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  • Les vertus canadiennes

    Au Canada il y a en massage la notion de "massage au feeling", de "massage comme je le sens" et j'entends, de-ci de-là, des personnes s'extasier à coup de "Que c'est moderne"...
    A l'invers, d'aucun, parmi les professionnels installés, se disent ce que beaucoup se disent face à de nouvelles expressions artistiques qui entrent en confrontation avec l'accadémisme "C'est pas du massage"... En massage français on se heurte tout autant à ces angles acèrbes qui tentent de justifier leur objection par leur absence des dictionnaires. "Je suis angle qui définnit tout chose, toute chose qui n'en dispose pas ne peut se prévaloir d'être une chose".
    Laissons les gens masser comme ils le veulent mais le danger dans tout cela, c'est que les apparences de libertés que cela suscite ne sont pas pour autant des exemptions de formation et d'apprentissage de ces mêmes formes accadémiques. C'est comme en peinture, il ne vous suffit pas de faire un carré avec une courbe pour nez pour dire "Auto-portait cubiste". La rupture de Picasso est d'avoir conceptualisé son travail en allant chercher dans de nouvelles formes d'expressions des lignes traditionnelles de femmes, de l'Afrique etc mais Picasso savait dessiner. La perspective, l'art du mouvement, l'expression d'un visage sont nécessaires et en massage, nous ne disposons pas de l'extravagance des marchés de l'art qui puisse nous pardonner d'être mauvais. Le massage est un art éphémère et nous ne sommes pas en mesure d'être confrontés le lendemain matin, à notre réveil, à l'inexpressivité d'un visage peint la veille. C'est collette qui dit, je crois dans la Vagabonde, qu'il y a des soirs où on se lance à corps perdu dans l'écriture certain d'avoir tressé une couronne de laurier d'or et le main quand on se relis, ce ne sont plus que des feuilles deséchés. Notre massage doit être beau tout de suite, pas demain et pour cela, il faut travailler, re-travailler sa technique, le resentir de l'autre, essayer encore et encore sans jamais se satisfaire des propos laudatifs, aimables ou dithyrambiques des autres. La toile que peint les mouvements de votre main, c'est le corps qui la porte et il n'enmènera de ce massage que ce qu'on garde d'un livre lu, roman de gare ou oeuvre magistrale, ce ne seront que des bribes, comme des coquillages laissés par le ressac de la mer. Notre drame en massage, c'est qu'on a pas ce recule qu'à la peinture. Aucun peintre n'oserait vendre son premier tableau et bien en massage si. Le premier massage que j'ai fais, c'était sur un client et il à payé mais je craints fort qu'il ait plus payé pour la beauté du jeune homme que j'étais alors que pour la subtilité de mon touché, qui ne devait avoir de grace réelle pour lui que par celle intrinsèque à ma nature de jeune vivant que j'étais. Le pire, c'est que j'ai recommencé ensuite, certain que j'étais masseur. Qu'ils pardonnent à ma jeunesse ce que mon manque d'objectivité ne me révéla bien plus tard.
    Là où le Canada à raison en rendant accessible le massage "par tous", c'est que les résultats donnent lieux aux mêmes disparités qualitatives qu'ailleurs et il faut rester prudent qu'en à l'impact dans le temps. Pour l'heure, en France, nous n'en sommes pas là. Pas de loi, pas de formations sérieuses et des mains parfois merveilleuses qui se cherchent et se trouvent souvent toutes seules après bien des années lorsqu'elles ne se sont pas laissées abîmer par la bêtise des gens.