samedi, 25 juillet 2009

Spartacus, homosexualité et massage

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Texte libre de droits non commerciaux, produit bénévolement par Alain Cabello le samedi 25 juillet 2009 au bénéfice du CFDRM.
Toutes reproductions totales ou partielles hors photos sont autorisées.


Massage et cinéma
Spartacus
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Spartacus est à l'origine un livre écrit par l'écrivain américain, Howard Fast, né à New York en 11 novembre 1914 où il mourra en 2003. Edité dans les années cinquante, ce livre sera adapté au cinéma dix ans plus tard par Dalton Trumbo et dont la réalisation sera confiée à Stanley Kubrick. Dès sa sortie, le film rejoindra la liste noire du cinéma établie par le maccarthysme et quelques scènes seront censurées dont un dialogue de prostitution homosexuelle entre deux hommes, ayant pour toile de fond, un massage...

Le synopsis de Spartacus de 1960 :  73 avant J. C. Alors que la République romaine est en pleine décadence, en proie aux rivalités des ambitieux (Crassus, Pompée et déjà le jeune César), l’esclave Spartacus s’échappe avec ses compagnons d’une école de gladiateurs et devient le chef d’une révolte d’esclaves qui menace Rome. Crassus veut exploiter la situation pour devenir le maître de la République, tandis que le sénateur Gracchus essaie de pousser son protégé, César, pour contrer Crassus.

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C'est dans ce scénario, que nous découvrons la bi-sexualité de Marcus Licinius Crassus que joue Laurence Olivier, mise en lumière lors de son bain, quand il demande à son jeune esclave, Antoninus joué par Tony Curtis, de le rejoindre avec un siège...
Antoninus ne porte à la taille un short court, il prend un tabouret, descend avec dans le bassin, le dépose en son centre, Crassus s'y assied.
Spartacus_1960_3.JPGLa scène est lointaine, filmée en surplomb, nous la voyons d'ailleurs derrière un voile qui sépare les thermes des appartements privés de Crassus.
Antoninus entreprend de masser le dos de son maître alors que s'engage une étrange conversation sur les vertus de la bisexualité dont les sexes se font huîtres pour parler de celui des femmes et escargots pour imager celui des garçons. Cette scène est d'autant plus mythique qu'elle est un marqueur fort d'homosexualité au cinéma, faisant de cette pratique montrée ici comme tout-à-fait établie dans l'antiquité, la contestation de son interdiction aux USA dans les années soixante. Le dialogue est extrêmement bien amené sous les hospices de deux symboles puissants de l'intimité, le bain et le massage. Dès lors, ce film devient particulièrement important aussi bien dans l'histoire de la prise de parole publique de l'homosexualité comme dans l'histoire du massage au cinéma dans la mesure où il transpose, par le biais d'un focus historique, le rapport de force entre maître/massé et masseur/soumis au désir qui s'exprime par une exigence de prostitution.
La lecture de cette scène devient alors aussi bien cinématographie et revendication homosexuelle que masso-pratique et confrontation aux sexualités.

Je vous livre ici la fameuse scène.


Spartacus huitres escargots 

Voici le dialogue : 

Crassus– Vas me chercher un siège Antoninus - Mets-le dans l'eau
Antoninus descend dans le bassin, le pose au milieu
_ Là ça ira
Crassus s'y assied tandis qu'Antoninus lui masse le haut du dos avec de l'huile qu'il verse d'une fiole de verre.
Crassus– As-tu jamais volé, Antoninus ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – As-tu jamais menti ?
Antoninus – Pas, si je peux l’éviter.
Crassus – As-tu jamais, déshonoré les dieux ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – Te réfrènes-tu de ces vices par respect des, vertus, morales ?
Antoninus – Oui, maître.
Crassus – Manges-tu des huîtres ?
Antoninus – Lorsque j'en ai, maître.
Crassus – Manges-tu des escargots ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – Considères-tu que c'est moral de manger des huîtres et immoral de manger des escargots ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – Bien sûr que non. Tout est une question de goût, n'est-ce pas ?
Antoninus – Oui, maître.
Crassus – Et le goût n'est pas semblable à l'appétit, et donc n'a aucun rapport avec la moralité, n'est-ce pas ?
Antoninus – Cela pourrait sans doute se discuter, maître.
Crassus– Ça suffit. Mes vêtements, Antoninus.
Ils sortent tous les deux du bain, Antoninus en tête afin d'envelopper son maître d'une toge. Sur son épaule Antoninus lui met une étole.
– Pour satisfaire mes goûts, il me faut des huîtres et des escargots.
Antoninus écarte le voilage afin de laisser le passage libre à Crassus qui apparaît dans la pièce attenante à ses appartements.
Crassus– Regardes Antoninus.
Crassus se dirige vers le balcon duquel on voit, de l'autre côté du Tibre, passer une garnison romaine, capée de pourpre.
Crassus – De l'autre côté du fleuve il y a quelque chose qui vaut la peine d'être vu.
– Là, mon garçon, [Crassus se retourne en direction de son esclave] c'est Rome…, la puissante, la majestueuse…, la terrible cité de Rome. Le colosse qui domine le monde du levant au couchant. Nul ne peut résister à Rome, personne, aucun homme et aucune nation… et moins encore, un jeune garçon. [Crassus se retourne de nouveau en direction du paysage et poursuit]
– Il n'existe qu'une façon de traiter avec Rome Antoninus, il faut la servir, il faut courber la tête devant elle, ramper à ses pieds, il faut l'aimer. Ais-je raison Antoninus ?
[Lorsque Crassus se retourne en attendant la réponse, son esclave a disparu.]
– Antoninus ? Antoninus ?
La scène s'arrête là.
La seule alternative d'Antoninus c'est la fuite, le "Ais-je raison Antoninus ?" de son maître ne laisse la place qu'à une affirmation contrainte et non pensée. Le stade suivant ne pouvait être pour cet homme que l'acquiescement ou la fuite en guise de rébellion.

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A partir de cette scène qui découle d'un massage, Antoninus décide de fuir le service de son maître. Il est évident que dans l'antiquité les patriciens romains propriétaires de leur maison comme de leurs esclaves ne s'embêtaient pas d'autorisation pour abuser de leur personnel qu'ils achetaient en conséquence. Il se faisaient servir, habiller, déshabiller, masser, laver et selon les orientations, la sexualité était facile, obligé et d'autant plus exacerbée que ces soldats partaient régulièrement en mission et risquaient à tout moment d'être tués. C'est ce qu'il se passe ici. Rome se lève contre la révolte des esclaves menée par Spartacus, ancien gladiateur qui s'échappe avec une centaine d'esclaves et monte une armée pour s'opposer à la rudesse de leurs maîtres. Crassus doit partir ce qui pourrait expliquer l'élégance de l'approche. L'homosexualité qui n'était pas condamnée répondait à des codes dont la sodomie n'était pas la moindre de leurs transgressions et méritait quelques discrétions. Le citoyen romain pouvez abuser aussi bien des femmes, des hommes que des enfants de sa maison mais il devait toujours rester le dominant. Pas question de sodomie venant du personnel sur quelque membre de la famille et tout particulièrement sur les mâles qui devaient  rester actifs en toute circonstance. Cela n'empêchait pas qu'elle ait pas lieu, mais il ne fallait pas que cela se sache et ceux dont l'homosexualité était de notoriété publique, faisaient l'objet de railleries permanentes, de graffitis sur les murs de Rome et même de pamphlet lorsque le personnage était important.
Par contre, historiquement, alors que les romains déambulaient la plus part du temps nus dans les thermes publics, après avoir remis leur toge aux Apodytaires, vestiaires tenus par des esclaves appelés Capsaires, il est étonnant de voir qu'un romain disposant de ses propres bains, laisse son esclave habillé sachant qu'il le convoite. Les pauses où Crassus lui-même est habillé dans son bain ne répond en fait qu'à la censure mais dans le film, il est bien nu comme nous le voyons sur une autre photo.
Les esclaves étaient néanmoins coûteux et selon les périodes et la richesse de la famille qui les détenait, ils restaient bien traités notamment lorsqu'ils étaient érudits comme beaucoup de grecs très prisés pour occuper le poste de précepteurs des jeunes romains. Antoninus est particulièrement instruit, en fait il est poète ce qui explique que s'il répond avec déférence à l'autorité qui le gouverne, il se méfie de ce qu'il répond et parle avec mesure.
Reprenons.

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Crassus fait descendre son esclave dans son bain et lui demande de venir avec un siège. Il serait intéressant de savoir les sources d'inspiration de Howard Fast mais ce dont on peut déjà en déduire c'est que nous avons là un massage assis...
Crassus ne prend pas de front son esclave mais le ménage considérablement en abordant l'homosexualité qu'il considère comme normale, sur le registre du défaut. En effet, il commence par lui demander s'il n'a jamais volé, menti, (sans doute pour s'assurer de la véracité de la réponse que lui fera Antoninus et la réponse est déjà prudente) "Pas, si je peux l’éviter".
- As-tu jamais, déshonoré les dieux" et après la même réponse laconique et obéissante de l'esclave il poursuit par : "Te réfrènes-tu de ces vices par respect des, vertus, morales ?". Antoninus répond que oui, il respecte ce qui doit être respecté parmi les vertus comprises comme telles à l'époque. C'est là que le piège se referme lorsqu'il axe l'échange sur les mœurs...
Crassus – Manges-tu des huîtres ?
sous-entendu, aimes-tu les femmes ?
Antoninus – Lorsque j'en ai, maître.
La réponse est ambiguë et laisse penser que lorsqu'il en à il en mange, certes, mais que cela n'est pas être sa priorité, alors qu'un enthousiasme sincère et spontané aurait de fait laisser présager la place congrue laissée à tout autre alternative.
– "Lorsque j'en ai, maître" mais si je n'en ai pas, je pourrais me contenter des attraits de l'autre sexe... En même temps, sa réponse se double d'une logique assez implacable, "lorsque je n'en ai pas je ne peux de fait pas en manger"... Crassus poursuit donc sur cette ouverture :
Crassus – Manges-tu des escargots ?
Autrement dit, "Aimes-tu les le sexe des hommes ?"
Antoninus – Non, maître.
Crassus le coince ici
Crassus – Considères-tu que c'est moral de manger des huîtres et immoral de manger des escargots ?
En un mot, l'homosexualité te semble-t-elle immorale ?
Antoninus – Non, maître.
Antoninus ne peut répondre autre chose mais en disant cela il valide le fait que l'homosexualité et sa pratique ne se situe donc pas en contradiction avec les Dieux et la moralité, d'ailleurs, il referme la nasse sur son esclave en rajoutant comme entendu :
 – Bien sûr que non. Tout est une question de goût, n'est-ce pas ?
Antoninus – Oui, maître.
Crassus – Et le goût n'est pas semblable à l'appétit, et donc n'a aucun rapport avec la moralité, n'est-ce pas ?
Crassus lui dit très finement que l'on peut avoir le goût des homme sans en avoir l'appétit, c'est-à-dire la pratiquer sans l'aimer...
Antoninus se rebiffe mais il est déjà trop tard, le piège s'est refermé sur lui
Antoninus – Cela pourrait sans doute se discuter, maître.
Il lui répond que son affirmation pourrait être contestée mais Crassus l'entraîne au fond de sa logique de dominant en interrompant l'échange
Crassus– Ça suffit. Mes vêtements, Antoninus.
et il rajoute que pour son bon plaisir :
– Pour satisfaire mes goûts, il me faut des huîtres et des escargots.
Autrement dit, il me faut des femmes mais il me faut aussi des garçons, ce n'est pas une préférence mentionnée dans une conversation entre égaux, c'est un ordre qui se traduit par, "tu es à mon service et par conséquent, pour me satisfaire, il faut te donner complètement, que tu en aies ou non l'appétit, dès lors que j'en ai le goût". Ce qu'il avait tenter d'obtenir par la persuasion il l'exige par la métaphore et ce qui était une formulation élégante au départ devient un ultimatum à peine déguisé :

Crassus – De l'autre côté du fleuve il y a quelque chose qui vaut la peine d'être vu.
– Là, mon garçon, [Crassus se retourne en direction de son esclave] c'est Rome…, la puissante, la majestueuse…, la terrible cité de Rome. Le colosse qui domine le monde du levant au couchant. Nul ne peut résister à Rome, personne, aucun homme et aucune nation… et moins encore, un jeune garçon.
[Le message est clair, Rome c'est moi en tant que patricien romain et ce qui vaut la peine d'être vu, ce qui domine le monde, ce qui suffit à susciter la terreur ne peut être contesté dans ses désirs. Nul ne peut résister à Rome, et donc à moi, Crassus, personne, aucun homme et nous montons dans la hiérarchie de l'évocation des forces croissante, aucune nation… C'est juste après nation que Crassus donne le coup de grâce en regardant Antoninus dans les yeux, si aucune nation ne peut résister, comment un jeune garçon pourrait-il me résister alors qu'il est à mon service ?
[Crassus se retourne de nouveau en direction du paysage et poursuit]
– Il n'existe qu'une façon de traiter avec Rome Antoninus, il faut la servir, il faut courber la tête devant elle, ramper à ses pieds, il faut l'aimer. Ais-je raison Antoninus ?
[Lorsque Crassus se retourne en attendant la réponse, son esclave a disparu.]
– Antoninus ? Antoninus ?
Il exige ainsi que son esclave lui cède sans résistance, qu'il traite avec lui, même si l'irrédentisme de ce romain vise à l'invasion de son propre corps par le sien. Il faut qu'il le serve, qu'il courbe la tête, qu'il rampe à ses pieds, qu'il l'aime enfin, le don doit être total. Il devenir son amant. A cette manifestation de force, l'esclave, le soumis n'a que l'impuissance de laisser faire ce que dans sa nature même il exècre comme tant d'autres avant lui, et ce, jusqu'aux nation, violées, comme lui sera violé, à ceci près qu'Antoninus répond par la résistance. Que personne, qu'aucune nation ne puisse désobéir à Rome ne signifie pas qu'il s'en interdise la liberté individuelle de lui dire non.
Ne pas attendre la fin de la réflexion de Crassus, ne pas l'écouter jusqu'au bout c'est lui couper la parole, c'est répondre au sens qu'on ne partage plus mais qu'on impose, par l'absence qu'on inflige en indiquant que même Rome ne peut prétendre à tout de tout le monde. 

La métaphore que ce romain utilise dans cette période près-chrétienne est la même que celle que nous rencontrons dans le massage au quotidien. C'est l'illustration de ce rapport de force permanent et la place de l'intimidation et l'expression récurrente du désir de celui qui règne. Confronté à la sexualité, à celui qui a le pouvoir de l'argent, quelle attitude prendre ? Le risque de la résistance ou l'apathie de la soumission ? Cette scène est une allégorie de la prostitution et elle est d'autant plus intéressante qu'elle naît d'un massage, d'une décente dans le bain de son maître pour lui masser le dos, pour le nettoyer d'une éponge, pour le satisfaire. Seulement obéir aux contraintes de l'esclavagisme ou aux nécessités qu'implique sa fonction ne signifie pas renoncer à toute possession de soi-même. La fuite comme symbole de refus, de perte de position est ici préférée à la prostitution comme renoncement de son identité. Se donner sexuellement à son maître comme à son client en massage, c'est abandonner au désir de l'autre l'infime espace de liberté que renferme le prodigieux élan qu'impulse le corps lorsqu'il se donne à l'intime de celui ou de celle qu'il à choisi.

Le droit que se réserve chaque Être à se donner, implique le combat qu'il doit mener pour que ce don découle bien de sa seule volonté et soit proportionnel à l'énergie qu'il est prêt à y mettre pour le défendre afin que l'implication, la force de cette mise en commun volontaire d'une partie de sa souveraineté soit un cadeau et non une spoliation. L'abandon est l'antithèse du don, c'est la renonciation, la mort de la volonté dont la passivité du oui est l'acte d'enfermement. Être sous influence n'est pas l'expression de l'inexistence mais de l'acceptation d'une partition de ses prérogatives dont l'esclavage est la renonciation à les faire valoir. Ici il s'agit bien du choix et de la place que chacun s'octroie face à l'autorité brutale.

Être sous influence n'est pas l'expression de l'inexistence mais de l'acceptation d'une partition de ses prérogatives. Ici il s'agit bien du choix et de la place que chacun s'octroie face à l'autorité brutale.
Antoninus choisi de fuir pour mieux se révolter et rejoindre le soulèvement de Spartacus alors que Rome et son maître s'apprète justement à combattre. Ce n'est donc pas une évasion sans but mais un refus d'appartenir à ceux qui semblent tout-puissants. Dire non c'est se réserver une marge qui ne soit pas sous influence et de laquelle je suis le seul décisionnaire.

D'une vie à l'autre

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Texte libre de droits non commerciaux produit bénévolement par Alain Cabello le Mardi 1er juillet 2008 au bénéfice du CFDRM.
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Massage et cinéma
D'une vie à l'autre

  

eddie_cibrian.jpgEddie Cibrian dans D'une vie à l'autre, masseur sexy ou prostitué masculin ?

Ce cubain d'origine né au USA fait une courte apparition dans "D'une vie à l'autre" pour laquelle il joue le rôle d'un masseur. Jusque là rien à dire à part que la scène devient rapidement érotique et cumule bien des interrogations : le massage encore une fois vecteur de sexualité, un professionnalisme bafoué et le theme plus rarement abordé de la prostitution masculine au "déficite" de l'économie féminine.

Des origines cubaines, _sorte de must latin dans un pays sans beaucoup de liberté et auquel il ne reste que l'expression du sexe réservé aux riches adipeux_ mais Américain, qui confère à ce corps stéréotypé made in mâle dominant et hétérosexuel, un statut d'acteur vraiment sexy. Sûrement en faut-il plus pour réussir dans le cinéma mais ça a au moins le mérite d'exagérer les lignes directrices des valeurs que l'on prête au corps et plus spécifiquement aux hommes.
Alors, lisons le synopsis du film "D'une vie à l'autre", "Il s'agit de l'histoire d'une riche bourgeoise, Judith Nelson, amère et névrotique, depuis que son mari, médecin, l'a délaissée pour une ravissante pédiatre plus jeune qu'elle. Un soir, dans un club de jazz, un inconnu, la prenant pour une autre, l'embrasse fougueusement. Ce baiser inopiné va réveiller Judith. Quand elle rentre dans son luxueux appartement elle regarde pour la première fois le liftier, Pat, jusqu'alors invisible, petit homme rond et mélancolique. Que peuvent avoir en commun Judith et Pat?"

Cette présentation vaut tout de même son pesant de machisme. "l'histoire d'une riche bourgeoise, amère et névrotique, depuis que son mari, médecin, l'a délaissé pour une ravissante pédiatre plus jeune qu'elle." Qu'à donc pour effet cette phrase si ce n'est celui quelque part de légitimer implicitement le comportement d'un mari qui ne pouvait que "délaisser" une riche bourgeoise, comprenez une vie emmerdante, au bénéfice de la fraîcheur ? De plus, le malin ne s'est pas éloigné pour rien mais au contraire, _stéréotypons un peu plus_ pour une ravissante pédiatre plus jeune qu'elle. Rien que le fait d'être plus jeune semble déjà là un argument de poids dans une société où l'image semble absolument nécessaire et qui dans le cas présent, se glisse dans le corps d'une jeune et ravissante pédiatre. Cette prise de distance rend donc notre bourgeoise amère et névrotique et surtout, laisse supposer qu'elle en avait déjà les prédispositions.

Dans la scène de massage que comporte ce film, le rôle du mâle sûr de lui est poussé à son paroxysme avec le beau ténébreux Eddie Cibrian. C'est le baiser d'un inconnu qui se trompe de personne qui la réveille, c'est-à-dire d'un autre homme qui certes se trompe de personne mais en même temps l'ébranle. Il faut donc dépoussièrer tout ça et comment ? Mais en mimant les comportements masculins afin, là encore, de les faire légitimer par le beau sexe rendant l'acte d'autant plus banal qu'il devient pratiqué par tous et surtout par toutes. Ainsi, une femme libérée serait une femme se livrant aux mêmes pratiques que les hommes...
Alors, que fait cette Judith désespérée ? Et bien elle se paye un masseur. C'est ici qu'intervient notre beau et ténébreux et cubain et américain Eddie Cibrian et c'est précisément l'objet de ce papier. Précisons tout de suite qu'aucun des qualificatifs que je vais employer n'est péjoratif et préjudiciable au massage ou aux qualités de l'homme, ces caractéristiques prises toutes ensembles ne donnent qu'un profil avantageux, trop avantageux et in fine orienté au service, des hommes, toujours eux.
Ce profil est celui du macho, du dominant, du fécondateur est là, et cette femme si active dans son initiative à se payer un masseur redevient passive, même si la forme change un peu, c'est elle qui passe commande d'un masseur, le consomme comme un mec mais avec les attributs de la femme fatale. Ainsi, on voudrait nous faire croire que l'égalité homme/femme passerait par l'imitation des comportement de l'autre. Car c'est bien un masseur que Judith demande et non un massage, c'est un homme prudemment dénué de tous les vocables grincheux habituels, comme pute ou gigolo mais c'est pareil, il y a quasi synonymie avec masseur, même si l'on atténue l'évidence par un beau latin avec toute sa charge émotionnelle de sérial baiseur, de Ferrari du sexe. Ce n'est jamais dit parce que c'est le statut même qui l'exige mais ce garçon est un prostitué masculin.
Judith est l'autre versant féminin de la femme fatale car ce n'est que dans sa condition sociale que Judith est présentée comme, riche, bourgeoise, et ce n'est que cette seule période de sa vie qui l'a fait devenir amère et névrotique mais le casting n'échappe pas au mythe hollywoodien, Holly Hunter est en réalité belle, blonde et vamp. Quand on veut faire sport on roule en Ferrari, quand on veut renvoyer l'image d'une personne libérée on sort avec un latin symbole de sexe. Le masseur dispose aussi de tout une armada de stéréotypes assez proche et fondre le latin dans un masseur c'est lui ajouter une fonction de geisha on ne peut faire mieux, à part peut-être de sur-rajouter de la pression là où les hommes n'en non que déjà trop.



L'appartement est, comme nous le montre cette vidéo, de standing. Le masseur brun, bronzé, large d'épaules, est déjà en boxer tantôt noir dans cet extrait, tantôt blanc comme sur la photo, peut-être pour souligner l'ambivalence noir/blanc, pute/masseur si tenté que les professions puissent se définir par une couleur. Bref, un masseur professionnel en caleçon, tous les muscles sont bien à leur place, est assez étonnant. La cliente, elle, est en peignoir de satin blanc, de dos. Elle se dirige vers l'abat-jour de façon déjà très suggestive et ne se retourne que pour répondre à son masseur dont on vous restitue le dialogue.
_ "Ca fait combien de temps que vous ne vous êtes pas fait masser ?"
_ "Heu, je ne m'en souviens pas"
En version française on entend que dans l'intonation de la voix ce n'est pas le retour aux origines qui est recherché, ce n'est pas une femme prête à se laisser aller à une détente profonde par les arts traditionnels du massage qui vous fait déjà oublier tout ce qui vous entoure et vous qualifie socialement, mais bien une femme avec des arrières pensées d'homme, à moins que ce soit la façon dont les hommes rêvent de voir les femmes... La question qui suit est posée par le masseur, de face, dans un mouvement qui le fait aller vers la table de massage, c'est-à-dire vers le lit encore vide
_"Est-ce qu'il y a des endroits où vous voulez que j'insiste particulièrement ?.
Comme dire cela. Le sexysme devient ici insoutenable et presque Edenique, elle éteint la lumière, se retourne et répond sans équivoques sur ses intentions,
_" Je peux décider plus tard ?

Il ne s'agit pas de savoir si les gibosités du sous-vêtement du ténébreux seront saisies par les mains d'une Eve en proie à l'ennui mais bien quand est-ce qu'elles le seront avec le consentement des deux. Plus qu'une résolution de la condition humaine nous avons là un sexysme anti féminin évident mais ce qui n'apparaît pas immédiatement c'est que ce sexysme joue dans les deux sens en heurtant de plein fouet les hommes tout en égratignat gravement les métiers du massage. Ce film tente de nous montrer une femme prise au dépourvue par la décision de son mari qui finit par s'adapter assez vite à la situation en singeant d'abord le comportement des mecs puis en retrouvant au bas de chez elle, en la personne de son liftier, un espoir. Tout semble parfait pour cette femme mais avant de comprendre ce que son liftier, donc autre élément passif dans l'histoire, elle passe par tous les stades, y compris celui de s'offrir les services d'un masseur. Ces choses là sont toujours délicates à manipuler et les victimes ne sont pas seulement celles que l'on crois c'est-à-dire, les femmes. On ramène le mâle à son valorisant statut de reproducteur ou plus précisément dans le cas présent, d'assouvisseur de femmes en manque et d'ailleurs, comme beaucoup de ces masseurs "spéciaux" satisfait-il également les hommes. Car si ce n'est jamais dit, nous avons là au cinéma la scène d'une femme qui s'offre un gigolo qui est aussi masseur et aussi un être humain.

Le plan final de cette bande-annonce de laquelle j'ai tiré ces photos de moindre qualité nous montrait les deux mains de Judith se posant virilement sur le cul du masseur pour ne laisser aucun doute sur la suite de ce massage et de ce que nous véhiculons en tant que professionnel(le)s. Je dis "montrait" car la scène en a était retirée, il n'empêche que j'en avais fait une capture que je vous livre en fin d'article.

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Alors ce n'est qu'une bande-d'annonce mais c'est dans ce laps de temps que par le son et l'image que se concentre le message essentiel que le réalisateur souhaite faire passer et là encore, le massage est dévoyé. Que retient-on de ce passage, et bien essentiellement ce qu'il veut nous laisser voir dans l'instant, c'est-à-dire que la vie est difficile, qu'il suffit de ne pas se poser trop de questions et de se laisser aller à ses pulsions. Ce que ce film nous révèle c'est la perpétuelle solitude dans laquelle plonge celui du couple qui le premier se retrouve lâché. Au-delà de l'effet de surprise, il y a la permanence des faits, l'absence de l'autre que contenaient nos habitudes, le retour au point de départ avec dix, vingt ou trente ans de plus. C'est là qu'il faut réapprendre à vivre alors que l'on été devenu spectateur des déboires des autres. Peut-être serait-il utile que nous les hommes réfléchissions à deux fois avant de nous amuser avec ce type de re-sucer sexyste. Ce phallisme n'est plus supportable et en atteignant les femmes on ne résout rien. Ce mec immature qui part avec une pédiatre jeune et jolie, cette femme qui se fait prendre par un dieu-péripatéticien, ce liftier benoît qui se révèle, et le massage qui jamais n'est un refuge et toujours projette les mêmes fantasmes vides de toute histoire ne sert personne.
Ce costume mal taillé destiné à travestir cette femmes des travers masculins, loin de les banaliser, nous déshabille et révèle un sexisme crasse plus tragique que jamais.

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Epouses et concubines

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Toutes reproductions totales ou partielles hors photos sont autorisées.


Massage et cinéma
Epouses et concubines

 

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"Epouse et concubines" mériterait de d'être travaillé en profondeur tant ce film est un des plus prodigieux témoignage de la nature des liens qu'entretient le massage avec le pouvoir, ou plutôt devrions-nous dire, les pouvoirs, ceux de l'érotisme, de la tradition, des hiérarchies. De plus nous avons plusieurs formes de massages magnifiquement sublimés par Zhang Yimou. Ainsi, le massage des Epouses et Concubines prend une part centrale, et dans le cérémonial qui organise le prestige que constituerait le privilège d'avoir été choisie par le maître pour passer la nuit avec lui, et comme l'élément le plus actif du rite. Il est une communication qui s'installe jusque dans les sonorités qu'il produit, destinées à faire savoir aux autres épouses le rôle prépondérant que l'élue a.

Premier massage : Nous avons ce premier massage assez surprenant pour un oeil occidental qui consiste à frapper la plante des pieds avec de petits maillets armés de grelots sonores au son saccadée. Ces sons se placent comme de véritables massages-sonores comme le raffinement de l'Asie a su le développer pour devenir beaucoup plus que la simple conséquence d'une décoration d'ustensile destiné à sa pratique. La rythmique gestuelle mais aussi sonore est une mise en perspective de ce que suggère ce massage. Il annonce à toute la maison qu'une épouse bénéficie d'un massage destiné à la préparer pour la couche du maître. La trépidation symbolise le rituel, l'installe dans sa permanence.
Les pieds, recouverts d'un linge rouge lourd de sens est une extension du sexe et de sa préparation à l'amour comme l'Asie a su le formaliser. Ce n'est pas pour rien si le pied prend une telle place dans les massages asiatiques jusqu'à l'extraordinaire travail de la réflexologie. Tambouriner sur ce tissu c'est frapper, solliciter le droit d'entrer et en même temps commencer le travail érotique d'approche génitale. C'est un peu comme une extension du Lotus d'or qui consistait à bander les pieds des filles pour qu'ils ne dépassent pas 7,50 cm. Les souliers portés le jour des noces étaient également souvent brodés de scènes érotiques parfois très explicites et destinées à instruire l'épouse.
Le massage musical prévient la cité entière que la tradition se poursuit immuablement. Celle qui est choisie est celle qui possède la capacité à ce moment là de donner un enfant, une descendance au maître pour perpétuer la dynastie avec tous ce que cela suppose de domination et de privilège.

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Deuxième massage : Si Songlian est la dernière des épouses arrivées Qi Zhao, la servante constitue une des concubine. La rivalité entre ces deux femmes est immédiate et Songlian, la surprend en train de fricoter avec le maître, dans sa propre chambre. Certes, celui-ci a tous les droits mais cela heurte l'orgueil de Songlian et installe une tension supplémentaire entre les deux pièces de ce rouage traditionnel. Le maître s'agace de cette sensibilité et décide d'interrompre ses faveurs à la nouvelle arrivée et lui préfère une autre de ses épouses. Mais pour tout le monde cela signifie que quelque chose s'est mal passée ce qui n'est jamais bon dans un monde  aussi codifié que féroce...
Le massage qui suit est un de plus bel exemple d'érotisation par projection. Songlian n'étant plus visitée par le maître n'est plus massée mais les sonorité des maillets continuent à spécifier à tous qu'une épouse est choisie sur le même mode. Elle projette donc le privilège d'être massée en fermant les yeux et en s'auto-massant les pieds, l'un contre l'autre. Le fond est noir et illustre bien de sa solitude, l'apparat est remplacé par les jambes suspendues réduite à des frottements, simulacre de massage. Cette scène est très belle et lourde d'érotisme féminin. Le pied symbole de sexualité est là, filmé abandonné, obliger d'imaginer ce que d'autres ont le privilège d'avoir, être massés avant l'amour. Privilège, certes, mais privilège usurpé puisqu'en tant que nouvelle épouse, c'est elle qui devrait être à leurs place, et cela à cause de Qi Zhao, la servante. Ce qui est intéressant dans ce film c'est absence du maître qu'on ne voit jamais en gros plan. Il est omniprésent, il est celui autour duquel tourne ce monde mais on sent que le sujet n'est pas là. Aucune étreinte n'est montrée, son visage même n'apparaît que comme un personnage secondaire. Ce qui se joue dans ce film ce sont les relations entre épouses et concubines et le schéma complexe que constituent leurs vie.

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Troisième massage : Scène de massage du maître par la deuxième épouse qui se présente que l'amie la plus proche de la nouvelle arrivée. La suite montrera que les rivalités ne s'encombrent pas de sentiments. Ce massage fait partie des percussions.

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Quatrième massage : La flute que lui avait donné le père de Songlian a disparue. Elle appelle Qi Zhao qui lui jure ne pas y avoir touché. Songlian ne la croit pas et l'entraîne de force dans la chambre qu'elle habite. Qi Zhao la supplie, elle dit n'être pour rien dans ce vole mais quand Songlian pousse la porte de la chambre de la servante, elle découvre des lanternes rafistolées et allumées selon le même cérémonial réservé aux épouses. Cela représente un acte grave. Songlian fouille alors les affaires de Qi Zhao à la recherche de sa flute mais à la place de celle-ci, elle trouve une poupée destinée à l'envoûter.
Seulement les caractères écrits dessus ne peuvent avoir écrit par Qi Zhao qui est analphabète. Songlian jure de ne rien révéler de toute cette mise en scène si celle-ci lui révèle qui les a écrit. C'est la deuxième épouse, celle qu'elle croyait être son amie.
Cette figurine ensorcelée constitue une forme de massage chtonien, de massage souterrain non plus destiné à faire du bien mais à inviter le mal. Les caractères peints ainsi que les aiguilles enfoncées sont massage. Ces aiguilles, dans la tradition chinoise ont un double langage puisqu'en effet, ce sont des aiguilles que l'on utilise pour soigner. L'acuponcture est au coeur du système de soin traditionnel chinois mais il est détourné pour devenir une sorte d'anti-acuponcture destinée à tuer. Nous aurions là matière à mener des travaux intéressants le massage et la mort du CFDRM.

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Cinquième massage : Les relations entre Songlian et sa servante ne s'estompent pas et nous montrent dans la scène suivante un massage de domination et de hiérarchisation dirigée à l'intention d'une seule. L'épouse, ancienne universitaire qui à du interrompre ses études et donc, ce mouvement vers l'indépendance de l'esprit, par manque d'argent, rejoint le cercle traditionnel par le mariage arrangé qui ré-enferme l'individu en lui demandant de reprendre sa place. A son tour Songlian ne manque pas une occasion de rappeler à Qi Zhao sa place de domestique.
Le massage suivant est manuel, on sent la tension qu'il y à entre Songlian, la dernière des épouses arrivées et sa servante, Qi Zhao. C'est cette servante qui constitue une des concubines. Elle l'oblige à contourner la tradition, à lui masser les pieds, à se soumettre à ce massage de dominant. Qi Zhao est obligée de prendre la place de la vieille édentée préposée au massage et de masser sa maîtresse de façon assez similaire à celui qu'elle aurait eu si elle avait été choisie. Elle marque sa différence et lui stipule qu'à défaut d'avoir été choisie elle reste potentiellement une des élues ce que Qi Zhao n'est pas.

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Sixième massage : Nous sommes là en présence d'un autre simulacre de massage dans la chambre de la servante qui rêve au plus profond d'elle-même d'être une de ces épouses. Ce massage fantasmé est à mettre en parallèle avec celui que projette au même instant Songlian qui entend comme tous les personnes de la cité, raisonner les maillets de l'élue du soir.
Cette scène est très belle et nous montre l'ampleur de la solitude de celle que personne jamais ne masse et la puissance de l'esprit que l'imagination transcende.
Zhang Yimou nous montre ici un massage vraiment sompteux qui se caractérise par l'absence de touché. Pour ce faire masser il faut être deux mais quand on ne l'est pas on fait semblant et pour cela, nous avons la scansion de cet autre qui suggère. Le son dans ce film est immédiatement associé au massage mais même sans lui, la seule présence des lampions allumés suffit à installer l'atmosphère douce de la relaxation et de l'érotisme. N'oublions pas que les lumières rouge sont celles de la préparation à l'amour avec le maître.
En France, les lanternes rouges servaient à signaler l'entrée des bordels. Le rouge est associé à la sexualité.

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Septième massage :  Songlian, feint d'être enceinte comptant sur la présence quotidienne du maître dans sa couche pour l'être réellement. C'est du quitte ou double. Si cela réussi, elle s'imposera comme celle autour de laquelle tournera toute la maison, mais si elle échoue... Elle demande au maître que Zhuoyun, la deuxième épouse, vienne la masser alors qu'elle lui a délibérément coupé l'oreille en la coiffant pour se venger d'avoir écrit son nom sur la poupée retrouvée chez Qi Zhao. Bien sûr, rien n'est dit, tout n'est toujours que sourires et conventions, mais la rivalité entre ces femmes fait rage. Qui a dit que le massage n'était jamais que douceur ?

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mercredi, 22 juillet 2009

Trois catégories de masseurs

Par chacun de ces articles, je tente de définir toujours plus finement, au gré de mes réflexions, la place du massage et le rapport qu'il entretient avec la sexualité est un sujet vraiment passionnant qui m'amène à repositionner le corps et la place de chaque individu avec le sien, sans pour autant stigmatiser ceux qui détourneraient le massage de ses fins. D'ailleurs, masturber un sexe, celui d'un homme ou celui d'une femme ne saurait être exclue des gestes massants sous prétexte de non conformité aux valeurs établies. Il faut juste que chacun trouve sa place et que je puisse me positionner clairement. Ma situation sociale est une succession de marqueurs positifs par lesquels il me serait aisé de prendre confortablement mes distances avec ces "pseudo masseur(se)s" qui nous voleraient notre légitimité. Dire que le sexe est mal en massage parce que je ne le pratique pas, c'est prendre ma place sur la grille déjà existante des valeurs admises. Les professionnels du sexe étant ceux en bas de l'échelle sociale que l'on placerait encore une fois dans la catégorie des coucous voleurs de nid, comme s'il était possible d'établir une antériorité dans les moeurs.

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Trois catégories de masseurs
J'ai donc isolé trois catégories de masseurs indépendament des pratiques que je vous propose ici : je pense qu'il y a tout d'abord celui qui a compris le parti qu'il pouvait tirer du massage pour vendre de la sexualité en donnant à une clientèle un accès moins crue qu'une tarification au détail ; il y a celui qui entretient une proximité sincère avec le massage tout en s'accommodant de satisfaire plus ou moins fréquement les demandes de fin de séance, quand il n'adosse pas lui-même sa sexualité à celle de ses clients et enfin, il y à celui qui ne jure que par la technicité de son touché, de sa formation et de l'environnement au sein duquel il professe.

Je ne pense pas qu'il faille les cataloguer « prostitution », « perversion » et « professionnalisme », je pense que les trois sont aussi légitimes et nécessaires à l'espèce humaine. La société s'organise en fonction de ses besoins. Pourquoi faire l'effort de masser une heure alors que je ne sais pas spécialement le faire, que je n'en éprouve pas l'envie et que mes clients ne viennent pas pour ce prétexte mais bien pour ce qu'il dissimule ?

Au début de mon propos je parle des "fins du massage" mais de quelles fins s'agit-il et surtout, l'une serait-elle plus prestigieuse que l'autre ? Quelque chose me laisse penser que l'ordre qui suit ces propos va peut-être m'être moins favorable. En effet, des bienfaits que l'on peut attendre du massage il y a par ordre de priorité le thérapeutique, (soins et/ou prévention), le relaxant où je me situe et le sexuel. Et voilà, de la première place, je suis passé à la seconde en jouant sur la seule priorité culturellement acquise de tous mais qui change selon l'angle de vue.

Se soigner ou se prémunir des maladies en ré-ouvrant nos chakras, comme autant de portes vieilles et récalcitrantes destinées à toujours se refermer en coinçant nos énergies dedans semble une priorité assez légitime, en second viendrait la nécessité de se détendre pour n'être plus qu'à l'écoute toute pure de soi et pour finir, nous aurions le massage bassement sexuel. Le soin, la relaxation, le sexe me semble être le bon ordre en effet, et pourtant, pourquoi donner au sexe la dernière place ? Est-ce que le massage sexuel serait une sort de Juda n'écoutant que ses propres intérêts ? Mais tout cela me semble bien teinté de judéo-christianisme. Et si nous metions le sexe en tête, le massage en serait-il dévalorisé pour autant ? L'intention serait-elle le Cheval de Troie que les Grecs de la prostitution auraient utilisés pour faire entrer dans les remparts du massage un sexe ennemi ? Moi je crois que le massage a aussi pour vocation la dispersion de ses acquis pour mieux se reconstituer autour des primitives géométriques qui le parcourent. C'est un peu comme pour les images vectorielles que vous pouvez réduire ou agrandir sans déperdition de qualité en suivant la forme principale qui les composent, cette forme géométrique primitive. Vous pouvez réduir le massage à un point bien précis ou l'élargir pour lui donner une forme plus générale sans qu'il n'y ait de dégardation précisément parce qu'il suit une sort de schéma achétypale attaché à l'espèce qui le pratique et qui retrouve toujours ses propres lignes de force. Le sexe en est une extrêmement puissante et présente partout mais ce n'est pas pour autant qu'il faut lui abandonner l'espace au détriment d'autres formes de touchés, il faut juste en cultiver de nouvelles.
Au fur et à mesure que j'écris, j'essaye de me positionner et de trouver le bon angle de réverbération pour chacun, c'est comme pour la lumière qui n'a pas de couleur et don le spectre en révèle pourtant sept qui ont toutes leur origine et leur fonction.

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Le sexe en massage apanage des prostitués serait donc tout aussi légitime que la thérapies des kinésithérapeutes, ou la relaxation des masseurs qui tentent de parvenir au résultat escompté sans la contribution des deux premières ? Et bien je pense qu'à cela j'ai déjà répondu dans d'autres papiers, ce n'est pas d'atteindre ses objectifs qui est important c'est de savoir comment on s'y prend pour les attendre. L'assujétissement de l'autre a cette forme d'esclavage bourgeois par la sexualité qui se justifierait parce que l'on paye et que les acteurs sont d'accord, ne change rien au fait que l'individu pratique par automatisme des fonctions naturelles. Elle me répugne en massage mais guère plus que de voir des masses aller travailler tous les jours pour une vie souvent miséreuse et que cela profite toujours aux mêmes.

Je suis d'accord que l'on aménage dans nos métiers du massage un espace légal aux professionnel(le)s du sexe.L'ancienneté des pratiques ne les rend ni belles ni bonnes et ce n'est pas tant la prostitution que je souhaite légaliser que la perversion de la loi l'interdisant que je veux changer. Ce qui fait peur c'est l'amalgame, c'est d'être moi-même pris pour un prostitué, assimilé comme tel et en effet, comment me définir vis-à-vis de cet autre dont les moeurs se distinguent pourtant tellement des miennes ? Comment à l'énoncé de mon métier puis-je garantir de ma probité ? A l'énoncé de votre métier vous n'avez à garantir de votre probité et si c'est le regard des autres sur vous qui vous inquiète, alors Je vous dis de le dominer par vos acquis. Je pense que le comportement s'adapte à la pratique et que celui ou celle qui épouse une technique, intègre son enseignement, sa philosophie, fait une vraie formation, organise un espace conforme aux impératifs de qualité qu'il s'est fixé, porte en lui l'éthique qu'il propage. Ce que je conseillerais, c'est de se mettre au clair de ce que l'on sera amené à entendre toute sa vie précisément parce qu'on travaille sur le corps et d'intégrer une bonne fois pour toute que le sexe, voir la prostitution qui en est la forme la plus sysitématique, doit être considérée comme quelque chose de normale. Ma technique n'est ni au-dessus ni en-dessous de telle pratique jugée délétère et si je dois m'en dissocier ce n'est en suivant le faux-plis du réflexe socio-culturel mais par la puissance de ma seule réflexion. Avez-vous ou non travaillé sur le sexe, sur sa place en massage ? Vous entendrez toujours ses allusions gourmandes sur l'horizon des possibles avec vous mais lorsque vous écoutez un enfant apprendre à lire, vous ne le traîtez pas de crétin, la réponse est dans la pédagogie. Toujours vous aurez des massé(e)s ânonnants, des personnes qui se cherchent et si vous leur renvoyez les textes caduques de la loi ou des moeurs, ils se détourneront de vous alors que si vous leur expliquez, par les mots ou par la beauté de votre travail que ces moments que vous dessinez pour lui et sur lui valent, non pas mieux mais autrement par la rareté de ceux qui le pratiquent, et bien, celui que vous aurez enmené l'aura vraiment été pour autre chose. Même s'il y a pensé très fort, qu'il y a tenté souvent, ce que vous lui aurez donné ne restera pas sans mémoire.

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Ce n'est pas le prostitué qui porte la prostitution, c'est le sexe qui la génère et l'homme la pratique tout autant qu'il la condamne mais c'est toujours l'exécutant que l'on critique et non le commenditaire. Le client de la prostituée n'est jamais nommé, il garde son qualificatif de "client" c'est-à-dire de consommateur alors que la praticienne se dévalorise socialement. C'est cela qu'il faut combattre et ce sera sûrement l'objet d'un nouveau papier. En tout cas, dans la fédération du massage français que je compte créer, les professionnel(le)s du sexe seront représenté(e)s.

Mercredi 22 juillet 2009
Par Alain Cabello

samedi, 18 juillet 2009

La fabuleuse musique du massage français

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Ne dites à personne que je pense que vous êtes spéciaux.

La musique est un voyage tout comme le massage et les deux se complètent assez bien à ceci près que les gens n'ont souvent l'opportunité de choisir leur morceau d'autant moins qu'il faudrait qu'il change en fonction du moment, de la zone massée. Seulement dans ces instants-là, a-t-on seulement un titre en tête que l'on voudrait entendre ? Alors quoi mettre ? Ces sempiternelles musiques de la terre avec ses orages, ses pluies, ses océans et surtout ses oiseaux ? Vous n'imaginez pas ce que c'est pour un(e( masseur(se) que d'entendre à longueur de journée ces sonorités si belles à l'achat mais si, persistante au quotidien. Huit heures comme ça et vous avez l'impression d'être une sorte de Ingrid Bétancourt prisonnière d'une jungle inextricable poussant ses cris sauvages et inhôspitaliers. Le masseur a la troublante sensation de devenir progressivement, comme le Rhinocéros de Ionésco, un indigène pieds au nu, marchant à quatre pattes dans la végétation à la recherche des crottes de l'animal qu'il piste pour en faire son repas du jour ; c'est-à-dire, vous.
Je soupçonne même les commandants des grands cargos qui dégazent dans les mers du monde, les marées noires, les usines montrer du doigt pour avoir pollué la rivière du coin, les cimentiers ou les promoteurs immobiliers d'êtres d'anciens masseur(se) en échec de traitement.

Forme_hom.gifEn massage français le parti pris c'est pas de musique, ce sont les sonorités de votre corps qui génèrent les plus beaux des sons. Honnêtement, prenez la peine de vous projeter un seul instant dans cet interstice prodigieux qu'est le silence et d'y laisser s'installer les bruit du massage comme une nature qui reprendrait ses droits. Imaginer qu'elle résonance peut avoir l'idée même de se faire masser en écoutant le coulé du plat des mains sur votre peau, et de faire de ces sons un espace en soi. Prendre conscience que ces sonorités sont belles, sont une partie de vous et surtout, qu'elles sont puissamment aimées de votre masseur, c'est le must.

En tant que masseur vous vous étirez dans un espace-temps parallèle dans lequel vous n'êtes déjà plus un masseur technique, ça faut l'oublié dès lors que c'est vraiment acquis et vous devenez à la fois une prolongation de l'autre en créant l'équilibre ultime masseur/massé et un fournisseur de son. Vous massez autant que vous vous écoutez masser, vous dépassez la graphie corporelle pour vous prolonger dans la folle intimité des sons. Là oui, nous sommes aux confins de l'érotisme le plus pur que votre conscience maintien dans ses lignes directrices.
La gageure c'est que masseur et massé en ait conscience au même moment et qu'ils se savent mutuellement engagés dans le même processus commun.

Ne voyez-vous donc pas la nécessité de la musique des hommes qui s'éloigne comme devenue superflue, juxtaposée à une autre plus vrais ? Le massage français c'est ramener le corps à ses fondamentaux, ne le forcez pas, ne l'entourez pas des élégances matérielles en superposition de celles intrinsèques à notre nature. C'est prendre ensemble conscience que le corps possède ses propres lois qui le rend beau quoi qu'il fasse. Même malade, même vieux, même mort, même en squelette blanchi par le temps, le corps reste d'une immarcescible beauté. Tant que nous n'aurons pas compris cela nos vieux seront en hôspice, nos malades mentaux seront cloîtrés dans leur unité de soins, le malade en fin de vie gardera son qualificatif de "légume" parce que nous ne savons pas penser l'homme dans sa ligne directrice partant de l'instant avant la vie à celui si beau qui me fait toujours être encore moi-même dans la mort. Un masseur qui masse est d'une "absolue beauté" qui doit avoir conscience des deux graphies qu'ils supporte. Il n'est pas beau tout seul, il est sublime par le groupe qu'il forme et qu'il déforme en bougeant sur un même lieu avec l'autre. Loin des canon de l'esthétique, je suis le mouvement, je suis la personnification du geste et cela, personne ne me le prendra.

Donc, silence et pière de croire en l'autre comme ultime achèvement de notre métier de masseurs et de masseuses aux pieds nus. Attention je ne m'oppose pas à la musique, je viens de vous dire le contraire, tout est musique sans que l'on ait besoin d'en ajouter une autre, mais ensuite, qu'une rythmique autre que celle des battements naturels de votre coeur, des doigts glissants sur votre peau s'épanouisse comme une vraie entité m'est chère. Je voudrais juste qu'elle ne deviennent pas ce qu'elle est souvent en massage, une belle fille au début, qui se transforme progressivement en anorexique, orpheline que l'on n'écoute plus que d'une oreille et dont les plaintes deviennent une prison. Je pense que le massage vous met en situation d'écouter n'importe quel type de musique dès lors que la musique est vraie, franche sans ces graves que votre oreille finie par oublier à force de ramper et que les aigües font ressurgir comme une vielle fille sans tact qui ne sait pas s'éclipser. Le rap , la techno, le hardcore, l'opéra, la variété, la musique contemporaine, peuvent être de vrais partenaires mais un partenaire n'est pas une boniche.
Mon rêve serait d'être massé entouré de danceurs, encerclé par le mouvement des autres et laisser mes yeux fermer confier à mon ouïe le soin d'entendre le velour de leur pas, les craquement d'un parquet et s'ils se ré-ouvrent un instant que masseur et danceurs ne soit qu'un seul mouvement.

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La musique est partout mais on ne l'entend plus suffisamment là où elle se trouve naturellement comme dans l'amour, comme dans le massage. Qui écoute les sonorités multiples et colorées d'un rapport sexuel pour ce qu'elles sont ? La performance, le rythme, la caresse, la reptation sort de massage sont les constantes habituelles des couples mais ne plus entendre pour mieux écouter, écouter le son, le bruit que fait mon sexe pénétrant le corps un garçon ou le parcourt de la langue sur les aurées de la peau n'est plus perçu que par la très ancienne mémoire de l'homme encore animal pour lequel l'ouïe est une survie. Qu'elle est la force de cette conscience si je suis le seul à la percevoir alors que nous sommes deux à baiser ? Le sexe est un frère de sang du massage qui a sa place dans ces combats de Titans que se livre tissus et sonorités face à cet homme qui veut oublier la bête qui le constitue et dont le cerveau garde tant de traces. Le massage est fin, raffiné blabla, mais quand est-ce que l'on arrètera avec cette antienne qui ne retient jamais que le côté présentable, magnifique de ce métier ? Mais non, il est crudité, vulgaire, acerbe, odeur, vivant, vieux parce que c'est ça qui me compose et ce-sont ces deux versant de moi qui font ma beauté. Le massage n'est pas sans vicères. Mettons-nous nus, déshabillons-nous des habitudes pour masser-attentif et ne faisons plus du mot "bruit" en massage un gros mot manquant de tenu. Un massage bien mené fait un bruit urbain dans tout notre être rien que par ce qu'il soulève.

Samedi 18 juillet 2009
Alain Cabello

lundi, 13 juillet 2009

La mairie de Cannes pose la question du pénis

Je poursuit ma réflexion au sujet du papier que j'ai écris tout-à-l'heure Naturisme interdit à Cannes. En prenant cet arrêté municipal pour interdire le naturisme sur sa plage du Palm Beach en cette mi-juillet 2009, la Mairie de Cannes repose malgrè elle la question de la place du pénis dans notre société. Je dis malgrè elle car il est évident qu'en ayant même pas le recule nécessaire pour se demander si les quelques plaintes qu'elle doit reçevoir chaque année doivent décider d'une tradition et d'un droit plus ancien encore, il ne faut pas lui prêter l'ambition de se questionner sur la place du corps et de ce qu'implique vraiment le naturisme. Car enfin, au-delà du côté folklorique des "Camps de naturistes" et de l'organisation parfois très sectaire des associations qui les dirigent, se pose des questions de fond sur le devenir de notre nature et pour nous les hommes, de notre sexe. Je parle de pénis car c'est bien de lui qu'il s'agit, le mont de vénus féminin n'a pas la subversion d'un sexe masculin. Le sexe féminin est un sexe tut, un sexe virgule, un sexe de continuité corporel contrairement à leur poitrine qui est une rupture, une femme nue est par nature consensuelle alors que pour l'homme c'est l'inverse. Mais voyez, rien que la notion de "Camps" pour naturiste en dit long sur le regard que nous portons sur la nature et ce que nous en faisons. Mon sexe interné, entouré de clôture et de peines de prisons pour les contrevenants indique bien l'espace policier dans lequel nous entrons inexorablement. La simple vision de mon sexe viril de garçon devient une atteinte au bonnes moeurses.

Regard_bande.gifToucher un sexe en France est, à ma connaissance, interdit dans une enceinte professionnelle, c'est assimilé à de la prostitution et lorsque l'on voit que des Mairies en arrivent à interdire, au début des vacances, le naturisme, c'est-à-dire, moins l'exposition que la vue circonstancielle de la nudité de l'autre cela m'interroge.
Moi, en tant que masseur de massage français touchant au sexe, je vois des corps nus en permanence et conformément à ce massage, je n'oblige ou n'interdit aucune tenue, slip, serviette ou rien ne change pas grand chose au vu de l'importance pour le ou la massée d'être au plus proche de ce qui lui convient pour ce moment. Depuis 3 ans que j'exerce en institut, une seule femme a souhaité garder son string et peut-être 3 hommes. La nudité est parfaitement intégrée par la majorité des gens en massage, c'est un peu comme pour ceux qui aiment comme moi les hammams, alors que je ne pratique pas le naturisme au quotidien, il ne me viendrait pas à l'idée de garder ma serviette autour de la taille pour macérer dans ma sueur alors qu'il y a dans cette démarche une part d'hygiène et de plaisir.
C'est extrèmement préocupant de voir que l'Etat n'est toujours pas fichu de statuer une bonne fois pour toute sur ce droit fondamental à la nudité. Le pénis doit être regardé en face, qu'il soit celui d'un homme ou d'une femme, ce sexe généitaliser doit sortir de sa sphère sexuelle pour ré-intégrer aussi sa place d'organe passif et simple constituant de moi-même. Comme mes mains, mais pieds, il a un rôle social.
mobius.gifC'est un ruban de Möbius qu'il nous faut, nous les hommes, définitivement couper. Le sexe a son versant sexuel, ça on a cru le comprendre mais non de dieu il dispose aussi d'un autre versant qui lui n'est qu'une partie de moi et du corps social auquel je participe. Ce pan-là n'est que graphie, n'est qu'organe. Le parcourt d'un seul de ces versant doit cesser de rejoindre mécaniquement et infiniment  l'autre, ils sont liés mais pas relié. L'esprit humain peu sans problème envisager de le retourner pour une dissociation compréhensible de tous. Si je veux solliciter sa face sexuelle, ok, je sais comment ça marche mais force est de constater, qu'alors que je cherche sa face corporelle pour être "juste moi-même", l'espace d'un moment sans qu'on me poursuive avec mes capacités de garçon, cela devient compliqué et ça ne devrait pas.
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Lorsque je me fais masser le sexe ou l'anus dans le cadre d'un massage français je sais qu'il n'y aura pas de finalité si mon masseur est professionnel et je ne vais pas attendre ce moment où ma verge sera manipuler pour espérer une quelconque délivrance. On me dit que le sexe est intime mais en massage français ont répond que c'est donner bien peu de place à l'intime que de vouloir le réduir tout entier à une surface corporelle. "C'est quand même une zone sexuelle", et alors ? Mon sexe est aussi un appareil urinaire et ce n'est pas pour cela que j'ai déjà pisser dans la main du docteur lorsqu'il me palpait les boules. En tant qu'homme, il me semble pouvoir quand même espérer davantage de considération que cela et entendre partout qu'il me faut cacher mon sexe parce qu'il serait par nature tendancieux est une discrimination anti-masculine qui devient intolérable.
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Un homme nu sur une plage n'est pas un sauvage surgissant des forets du Vanuatu.
Il y a une autre stupidité à laquelle je voudrais tordre le cou, le sexe-sorcière faisant peur aux enfants. Ce qui effraye un enfant c'est ce qu'il ne connaît pas, regardez comment ils réagissent devant un étranger ? Présentez-lui pour la première fois de sa vie un homme noir et vous verrez qu'il ne sera pas avec lui particulièrement joueur au début à moins qu'il ne soit très sociable. C'est la découverte de l'inconnu qui surprend plus qu'elle n'effraye et un homme nu sur une plage n'est pas un sauvage surgissant des forets du Vanuatu. Faites mettre à cet enfant un nez-rouge, cela ne le gênera pas pour descendre dans la rue alors ce n'est pas la présence de naturistes qui va le déranger. Par contre c'est l'évènement que cela suscite chez les parents qui va l'interpeller et l'amener à s'associer à leur inquiétude. Si il se rend compte qu'il a vu quelque chose qu'il ne devait visiblement pas voir et que cela crée une émotion dans son entourage, alors il se sentira vecteur de ce malaise et c'est cela qui le mettra en port-à-faux. Mon sexe, le sexe en général n'est pas mal-sain, c'est juste un sexe attaché à tout un ensemble. Les enfants le comprennent parfaitement d'autant plus que nous oublions qu'ils en ont aussi un et comme pour le reste du corps ils ont tout-à-fait assimilé que les adultes étaient porteur de différences morphologiques avec des marqueurs esthétiques spécifiques. Son sexe ne peut être le même que celui de son père.
Être nu n'est pas se montrer nu et interdire le naturisme c'est me réduire à quelque chose que je voudrais montrer alors que ma nature ne se contente de n'être qu'elle-même, indépendemment de moi, de ce que je pense. Le maillot de bain ou le pantalon ne change rien.
La bite semble le dernier des boucs émissaires lancée dans le désert du corps. Elle fascine autant qu'elle épouvante, c'est un peu comme les bourreaux lorsque l'on faisait encore appel à leurs sombres offices, ils étaient entouraient d'une crainte mélée de respect et d'horreur. Il reste autour du sexe des "habillés par principe" le souvenir de la terreur alors que, lorsque que l'on regarde les sexes rasés d'aujourd'hui, il me semblent qu'ils ont pas mal perdu de leur superbe et ressemblent davantage à de petits lapereaux blottis dans leur bocage qu'à des exsécuteurs du Roi. D'ailleurs, je me demande si dans cette mode du tout rasage il n'y a pas inconsciemment chez les hommes la volonté de faire rentrer leur sexe dans le rang comme quand on rasait la tête des enfant dans les pensionnats pour lutter contre les poux.

Ce qui est intéressant c'est que ce sont les hommes qui ce livrent à cette anti-masculinité par souci d'hétérosexualité convenable que la défense du naturisme masculin ferait passer pour une faiblesse homosexuelle. Après tout la nudité des femmes fut suffisamment exploité mais c'est justement le contraire du naturisme dont je ne me fais pas le défenseur pratiquant hormis en massage, sauna et sous ma douche.
Le naturisme n'est pas une pratique, c'est un état naturel à la corporalité et l'on ne peu être choqué par l'expression passive de sa nature.
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Quand est-ce que le sexe sera enfin libre ?
Mais, quand les hommes auront décidés qu'il le soit et pour cela ça demande non seulement d'avoir des couilles mais aussi de les montrer et ça, ben c'est pour l'instant interdit...

Naturisme interdit à Cannes

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Je viens d'apprendre sur France Info ce matin, à 6h, ce lundi 13 juillet 2009 que la Mairie de Cannes avait pris un arrêté municipal pour interdire le naturisme sur sa plage du Palm Beach. C’est une zone tolérée depuis des années, il faut savoir que le naturisme est un mouvement très très ancien qui revendique la simple liberté d'être nu, vous imaginez la subversion que cela représente...  Sur cette plage, de nombreux habitués venaient se retrouver pour bavarder, testicules à l'air, prendre un bain de soleil ou même, je ne sais pas si je peux dire ça ici, comme ça, mais certains allez même jusqu'à se baigner tout nus... Enfin, pas tous le temps quand même parce qu'il faut savoir que la très coincée mairie de Cannes avait déjà interdit de se baigner nus ! C'est incroyable mais véridique… Les poissons peuvent rester nus mais les homos sapiens sapiens sont priés de se rhabiller pour dissimuler dans la mer ce qu'ils ont montrer sur les plages. Une génitalité cachée par les flots devenait peut-être trop toride... Comprenne qui pourra. Pour faire respecter l'ordre et rester ridicule jusqu'au bout, un écriteau l’indique explicitement et un vigile est même payer pour surveiller que personne ne ressorte de l'eau sans maillots de bains. En quelque sort, Cannes a inventé l'interdiction du naturisme-sous-marin.
Ce sont les hôtels de luxe qui ont protesté auprès de la mairie arguant que les tables de leur terrasse qui donnaient sur cette plage étaient délaissées par les touristes incommoder. C'est vrai que voir des chipolatas corporels griller au soleil alors qu'on à opter pour du homard, ça a de quoi indisposé à ceci prêt c'est que s'il y a bien des lieux où tout est permis quand on a du fric c'est bien les hôtels de luxe. Autre raison invoquer, les sempiternels enfants pris en otage, choqués, remués, dévastés, contrariés de voir, c'est certain, paroles de parents, des femmes et des hommes si inconvenablement vétus.
Le plus triste dans cela c'est que la Mairie cède aux forces de l'argent et que nos politiques, encore une fois, nous montrent la consanguinité qu'ils entretiennent avec la girouette. Et puis, c'est comme pour les ayatollahs, imposer aux autres la morale que veut dieu comme celle que souhaiterait la Répuplique permet à la fois de laisser préjuger de ses bonnes moeurses tout en ayant pas à les appliquer soit-même.

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Une autre mairie avait pris, il y a quelques années, un arrêté interdisant d'être, attention, attention médames et messieurs, accrochez-vous bien, d'être "TORSE NU" dans les rues immédiates du bord de mer sur plainte de commerçants, là aussi. Ils jugeaient en effet choquant de voir des gens oser rentrer dans leur magasin, dépenser leur tune torse nu... Le plus époustouflant c'est que le crétin qui leur servait de maire à l'époque c'était répendu sur les chaînes de TV pour dire que lorsqu'on été jeune et frais cela passait, mais quand on est obèse et que ça dépasse de partout, ce n'est pas très agréable pour la vue. J'en été resté scotché avec une tétanie de la mâchoire. Comment un maire peu sortir de pareilles conneries ? C'est un terrorisme corporel affolant discriminant tous ceux qui n'ont pas un corps hollywoodien à mettre sous l'oeil de celui qui regarde à ceci prêt que le naturisme c'est l'inverse de ces considérations, on se fou des esthétiques, on respire.

Alors il y aurait une question à se poser à l'heure où les cas de voiles ou de burqa se posent, si il est opportun d'imposer le voile de la quequette sur nos plages ? J'en reviens à mon papier Naturistes naturels où je disait qu'il devrait y avoir des gens pour renoncer aux vètements en France et de voir jusqu'où irait les autorités... Dans le cas de Cannes c'est 11€ pour les contrevenants et 1 ans de prison en cas de récidives. Ce serait intéressant de récidiver et de mettre nos politiques face à leurs responsabilités. M'incarcèrerait-t-on vraiment un an dans une prison française pour fait de naturisme ? J'avoue que je ne suis pas naturiste moi-même mais ça me plairait assez de tenter l'expérience. A moins que l'on exige plus de pudeur encore... A quand l'interdiction du topless sur les plages ? En tant que pédé cela pourrait être de nature à me choquer... Plaisanterie ? Un député conservateur veux le faire interdire en Australie...  Allez voir ça. Je vous cite le début de ses propos "Une femme qui enlève le haut se dénigre elle-même, je crois qu'elle perd tout respect de soi soi-même, je dirais-même qu'un homme qui passe à ces côtés peut ne plus avoir de respect pour cette fille, il pourraît penser que c'est une fille façile et essayer même de la draguer"...

1, 2, 3, on à peur de montrer quoi ? Ce qu'on a montrer jusque dans les gares...

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Alors je ne sais pas si le naturisme est un délis mais persister dans la connerie ça reste quand une perversion. En un mot il faut ranger nos sexes pour ne pas déranger les riches qui disposent toujours de proriétés privées où ils peuvent s'adonner au naturisme à l'abit du regard des pauvres. Bien oui fait chier, un pauvre nu ça ne se reconnaît plus.

Ce qui est dommage c'est que cette tolérence avait finie par installer une acceptation dans l'opinion publique Cannoise. Dès lors qu'on ne souhaité pas se retrouver confronté à la nudité de quelqu'un, sil suffisait de s'éloigner de l'espace qui s'était naturellement formé. La c'est le politique qui provoque la fracture. Le naturisme n'est pas une originalité c'est un état naturel à toute espèce vivante et seul l'homme y a rémédié pour des raisons pratiques mais il ne faut pas qu'elle devienne un impératif dans les codes comportementaux et la nudité un déni de culture ou une atteinte à autrui.

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