lundi, 17 décembre 2007
Appel à éxégèse des textes classiques
Il faudrait, mais je n'en n'ai pas la puissance intellectuelle nécessaire, re-visiter les oeuvres classiques, tous les ouvrages traitant sous quelques formes que ce soit du geste, primitif ou moderne, religieux, philosophique, politique desquels nous pourrions tirer l'essence de ce vouloir massant. Les livres de Marcel Jousse par exemple, m'aimantent comme jamais. Cette culture orale palestinienne transpire de gestuelle anthropologique qu'il serait fabuleux de traiter au bénéfice du massage français. Je sens que la différence fondamentale de ce massage sur les autres pratiques que le monde connaît, ne peut se limiter à son seul globalisme corporel ou à une lecture parallèle des symbolismes occidentaux, mais se poursuit dans cette perception de l'étude des textes. Le pire des crétins le sera toujours moins que celui qui se croit supérieur à lui et je pense que le plus illettrés des illettrés, les personnes souffrant de handicapes physiques mais aussi de troubles mentaux sont parfaitement en mesure de devenir de grand(e)s masseur(se)s. Et que l'on ne vienne pas me parler de "thérapie" par le massage, il faut souffler, il y a assez de massages thérapeutiques sans donner au massage français ses entrées socialement validées. Il faut souffler disai-je, respirer hors du champs de la thérapie et réapprendre à écouter son corps. Est-on à ce point contaminé de médical qu'il faut le voir de fait, lorsque vous demandez à un handicapé, par exemple de vous masser ou de se laisser masser ? Les effets sur lui sont-ils donc irrémédiablement condamnés à être de la médecine ? Ce fond mortel est atteint dans la présente loi régissant la profession de la kinésithérapie dans la France de 2007/2008, faisant du massage, de sa pratique comme de son libellé un exercice médical. Ce serait inéluctable, comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir mais le massage français répond "laissez-nous notre langage sans nous accuser de barbarismes, ou d'erreur médicale". C'est l'enfer des corps et mon objectif est d'en sortir.
Il nous faudrait une sorte d'institut du massage français réunissant des sachants d'obédiences diverses qui travailleraient sur les entrées que présente le geste dans leur domaine d'expertise. Le but va au-delà bien sur de la seul émergence du massage, soit-il français mais de ce que cela implique de toucher à l'autre. Qu'y a-t-il derrière ce geste, d'ou part-il ?
Le massage n'est pas seulement le massage du corps, il passe malgré nous par la musique, pas le dessin, par la bande-dessinée, par le cinéma, par l'écriture. C'est ça qui nous touche en fait dans le massage, ce-sont ces interactions culturelles, primitives, sexuelles. Quelle pourrait être l'implication des autres massages là-dedans ? Il faudrait que Paris les rassembles et que de cette aventure naisse une re-simplification de la vie.
La vie corporelle comme la vie cérébrale trame le corps humain, le divise en deux mais cette division par de lui et in finé le retrouve par le corps. Seulement ce corps se prolonge toujours par ses pensées, par l'objet qu'il prend et dans cet objet le massage suit, le pénètre autant que celui qui le prend en perçoit la nature.
Lorsque je pends une tasse de café par la ance la main se prolonge par la tasse et sent son poids, sa forme, la chaleur même du café qui se diffuse dans les doigts. C'est déjà du massage. Le plus extraordinaire dans le massage français c'est cet appel à ressentir par la main ce que l'on donne, de masser par sa propre sensation de massage. Lorsque vous passez par exemple la main à fleur de peau ou plus sublime encore, à fleur de poils, vous sentez dans votre main l'existence de l'autre et le massage percole du sien au votre. Ce qui se prolonge dans la tasse communique de la même manière avec la culture, l'inconscient, la vie dans ses différents niveaux de développement. Je parle de perceptions tactiles, évolution intellectuelle ou même spirituelle qui ne sont pas incompatibles avec le massage français dès lors qu'elles ne viennent pas le polluer par des interprétations hasardeuses ou pire, par son utilisation pour étayer je ne sais quelle déviance.
Voilà, je lance un appel aux textes, de quelque nature qu'ils soit dès lors qu'il sont en lien avec le massage de près ou de loin.
Lundi 17 décembre 2007
17:15 Publié dans Exégèse textuelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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