mercredi, 16 juillet 2008
Masser le sexe d'un défunt
Masser le sexe d'un défunt
Nous avons sur cette page un très bel exemple de manifestation de sexualité occidentale contemporaine passant par le massage d'un sexe de gisant. Les exemples ne sont pas rares dans l'histoire ou telle dépouille, devenue symbolique se charge de pouvoirs aphrodisiaques mais dans le cas présent il se pose l'étonnante question de la moralité de l'action.
C'est en 2004 qu'une dépêche de l'AFP déclare que "Yves Contassot, adjoint (Verts) du maire de Paris chargé des jardins, dont dépendent les cimetières, doit se rendre vendredi au Père-Lachaise, devant la tombe de Victor Noir, qui fait l'objet d'attouchements jugés inappropriés par ses services... Mais de quoi s'agit-il ? De l'étrange sort qu'il est advenu à Yvan Salmon, plus connu sous son nom de plume au journal La Marseillaise, Victor Noir, journaliste de 22 ans, tué au pistolet en 1870 par le Prince Pierre Bonaparte, neveu de Napoléon Ier et cousin de Napoléon III alors au pouvoir sous la Restauration, pour être venu lui demander des comptes au nom d'un de ses confères avec lequel il avait eu maille à partir.
L'affaire de ce duel avait à l'époque fait grand bruit et participé à discréditer Napoléon III qui perdait, la même année, la guerre qu'il avait déclarer à la Prusse.
Le Prince fut bien sûr acquitté mais le scandale ne s'arrêta pas là. Transféré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, le caveau fut recouvert d'un gisant de bronze, signé par le sculpteur Aimé Jules Dalou, également à l'origine du "triomphe de la République" Place de la Nation à Paris, sensé représenté le garçon lors de sa mort, _donc, de sa dernière entrevue avec le Prince_ chemise déboutonnée, pantalon ouvert à la ceinture et sexe en érection que des milliers de mains viennent, aujourd'hui encore, caresser, masser, afin de capter l'énergie sexuel de ce jeune Priape.

L'histoire ne nous dit pas si il était vraiment venu cherché réparation et ce qu'il s'est passé, pour qu'il soit ainsi débraillé, mais il est certain que cette déculotté met le Prince lui-même, et ce pour l'éternité, en "fâcheuse posture," faisant de l'homme qu'il a assassiné celui dont on veut toucher l'accoutrement bien suspect lorsque l'on vient chercher réparation pour l'honneur d'un autre. Si comme le disait Georges Brassens "même mort il bandait encore" il n'est pas anti-bonapartiste de penser que ce n'est pas la main dans son plastron que ce Napoléon devait avoir ce jour-là mais bien ailleurs. Gare au gorille ? Nous n'en sommes pas vraiment éloigné. Le bronze fit scandale mais la réputation de ses formes de garçons dépassèrent vite en réputation le souvenir même des moments de gloire du jeune homme. La patine persiste à ne laisser aucun doute sur l'actualité du nombre de visiteurs qui se presse "pour la forme et pour le geste" bien sûr. Rappelons que nous nous situons dans un cimetière, c'est-à-dire dans un sanctuaire, rassemblant toutes les confessions sur quelque chose d'aussi universelle que la peine. L'esprit cabotin du peuple ne cesse de surprendre et on ne peut demander aux jeunes générations d'être aussi empruntée vis-à-vis de la mort alors que son approche à radicalement changé. Comment ne pas susciter l'envie de toucher ce qu'Aimé Jules Dalou cru bon de souligner avec assez d'insistance pour que cela provoque le sandale dans une population considérant comme déplacée toute trace de virilité dans un endroit qui en est tant dénué ? Précisément parce qu'il n'en est pas dénué et que le pouvoir d'attraction érotico-sexuelle de la mort montre les prédispositions contestataires de la jeunesse qui trouve dans la mort un écho à ses angoisses et un moyen de prendre le large mental sur ses aînés.
La mort a, de tout temps, était l'exutoires de toutes les pulsions de l'homme et prend aussi dans la sexualité des aspects transgressifs sanctionnés par les moeurs admis.
Ce sexe volontairement massé ramène incontestablement à l'Eros et à la dimension votive du mouvement, il s'agit de caresser ce que d'autres chargent de pouvoirs surnaturels.
Nous sommes là devant une forme érotisée mais parfaitement passive de l'instrumentalisation de la mort, alors que dans l'histoire des dévotions le fétichisme a pu atteindre des sommets. La passion pour les reliquaires, la nature même des ex voto gallo-romain représentant sexes turgescent et seins lourds de lait dans lesquels l'église a mis bon ordre, ou les processions de tels saints ou saintes dans des pays particulièrement croyants se nourrit d'une sensualité issue du corps et la plus part du temps d'un corps défunt.
On nous oppose souvent la roideur du christianisme mais le dire ne conjure pas le voir, c'est être extraordinairement peu observateur que de ne pas remarquer la somptueuse permanence de la beauté des corps et les cimetières en regorgent.
Les Pietàs, le lavage des pieds des disciples par Jésus, chemin de Croix, le Christ crucifié, les écoulements de sang, la position de la tête, du buste, la robe sans couture, les genoux joints, des pieds rassemblés sous le clou scélérat, la mise au tombeau, co-existent avec une permanence de la chair que l'on ne peut distinguer de la sexualité qui prend tant de place dans les vie des hommes qui les représentent. Tout dans l'histoire de l'église n'est que visuels pour faire comprendre au peuple in-instruit les nécessités de la règle mais selon des schémas qui reprennent les fondamentaux sexuels à tel point que le toucher, expression de la dévotion entre constamment en contact avec l'iconographie religieuse. Embrasser, caresser, masser, pieds, mains, gravures, tapisseries, sculptures confortent la foi tout en déstabilisant le corps contraint aux retenues sociales les plus perverses.
Ainsi, combien de commandes vaticanes ou d'églises de village, destinées à la représentation des corps religieux auxquels ont est sensé s'identifier, furent rejetées, détruites, dissimulées, remplacées ou sujettes à controverse ? Ce penchant pour la chair que systématiquement couleurs et lignes viennent raviver alors qu'elles devaient prévenir des dangers du pêché persiste.
Le sexe est dans la mort et la mort est dans le sexe comme nous le savons aujourd'hui avec la SIDA et comme on le savait de tout temps avec les risques mortels que représentaient les maladies vénériennes. Vénérienne, Veneris qui nous vient de Vénus, déesse de l'Amour de la mythologie romaine, l'amour représenté encore une fois par le corps des femmes qui dans la chrétienté ne jouirent pas de la même réputation. On connaît le pouvoir de persuasion d'Eve et celui de la terrifiante Lilith, succube séducteur qui lui précéda.
Portant la perversion est bien avant tout sollicitée par les hommes grands pourvoyeurs de sexe et de prostitution. Dans ce massage de la queue Yvan Salmon, personnage du XIXème, il y a un remix continuellement mis à jour du film "Le retour de Martin Guerre" avec Gérard Depardieu et Bernard-Pierre Donnadieu.Nous avons là deux lits, un celui de l'amour ou plutôt du sexe en roue libre à plusieurs, Depardieu et Bernard-Pierre Donnadieu, nus, juste séparés par Nathalie Baye qui les masse et les masturbe, un sexe dans chaque mains. Le deuxième lit est celui de la mort dans lequel un gisant matérialise le dormeur; mais un dormeur que l'on a voulu clairement dépenaillé et remis dans sa génitalité de jeune homme. On ne fait pas un bronze au XIXème siècle, comme un croquis au fusain et un gisant, commande pour un caveau destiné au Père-Lachaise pour un mort qui fit grand émoi _100 000 personnes à son enterrement_ comme une création solitaire qui n'engage que l'artiste. Le message politique, l'irrévérence ne peut être distinguée de la dimension sexuelle originelle. La seule différence sur cet arrêt sur image est autant dans le nombre de bénéficiaires de ce massage que dans celui des masseurs et masseuses occasionnelles, à porter leurs mains là où naturellement nous portons tous nos yeux et participer aux "travaux d'hercule" qui semblaient ne pas déplaire à Nathalie Baye.
Pourquoi ainsi serait-il plus morale de faire bien plus crûment au cinéma ce qui serait inconvenant de pratiquer subrepticement dans un cimetière ? Le respect des sépultures ne peut justifier à lui seul qu'on érige des barrières contre ces irrévérences qui contiennent toujours leur part de pudeur mais aussi de peur face à la mort et ne préjuge en rien de l'esprit de ceux qui s'y adonnent, tout au plus un goût certain pour la remise en causes des valeurs bourgeoises.
Le massage pénien est autant un massage du mort qu'un massage de la mort, à la fois comme une défiance momentanée vis-à-vis de cette opposition que constitue la vie que comme une intention sexuelle de soumission face au pouvoir dominant de la mort elle-même. Elle est celle qui nous allonge dans la passivité éternel de l'inanimé, celle qui nous possède mais aussi celle qui s'érige en monument dans les lieux qui l'accueille, en orbituaire familial ou même de la cité toute entière. La charge phallique des cimetières n'est, dans le cas présent, que surexposée par les gibbosités d'un bronze. Donner à un mort ou à sa représentation une dimension sexuelle est conforme à l'esprit d'opposition que contient la vie. L'érection pour exister, pour se reproduire ou l'érection architecturale comme manifestation de la virilité de la mort répond en echo à nos fantasmes les plus profonds. Masser un sexe pour le faire bander et satisfaire à ses désires de vie est la même chose que de masser un sexe de gisant pour tenter de prendre à la mort elle-même son potentiel d'orgasme. La petite-mort qui est une perte momentanée de ses forces vitales par l'orgasme amenant jusqu'à l'oubli de soi, devient ici une mort-petite, c'est-à-dire la prise en compte de la forme d'un sexe marqué comme sexe mais qui n'en est qu'une représentation figée dans le métal. C'est prendre conscience de la différence de nature qu'il y a entre le giron intime d'un gisant et le giron d'un vivant. Coït, masturbation, placent nos attribues face à l'accomplissement d'une finalité qui contient la déchéance de l'énergie qu'on y a mis. Dans la logique de cet aboutissement de vie vers l'épuisement qui est une réduction de la mort il est naturel que l'inverse fonctionne par les représentations dont on la dote. Dans les pouvoirs illimités de la mort qui sont d'autant plus infinis que notre imagination n'a d'égale que sa permanence, à l'instar des formes artistiques qu'ont pu prendre les aspects morbides, on donne à la mort une image anthropologique qui se dote alors de tous les codes humains. Succubes ou Inccubes sont des démons mâles ou femelles, qui pour exister, se doivent d'abuser les vivants dans leur sommeil qui est une autre forme de mort, une frontière permettant cette rencontre des deux mondes. La lubricité de la mort n'est plus à prouvée puisqu'elle est l'inverse de la bienséance. Du côté des vivant, toucher au sexe d'un gisant c'est toucher à l'interdit, c'est accéder au sexe même de la mort selon un mode nécessaire à notre existence. Ce que ces jeunes gens flattent dans la mort génitalisée de Yvan Salmon, c'est la permanence érectile, lorsque celle-ci est matérialisée, qu'ils sollicitent comme le désire de prolonger leur vie qu'ils savent momentanée avec toute la perception de la menace dont chaque tombe est un huissier.
Samedi 12 juillet 2008
14:19 Publié dans Massage & Violence, Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Roland de Roncevau fut-il massé ?
Étrange épopée que cette chanson de geste dont on ne connaît pas l'origine mais qui fut écrite entre 1025 et 1050, pour chanter un fait remontant à un 15 août 778. Alors pourquoi une mise en gloire aussi tardive, nous ne le saurons peu-être jamais, par contre le texte lui contient entres autres informations, comment l'Empereur, sous-entendez Carles li reis nostre emperere magne « Le roi Charles, notre grand empereur » demande à ce que soit gardé les corps de Roland, son neveu, d'Olivier, fidèle compagnon de Roland et celui de Turpin, probablement Tilpin, archevêquede Reims qui aurait perdu sa charge sur intervention de Charles Martel. D'ailleurs, pour la petite anecdote, notre religieux, fort énervé, aurait rejoint Charlemagne armé d'une épée devenue célèbre, nommée : Almace et en effet, elle massa nombre de Sarrasins. Bon, alors cela constitue, je vous le concède, une prise de distance quelque peu hasardeuse avec le texte mais reste assez conforme à l'objet de notre sujet, à savoir, le massage dans la mort. On fait ce que l'on peu !
Néanmoins, le sujet n'est pas là, mais davantage dans l'extrait de la Chanson de Roland, dit manuscrit d'Oxford de 1090 (il en existe neuf de part e monde) sur laquelle se portera toute notre attention :
| L'empereur fait garder le corps de Roland |
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« Ci falt la geste que Turoldus declinet ».
Frotter trois Barons de piment et de vin... Doit-on y voir la simple tentative procédurale, systématique et froide de conservation des corps ? Peut-on l'isoler de toute attention spécifique qui constitue une des dominantes du massage ? Et, osons le gros mot, est-ce que frotter trois Barons, peut, avec quelques précautions d'usage, être considéré comme un massage ?
Répondons à la première question. Ce traitement est-il celui que l'on réserve à toutes personnes décédées de haut rang ? L'europe n'a jamais développer un grand attrait à la conservation des corps dans leur ensemble et se fait, cela constitue un des rares exemple de tentative de conservation partielle du corps. Les plus connus sont ceux de Robert d'Arbrissel, prêtre breton, enterré à Fontevreault en 1117, dont le coeur fut donné aux religieuses d'Orsan, ou celui du laïc Henri 1er, Roi d'Angleterre et Duc de Normandie. Le penchant était plus à la conservation d'ossements ou d'objets du défunt qui étaient enchâssés dans des coffres ou des urnes parfois spectaculaires.
Le systématisme quasi administrative pour une telle opération aurait pu enlever un peu d'intérêt à notre sujet ce qui n'est pas le cas.
Deuxième questions, peut-on isoler cette pratique de toute attention spécifique ? Nous y répondons indirectement plus haut, s'il ne s'agit pas d'une action octroyée à tout haut dignitaire, ce qui aurait quand même constitué une attention particulière non plus à trois hommes mais à une catégorie, on peut en déduire que ce traitement fut assez rare pour être mention dans une chanson de Geste. Ceci est d'ailleurs confirmé par les historiens avec pour preuve les procédés pour le moins frustes de ce qui reste quand même un début d'embaumement au regard des efforts considérables déployés dans d'autres pays.
La troisième question est : est-ce que frotter de piment et de vin, trois Barons peut se voir attribuer le qualificatif de massage ? Ce qui caractérise un massage est toucher autrui de façon élaborée à des fins détente ou de soins qui peut être facilité par un fluidifiant de nature à faciliter le geste ou pénétrer les pores de la peau.
Dans le texte il est dit que les corps étaient gardés sur demande de l'Empereur lui-même, et donc d'une première attention bien signalée aux vues du lien de parenté qu'ils entretenaient. L'attention est donc là clairement établie. Leur coeur fut retiré et leur corps de Barons défunts, frotté de piment et de vin, mais est-ce suffisant pour considérer qu'il y a eu massage et est-ce que le verbe frotter peut être assimilé à masser ? Le verbe masser dans le sens de massage n'existe pas à cette époque. On parle alors de friction, fricamentum en latin mais la racine est la même, frotter ou frictionner sont équivalent et constitue encore aujourd'hui une des façons d'intervenir sur les tissus en massage.
L'Egypte ne semble pas avoir les mêmes réticences a employer le massage jusque dans les mêmes circonstances, celles de la mort, en lui faisant rejoindre ses techniques d'embaumement. Après avoir été déshydraté de ses liquides organiques, le corps du Pharaon est ré-hydraté avec des huiles parfumées par le biais du massage.
A la même époque, c'est-à-dire au XIème siècle, Avicenne publie son Canon medicinae dans lequel il parle non seulement de massage mais l'illustre de gravures. L'Egypte est en Afrique de l'Est, Avicenne est Perse tandis qu'en Europe et particulièrement en France, les traces du massage sont d'une extrême rareté et à chercher essentiellement autour de la sphère privée des bains et de la toilette.
La chanson de Geste de Roland de Roncevau est une manifestation éclatante de massage, certes, morbide, mais de massage quand même. Le fait d'être vivant, comme nous le voyons sur ce site du CFDRM dédié à la mort, n'est pas la condition sine qua non pour qu'il soit caractérisé. Nous avons là, sur un manuscrit historique l'illustration d'un massage pratiqué sur Roland de Roncevau, son compagnon Olivier et sur Turpin/Tilpin, archevêquede Reims avec pour agent intermédiaire du piment et du vin marquant l'affection et la considération que Charlemagne portait à ces hommes.
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Vincent Humbert : le massage qui accompagne
Hervé Messager fut le kinésithérapeute de Vincent Humbert, c'est lui qui l'a accompagnée durant toute la période d'invalidité de ce jeune pompier victime d'un accident de la route. Nous ne nous étendrons pas sur la pertinence de sa demande d'euthanasie, sur le degré exacte de son impotence. Si nous vous proposons cette vidéo ce n'est pas pour semer le doute sur l'opportunité ou non de pénaliser un act puni par la loi mais pour aborder imparfaitement bien sur la thématique qui nous occupe. Masser, dans le but de maintenir le corps dans ses connections avec le monde, que cela prennent une dimension thérapeutique par la kinésithérapie ou d'accompagnement vers la mort, le toucher, toujours reste le dernier ancrage mutuel de l'ordre de la chaîne. Toucher c'est tenir, c'est retenir l'autre dans ses préoccupations de l'instant. Ce que je tiens, ce que je touche c'est une parti de toi, une part de moi qui s'attache à dire l'importance que j'octrois à cette rencontre de nous. Le souvenir est une pensée, une projection, le toucher une flagrance, la réitération de l'existence de l'autre et du sens que nous lui avons donné. Quoi que l'on puisse dire de cette affaire, des raisons religieuses qui auraient poussé ce kinésithérapeute à revenir sur ce fait acquis de la douleur réparé par la non application de la loi en terme d'euthanasie, nous sommes là confronté là à la perception de la mort par un professionnel du touché. Son témoignage est plus que celui d'un thérapeute, il est celui d'un touchant, d'un "masseur de ces mains". Ce que ses mains ont pris de lui ont gardé en elle cette souffrance discrète qui chemine dans son propos. Décès justifié ou non, c'est mon mal être de toucheur qui me fait dire cela et ce que je dis de ce malaise ne peut être réduit à l'importance d'une cause plus impérieuse encore rendue intouchable par la mort de son sujet. Mourir n'est ni pire, ni plus inféodant que souffrir.
Plutôt que l'exécrable vocable d'affaire, j'opterai pour celui de Peine, et donc pas plus la Peine Vincent Humbert n'appartient à sa seule famille, soit-elle évidemment plus éprouvée que tout autre, qu'elle saurait échapper désormais à l'histoire du massage. Ce conflit de masseur avec lui-même, soit-il thérapeute ou chrétien, se pose sous l'angle nouveau des thérapeutes, que nous sommes tous lorsque la souffrance d'autrui nous amène à TOUCHER.
L'art du massage, aussi dénué de toute intention de soin y revient bien nécessairement d'elle-même de part le fait que la seule excellence de son geste, l'application que l'on met à le suivre jusqu'à son extrémité anatomique en fait déjà un soins à part entière. C'est cela que Durville appelait le magnétisme, la volonté de soigner, si elle ne suffit pas toujours à soigner, guérit parfois de bien d'autres maux. Le magnétisme n'est pas le sujet de ce papier et l'on sait que les exigences de ce praticien assidu exigent le libre exercice de la médecine n'est plus un discourt tenable aujourd'hui même si les adeptes du magnétisme sont encore nombreux et que la science gagnerait à être moins hautaine quelle ne l'est.
La mort s'accompagne, la mort fut toujours dans les environs immédiat du devoir d'être là, avec lui ou elle, dans ses derniers instant, tenir une main, caresser de ses doigts. En même temps que l'esprit s'en va, le massage vient comme un support à quelque chose de trop douloureux pour le vivre seul. Garder en mémoire, comme un fossile témoin, le poids de la mains qu'on a tenu. La main en mémoire de forme d'une autre main, disparue celle-là mais encore enfermé dans la souvenance de l'avoir tenu. Lorsque l'absence sanctionne le regret de ne pas avoir été là, c'est bien la recherche de ces bribes de toucher dispersées dans les souvenirs que l'on conserve de l'autre qu'on tente de reconstituer celui ou celle qu'à nouveau on aimerait serrer dans nos bras. Recomposer un corps par petites touches de doigts, de frôlements, d'embrassades vous le restitue assez parfaitement et si vous y ajoutez l'image à résonance de souvenir alors ce corps se reforme aussi justement qu'un marbre grec ou aussi douloureusement qu'un corps de Pompéï.
L'Ordre des kinésithérapeutes à raison lorsqu'il dit que masser n'est pas anodin mais il a tors lorsqu'il prétend conserver dans la loi se que le corps renferme depuis bien longtemps, avant même que tout hommes y prétendent, le tactile. Masser pour communiquer avec autrui ne saurait être puni comme un crime, surtout quand c'est le crime que l'on puni lorsque au lieu d'interrompre la vie on tente de la poursuivre jusqu'au bout de nos doigts. Crime de massage, cela ne saurait rester longtemps le cas mais cela l'aura été en France jusqu'à la peine Humbert, exercice illégal de la médecine. Justifié ou non le mal n'est pas dans ce que l'on fait mais dans ce que l'on s'est interdit de faire, c'est là que se loge le remords. Quand est-ce que la France invitera tous les masseurs et masseuses qui le désires, à masser dans les unité de fin de vie, dans les hôpitaux psychiatriques, les prisons plutôt que de se draper dans ses convictions hautaines de détenteurs de la science qui n'en est déjà plus une à vouloir à ce point isoler l'hommes des touchés qui le raccroche ?
Les masseurs et masseuse du monde entier de part leur attachement au toucher, de par la proximité qu'ils et elles ont tissé(e)s avec le vivant en font des appreneurs de vie et des thérapeutes à part entière mais cela n'enlève rien à ceux qui ont fait de la thérapie leur façon de se rapprocher du corps. Même si la kinésitherapie à constitué un savoir elle ne peut s'exercer tout à fait à poursuivre les approches parfois plus anciennes qu'elle. Ce n'est certes pas l'ancienneté qui fait la valeur d'une technique mais l'empirisme n'est jamais dénué de tous résultats, et c'est aussi celui des rebouteux, c'est aussi celui de la méthode de Ling, elle-même empruntée aux connaissances vénérables du Cong fou, que Gorgii put théoriser en 1848 la kinésithérapie. Mais s'il est avéré que l'on peut soigner par le toucher il est aussi que l'on peu désapprendre à vouloir le garder à soit seul.
On à là l'affaire d'un kinésithérapeute et donc d'un masseur confronté à la mort.
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Massage de la mort
Nous savons qu'autour de la mort s'est joué des phénomènes aussi variés qu'il y a de traumatismes autour de cette stupeur qui saisie celui qui sait la chose possible mais ne s'y prépare jamais vraiment. Néanmoins, si l'on ne s'y prépare pas, force est de constater que l'on prépare celle des autres. Le gisant fut l'objet de toutes les attentions, il fut peint, sculpté, photographié, toiletté, parfumé, paré de bijoux et parfois même enterré avec tous son mobilier, voir, avec ces animaux domestiques, quand ce n'était pas avec les épouses et esclaves exécutés pour l'occasion. De nombreux cas nous instruisent d'actes de violences sur des dépouilles mortelles, décapitation, rapports sexuels, d'homophagie, de lien directe avec l'au-delà, enterré, déterré, fêté comme le pratique encore aujourd'hui, de très nombreuses familles de Madagascar, en exhumant toute la lignée défunte pour se passer de mains en mains des linceuls chargés d'ossements, à l'occasion de la fête des mort.
Nous pensons bien sûr à l'oeuvre de sauvages, de gens sans culture, à des obscurantistes, des satanistes mais est-on si loin que cela de nos sociétés policées ? Des momies furent broyées en europe pour répondre aux nécessités de la posologie de telle ou telle préparation que nous livrent d'anciens antidotaires. Des crânes furent scalpés, érigés sur des piques ou à l'entrée de tentes de guerriers mais combien de tableaux, de sculptures nous montrent, qui un sage, qui un régnant, la main posée sur un crâne symbole de sagesse, de pouvoir. La main nonchalante, au sommet ce qui fut la tête, le siège des pensées d'un autre dont les doigts parcourt le galbe anatomique dont la forme sphérique sied au confort de la main humaine. L'os défunt caressé par la pulpe des doigts d'un vivant même si à son tour, le personne ainsi représentée est devenue, un inanimé. Nous avons là un massage va s'en dire mais un massage que personne ne dit, que personne ne montre et surtout, massage au sujet duquel personne n'écrit. Pourtant tout jeux de doigts volontaires ayant pour but d'exercer la tactilité de ceux-ci et le plaisir de sentir l'objet est massage. Comment peut-il s'extraire de la symbolique de cette scène ? On y voit du pouvoir, de la domination, de la science, des pactes improbables avec quelques forces souterraines, de la vengeance, de l'amour mais rarement la symbolique du toucher, le contenu des échanges qui passent par le tactile n'apparaît pas. Le seul fait de montrer sa dominance à l'oeil suffirait à satisfaire au message ? Nous voyons bien que non, les mains, les doigts réclament continuellement l'abolition des distances utiles à la vue, si magique, pour répondre à l'insatiable myopie tégumentaire et qui expose au combien davantage le corps par le toucher.
Regardez ce qu'il vous arrivera si vous vous opposez à mon hégémonie ; regardez l'immensité de ma culture moi qui domine la mort par mes actes de sachant. Un crâne vide et mort n'est jamais qu'un crâne qui fut mais jamais sans avoir laissé derrière lui toute la substance de ses connaissances par le partage, par le dialogue et c'est cela que j'ai sous les doigts, l'héritage des siècles passés. La sensation de cet ossement est la permanence de la vie. Je perçois le vide sidéral de ces orbites aussi parce que je le touche. Le mort n'est jamais mort si le touché n'est pas permis. C'est toucher qui permet de faire le deuil, voir reste une mise en distance. Ce que je voit n'est jamais que la ratification par l'oeil de ce que j'ai appris par l'esprit. Voir un mort au cinéma, dans un livre ou peint sur un tableau ne fait guère de différence avec la vision aussi réelle soit-elle de la mort. C'est l'ancrage par le toucher qui confronte au réel, c'est par la main qui se heurte au corps du défunt que la perception devient totale.
Mais avant que ce crâne n'arrive sous ces doigts de dominant il fallu bien procéder au parcours inverse passant par un retour au tombeau, par l'exhumation, l'extirpation du cercueil, du linceul, par le renoncement de la mort elle-même à ses acquits afin de retrouver l'être vivant et pensant qui lui ré-appartiendra n'en doutons pas. Le trépassé qui s'éveille, l'agonisant qui se rétablit, le vieillard qui se redresse, le bel âge, le jeune adulte, l'adolescent, l'enfant, le bébé, le fétus, la pénétration d'une vulve de femme par un sexe masculin dont le procédés nous semblent là davantage relever de la vie que de la mort. Comment en effet considérer qu'un rapport sexuel pratiqué dans l'amour et le consentement puisse être vecteur de mort et surtout quel lient ce tout entretient-il avec le massage dans sa version morbide ? La sexualité est massage, la masturbation, les mouvements du coït, le baiser que la langue vient chercher dans une bouche où tout rappel la douceur, l'intelligence, peut être qualifiée de massage mais ce n'est pas sans sous-tendre tout un mécanisme qui souvent nous échappe, de soumission, d'anéantissement, de recherche de la petite mort, de la dissolution dans le corps de l'autre, dans l'absorption de sa sueur, de sa quintessence comme de ses miasmes, c'est mourir, encore une fois avec pour linceul le lit d'un autre. Un autre qui, dès sa reprise d'esprit, constitue déjà un ré-éloignement, un échec de fusion, une dispute, un divorce et cet autre reprend son potentiel de dangerosité et de perversions.
Le massage est une forme de communication et il n'est pas de communication unilatéralement bonne sans charge conflictuelle et sans permanence de la mort.
Le fétus se développe, grandi avec pour seul intention sa pérennisation. Il sait, la vie sait que rester quelque part c'est mourir. Il faut bouger mais pas de mouvements sans une perception minimum de son environnement, sans ce laisser masser par le bercement intra-utérin, il faut sortir et l'osmose initiale ne joue que pour le remplacement de la mère. C'est rester là où il est nécessaire qu'on reste pour que s'accomplisse les processus de construction mais c'est aussi sortir dès que cela est possible.
L'eau du ventre maternelle, les mains de ses parents au travers des tissus qui passent leurs chaleur et leur profond amour à l'enfant est un massage mais c'est aussi une ombre, celles de mains prégnantes qui ne peuvent encore vous saisir mains planent tout autour de vous. Le massage devient dans le cas présent une menace, une crainte. Si masser c'est toucher, lIVG, l'aspiration foetale, la fausse-couche, les accidents, sont une façon d'atteindre l'être en formation par le biais d'un massage final en négatif. Le passage par le col, respirer, entendre, voir, être manipuler contre sa volonté sans être en mesure de faire cesser toute cette violence dans les manipulations, le risque de malformation, de chute, d'abandon, de ventre loué pour une autre est un maelström insoupçonné de brutalité infernale que les massages futurs tenteront de rejouer comme j'aurais souhaité me livrer. Je me laisse glisser dans mon massage comme j'aurais aimé glisser, de moi-même, hors de ma matrice et retrouver l'état de relaxation que je viens chercher par la manipulation d'un autre, praticien aussi, mais praticien(ne) à l'écoute de ce corps.
La mort est présente chez la parturiente comme dans le "plateau technique" qui vous reçoit, prêt à toute éventualité, celui de l'incident, de l'accident, de l'irrémédiable, du lange qui se referme aussi brutalement qu'il s'était ouvert. Des couloirs, de l'éloignement et un autre utérus, de métal celui-ci qui se referme dans le froid sans que personne ne sache qu'ici c'est jouer un massage. Tragique et d'autant plus tragique que ni cette mère de métal, ni le personnel soignant n'est en mesure de comprendre que de leur quotidien est sorti les prémisses de l'oubli. Mais l'enfant qui réussit, qui s'accroche autant qu'on le retient à un sien nourricier, aux mains d'un père, à des baisers de toute part gère tant bien que mal un flot de massages, que sa condition passive rend vulnérable. L'odeur matricielle, la chaleur de la peau, ce faux ventre mal ficelé que recompose pour l'occasion linges et bras n'est-ce pas ce que l'on retrouve dans l'amour physique ou l'abandon au massage ? Un grain de peau, une odeurs acre suée d'un corps, un bras autour du cou ou de la taille dont le plaisir rappel ce même geste mais qui lui tout entier vous contenez. Fermer les yeux facilite cette recomposition, cette remémoration confuse qui inquiète presque autant qu'elle rassure. C'est le rejeux de quelque chose de lointain mais c'est la conscience que ce bras n'est pas le bon et que toujours ce danger diffus qui nous dit que c'est finit mais que ça peut se retrouver, l'espace d'une séance. Retrouver une somme, une totalité qui pourtant vous menace parce que dans l'autre germe le conflit sans que je puisse biologiquement m'en passer. Se reproduire passe par l'autre, se re-produire, refaire ce qui à pu me paraître un court instant, parfait. L'enfance qui découvre par le tactile l'extraordinaire violence de ce qui l'entoure. Tous ce qu'il voit, touche, sent, comprend le masse, le fait devenir animal-homme pour le nourrir de ce qu'il sait ne jamais pouvoir garder. La permanence de la mort, la permanence de la croissance qui éloigne chaque jour un peu plus de ce rêve initial qu'on ne perçoit déjà plus. Naître de-nouveau, autrement en avortant l'état idéal auquel on aspire. C'est vomir un inconnu, de mon ventre sort un anti-enfant, une bouillie née de moi et de la chimification de mon estomac. C'est par la bouche que passe la possibilité de comprendre son monde c'est par cet orifice que vient mon échec. Je ne peux me reproduire moi-même, c'est l'autre, c'est par celui que je ne connais pas que je doit tenter une réitération pour être l'un d'un couple. La puberté est un maelström, encore un, avec toute sorte de régurgitations corporelles qui me fait passer du statut de autre à celui de autre-prédateur. La caresse, la découverte de mon corps, de ses odeurs et de ses guerres ouvertes. Un corps qui change c'est une multitude de micro-massage, de micro-message, c'est un autre être qui se dessine, malgré moi mais avec moi pour matière. Toucher l'autre plutôt que de simuler sa différence. Il est étonnant qu'il faille un act sexuel pour qu'il soit identifié comme sexuel. L'immensité de l'éventail corporel ne mérite de sexualité que ce qui ne souffre aucune possibilité d'erreur. Comment dans ce cas là peut-on envisager de comprendre le massage dont les tonalité sont encore mille fois plus fines ? Voir un massage dans la mort. Voir une mort dans le massage alors qu'on ne l'a traite dans l'amour que par la légèreté d'une expression à la fois triviale inquiète. C'est là, dans ce malaise de mort tout comme dans son adjectif qualificatif, petite par lequel on tente de dédramatiser ce qui est déjà un sacré carnage corporel. Le massage est lui aussi une petite mort avec tout le potentiel nuisible que peut contenir la mort sur-vécu c'est-à-dire ressenti du début jusqu'à la fin, même inconsciemment mais dans un état de vie permettant de la sur-vivre. Ni la magie du massage, ni celle de l'orgasme ne sont en mesures de d'exorciser les peurs de la vie mais juste, un bref instant tenter de rejoindre l'ultime sensation de ne faire qu'un tout en sachant au plus profond de soit que faire qu'un avec un tiers entend la disparition d'un des deux et donc, la mort. Je ressens par le massage les mêmes émotions que celles que je rencontre dans la sexualité. Mes poils se dressent et la sueur qui suit ce chemin que leur indique mon corps sont autant de millier d'éjaculations, de régurgitations qui abandonnent toute énergie. Elles sont autant petits massages qui s'assèchent sur un corps huileux ou salé mais immobile et repu de quelque chose qui fut trop subreptice pour pouvoir être compris dans son entièreté. Ce n'est qu'à force d'abandon, de chute, de petits décès joliment orchestrés ou tragiquement subits que s'opère une compréhension au prix de la vieillesse.
Cet homme,cette femme, dans la force de l'âge glisse à force d'expérience vers l'usure de soi. C'est dans ces moments de lucidités que l'esprit est le plus brillant et c'est là qu'on s'évertue à nier les effets du mûrissement en ne regardant jamais que nos chairs victime de l'horreur de ce que l'on voulait tant fuir. La mort passe dans vos cheveux pour les blanchir comme blanchira ce crâne sous les doigts impatient d'un savant réfléchissant à ce à quoi on réfléchit tous, comment échapper à tout cela ? Le massage passe dans vos cheveux par les doigts de votre masseur ou de votre masseuse qui doit percevoir assez de cette tragi-comédie pour laisser passer quelques réponses, plus ou moins malgré lui.
C'est la mère-mort, celle vers laquelle on va et ré-entre celle de l'angoisse où l'amour devient de l'oubli.
Le Golem des juifs, cet art qui consiste à faire de ses main une réplique de l'être qu'on a aimé n'est-il pas déjà un massage.
Il y a toujours une propension à opposer les productions de l'esprit des productions de la main tentant à considérer que les savoirs seraient à l'origine de tout et donc des création manuelles ou, comme on le disait à d'autres époques, des arts libéraux. Ce n'est pas physiologiquement faux d'ailleurs si l'on considère que les mains ne contiennent en effet pas de membres vitaux et que leur section n'avorte pas la vie de façon aussi définitive que l'ablation du crâne. La main est un noble exécutant
Ainsi donc serait-il étrange que jamais la douleur ne se soit exorcisée en tentant par le massage de ternir l'autre, de le toucher comme on touche un vivant.
Etre en mains parmi les hommes. Le massage en chirurgie.
Si pour synonyme au mot massage on prend celui de caresse alors on voit la récurrence du massage dans notre société. Reste à prouver que la caresse constitue vraiment un massage mais il serait étrange de considérer qu'une main en négatif dans une enceinte préhistorique serait le début de l'écriture par l'utilisation de signes compris par d'autres et dénier au massage des ancêtres formant un proto-massage communicationnel. Si le massage est communication, si le jeux des échanges le positionne comme une écriture dédiée au corps, alors ce même massage signe sa présence dans toutes les strates de l'histoire depuis les origines et ce d'autant plus qu'il est lié à la primitivité du toucher, c'est-à-dire aux formes les plus répandues de contact dans le règne animal.
Texte produit par le CFDRM libre de droits non commerciaux à l'exception des extraits prononcés, visant à enrichir ces travaux.
Nous vous invitons à nous communiquer toute donnée d'archive susceptible d'enrichir ce fond. contact.cfdrm@yahoo.fr Jeudi 10 juillet 2008 Jeudi 10 juillet 2008
13:12 Publié dans Massage & Violence | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 03 juillet 2008
Ingrid libérée, le MASSAGE toujours otage

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| La FNEMF partage la joie générale notamment par le biais de son Président Alain Cabello très sensible à cette cause mais la libération d'une femme ne doit pas faire oublier les milliers d'otages pas seulement enfermés dans des jungles exotiques loin de notre culture mais aussi incarcérés ignominieusement jusque dans les prisons de nos démocraties. Pour la FNEMF la prison que l'on tente de faire sauter est celle de la loi qui nous enferme dans l'exercice illégal de la médecine et l'interdiction qui nous est faite d'en employer le terme et tous ces dérivés en tant que professionnels. Nous sommes, nous les masseurs et masseuses de France les otages de cette loi inique prétexte à d'incessantes poursuites judiciaires, intimidations et biens d'autres procédés digne d'une République bananière. Nous ne serons jamais des, Relaxologue, terme à la solde de l'ordre établi. Ce rapt linguistique fait sur le mot massage montre combien la France respecte ses élites et écrase ses toucheurs en laissant la prostitution s'installer pour mieux ensuite justifier le maintient de son interdiction. Le mot massage est un terme générique vital à l'exercice de l'ensemble des massages du monde et ne saurait plus longtemps demeurer la propriété d'un seul, celui de la kinésithérapie qui s'est jadis arrogée sa seule exclusivité. Notre métier meurt autant que meurent les libertés dans un pays qui ne donne à ses citoyens que l'option de la prostitution et de l'argent facile qu'il prétend interdire. La FNEMF dénonce l'anarchie des formations, qu'il faille une ordonnance pour se laisser masser et les conséquences d'une telle inorganisation, la non reconnaissance des massages traditionnels sous prétexte qu'ils sont thérapeutiques. Pour libérer Ingrid comme pour sensibiliser autant de monde autour d'elle ne fallut-il pas toucher et toucher n'est-ce pas déjà masser ? Collectif de Libération du Massage La FNEMF Exige la restitution du mot massage "aux gens massage" Ingrid Bétancourt est libre mais le massage lui, ne l'est pas. Alain Cabello |
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Marcel carton Vincent Koffemann
Laurence Aubenas
le MASSAGE
13:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : massage, ingrid, bétancourt
mardi, 01 juillet 2008
Thématique : la transpiration
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Avec l'été la température augmente et avec elle, celle du corps qu'amplifient les mouvements nécessaires au massage et la présence d'une deuxième personne dans un espace restreint.
Chaque massage est un coureur cycliste qui s'engage parfois sur des étapes longues. le corps perd alors beaucoup d'eau que l'évaporation ou le pouvoir d'absorption des vêtements ne suffisent pas toujours à disperser.
Ce qu'il faut savoir, c'est que cette moiteur corporelle étrangère est, très généralement, extremement mal perçue par l'entourage.
Il est deux type de transpiration :
1 celle que vous produisez en vous déplaçant pour venir par exemple chez votre masseur(euse) ou chez votre massé(e)
2 Celle que produit le corps sur place pendant le massage.
Elles ne sont pas du même ordre, la première impliquant d'être plus ancienne et souvent plus odorante que la seconde. Cette sueur dont on a pas d'ailleurs toujours conscience est délétère dans un espace clôt. Il faut savoir que le massage favorise une promiscuité corporelle caractéristique et la perception de cette production corporelle peut prendre des aspects vraiment répugnants.
Je n'écris pas ces textes pour vous épargner ce que nul part ailleurs on ne vous dira par souci de convention, et le non dit aboutis souvent à des massages, voir carrément à des rapports humains, complètement dénaturés. Je vous invite donc à ne pas poursuivre cette lecture si vous craignez de rencontrer le Diable dans le détail, parce que c'est à ces détails qu'on le reconnaît parfois et il n'est pas beau à voir. Si ce n'est pas toujours agréable à lire imaginez ce que c'est que de travailler dans un endroit saturé d'odeurs humaines ?

Ce qu'il faut savoir c'est que chimiquement, la sueur se compose de 99% d'eau et ne sent donc pas mauvais ou ne contient pas suffisamment de molécules odorifères pour être perçue par l'odorat humain. Le % restant se compose de sels minéraux (chlorure de sodium) qui lui donne ce goût iodé, de la vitamine C, des anticorps, de l'urée, de l'acide urique mais aussi de l'ammoniac qui rendent la sueur très instable. C'est sa décomposition par le biais de la prolifération bactérienne qui est à l'origine de cette odeur acre qu'on lui connaît. Plus la dégradation s'accentue, plus l'odeur devient forte. La sueur charrie aussi avec elle de l'acide lactique, ce qui a la propriété d'attirer les moustiques mais sachez que l'on y trouve aussi les médicaments que vous consommez... C'est une sorte d'urine tégumentaire, c'est-à-dire de la peau, de plus, la transpiration est un marqueur sexuel d'envergure. Des études scientifiques ont démontrées que lorsque les femmes sont en période d'ovulation, celle-ci se dirigent plus spontanément vers les sièges dont les cousins ont été frottés aux plis axillaires masculins et ce constat est le même quelle que soit l'orientation sexuelle.
Mais, si la sueur fait partie intégrante de toute sexualité assumée et complètement aboutie, elle implique une proximité privilégiée que l'on à pas avec tous et que la grand majorité des couples n'a pas forcément atteint, voir savent entretenir.
Pour ajouter la seule partie glamour à ce texte sachez que bien des pubs de boissons "à servir très frai" et autres marques souhaitant relever l'érotisme de leur produit, nous on montrer d'irrésistibles individus de race humaine, transpirants comme des bêtes et pour lesquelles nous avons tous eu du mal à quitter l'écran des yeux... Mais bon, néanmoins, très généralement, votre odeur corporelle après une journée active n'est pas le parfum préféré de votre partenaire ou collègues de travaille, même si au début on pardonne beaucoup...
Sachez que les hommes transpirent davantage que les femmes ?
Plus vous êtes musculeux, poilu ou de forte carrure, plus vous aurez une propension à suer. Au-delà des températures estivales, le massage vous amènera à bouger parfois beaucoup.
Les saisons chaudes correspondent aussi à une augmentation de la production hormonale.
Les masseuses transpireront beaucoup plus lors de leur menstrues.
La hausse de température corporelle ne déclenche pas seulement le système de refroidissement qu'est la sueur. Le poil joue le rôle de diffuseur et selon la région concernée, l'odeur ne sera pas la même.
Les règles féminines n'ont pas la même intensité selon le cycle, il est donc conseillé d'arborer une hygiène irréprochable. Les hommes ne sont pas exempt de production très odorifères chargées de message sexuels qui peuvent rendre la région génitale, axillaire (aisselles) et anale extrêmement dérangeante.

Certaines personnes transpirent énormément lors de la conjonction mouvement/température/sexualité. Il m'est déjà arrivé à de multiples reprise d'être massé par des masseurs qui finissent par dégouliner de sueur au point d'entendre un goutte-à-goutte régulier tomber sur le tapis de latex ou carrément sur moi...
Imaginez un homme ou une femme, qui vient se faire masser chez un professionnel, qui paye pour cette parenthèse de détente et de raffinement que représente un massage dans une journée, et voit son masseur s'embraser progressivement pendant la séance au point que tout ne devient que moiteur autour de lui. Idem pour la personne massée qui à pris sa douche avant de venir alors que sa chemise est trempée. L'odeur est alors monstrueusement répulsive et l'impression que l'huile se mêle au jus corporel est vraiment sans nom. Je parle d'expérience, en tant que masseur, de situations auxquelles tout pro. sera confronté régulièrement à défaut de proposer une douche à ces clients mais dont il peut lui aussi faire l'objet en tant que client... Ne nous plaçons pas en victime de gens sans hygiène lorsque nous-même pouvons être régulièrement pris à défaut, c'est le seul moyen de rester en alerte et que notre esprit critique vaut aussi pour nous-même.
Ces zones saturées de sueur peuvent en révéler d'autres. La raie de fesses, comme tout plis naturel, présente toutes les conditions nécessaires à la fermentation et plus généralement à l'exhalaison des odeurs que les mouvements du massage des fessier rendent volatiles. La sueur entretient ici une humidité qui peut prendre un aspect mouillé auquel s'ajoute la dimension fécale. Se raser ne change rien. Le poil permet à l'humidité de s'évaporer plus rapidement par contre il retient davantage les odeurs. Vous raser facilite l'hygiène mais encore faut-il que celle-ci soit opportune. Prendre une douche le matin ne sert à rien si vous allez à la selle après et négligez de vous nettoyer l'anus ensuite. Nous les professionnel(le)s du massage, selon le type de massage que nous pratiquons (shiatsu et thaïlandais se pratiquent habillé), sommes ainsi parfois confrontés à des effluves anales qu'éventent les muscles fessiers qui s'ouvrent et se ferment au grès de la gestuelle utile. (Dans le massage français organique, la raie est massée)...
La conscience de cette situation embarrassante peut amener à un vrai stress lui même source d'augmentation de température et de la production de transpiration.
Vous n'êtes plus alors qu'incandescence, dégorgeant au-dessus de votre client qui reçoit par intermittence ce jus de vous-même, étranger à son corps, tantôt dans le cou, tantôt dans le dos...
Que faire ?
- Sûrement pas vous raser si vous êtes poilu. aucune profession ne doit exiger une modification profonde de son intimité.
Vous éponger régulièrement est tout aussi élégant que de se moucher en présence de quelqu'un. De plus vous casserez le rythme de votre massage sans compter que cette sudation gênante, ruine l'état d'esprit du massage. - Votre client(e)s est de son côté en enfer. S'il fait très chaud laissez les fenêtres fermées, humidifier votre espace, prenez-vous une douche fraîche même chez votre client(e), si vous avez transpiré, la personne vous en saura grès et préjugera favorablement de votre hygiène. Si cela n'est pas possible, lavez-vous les mains, les avant-bras et mouillez-vous le visage. Sachez que si votre corps a transpiré avant le massage, cela signifie qu'il a été en surchauffe et que toutes les conditions sont réunies pour que cela recommence. De plus votre peau, vos poils sont saturés d'humidité et si ça a séché c'est une mince pellicule de sébum et de sel qui persiste et rendra votre corps prédisposer à re-suer.
- Mettez un DEODORANT, habillez-vous léger façon marcel, évitez les vêtements synthétiques, n'hésitez pas à vous mettre torse nu si cela suffit à vous refroidir. Le vêtement peut s'avérer être une excellente éponge mais qui qu'il en soit regardez le standing des lieux ou le niveau social de la personne. Prévoyez un linge humide et frai que vous vous passerez sur les bras et les jambes dès le début et un verre d'eau. Ne mettez pas un claçon ou un boxer sous un short
- Pensez à mettre si nécessaire un bandeau de tennisman autour de votre front, c'est aussi pour cela qu'on demande aux cuisiniers de mettre une toque. C'est naturel de transpirer mais souvent très incommodant pour soit, alors imaginez pour les autres ? De plus, ça se prévoit.
- Attention aux parfums qui peuvent tourner avec l'acidité de la sueur, son PH n'est pas neutre.
- Lorsque vous vous faites massez exigez de prendre une douche.
Dans tous les cas, le massage sera modifié et mal perçu. Si votre masseur est répugné par votre corps ou que votre client est incommodé par vos odeurs corporelles ou par les liquides qui en suinte, alors l'escapade que représente le massage deviendra une sort de thriller gore.
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12:03 Publié dans Thématique : choses à ne pas faire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : transpiration, sueur, massage


