mercredi, 24 décembre 2008

Appel aux amateurs de cinéma

Bon, dans ce dossier je m'efforcerai de vous présenter les textes que j'ai produit pour le CFDRM dans le cadre de nos recherches sur les scènes de massage au cinéma.

Jupiter.jpgNous recherchons aussi des passionné(e)s de cinéma qui pourraient nous communiquer des noms de films, de courts-métrages contenant le mot, voir une scène de massage, affiches ou toute autre annecdote. Pour les plus motivé, possibilité vous est donné d'écrire un papier et peut-être, d'être publié sur le site du CFDRM...

Bonnes fêtes

Prison_2008.jpg

2008 est mort toute lourde sur nos droits. Masseur, masseuse, massant qui sont les dérivés du mot massage restent interdit en France, même si vous ne faites pas de massages thérapeutiques.

Dans le fond, qu'importe, que nous soyons thérapeute ou non, massage de détentes ou sexuels, il nous faut nous unir, nous organiser et la FNEMF est l'organe de libération qu'on arme pour cela.

Le massage fait partie de ces rares enclaves du monde sans racisme, sans violence.
Je vous souhaite donc de bonnes fêtes en espérant que vous ne resterez pas tout seul dans votre coin en attendant que le grand méchant-loup du massage ne vous mange. Chacun dans nos métiers de paille nous savons la précarité de nos statuts, alors qu'ensemble nous pourrions amener la brique de notre expérience et former un réèl pôle de résistance.

De mon côté, j'espère avoir répondu aux attentes des milliers de personnes qui sont venues sur ce site. Trop peu de retour à mon goût mais un vrai plaisir à l'écrire.

Bonne fêtes et que le massage génère le même bonheur que j'ai à détendre tout ces gens qui viennent me confier leur corps un instant.
Alain

Mysterous skin

Joseph_Gordon_Levitt2.jpg 

Joseph Gordon-Levittdans le rôle de Neil, prostitué masculin attendant le client dans un square de jeux.

Cet article est le dernier que j'ai écris en décembre 2008 pour le CFDRM dans le cadre de nos travaux de recherche sur les scènes de massage au cinéma.

Mysterious skin de Gregg Araki avec Joseph Gordon-Levitt, par sa graphie mais surtout par le sens même de son histoire, contient une des plus belle scène de massage du cinéma.
Lorsque la voix off de Neil Mc cormick (Joseph Gordon-Levitt) se fait entendre au début du film c'est pour dire :

_ "L'été de mes huit ans, j'ai joui pour la première fois... faudra que je le dise à mon entraîneur...". Le scénario est planté. La pédophilie traverse ce film de bout en bout avec deux types de comportements diamétralement opposés, le rejet de Brian pour lequel son viol est enfoui et ne refait surface que par le vague malaise d'avoir vécu quelque chose d'extra-terrestre et Neil qui le vit très frontalement jusqu'à devenir un prostitué homosexuel aux comportements destructeurs. Le jeune garçon recherche dans des partenaires plus âgés que lui cet entraîneur de base-ball qui l'a abusé mais aux yeux desquels il avait l'impression d'exister enfin.

Devenu jeune adulte il monte à New York où les hommes se succèdent pour posséder l'espace d'un instant ce garçon magnifique et ténébreux. Il rencontre Zeke de Los Angeles, un homme séro positif rencontré dans un club. Contre de l'argent il le suit chez lui. Dans sa chambre tout est blanc, et les seules notes de couleurs sont deux bougies rouge est un portait rapproché du visage de La Jeune Fille à la perle, du peintre Vermeer au-dessus de son lit. Lorsque Zeke retire sa chemise, apparaissent les tâches brunes caractéristiques du syndrome de Kaposi qui est une des maladies opportunistes du sida, disséminées sur tout son corps.

Misterious_Skin_dos_Kaposi.jpg

Zeke ne demande pas davantage que d'être touché dans tous les sens du terme, la beauté de Neil, sa jeunesse et ses blessures l'atteindront d'une certaine façon. Le dialogue est saisissant.

_"Si tu pouvais juste me frotter le dos.
J'ai besoin...
qu'on me touche.
Fais-moi du bien."

Je pense qu'il n'est pas anodin que Zeke n'emploie pas le verbe masser. Son manque de contact est tel que le simple massage lui semble une proximité qu'il ne peut plus se permettre de souhaiter.

_Si tu pouvais juste me frotter le dos.

Cette scène est insoutenable. Ce désir violent, irrépressible d'être touché qu'il formule par "frotter" c'est-à-dire qu'il sait n'être pas en mesure d'avoir davantage de la part de ce garçon fuyant auquel il dit d'ailleurs "Tu es d'une beauté exquise". Neil ne perçoit bien sûr pas tout ce qui se passe chez cet homme en fin de vie qui ne s'adresse même pas à lui lorsqu'il dit "_J'ai besoin qu'on me touche". Qu'importe qui me touche mais j'ai besoin "qu'on" me touche. Ce n'est pas une enviede veil homosexuel mais un besoin anthropologique, désespéré ".

Quand il s'allonge sur le lit, Zeke saisi l'oreiller comme si l'attente de ce toucher lui été plus douloureux maintenant qu'il l'avait demandé.

Neil lui pose les mains sur le dos, d'abord hésitants ses doigts révèlent plus qu'il n'aurait pensé. Zeke émet les gémissements de celui qui ne sera peut-être plus jamais touché par un garçon si jeune, si sublime. Neil semble atteint de plus en plus profondément par ce massage qui ne dit pas son nom. D'ailleurs, personne n'en à vraiment dans la tête de Neil, même ses amis les plus proches restent définitivement éloignés de ce qu'il vit vraiment.

Neil lui masse le dos de façon maladroite, touche ces tâches et finit par croiser le regard de cette jeune fille de Vermeer. C'est peut-être la seule fois de sa vie que Neil se retrouve face à lui-même dans le regard d'une autre que lui impose les circonstances de ce massage. L'intensité de ce visage d'un autre temps entre en raisonnance avec des blessures qu'on ne rencontre jamais si jeune. Ses yeux se perdent dans ceux de la jeune fille tandis que lui reste ancré au monde par ses mains sur le corps d'un homme qui comme lui n'est plus que gémissement. Tout trois sont liés et pourtant enfoncés chacun dans sa réalité propre. Vermeer dans son monde de douleur au 17ème siècle, Neil paré de la beauté mais dont le coeur n'est déjà plus depuis bien longtemps celui d'un enfant comme les autres et enfin Zeke perdu dans son désir de prolonger encore un instant se délire du toucher, l'être à tout prix, quitte à payer. C'est le massage qui les rejoint et lie leur dérive l'un à l'autre. Masser en peinture signifie donner les premiers traits, dessiner les base de ce qui sera un portrait. Vermeer a par ses doigts livré aux hommes ce regard comme Neil par ses mains transpose l'indicible volonté d'être "touché" et se laisse prendre à ce que ses doigts, son regard et ses sens lui laissent comprendre de lui-même.

Immédiatement après, on voit Neil courir sous un échafaudage. Il va rejoindre Wendy, son amie de toujours au courant de son parcourt. La conversation est très intéressante. La première image de cette rencontre vers laquelle il va, sont les mains de Wendy tenant une théière dont le bec une eau bouillante dans une tasse fumante. Sur cette image rassurante fuse un "Tu as fais attention ?" de Wendy. Voici le dialogue de Neil :

_ "Oui, je te dis que je me suis juste branlé pendant qu'il matait.
C'est la première fois que je suis gêné."

Wendy lui demande si sa pratique n'était pas à risque. La réponse de Neil répond qu'il n'a fait que se branler de Zeke. Cette finalité logique pour ce type de rencontre ne colle bien sûr pas avec ce qui c'est joué dans le massage et le dialogue qui suit le traduit à merveille. Neil tente de ramener ce qu'il à vécu à une simple masturbation mais rajoute dans la foulée "C'est la première fois que je suis gêné". Cette scène n'est pas filmée mais ce qu'il raconte peut laisser penser qu'elle s'est effectivement passée quand il rajoute que le regarde de Zeke le regardant se masturber devant lui l'a gêné. Ce n'est pas l'act en tant que tel qui peut déstabiliser un garçon pratiquant des fist fuking à l'âge de huit ans. Non, c'est la percussion du regard de Zeke, le sien et celui de la jeune fille qui furent à l'origine de ce malaise.

Wendy est dans son rôle de stabilisateur quand elle dit :

_ "Tu pourrais trouver un moyen plus sûr de faire du fric.
Comme tout le monde."

C'est précisément ce que Neil ne parviendra jamais à être, la réponse de Neil est superbe.

_ "Oui peut-être.

Il boit une gorgée de thé et reprend

_ Je ne l'ai dit qu'à toi. (il parle de son parcourt depuis son enfance)"

_ "Je sais."

_ "Je ne l'ai jamais dit à Eric, ni à maman.
Il y en a qui trouverait ça dément, ou monstrueux...
Mais ce qui est arrivé cet été-là fait partie de moi. Je n'ai jamais eu cette sensation, ni avant ni après. comme si... J'étais unique."

_ "Neil, tu avais huit ans."

_ "Il m'aimait vraiment. il y a eu d'autres garçons, mais... j'étais son trophée. Son seul amour."

Ce massage, cette connexion, le focus de Vermeer, le dos malade de Zeke ramène Neil à la réalité. Il y a un moyen plus sûr de faire du fric et la réponse c'est "Je ne l'ai dit qu'à toi..." Ainsi, ce n'est pas l'argent si dur à gagné pour un jeune homme qui débarque à New-York qui pré-détermine ses choix de vie mais bien l'option qu'un autre à pris à sa place qui contraint sa vie. Le problème n'est pas l'argent, c'est l'enfance et comment on se retrouve propulser à devoir compter pour un autre plus vieux que soit au détriment de sa propre existence.

C'est le massage qui orchestre, déclenche ce retour sur soi brutal. Le fait de toucher ce dos, de n'être pas regardé comme on peu l'être par le "client payeur" mais d'être amené à libérer autre chose. Ce temps aménagé par le massage qui soudain laisse, impose à Neil une introspection forcée. Le temps ne s'écoule pas de la même façon quand le touché d'un massage ne demande pas les mêmes retours de satisfaction qu'exige la sexualité. Neil donne quelque chose de plus alors qu'il été plutôt toujours enclin à prendre par l'entremise de la prostitution conformément à ce qu'on lui à appris. Prendre, prendre encore et ne jamais se retourner alors que là, c'est cet homosexuel malade qui, en lui tournant le dos lui impose cette confrontation.

 

mardi, 23 décembre 2008

Faut-il masser un phlegmon

Furoncle, phlegmon et autres folliculite... Bon, il n'est pas question ici de retracer toutes les cochonneries qu'on peut avoir sur, dans ou sous la peau mais juste de donner quelques indications de base.

Un de mes habitués vient un jour à son rendez-vous et me dit : "Il faut que je vous prévienne, j'ai deux furoncles, un sur la cuisse droite, un autre sur le bras, est-ce que cela vous dérange" ? Il m'explique que ce n'est pas contagieux mais m'invite à les contourner quand même. Ca ne me dérangait pas mais j'ai été contraint de nettoyer son tapis de massage à la javel, ce qui n'est pas la meilleure façon d'aborder le corps d'une autre.

J'avais bien sûr entendu parler de ces inflammations mais j'igorait exactement ce que c'était. C'est là qu'on voit l'importance d'une bonne formation. Un professionnel du massage se devrait de connaître cela, au moins pour ne pas être inquié ou au contraire l'être à bon escient.
J'ai donc contourné tout en me disant que ce serait mon prochain papier sur le blog.

Le furoncle n'est pas contagieux. C'est en fait, un poil qui s'infecte et évolue en folliculite. Cette infection est due à staphylocoque doré souvent lié à des instabilités du type diabète, alcoolisme, immunodépression ou aux effets secondaire d'un traitement. L'inflammation peut donner de la fièvre et dans ses formes les plus extrêmes, entraîner la mort.

Le phlegmon n'est pas non plus contagieux. C'est une inflammation profonde située dans la peau et sous la peau qui apparraît sous fomre d'abcès.

Les verrues, ce sont des tumeurs bénignes non cancéreuses mais contagieuses. Elles proviennent de l'infection de la peau par un papillomavirus humain. Son intrusion est facilitée par des épidermes fortement hydratés par l'eau des piscines, des douche, la présence prolongée d'huile de massage sur les mains prédispose à ces infections...)

Lipome. Tumeur non cancéreuse généralement constituée d'une petite formation graisseuse. C'est un élément que vous retrouverez fréquament. Il n'y a pas de risque à les masser. Le corps peut en être recouvert et leur grosseur peut varier d'impercéptible sous le doigts à une boule

Quand vous ne savez pas, contournez la zone. Évitez de toucher toute pustule, bouton ou nécrose même bénin. Vous éviterez de chopper des cochonneries et de les re-distribuer. Au-de-là de ça, cela évitera à vos clients les plus parano d'imaginer que tout dérangement ultèrieur est du à votre pratique.
Gardez-vous aussi de faire des diagnostiques autres que ceux pour lesquels vous êtes formé.

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