lundi, 13 juillet 2009
La mairie de Cannes pose la question du pénis
Je poursuit ma réflexion au sujet du papier que j'ai écris tout-à-l'heure Naturisme interdit à Cannes. En prenant cet arrêté municipal pour interdire le naturisme sur sa plage du Palm Beach en cette mi-juillet 2009, la Mairie de Cannes repose malgrè elle la question de la place du pénis dans notre société. Je dis malgrè elle car il est évident qu'en ayant même pas le recule nécessaire pour se demander si les quelques plaintes qu'elle doit reçevoir chaque année doivent décider d'une tradition et d'un droit plus ancien encore, il ne faut pas lui prêter l'ambition de se questionner sur la place du corps et de ce qu'implique vraiment le naturisme. Car enfin, au-delà du côté folklorique des "Camps de naturistes" et de l'organisation parfois très sectaire des associations qui les dirigent, se pose des questions de fond sur le devenir de notre nature et pour nous les hommes, de notre sexe. Je parle de pénis car c'est bien de lui qu'il s'agit, le mont de vénus féminin n'a pas la subversion d'un sexe masculin. Le sexe féminin est un sexe tut, un sexe virgule, un sexe de continuité corporel contrairement à leur poitrine qui est une rupture, une femme nue est par nature consensuelle alors que pour l'homme c'est l'inverse. Mais voyez, rien que la notion de "Camps" pour naturiste en dit long sur le regard que nous portons sur la nature et ce que nous en faisons. Mon sexe interné, entouré de clôture et de peines de prisons pour les contrevenants indique bien l'espace policier dans lequel nous entrons inexorablement. La simple vision de mon sexe viril de garçon devient une atteinte au bonnes moeurses.
Toucher un sexe en France est, à ma connaissance, interdit dans une enceinte professionnelle, c'est assimilé à de la prostitution et lorsque l'on voit que des Mairies en arrivent à interdire, au début des vacances, le naturisme, c'est-à-dire, moins l'exposition que la vue circonstancielle de la nudité de l'autre cela m'interroge.Moi, en tant que masseur de massage français touchant au sexe, je vois des corps nus en permanence et conformément à ce massage, je n'oblige ou n'interdit aucune tenue, slip, serviette ou rien ne change pas grand chose au vu de l'importance pour le ou la massée d'être au plus proche de ce qui lui convient pour ce moment. Depuis 3 ans que j'exerce en institut, une seule femme a souhaité garder son string et peut-être 3 hommes. La nudité est parfaitement intégrée par la majorité des gens en massage, c'est un peu comme pour ceux qui aiment comme moi les hammams, alors que je ne pratique pas le naturisme au quotidien, il ne me viendrait pas à l'idée de garder ma serviette autour de la taille pour macérer dans ma sueur alors qu'il y a dans cette démarche une part d'hygiène et de plaisir.
C'est extrèmement préocupant de voir que l'Etat n'est toujours pas fichu de statuer une bonne fois pour toute sur ce droit fondamental à la nudité. Le pénis doit être regardé en face, qu'il soit celui d'un homme ou d'une femme, ce sexe généitaliser doit sortir de sa sphère sexuelle pour ré-intégrer aussi sa place d'organe passif et simple constituant de moi-même. Comme mes mains, mais pieds, il a un rôle social.
C'est un ruban de Möbius qu'il nous faut, nous les hommes, définitivement couper. Le sexe a son versant sexuel, ça on a cru le comprendre mais non de dieu il dispose aussi d'un autre versant qui lui n'est qu'une partie de moi et du corps social auquel je participe. Ce pan-là n'est que graphie, n'est qu'organe. Le parcourt d'un seul de ces versant doit cesser de rejoindre mécaniquement et infiniment l'autre, ils sont liés mais pas relié. L'esprit humain peu sans problème envisager de le retourner pour une dissociation compréhensible de tous. Si je veux solliciter sa face sexuelle, ok, je sais comment ça marche mais force est de constater, qu'alors que je cherche sa face corporelle pour être "juste moi-même", l'espace d'un moment sans qu'on me poursuive avec mes capacités de garçon, cela devient compliqué et ça ne devrait pas.

Être nu n'est pas se montrer nu et interdire le naturisme c'est me réduire à quelque chose que je voudrais montrer alors que ma nature ne se contente de n'être qu'elle-même, indépendemment de moi, de ce que je pense. Le maillot de bain ou le pantalon ne change rien.
La bite semble le dernier des boucs émissaires lancée dans le désert du corps. Elle fascine autant qu'elle épouvante, c'est un peu comme les bourreaux lorsque l'on faisait encore appel à leurs sombres offices, ils étaient entouraient d'une crainte mélée de respect et d'horreur. Il reste autour du sexe des "habillés par principe" le souvenir de la terreur alors que, lorsque que l'on regarde les sexes rasés d'aujourd'hui, il me semblent qu'ils ont pas mal perdu de leur superbe et ressemblent davantage à de petits lapereaux blottis dans leur bocage qu'à des exsécuteurs du Roi. D'ailleurs, je me demande si dans cette mode du tout rasage il n'y a pas inconsciemment chez les hommes la volonté de faire rentrer leur sexe dans le rang comme quand on rasait la tête des enfant dans les pensionnats pour lutter contre les poux.
Ce qui est intéressant c'est que ce sont les hommes qui ce livrent à cette anti-masculinité par souci d'hétérosexualité convenable que la défense du naturisme masculin ferait passer pour une faiblesse homosexuelle. Après tout la nudité des femmes fut suffisamment exploité mais c'est justement le contraire du naturisme dont je ne me fais pas le défenseur pratiquant hormis en massage, sauna et sous ma douche.

17:14 Publié dans Thématique : choses à ne pas faire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : naturisme, cannes, masculiniste

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