Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Cas d'école : La douche accompagnée

    Ce petit cas d'école sur la douche accompagnée afin de réfléchir ensemble nos métiers du massage.


    Ce mercredi 5 octobre 2001, dans mon  institut, un monsieur d'un certain âge, pratiquant beaucoup le Réiki me dit, alors qu'il se reposait à la fin de son massage, rhabillé, prêt à partir, que ce qui lui plaisait particulièrement dans la douche accompagnée que propose le massage français c'est qu'il ressentait l'influence de la douche au fond de son corps, comme si je l'avais lavé de l'intérieur.
    Bien sûr il n'était pas sûr que le jeune homme de quarante trois ans que j'étais, (au vu de son âge à lui) saisirait ce qu'il entendait ;  alors je suis entré avec lui dans une tentative de compréhesion qui me vaut ce texte.
    Qu'est-ce qui fait, que nu, lavé par autrui, on puisse, à cet âge, ressentir le besoin de poser ce sentiment ?
    Je lui ai alors expliqué, c'est ce qui a généré ce texte tant mon observation étayant son sentiment m'a paru intéressante, c'est que si la douche est toujours plus ou moins perçue comme un act d'hygiène, même si la notion de repos n'est jamais loin, faire la démarche de venir dans un institut de massage français, se laisser déshabiller en acceptant d'écouter son déshabillage comme un petit massage en soi ; se laisser doucher dans la même veine de l'échange impliquait un dialogue. En fait, si le massage est un retour aux origines, laisser l'autre vous accompagner dans cette décente c'est lui permettre d'entrer le temps d'une séance, dans l'expression de ces mécanismes profonds et continus qui font appel à des mémoires anciennes telles que l'eau qui coule, insaisissable, amniotique, permanente, chaude ; la posture, allongé, nu ; la présence d'un tiers, ses mouvements qui sont à vous seul destinés, déroulés pour vous faire plaisir, empathique, solidaires. C'est par lui que vous obtenez ce résultat et c'est cela qui donne l'impression que l'autre comprend ce sentiment de bien-être puisqu'il en fait sincèrement son métier.
    Je susi lavé de l'intérieur parce qu'il est entré avec moi, par les vêtement que j'ai laissé glisser au sol comme si le textile se faisait doigts, comme si j'acceptais qu'être nu c'est aussi parler autrement, je renonce à mes vêtement qui ne sont plus des utilitaires obligatoires mais deviennent le symbole du partage.

    Douche-accompagnee.jpg

    A l'extérieur, dehors, le corps n'est toujours que masque, l'image d'un dynamisme nécesssaire, donner l'impression d'être toujours ok, alors qu'en massage vous venez vers l'autre, vous lui confiez votre corps et lors de cette douche accompagnée, il fait plus que de vous laver, ça ce n'est en vérité que de la saleté de surface, c'est l'incidence naturelle de la douche alors qu'en massage français on vise à faire fondre dans les eaux pseudo-nettoyantes les verrous que l'on ferme pour mieux se protéger de l'extérieur, famille compris, même si ici il y en a moins. Parfois on a la désagréable impression qu'un poids subsiste, malgré tout, comme si à force de les ouvrir et de les fermer en fonction des personnes, de l'environnement, de sa vie, et bien qu'un certain nombre restaient désormais fermés définitivement et parfois, on finit même par oublier leur emplacement. Selon l'importance stratégique de ces verrous, une psychanalyse peu être utile mais souvent, une simple douche accompagnée, un massage dans lequel peu s'abandonner peut suffire à leur réactivation. Alors oui, se laisser laver par un professionnel du massage peu vous laver au-delà de toute imagination sans qu'il n'y ait rien de magique, de thérapeutique, pas de gouroutisation derrière, juste une remise à jour naturelle des sens, par quelqu'un qui les comprends et qui les aime.

    Paris le : 5 octobre 2011
    Par Alain Cabello