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  • Sabots et verbes de souillon

    J'ai deux Amour, mon Auvergne et Paris
    Même si c'est le massage qui dévore toute ma vie

    Dieu que cet art est beau lorsqu'on s'en fait créateur,
    créateur en massage français
    Être celui par lequel passe tant de rêves éphémères
    Un Corp allongé,
    qu'il soit celui d'un homme, d'une femme, d'un bébé ou d'un vieillard
    Qu'il soit mourant, fou ou prisonnier
    La graphie de la vie vaut toutes les beautés

    Sous tes mains putain, sous tes mains
    Sous tes mains tant de mots, tant de choses passent
    C'est toi qui en est ce grand ordonnateur
    et qui glane à coup de gestes
    l'enchantement d'une peau qu'on laisse à regrès

    Une peau qui parle pour des doigts qui écoutent
    Toute autre parole reste muette, la souillon
    tu donnes à sa bouche la même valeur qu'au trou de son cul

    Cul comme commencement.
    Loin du cul mort des pédés
    Comme est mort ce sexe vexant des hétéros estampillés
    Rennaîssent, ici, en massage français, comme autant de possible.
    Tu leur masses le sexe comme tu leur masses les doigts
    Et certains comprennent que de la niche à l'olympe
    un rien les en séparent
    ce n'est plus seulement une question de distance, de taille.

    Masser c'est voyager, c'est découvrir l'autre par le prolongement de soi
    Masser c'est y être.
    C'est perçevoir ici, là, sous tes doigts une parcelle de son âme, une bribe de l'esprit qu'anime le souffle de celui qui expire.
    Expirer pour mieux respirer et ramasser sous sa poitrine l'espoir ressasé d'être enfin compris par quelqu'un.

    C'est la façon qui change tout
    C'est de regarder comme jamais personne ne prend le temps
    Regarder,
    juste avoir été là, l'espace d'un massage

    Un homme qui s'endort sous les mains d'un masseur
    que les vents de ses rêves emportent comme feuilles,
    à travers les champs communaux de son corps,
    et lui qui cours derrière,
    qui rigole, qui virevolte,
    tant de fraîcheur, de fragrances fragiles
    que tu regardes avec lui en promeneur attendri
    un peu vieux, un peu seul et pourtant si vivant

    et bien les esprits qui saisissent cela
    ne ferment pas les yeux pour avoir été las
    Mais ceux qui saisissent cela
    Ne les ferment vraiment que pour avoir le bonheur,
    tout aussi nu qu'eux, d'avoir pu tout simplement être là.

    Je suis comme Jean le bleu, le sabotier de Giono
    Mon massé est mon sabot
    et chaque cor au pied doit y trouver sa place
    Pour pouvoir dire quand j'aurais trépassé


    N'avoir vécu pour n'avoir été qu'un faiseur de massage
    Moi, un masseur au pieds nus

     

    Dimanche 31 mai 2009
    Cabello Alain