pour un tribunal, et que même s'il ne revient pas au juge de ré-écrire la loi, il peut par la jurisprudence considérer la réalité d'une situation nouvelle ne devant plus faire l'objet d'une application stricte des restrictions votées, les considérants comme contraires aux libertés. On pénalise un acte quotidien aussi fondamental à l'homme que le toucher, on invente un cime sans victimes, un délit sans fautes, on intente des procès sans plaintes autres que celles déposées par un ordre médical, celui des MKR soucieux de conserver un mot qui ne leur est pas spécialement nécessaire, et dont les autres massages du monde ne leur disputent pas l'exclusivité. Le législateur ne peut plus faire l'impasse sur sur cette discrimination devenue insoutenable. Plus un seul ministre de la Santé censé, ayant pris la peine de se pencher sur cette excroissance législative, ne saurait tolérer que la France punisse d'emprisonnement l'exercice de l'art séculaire du massage.
La loi nous consent le terme de relaxologue...
Pourquoi donner pour synonyme, à masseur et massage ceux de "relaxologue ou d'enveloppement", dès lors que les pratiques sont exactement les mêmes ? Cet exercice illégal, présenté comme un risque réel pour la santé publique, est-il dans la pratique frauduleuse et avérée d'une profession médicale ou dans le terme qui le définit ? Si l'objectif est de contrevenir à l'amalgame qui pourrait s'installer entre les différentes pratiques, le sens commun donne déjà au terme massage une signification générique qui va à l'encontre du but rechercher sans désigner de pratiques spécifiques. Alors bien sur ce qui définit un terme ne définit pas forcément sa pratique mais il se trouve qu'il s'applique à l'ensemble des techniques procédant à la manipulation des tissus et par extension on peut l'amener jusqu'aux dispositions mentales nécessaires à son objectif. La kinésithérapie, comme tous les autres massages, ne sont rien d'autres qu'une technique adaptée à leur fonction dont le massage est un des procédés. Mais le massage en soit ne peut pas définir, dans son absoluité, une seule technique à l'exclusion des autres puisqu'il les contient toutes, dès lors que le procédé passe par le touché. La seule différence entre ces massages est dans la façon dont on l'utilise en fonction de l'objectif recherché. C'est une manipulations donnée, à un endroit donné, qui va conditionner le geste pour atteindre l'objectif recherché. L'usurpation n'est donc pas là où l'on s'attend à la trouver mais bien dans le sens exclusif qu'on veut lui réserver pour un résultat sujet à caution puisque lui-même n'est pas utilisé seul pour définir la profession qu'il est censé concerner. Le massage est ainsi un procédé commun par lequel on parvient à des fins différentes.
Ce type d'annexion de terminologie est typique du mouvement de reconnaissances des ordres médicaux du 19ème et s'explique par la position dominante de la kinésithérapie lorsque la loi fut votée.
Aujourd'hui cette politique du tout sécuritaire où l'on tente de protéger malgré eux les citoyens en les alarmants contre des risques fictifs, des danger diffus, rampants, mènent à cet hydre d'un autre âge dans lequel personne n'y trouve son compte. La loi devient ce Cronos mangeant ses propres enfants, pour garder le pouvoir, alors qu'elle devrait être un sémaphore orientant les conduites de chacun. Il y aurait d'un côté, ceux qui sont mis en danger (par le biais de la santé du publique), et de l'autre, ceux qui seraient porteurs de danger comme les masseurs, dont on va jusqu'à pénaliser la pratique que l'on va jusqu' considéré comme une mise en danger délibérée de la vie d'autrui. pour la santé même des gens. Ca signifie que nous allons sciemment attenter à la sécurité physique des personnes, en toute connaissance de cause, pour la seule passion du lucre. Être jugé coupable sans délit correspond aux termes d'un régime politique qui n'est pas celui de la démocratie.

Suite éparpillée de réflexions
Le réquisitoire
Il est aussi fantasque que celui que Philippe Le Bel à mis au point pour orchestrer la chute des Templiers du royaume de France afin d'effacer ses créances et de récupérer l'or qui restait. Nous ne sommes pas accusés de commerce avec le diable et de sodomie parce que l'époque ne s'y prête plus mais au vue des grieffes nous n'en sommes pas loin.
Comme l'indique mon incipit (première phrase d'un texte), la pénalisation de la profession des masseurs et de l'utilisation même tu terme massage sont le coeur de la polémique. C'est toujours dommage d'être confronté à des archaïsmes réfreinant nos désirs mais alors, quand ceux-ci viennent de cet Olympe qu'est la science on reste pantois. La science est l'art de répondre aux phénomènes
Il est remarquable que la stabilité politique de la France nous épargne les châtiments corrélés bien que la prison nous soit promise... Ca reste préférable à la vièrge de fer mais mis en contraste avec les faits rapprochés, ça laisse songeur.
ce n’est pas parce que quelqu’un est impliqué dans une lutte contre une autorité quelconque, (…) que cela signifie qu’il est du côté de ceux qui y sont assujettis"
Contrats léonins Séculier désigne le pouvoir temporel, la justice de l'État, par opposition à spirituel
Le préalable à toute discusion ou organisation corporatiste est la reconnaissance des termes nécessaire à la bonne lisibilité de nos massages
On doit mettre en place un socle commun loin de nes intérêts catégoriels.
ce qu'on pourrait appeler les techniques de pouvoir dans la société contemporaine
Il me semble liberté-loi, c'était une certaine manière d'envisager, de définir la façon dont on pourrait exercer le pouvoir : dans un schéma d'économie de pouvoir rationnel on considère les individus comme sujets de droit détenant un certain nombre de libertés, et liés par un certain pouvoir qui limite lui-même son exercice par la loi.
Il faut tenir compte du fait que le livre n'est pas un livre technique, ce n'est pas le programme commun. C'est un livre qui a été écrit en grande partie par des gens comme moi, c'est-à-dire qui ne connaissent pas grand chose au fond du problème bien qu'il y ait un certain nombre de techniciens qui y aient participé, mais le niveau de discours est assez allusif, rien de très précis. Mais il est significatif d'une certaine manière de poser les problèmes.
Foucault souligne qu'alors que la loi condamnait jadis l'infraction, l'acte transgressant la loi, nous entrons désormais dans une « société disciplinaire » qui condamne le criminel lui-même, appelé « délinquant ». On crée ainsi un type spécial de population, les « délinquants » ou bien les « pervers ». Au lieu de punir l'acte, on criminalise une personne ou une catégorie de la population.
Lundi 17 décembre 2007
Cabello Alain
19:35 Publié dans Massage & loi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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