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  • Morale, Éthique et Déontologie en massage.

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    Morale, Éthique et Déontologie en massage.

     Un jeu de distinction pour tous.

     

    Par Alain Cabello-Mosnier.
    P/O le CFDRM
    Libre de droits non commerciaux.

     

    Rédigé à Paris le : lundi 27 février 2012

     

    Préface

    Ces mots plus grands que moi font leur vie à mon insu mais mon métier de masseur insiste pour que j'y vienne inlassablement. Mon corps exige des réponses et ces réponses sont là, quelque part. Si ces mots plus grands que moi sont écrit pour être lu, par conséquent, ils doivent me devenir accessibles simplement. J'ai pris mon tabouret de masseur, je me suis assis et j'ai dis : Éthique, qui es-tu ? Alors je me suis astreint à poser, dans le secret de mon disque dur puis enfin ici, le plus élégamment possible, une base de travail, un métier de tisserand monté en public pour tenter de définir avec vous, quelle différence je pouvais faire entre Morale, Éthique et Déontologie en massage et ce que je pouvais bien en tirer dans mon quotidien de masseur installé en institut depuis 2007.

    Je questionne les grandes lignes de la philosophie qui sillonne les chemins de traverse du massage en essayant de les rendre audibles par toutes et tous. J'écris ce que me dicte mon esprit (j'en profite pour rappeler aux professionnel(le)s et j'interroge des concepts faits de réponses et de nouvelles questions dans ce qui s'apparente à un bien étrange jeu de stratégie.

    • Introduction
    • Développement
      - Morale ; Éthique ; Déontologie. 
    • Conclusion

    ——

     Être masseur me confronte et me conjugue tout autant à l'autre, je suis l'un, je suis l'autre, singulier mais participant à des flux d'intrants, d'extrants dont les mécanismes m'échappent tout autant qu'ils me formulent. La seule utilisation du verbe être pour qualifier ma profession, (Je suis masseur) est déjà en soi la source de l'inextricable, de l'insoluble qui fonde mon altérité. Être vis-à-vis de l'autre, être au-delà de l'autre, par-delà l'autre semble vouloir définir l'exercice de rester soi tout en étant qu'un simple rhizome au sein d'un tout. Je suis un neurone dans sa résille sociale pour lequel écrire relève de l'influx nerveux, passant à ceux qui me lisent ce que j'ai perçu d'un environnement type que j'exploite en partage avec eux. Je pense aussi parce que vous êtes vous aussi masseurs ou masseuses.

    Je ne souhaite pas que ces écrits soient la juxtaposition de post-it qui se seraient épaissis avec le temps, je veux qu'un ton nouveau puisse exprimer les courants phréatiques qui s'exercent en souterrain de chaque massage, avec lui ou malgré lui et dont je suis le spectateur parfois malheureux. Spéléologue passionné, le masseur constate les influences de ce manque de connaissances des profondeurs des corps que nos doigts sondent parfois sans même s'en rendre compte, intervenant dans l'intime comme un derrick forant sans cesse les sanctuaires de l'antarctique, les yeux rivés sur ses comptes de résultats, mais ininstruit plus qu'indifférant aux effets qu'il occasionne.

    Masser est l'occasion de ce confronter à cette nature si réaliste du corps qui voyage, mais il faut aussi parfois se poser, un carnet à la main, et savoir faire parler un intime raisonnant de milliers de mots justes. Je les connais ces mots puisque mon corps les contient, tu les connais ces mots puisque ton corps les contient, sussurés tout le temps mais chassés toujours jusqu'à ce qu'il s'inquiète de n'être jamais que le corps d'un mortel, alors mes mains si bavardent sur des corps en silence, abandonnent la pudeur de ne dire que par le geste ce que la parole peut répéter au risque de sembler insistant.

    Ce texte est mon développeur-idée, chaque paragraphe est presque le synopsis d'un ouvrage, si tant est que l'on veuille en exploiter les propositions et je me délecte déjà d'écrire, au nom de mon métier. C'est une base de travail, quelque chose d'où je peux repartir à tout instant dès lors que mon cerveau voudra bien s'immiscer dans ce ductus de pensée et j'en ai déduis que si cela se présentait comme un atelier de l'écrit duquel on peut entrer ou sortir sans prévenir pour prendre ce dont on a besoin, d'autres pourraient peut-être à leur tour saisir les outils que j'ai dégagés pour instruire à leur manière notre communauté de masseurs qui, nous le savons bien, manque cruellement d'intellectuel(le)s. L'homo sapiens sapiens est un manuel par défaut doublé d'un intellectuel par destination, mais les masseurs persistent souvent à se focaliser sur ce que la tête a en surface de beauté et de sens pour oublier ce qu'elle contient. Les cinq sens disons d'épinal que propose le corps pour s'orienter, _même si à l'heure de l'haptique, cette notion a bien changé,_ sont tous rassemblés sur le visage. Pourtant, dès lors qu'il consent à sortir du sens prestigieux qu'on prête au cerveau pour le mettre sur le même plan qu'un sens en sus qui nous ouvre une qualité de perception nouvelle par le jeu des concepts, penser son environnement pour l'expliquer au plus grand nombre devient alors nécessité.

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    Morale, Éthique et déontologie en massage,
    laquelle choisir pour diriger ou plutôt étayer notre quotidien professionnel ?

     

    L'exercice dans lequel je me propose d'entrer avec vous n'est pas académique et dénué des connaissances profondes qu'exigent habituellement une telle initiative, mais quelle liberté qui ne s'exerce pas peut encore honorer l'homme qui la porte, soit-il masseur, et qui se penchera sur nos métiers si ceux qui l'exercent rechignent à participer au questionnement de chacun ? Le risque d'être contesté n'a pas le poids d'un scrupule face à l'assourdissant silence de ceux qui se taisent.

     

    - Morale ; Éthique ; Déontologie.

    La morale.

    Paul Ricoeur écrivait en 1990 « Faut-il distinguer entre morale et éthique ? A vrai dire, rien dans l'étymologie ou dans l'histoire de l'emploi des mots ne l'impose : l'un vient du grec, l'autre du latin, et les deux renvoient à l'idée de moeurs (ethos, mores) ; on peut toutefois discerner une nuance, selon que l'on met l'accent sur ce qui est estimé bon ou sur ce qui s'impose comme obligatoire. C'est par convention que je réserverai le terme d'« éthique » pour la visée d'une vie accomplie sous le signe des actions estimées bonnes, et celui de « morale » pour le côté obligatoire, marqué par des normes, des obligations, des interdictions caractérisées à la fois par une exigence d'universalité et par un effet de contrainte. »

    Le terme de morale a toujours eu chez moi une connotation primitivement religieuse et très tôt je l'ai évité pour ce qu'il charriait d'impliquants historiques basés sur l'exclusion de celui ou de celle qui ne s'y conforme pas. Mais très vite mon esprit, à la suite de l'art du massage français que je développe, est revenu avec ses kit de signifiants moraux auxquels il me fallait bien répondre. A vrai dire, rien dans l'étymologie ou dans l'histoire de l'emploi des mots ne nous impose de faire une différence entre morale et éthique nous dit Paul Ricoeur, mais nous voyons bien que les mots possèdent leur propre charge sociale, culturelle et que ceux qui disposent d'une telle amplitude au point d'en avoir modifié l'histoire des hommes ont laissé une emprunte certes similaire mais pourtant pas identique. Alors, morale, éthique, ou déontologie, laquelle choisir pour diriger ou plutôt étayer notre quotidien professionnel ? Qu'elle base donner à ces mots en massage ?

     

    J'ai pris mon tabouret de masseur, je me suis assis et j'ai dis : Morale, qui es-tu ?
    « Je suis ce que vous avez fait de moi afin de penser la nécessité du bon validé par d'aucun comme valable. »

    Si telle que la défini Paul Ricoeur la morale s'impose comme obligatoire, avec son lot de scansionnormative, d'interdictions caractérisées à la fois par une exigence d'universalité et par ses effets de contrainte, alors seule laissée à l'appreciation de chacun elle peut s'exprimer. Mais comment mesurer la pertinence de la direction qu'elle me suggère si je ne l'éprouve jamais que comme une intuition ? En un mot, si la morale n'a pour moi qu'un sens intuitif comment l'éprouver ? Le passif historique, religieux, spirituel doit être conscient pour être tout-à-fait valide dans ma chaîne décisionnelle même si je lui concède une part métaphysique qui m'échappe toujours pour ne pas être croyant, elle contient des informations qui me conditionnent que je le veuille ou non, malgré moi. L'assujettissement, c'est-à-dire la soumission à sa loi, possède une part d'inconnu à laquelle on soumet son libre-arbitre mais qui contient néanmoins en germe la nature de sa révolte.
    La monnaie de la Morale c'est la Valeur et leur application, leur respect alors que l'éthique fait appel à l'idée d'Exigences plus consommatrice d'énergie, de mobilisation de soit.

    De plus, comme à beaucoup de masseur, ces questions reviennent inlassablement frapper à la porte de mon esprit et l'idée de Dieu m'est devenue avec le temps, l'image d'un renoncement conceptualisé. Si l'on me permet cette irrévérence,lever les yeux au ciel pour interroger une "Phantasmata", une "image sans consistance" qui pense en nous, est davantage pour moi l'ironique illustration de ce qui s'apparente juste à une impossibilité anatomique de regarder ce que l'on questionne et qui se trouve en réalité juste derrière mes deux globes oculaires, je parle de mon cerveau. Si nous avions cette capacité de regarder notre cerveau en face alors je pense que l'image d'épinale du Martyre interrogeant l'Esprit-Saint siégeant au ciel deviendrait celle d'un Œudipe aux globes blancs interrogeant son cortex.
    Mais si cette forme de Dieu, stimulant par les réponses qu'il m'apporte, n'est plus qu'un réseau neuronale et gliatique et que ma prière se fait impulsion électrique entre deux synapses, cette part de moi ne peut s'extraire pourtant tout-à-fait de l'espace que lui aménage ce même auquel s'identifie la valorisation du groupe. La valeur groupe est la pluralité des perceptions et parmi celles-là, la spiritualité me paraît une forme engagée d'intelligence et jamais je ne regarderai avec condescendance une vie monastique tant l'ascèse que nécessite l'écriture, la lecture, mais aussi quelque part le massage, se confond avec la forme, même si le fond ne constitue pour moi qu'une autre voie aux interrogations humaines.

    Mais alors où est ce caractère d'universalité que constitue la morale dans l'exercice ardue de la réflexion déduite de toute éthique puisque l'objectif ici est de les distinguer ?

    Le massage procède par la confrontation des corps dans un idiome qui lui est propre et dont les forces qui parfois s'opposent instrumentalisent son libre-arbitre. Masser c'est être dans un autre qui vous investi en retour et dans le cas présent, la morale est cet autre qui occupe une parcelle de mon champs de pensée démissionnée de toute interrogation. Bien sûr que la morale se questionne mais c'est elle plus encore qui réussi le tour de force de vous amener à reformuler votre posture en adoptant des figures imposées, les siennes. Ce qui s'impose à moi comme quelque chose que je perçois d'obligatoire, comme une nécessité de genre est l'expression de ce que l'on attend de moi et non le résultat de ma propre altérité. Ce n'est pas un moi qui pense mais un moi qui répète.

    Là l'homo sapiens sapiens se questionne : Essayons ici de spécifier quelle est cette idée d'une confrontation des corps disposant de son propre idiome ? Une question porteuse de sens est l'illustration de sa nécessité absolue à être formulée et donc à lui amener une réponse. La particularité des pratiques qui touchent au corps est qu'elles sont fondées sur des acquis de genres, sur des modes de communications qui échappent souvent à notre entendement immédiat un peu comme une sorte d'infa-langage qui vient de lui-même, une transcendance de l'inné. L'idiome en massage est non pas tant le re-jeux des corps par les mouvements que l'on connaît, que le ductus technique qui fait qu'ils s'expriment. C'est la double appropriation du ressenti dans ce qu'il a de nécessaire au-delà de toute intention formelle. C'est le mécanisme qui se délie au passage d'une main mais en négatif de ce que la technique cherche à faire. Plus largement, il se constitue en un méta-langage inhérent à de nombreux autres domaines, il ne s'agit pas ici de glorifier les pouvoirs réels ou supposés du massage mais juste de les spécifier.

    J'ai l'étonnante impression d'être le premier à tenter cette jonction, je me trompe très probablement mais ma tentative de décrire le massage en-deça des philosophies qui souvent les structures, et au-delà des techniques qui les fonts se décrire, me semble à l'instant étrangement nouveau. Bref, méfions-nous des effets d'optique de l'écriture et en disant cela je souhaite juste signifier qu'il y a peut-être ici un champs inexploité de l'analyse générale des massages. Le caractère d'universalité que constitue la morale dans l'exercice ardue de la réflexion déduite de toute éthique se trouve dans le renoncemement à sa subjectivité pour rejoindre une posture collective de la faute. La morale est selon moi une forme exacerbée de l'exaltation de la perception que l'on se fait de cette faute construite autour d'un impératif catégorique de la catharsis. Cette catharsis dans sa forme aristotélicienne est le transfère d'un afflux d'émotion contrariées dans la représentation théâtrale de la mise en lumière de l'inexprimable qui trouve ici sa raisonance dans le meurtre, la vengeance. La morale c'est faire ce qui est décrété comme bien au nom de l'universalité d'un dualisme manichéen (Bien/mal ; gentil/méchant etc) destiné à toujours extraire d'une gangue fautive un idéal imposé. Ce qu'il faut faire c'est le bien, le mal l'est par nature, on ne peut rien tirer de lui, il n'y a pas d'autres voies, mon libre-arbitre s'éteint.

     

    Quelle est la nécessité de la morale ?

    Là où la morale impose, l'éthique propose mais encore une fois elle n'est pas à préférer, ou à établir dans une échelle de valeur, il s'agit juste de les connaître toutes les deux pour tenter d'en estimer la force d'attraction et les contraintes qu'elles exercent l'une sur l'autre. Sur une planète des comportements nous aurions au pôle Sud la morale connu pour être le plus froid, au pôle Nord l'éthique et à l'équateur la déontologie. Entre ces zones géographiques évolue le vent des comportements qui diffère chez chacun d'entre-nous à cause de la topographie de nos vies, des reliefs de notre éducation sur lesquels nous sommes en mesure de peser en orientant nos choix profonds, en les motivants d'expériences. La morale influe sur l'éthique qui, [la morale], calque ses choix sur une base sociale plus large et valorise le bien pour l'une, le mieux pour l'autre ce qui donne l'impression qu'elles vont dans le même sens à ceci prêt qu'elles ne vont pas dans la même direction. La première va sur la mise en cohésion de l'être avec le groupe et l'autre est la scission de l'individu avec ses appartenances d'affectation pour instruire sa part de singularité. C'est cette propension paradoxale avec sa nature que la morale trouve dans son commerce avec l'éthique, elle s'approprie par ce subterfuge de prolongation l'articulation qui lui manque pour s'exprimer dans l'espace. Ainsi, le Sud ne peut s'extraire du Nord et ne souffre aucune préférence, ils sont le climat naturel de la pensée et préside à l'orientation de nos choix.

    Le grand atout de la morale c'est la largeur de son socle commun auquel on adhère par défaut en se glissant imperceptiblement dans l'éducation mais au moins dispose-t-on d'une base sur laquelle s'appuyer. L'éthique viendra en pondération.

     

    Comment s'exprime-t-elle en massage ?

    Le froid de la morale nous paraît à ce point rigide qu'il contraint nos avis mais j'en conceptualiserais tout de même la nécessité par la représentation symbolique de la borne milliaire des romains qui nous sert encore aujourd'hui pour marquer le kilomètre.

    La morale est une compteuse de kilomètre, une sorte de poissonneuse des Lilas [station de métro parisienne qui, versus masculin "poissonneur des Lilas" est une chanson de Gainsbourg pour ceux qui ne seraient pas de culture française], garante à chaque station de la validité des repaires historiques et culturels que nous avons, et entre lesquelles nous voyageons en permanence. Lorsque l'on évolue dans le wagon du massage nous nous confrontons en continue à ces paysages multiples de réflexions sans lesquels nos comportements seraient sujets à des sauts d'humeur très déstabilisants pour nos proches.

     

    LA FAUTE en morale
    Ou, un exemple concret qui s'applique au massage. 

    La faute est un exemple concret de l'implication de la morale en massage, elle s'immisce dans un jugement de valeur qu'elle décrète vicié, ce en quoi elle a raison mais pour en imposer un autre, elle associe la notion de groupe-sanction et révèle la conséquence là où l'éthique aurait parlé d'erreur et la déontologie de manquement.

    La faute engage un pré-requis morale déjà établi comme par example un rapport sexuel en massage dès lors qu'il n'est pas prévu dans un déroulé technique et en biaise la finalité de l'instant. La faute va faire plus que d'en apporter le constat, elle va en aggraver la dérive en ajoutant le poids de l'éducation, de la tradition des valeurs pour justifier de leur pertinence. La culpabilité va l'emporter sur la conscience froide d'un comportement inadéquat avec pour effets corollaires d'emballer tout un mécanisme de regrets axés sur la sanction-réflexe là où l'on aurait besoin d'en étudier les causes.

    Comme il est utile de différencier la philosophie qui préside à la destinée des hommes proposée comme un ensemble de concepts décrivant les grandes lignes de la pensée, et les philosophies qui oeuvrent en souterrain à l'expression de bien des massages traditionnels, il faut distinguer les deux mouvements de la morale qui les nourrit. La moralité de la philosophie comme courant de pensée me semble intrinsèque au concept qu'elle défend et parfois contraire, alors que la philosophie qui accompagne comme une longue vertèbre les massages depuis les origines me paraît unidirectionnelle et constante allant pour chacune d'entre-elles, dans le sens de la recomposition du corps-énergie en direction du pur équilibre qu'on appel vulgairement le bien-être.

    Est-ce que la morale se dissocie de la philosophie et qu'est-ce qui l'en distingue ? Il n'y a pas de philosophie sans morale aussi contestable soit-elle par contre il peut y avoir une morale distincte de la philosophie passant d'un jeux d'idée à celui de la spiritualité qui représente le plus grand vivier de directives morales. Ce qui les distinguent c'est leur nature, l'une terrestre et l'autre céleste, la première pensée, théorisée, la seconde révélée.

    La morale est-elle subordonnée à la philosophie ? Dans l'acception que je lui prête ici, non puisqu'elle engendre tout un courant de pensées parmi lesquels se trouve la philosophie.

     

    Je reste là au raz des paquerettes des débats qui se poursuivent encore de nos jours, mais quitte à passer pour un Grigori Potemkine au pieds nus, masseur de son état, je vous restitue ma propre vision des concepts tels qu'ils s'ordonnent dans ma tête et comment je les emboîte pour y faire entrer le massage. J'espère juste avoir des contradicteurs en mesure, non pas de me donner tors ce qui serait un moindre mal, mais de m'apporter la raison sans laquelle toute erreur et vouée à être crue, au discrédit de tous bien sûr mais pire encore à celui des arts que nous défendons si passionnément, et ce serait alors mon moindre bien que de m'être trompé si tant est que l'on me rectifia. Qu'importent les hommes tant que vivent les idées.

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    L'éthique

    J'ai pris mon tabouret de masseur, je me suis assis et j'ai dis : Éthique, qui es-tu ?
    « Je suis ce que tu fait de moi afin d'ordonner la pertinence du juste, contestable à jamais, afin que tu restes maître de ta pensée. Je suis un moment définit qui te construit. »

    La morale c'est ce que je dois faire pour me conformer aux règles et l'éthique ce que je peux faire pour être au plus juste de mes préoccupations profondes en phase avec les équilibres naturels de la vie.

    Lorsque j'ai découverts l'éthique, comme n'importe quel homo sapiens sapiens se confrontant à un outil nouveau, j'y ai immédiatement perçu la place qu'elle aménageait à ma singularité dans ce sens que contrairement à la morale elle semblait davantage me suggérer une voie possible parmi d'autres qu'elle ne m'indiquait la seule à suivre tout en me permettant de passer de la faute à l'erreur. Il y avait un déplacement de mon être vers un territoire à conquérir entre la contrainte des valeurs et la valorisation des contraintes dans mon aspiration à comprendre les forces qui oeuvraient. La valorisation des contraintes c'est la compréhension de la nécessité des limites acquises par l'expérience. Là où la morale inféodait mon massage à sa culture, car toute technique soit-elle nouvelle subit des forces qui la contiennent, l'éthique, elle, m'invitait à comprendre et à impliquer le massé comme un relais à mon questionnement et donc à ma différence. Je ne suis plus le suiveur d'un déroulé technique tissé de lois mais je devient l'écrivain de mes propres relais. Chaque idée, chaque exercice de la pensée constitue un champs opérationnel qui doit se conformer à ce qui relève des mes exigences plus que de mes valeurs, de ce qui me fait être-bien tout en l'étayant de solides réflexions qui deviennent mes axiomes. La réussite de se travail passe par la confrontation des idées, la capacité de reprendre sa réflexion à n'importe quel endroit et que cela soit comprehensible de tous.
    La monnaie de l'éthique, c'est l'
    Exigence alors que la morale parlera de Valeur et ça change tout dans le rapport de force. Exiger de soit c'est ne pas tout attendre de la valeur, des autres mais au contraire s'activer pour que les choses changent de soi, à partir de nous. Qu'est-ce qu'implique un jugement de valeur lorsque je décrète positivement que telle personne est belle, c'est sans gravité, sans conséquence et pourtant, nous voyons bien qu'en négatif le contraire du beau dispose de ses propres vocables et devient attentatoire à la personne. Lorsque je mobilise cette Exigence, je découvre que non content de déprécier un individu, je condamne du même coup celui que j'enferme dans un idéal de beauté dans lequel il ne peut se tenir longtemps, et lorsque je remets tout cela dans le carde de la relaxation, du respect de l'autre et bien cette exigence m'impose de renoncer à ces préjugés.

    Si l'éthique à un rôle à ce point structurel en massage, elle ne peut être utilisée à contre-emploi dans sa seule fonction inhibante mais disposer de relais réguliers irriguant sa décision. S'abstenir de faire quelque chose ne doit pas découler de la contrainte d'une obligation mais participer au processus d'interrogation qu'elle suscite afin que l'adhésion découle de la compréhension et non de l'écrasement. Ma pensée doit être stimulée, invitée au congrès des forces qui mobilisent mon attention et présider à l'accession de toute indépendance. Tout lecteur a pour impératif de digérer l'information pour la métaboliser en quelque chose de digeste pour lui avec pour conséquence d'accepter que sa décision ne coïncide pas forcément avec son opinion d'origine ou même la résultante du groupe.

    Le réflexe, l'obéissance est une forme de déconstruction de la penser de toutes ses alertes critiques, il procède par compression des matériaux habituellement mis en concurrences. Ce sont des alerteurs cérébraux qui émettent par l'entremise du doute, les signaux nécessaires à la construction de la question. Ce n'est pas tant ce que je fais qui pose problème que ses conséquences, mais la conséquence ne doit pas être seulement estimée entre ce qui est bien et ce qui ne l'est pas, postulant entre le gain et la perte, mais elle se doit perpétuellement de déplacer son champs réflexif vers ce qui me met en capacité de produire ma propre génération de réponse. Je dois attraper au vol le concept et le résoudre en prenant ce que je peux faire mien pour abonder mon propre mécanisme de penser. Bien sûr, tous le monde n'est pas indépendant les uns des autres, livré à lui-même, nous partageons une même grille de lecture, celle commune à l'espèce, celle plus spécifique à notre culture et celle enfin singulière à notre être.

    Mon cerveau dispose d'un stock de réponses, celles qui sont usuelles, qui n'exigent qu'un simple jeu de mémoire, du genre "Comment-t-appelles-tu ?" mais aussi de tout un arsenal d'outils, de réponses pré-contraintes, de concepts que je vais mobiliser comme un jeu de Légo lorsque le complexe éparpille mes certitudes sans pour autant me faire renoncer à la jouissance-reflex de formuler au plus juste un avis en vue de satisfaire mon circuit de la récompense. Je crée de la réponse, je la sécrète et la confronte à celles que formulent les autres au risque de devoir m'en dissocier et c'est là, lors de cette dissociation que se trouve mon libre arbitre le plus fiable entre le doute et la raison, entre l'acquis des autres, le mien forcément moins nourrit et l'absolue nécessité de trouver d'autres voies. L'autre voie, c'est l'échelon que personne n'a encore emprunté, c'est assimiler le risque de se tromper, de dévisser du haut de son jugement escarpé que d'aucuns qualifiaient d'orbe et connaître la mort sociale de celui qui a voulu s'éloigner pour avoir raison contre tous.
    L'utilisation du verbe avoir garde son influence acqusitionnelle lorsqu'il s'accompagne du mot raison dans cette étrange formule puisque la forme crée l'objectif qui est d'avoir raison, par contre, la possession du tors contient en germe sa réplication et se trouve immédiatement dévalorisée. Avoir tors dessine en négatif le contour de l'index dénonciateur et c'est le verbe qui toujours excuse par ses excès l'impérieuse nécessite de sa dominance, c'est pour avoir raison qu'on s'accroche aux versant ardus des acquis et l'accomplissement de ces vérités exige son lot de raison mais aussi d'erreurs. Sans anomalies, pas d'apprentissage, et sans apprentissage, il n'y a que des vérités révélées, l'extinction de tout savoirs en passant par la mort du libre-arbitre.

    Systématiquement lors de votre massage, une semelle-éthique se formera d'elle-même conduisant à isoler l'intime du privé c'est-à-dire l'accessibilité, la porosité qu'il y a structurellement entre l'intime producteur d'affecte et le privée qui installe la permanence de cet échange entre deux individus. L'intime est l'organisation du sensible dans la sphère commune des ressentis alors que le privé est l'agencement personnel du sensible dans sa sphère individuelle qui va filtrer le nombre de personnes susceptibles d'y entrer. Cette couche isolante d'éthique est constituée par votre intuition mais elle ne suffit pas dans la coordination de ses actions. Que demande-t-on à l'éthique ? Justement d'enclencher les mécanismes correspondants et proportionnés à la situation donnée au lieu de laisser l'affect gérer tout seul des phénomènes qui le corrompent. L'équilibre se cherche à chaque massage comme un pole magnétique qui se déplace et vous ne pouvez confier à la gestion de l'instant par nature fluctuant la stabilité requise pour rester crédible dans votre approche.

     

    L'ERREUR pour l'éthique.

    Déplaçons-nous sur ce terrain de la déficience qui est un brillant exemple de sa manifestation en massage, là où la morale assène la faute (comme lors d'un rapport sexuel en massage), l'éthique engage l'erreur dans une sorte de hiérarchie non pas dans l'implication mais dans la mesure de la sanction pour arriver à la déontologie qui ne parlera plus que de manquement. L'erreur est une horloge dont on voit le mécanisme, elle invite naturellement à son étude quiconque l'a fait, indépendamment de sa classe sociale. C'est une sorte de réflexe d'espèce que de ne pas refaire ce qui a généré de l'inconfort. La morale joue bien sûr un rôle dans les automatismes du sentiment de déficience mais l'éthique va transformer ce sentiment en perception, la faute en erreur, en la débarrassant partiellement de la contrition pour y mettre de la compréhension. Ici c'est mon être qui est appelé à établir un Conseil de réflexion qui mobilisera mon esprit.
    Je serais tenté ici de distinguer le
    sentiment de la perception selon le même organigramme de valeur. Le sentiment, est, selon moi, l'intuition de la faute, un malaise en-deça de la compréhension qui me fait ressentir la présence du mal, de ce qui est mal fait (j'ai le sentiment que ça ne va pas).
    Le mot
    perception vient du latin percipere, il signifie prendre par, au sens de « à travers ». Voir à travers, voilà ce que ne permet pas le sentiment qui, s'il informe de la présence d'un malaise, ne contient pas l'impulsion vers la réponse alors que la perception, même si elle ne m'en donne pas la nature, contient bien en germe une dynamique cognitive. Sentiment
    et perception, sont tout deux des questionnements, mais l'un me semble nourrit de morale en associant le sentiment à une information de nature à générer spontanément le malaise un peu comme une serrure dans laquelle chaque points correspond à une position déjà données alors que, la perception, relève de l'éthique en me permettant l'accès à la clef afin d'aller vers ce qu'il m'est possible de savoir par moi-même. Elle gagne en transparence, elle invite à en demander davantage.

     

    Anticipation éthique

    Il existe des constantes, même dans la nature d'une idée, et ces lignes dont on est en mesure d'appréhender les reliefs servent de repères lorsque surgit l'incertitude de nos émotions. Il est vraiment très utile de différencier la philosophie qui préside à la destinée des hommes de celle qui oeuvre en souterrain à l'expression des massages que nous pratiquons. Ce que j'appel l'anticipation éthique c'est l'activation d'une mesure d'avance vis-à-vis de ces philosophies en refusant l'écrasement de sa pensée personnelle au bénéfice de l'exacerbation de la pensée collective dictée. Jung disait dans son ouvrage Ma vie. « L'homme se réserve une marge, une restriction mental même en face de la décision divine, sans cela, quel en serait le sens s'il n'était pas capable de menacer celui qui la menace ? ». Cette restriction c'est l'espace qu'il nous reste pour orienter nos pratiques au plus juste de ce que nous souhaitons. Par contre, l'éthique n'est pas à géométrie variable, on ne peut pas passer outre à la moindre occasion sans qu'elle ne perde en efficience, néanmoins, elle garde une élasticité que ne possède pas la morale. Une prise de liberté vis-à-vis de l'éthique l'affaiblie, elle ne se nourrit jamais que de conviction là où la morale demandera obéissance et observance. Tout manquement sera déficience pour la première, déréliction pour l'autre.

     

    Charte éthique

    Il s'agit d'un engagement souvent écrit déclinant par articles une succession d'engagements basés sur le respect des principes fondamentaux que l'on souhaite indiquer. Ces préceptes sont généralement fondateurs d'un comportement auquel on s'associe intimement mais sans contenir de caractère contraignant bien qu'ils se fondent sur le concept de valeurs par nature principielles. Contrairement à la charte déontologique produite par un groupe d'appartenance, seule votre crédibilité est mise en jeu dans le respect de ces principes. Ne pas s'y conformer et d'autant plus destructeur que l'on passera pour quelqu'un sans convictions que seul l'appât du gain motive au détriment de ses propres valeurs.
    La charte éthique peu parfois servir de paravent social aux professions stigmatisées tels que les professionnel(le)s du sexe qui cherchent à échapper à l'hypocrisie du groupe en s'appropriant le vocable de masseur ou de masseuses. L'affichage d'une charte éthique peut s'apparenter, par exemple pour les proches, à de la probité supposée et en tout cas revendiquée d'un de ses membres afin de ne pas tomber dans le discrédit familial ou de heurter. Il est tout à fait intéressant de constater que pour se soustraire à la vindicte des gens, aux réflexions etc, on détourne une posture positive du groupe particulièrement forte pour dissimuler une pratique diamétralement opposée avec pour conséquence de nuire à la pureté des principes affichés, de faire montre d'une totale impunité vis-a-vis de se que l'on affiche tout en détruisant un symbol de la probité de laquelle on se réclame. La responsabilité est collective et ne doit pas seulement rejaillir sur ceux ou celles qui abusent impunément des valeurs d'une classe sociale qui se serait arrogée le droit de les détenir. Il n'est pas d'individu qui de droit puisse en être délibérément exclus. L'incurie de la loi au sujet des professionnel(le)s du sexe légitime une chasse aux plus défavorisés qui ne disposent pas d'organisations mettant le verbe juste et l'argument au service de leur cause et nous avons là un retour de bâton bien senti. Quoi qu'il en soit, la notion de principe implique au-delà de ce que l'on peut penser. Il ne s'agit pas d'écrits cosmétiques destinés à poudrer de blanc des mains de masseurs devenus noirs mais de dire justement ce que l'on pense.

     

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    La déontologie

    J'ai pris mon tabouret de masseur, je me suis assis et j'ai dis : Déontologie, qui es-tu ?
    « Je suis ce que vous organisez en mon nom, sœur de l'éthique, afin qu'un groupe distinct se pense collectivement et s'y implique avec vous. »

    La déontologie se situe à l'équateur du globe de cette représentation que je vous proposais plus haut, si l'on consent à placer schématiquement la morale au pôle Sud et l'éthique au pôle Nord, elle est l'extraction froide des valeurs de la morale et des exigences de l'éthique pour former sui généris sa propre dynamique. Elle n'est pas l'addition des deux, mais la génération fonctionnelle d'une batterie d'acquis prés-établis en vue de s'affirmer dans une posture commune. Si l'on prend l'exemple du passage de la faute (décrétée par la morale) à l'erreur (détectée par l'éthique), on voit que la déontologie opère un glissement de l'erreur vers une confrontation de conformité avec la ligne directrice établit qui se systématise à chaque séance de massage, comme un ressassement. La déontologie est en fait un fixateur d'éthique au bénéfice d'une profession. Elle consigne des éléments de consensus en affirmation de ses règles.

    Il ne s'agit pas d'un renoncement, votre libre arbitre reste activé, mais d'un pot commun auquel on prend part avec plus de justesse que l'adhésion à une charte éthique, c'est davantage une posture socio-professionnelle rédigée par des personnes disposant des mêmes contraintes que l'on tente d'unifier dans un organon collectif sans abdiquer les valeurs de chacun. Indépendance et autonomie sont les deux remparts contre l'assujettissement du libre-arbitre, il s'agit de recommandation plus que de loi ayant pour vertus de vous permettre d'adhérer plus que de vous contraindre à vous y conformer. La déontologie prépare le terrain mais vous ne ferez pas l'économie de vous en faire le géomètre. Travailler à une mise en conformité des textes préparatoires et vos propres convictions est nécessaire, ce n'est pas un tout-à-penser sur demande. Vous devez faire l'effort de rentrer dans ces questionnements sachant que votre quotidien sera un excellent pourvoyeur de réflexions personnelles. Lorsque vous identifiez un sujet qui vous pose question, manipulez-le à l'aide de ces travaux préparatoires tout en vous impliquant dedans. Demandez-vous ce qu'il vous suggère, ne pensez jamais que vous n'êtes pas armé pour mener seul ce travail. Vous n'êtes ni seul ni saut puisque vous disposez de ces textes, de cette déontologie et votre esprit dispose d'une plasticité que vous ne soupçonnez peut-être pas. Ne laissez pas la culture à ceux qui sont supposer l'avoir, je ne connais pas d'esprit sans culture et pour notre sujet comme bien souvent dans la vie, mieux que la culture, c'est de curiosité dont vous avez besoin, c'est elle la grande pourvoyeuse des savoirs.

     

    Quelle liaison entretient la déontologie avec l'éthique ?

    Il n'y a pas de déontologie sans éthique. L'une se nourrit invariablement de l'autre, la morale n'est pas loin bien sûr puisqu'elle traverse nos courants de pensées mais l'éthique est fondatrice de notre singularité, elle prend ses aises et s'exprime avec beaucoup plus d'indépendance dans une déontologie qui va ordonner tout ça.
    Si la morale c'est la loi, l'éthique c'est l'interprétation des textes et la déontologie, leurs applications.

     

    LE MANQUEMENT en déontologie.

    Lors d'un rapport sexuel en massage par exemple, nous l'avons vu, la réponse apporté par la morale passe par le sentiment pour nourrir la faute ; l'éthique nous convoque dans notre fort intérieur où nous disposons des outils que nous avons élaboré pour tenter de répondre à ce que la perception nous indique comme nécessitant une précision. Ici la faute n'a pas force de loi et l'erreur de l'éthique se mue en Manquement. Dès lors que j'intègre que la morale contient tout un arsenal de signifiants culturels, religieux, de valeurs communes issues d'une tradition de pensée, que l'éthique se constitue de cette héritage commun auquel s'agrège mon propre libre-arbitre, j'adhère ici à ce que ces présupposés soient mis en textes par d'autres intéressés comme moi par les mêmes besoins établit dans un corpus commun. Le groupe n'a plus la force de la morale, mon éthique se subordonne à ce qui reste une direction sans renoncer à l'interpréter mais tout en m'apportant son lot de sens. Le manquement est une déficience révélée comme telle mais sans sanction autres que les conséquences indépendantes des intrants de pensées.
    Du point d'observation initiale de la faute, l'éthique ne l'a désigne plus que comme une erreur et la déontologie la ramène au rang de manquement. Mais attention, il ne s'agit pas ici d'une minoration de l'influence de la cause. Il ne suffit pas de passer de la faute morale au manquement déontologique pour obtenir un allégement de conscience puisque le sujet était bien de faire la part des actions de chacun. C'est la nature même de la responsabilité que l'on tente de rétablir, c'est conscientiser la part de ce qui m'échappe en provenance de la morale pour induire mon être à ne pas se désimpliquer dans une déontologie dénuées de charges émotionnelle mais aussi de toute participation active pour ne faire que je veux au détriment des conséquences.
    Le manquement reste un déficit organisationnel, cognitif, intime, révélé comme déficient et reconnu comme tel mais allégé autant que l'on peu s'y soustraire des préjugés des autres comme de mes propres acquis. car n'oublions pas qu'il ne s'agit pas là que des autres mais aussi de la place que je m'octroie dans ma société d'élection.

    La question de la prostitution en massage implique une instabilité de fait, un port-à-faux vis-à-vis des fondation de ma propre éducation et de mon sentiment d'appartenance. Le manquement peut bien sûr s'engager sur bien autres questions.

    Les expressions qui sont ces kits dont nous avons parlé comme des réponses pré-contraintes nous oppose souvent la notion de Faute professionnelle. Nous avons là la persistance des réflexes qui nous portent à utiliser des kits sans trop se demander s'ils ne contiennent pas de sanctions plus lourdes que l'employeur n'y est autorisé. Entrer dans meubles-à-tiroirs c'est renoncer à l'influence de ce qui est chargé à bloc des scories du passé pour s'emparer du Manquement professionnel beaucoup plus impliquant dans ma part de décision.

     

    Son dévoiment

    L'intérêt que l'on porte à l'importance de la faute, de l'erreur ou du manquement sont la preuve de la nécessité de la référence dans le champs social. Nombre de sites web de professionnel(le)s du massage arborent une charte alors que la teneur de la prestation ne laisse aucun doute sur le type de pratiques et cela montre l'omniprésence de ces questions, même si nous sommes là en présence d'une instrumentalisation de ces concepts, ils n'en valident pas moins leur utilités. La pluparts du temps, ces mentions ne sont que des postures sociales vivant à rassurer leurs proches sur une pratique prostitutionnelle souvent dissimulées et/ou à sélectionner leurs partenaires sexuel(le)s justifiant d'une limite dans les pratiques par la présence d'une charte, mais il n'en reste pas moins que la référence se situe dans l'équilibre. D'ailleurs, manquer à ces concepts ne signifient pas que l'on est sans fois ni loi, tout est question de curseur et de sensibilité à ces sujets par trop complexes.

     

    Charte déontologique

    Qu'est-ce qu'une charte déotologique sinon la volonté commune d'appliquer par écrit une proposition de réglementation professionnelle collective et corrective. Celle-ci peu prendre un caractère contraignant selon la corporation. Ne pas souhaiter s'y conformer ou ne pas en faire sa bible comportementale relève de la responsabilité de chacun mais il faut bien intégrer que la majorité d'un groupe peut souhaiter amener un minimum de cohérence dans une profession. Cette lisibilité permet au grand public de faire le constat de l'influence de ce groupe et de sa capacité organisationnelle et d'entraînement tout en garantissant une base de service qualitatif. Certes, on ne peut pas savoir si vous êtes ou non bon masseur(se) sans être déjà venu, mais tout au moins est-il possible de mesurer l'engagement public que vous prenez.

    La charte affichée sur nos sites web.
    Ne pas respecter ce que l'on affiche est une imposture, les engagements que l'on prend au nom de l'organisation d'un groupe ne vous laisse plus la même liberté qu'une
    charte éthique que vous vous êtes élaborée dans votre coin.

     

    Conclusion

    Il existe une subtile variation entre identité et intégrité qui se perçoit à l'aune de l'éthique qu'on s'accorde en parvenant à laisser à la morale la part qui lui revient et à la déontologie, celle qui lui incombe. L'identité se construit sur ces valeurs que l'on accorde à nos actions et que l'on espère trouver chez ceux qui fondent en retour sur moi la dialectique de l'échange. Nous avons pas besoin de connaître ces parcours possibles entre de la morale à l'éthique pour arriver à la déontologie pour les respecté de fait, par convention, mais les comprendre forme un socle commun sur-lequel s'appuyer. Le massage au quotidien ne peut se passer d'intégrité et mettre des mots sur ces concepts nous permet d'en exiger la réciprocité.