mercredi, 22 juillet 2009
Trois catégories de masseurs
Par chacun de ces articles, je tente de définir toujours plus finement, au gré de mes réflexions, la place du massage et le rapport qu'il entretient avec la sexualité est un sujet vraiment passionnant qui m'amène à repositionner le corps et la place de chaque individu avec le sien, sans pour autant stigmatiser ceux qui détourneraient le massage de ses fins. D'ailleurs, masturber un sexe, celui d'un homme ou celui d'une femme ne saurait être exclue des gestes massants sous prétexte de non conformité aux valeurs établies. Il faut juste que chacun trouve sa place et que je puisse me positionner clairement. Ma situation sociale est une succession de marqueurs positifs par lesquels il me serait aisé de prendre confortablement mes distances avec ces "pseudo masseur(se)s" qui nous voleraient notre légitimité. Dire que le sexe est mal en massage parce que je ne le pratique pas, c'est prendre ma place sur la grille déjà existante des valeurs admises. Les professionnels du sexe étant ceux en bas de l'échelle sociale que l'on placerait encore une fois dans la catégorie des coucous voleurs de nid, comme s'il était possible d'établir une antériorité dans les moeurs.

Trois catégories de masseurs
J'ai donc isolé trois catégories de masseurs indépendament des pratiques que je vous propose ici : je pense qu'il y a tout d'abord celui qui a compris le parti qu'il pouvait tirer du massage pour vendre de la sexualité en donnant à une clientèle un accès moins crue qu'une tarification au détail ; il y a celui qui entretient une proximité sincère avec le massage tout en s'accommodant de satisfaire plus ou moins fréquement les demandes de fin de séance, quand il n'adosse pas lui-même sa sexualité à celle de ses clients et enfin, il y à celui qui ne jure que par la technicité de son touché, de sa formation et de l'environnement au sein duquel il professe.
Je ne pense pas qu'il faille les cataloguer « prostitution », « perversion » et « professionnalisme », je pense que les trois sont aussi légitimes et nécessaires à l'espèce humaine. La société s'organise en fonction de ses besoins. Pourquoi faire l'effort de masser une heure alors que je ne sais pas spécialement le faire, que je n'en éprouve pas l'envie et que mes clients ne viennent pas pour ce prétexte mais bien pour ce qu'il dissimule ?
Au début de mon propos je parle des "fins du massage" mais de quelles fins s'agit-il et surtout, l'une serait-elle plus prestigieuse que l'autre ? Quelque chose me laisse penser que l'ordre qui suit ces propos va peut-être m'être moins favorable. En effet, des bienfaits que l'on peut attendre du massage il y a par ordre de priorité le thérapeutique, (soins et/ou prévention), le relaxant où je me situe et le sexuel. Et voilà, de la première place, je suis passé à la seconde en jouant sur la seule priorité culturellement acquise de tous mais qui change selon l'angle de vue.
Se soigner ou se prémunir des maladies en ré-ouvrant nos chakras, comme autant de portes vieilles et récalcitrantes destinées à toujours se refermer en coinçant nos énergies dedans semble une priorité assez légitime, en second viendrait la nécessité de se détendre pour n'être plus qu'à l'écoute toute pure de soi et pour finir, nous aurions le massage bassement sexuel. Le soin, la relaxation, le sexe me semble être le bon ordre en effet, et pourtant, pourquoi donner au sexe la dernière place ? Est-ce que le massage sexuel serait une sort de Juda n'écoutant que ses propres intérêts ? Mais tout cela me semble bien teinté de judéo-christianisme. Et si nous metions le sexe en tête, le massage en serait-il dévalorisé pour autant ? L'intention serait-elle le Cheval de Troie que les Grecs de la prostitution auraient utilisés pour faire entrer dans les remparts du massage un sexe ennemi ? Moi je crois que le massage a aussi pour vocation la dispersion de ses acquis pour mieux se reconstituer autour des primitives géométriques qui le parcourent. C'est un peu comme pour les images vectorielles que vous pouvez réduire ou agrandir sans déperdition de qualité en suivant la forme principale qui les composent, cette forme géométrique primitive. Vous pouvez réduir le massage à un point bien précis ou l'élargir pour lui donner une forme plus générale sans qu'il n'y ait de dégardation précisément parce qu'il suit une sort de schéma achétypale attaché à l'espèce qui le pratique et qui retrouve toujours ses propres lignes de force. Le sexe en est une extrêmement puissante et présente partout mais ce n'est pas pour autant qu'il faut lui abandonner l'espace au détriment d'autres formes de touchés, il faut juste en cultiver de nouvelles.
Au fur et à mesure que j'écris, j'essaye de me positionner et de trouver le bon angle de réverbération pour chacun, c'est comme pour la lumière qui n'a pas de couleur et don le spectre en révèle pourtant sept qui ont toutes leur origine et leur fonction.

Le sexe en massage apanage des prostitués serait donc tout aussi légitime que la thérapies des kinésithérapeutes, ou la relaxation des masseurs qui tentent de parvenir au résultat escompté sans la contribution des deux premières ? Et bien je pense qu'à cela j'ai déjà répondu dans d'autres papiers, ce n'est pas d'atteindre ses objectifs qui est important c'est de savoir comment on s'y prend pour les attendre. L'assujétissement de l'autre a cette forme d'esclavage bourgeois par la sexualité qui se justifierait parce que l'on paye et que les acteurs sont d'accord, ne change rien au fait que l'individu pratique par automatisme des fonctions naturelles. Elle me répugne en massage mais guère plus que de voir des masses aller travailler tous les jours pour une vie souvent miséreuse et que cela profite toujours aux mêmes.
Je suis d'accord que l'on aménage dans nos métiers du massage un espace légal aux professionnel(le)s du sexe.L'ancienneté des pratiques ne les rend ni belles ni bonnes et ce n'est pas tant la prostitution que je souhaite légaliser que la perversion de la loi l'interdisant que je veux changer. Ce qui fait peur c'est l'amalgame, c'est d'être moi-même pris pour un prostitué, assimilé comme tel et en effet, comment me définir vis-à-vis de cet autre dont les moeurs se distinguent pourtant tellement des miennes ? Comment à l'énoncé de mon métier puis-je garantir de ma probité ? A l'énoncé de votre métier vous n'avez à garantir de votre probité et si c'est le regard des autres sur vous qui vous inquiète, alors Je vous dis de le dominer par vos acquis. Je pense que le comportement s'adapte à la pratique et que celui ou celle qui épouse une technique, intègre son enseignement, sa philosophie, fait une vraie formation, organise un espace conforme aux impératifs de qualité qu'il s'est fixé, porte en lui l'éthique qu'il propage. Ce que je conseillerais, c'est de se mettre au clair de ce que l'on sera amené à entendre toute sa vie précisément parce qu'on travaille sur le corps et d'intégrer une bonne fois pour toute que le sexe, voir la prostitution qui en est la forme la plus sysitématique, doit être considérée comme quelque chose de normale. Ma technique n'est ni au-dessus ni en-dessous de telle pratique jugée délétère et si je dois m'en dissocier ce n'est en suivant le faux-plis du réflexe socio-culturel mais par la puissance de ma seule réflexion. Avez-vous ou non travaillé sur le sexe, sur sa place en massage ? Vous entendrez toujours ses allusions gourmandes sur l'horizon des possibles avec vous mais lorsque vous écoutez un enfant apprendre à lire, vous ne le traîtez pas de crétin, la réponse est dans la pédagogie. Toujours vous aurez des massé(e)s ânonnants, des personnes qui se cherchent et si vous leur renvoyez les textes caduques de la loi ou des moeurs, ils se détourneront de vous alors que si vous leur expliquez, par les mots ou par la beauté de votre travail que ces moments que vous dessinez pour lui et sur lui valent, non pas mieux mais autrement par la rareté de ceux qui le pratiquent, et bien, celui que vous aurez enmené l'aura vraiment été pour autre chose. Même s'il y a pensé très fort, qu'il y a tenté souvent, ce que vous lui aurez donné ne restera pas sans mémoire.

Ce n'est pas le prostitué qui porte la prostitution, c'est le sexe qui la génère et l'homme la pratique tout autant qu'il la condamne mais c'est toujours l'exécutant que l'on critique et non le commenditaire. Le client de la prostituée n'est jamais nommé, il garde son qualificatif de "client" c'est-à-dire de consommateur alors que la praticienne se dévalorise socialement. C'est cela qu'il faut combattre et ce sera sûrement l'objet d'un nouveau papier. En tout cas, dans la fédération du massage français que je compte créer, les professionnel(le)s du sexe seront représenté(e)s.
Mercredi 22 juillet 2009
Par Alain Cabello
15:47 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : massage, prostitution, légalisation
dimanche, 07 juin 2009
L'identité sexuelle en massage ?

J'ai eu envie de me poser cette question au sujet de mon identité sexuelle en massage, est-ce que je la conserve et sa présence représente-elle un problème ou un atout ?
Bien-sûr, je ne peux pas l'extraire de moi et elle ne devient vraiment un problème que lorsqu'elle se substitue à mes capacités de massages pour devenir toute entière sexuelle. Alors, le sexe est un massage, j'ai pu à de nombreuses reprise le dire, mais il implique sous cette forme une sélection sur des critères qui annulent les impératifs d'éthique. Je peux avoir 4 massages de trés bonne qualité dans ma journée dont je ressortirai satisfait, par contre, je ne peux pas avoir 4 orgasmes sur commande avec des partenaires tous les jours différents.
Lorsque je masse le corps d'un garçon, je n'ai pas de "plaisir homosexuel" construit, souhaité, élaboré comme je peux les susciter dans l'intimité, les mécanismes ne sont pas les mêmes et je ne parviens même pas à dégager de préférence entre le massage d'un homme ou d'une femme. Je suis celui par lequel doit venir l'intention de détente sachant que j'entretiens avec le corps masculin un shéma corporel identique et donc une proximité que ma sexualité amplifie, facilite, mais que mon esprit modère. Lorsque je le masse, ce garçon doit perçevoir que je n'attends rien de lui excepté qu'il soit dans son entièreté corporelle, mais rien de son sexe dressé, rien qui puisse venir de ses fesses en tant qu'objet sexuel. Sa nudité doit se faire expression de simplicité, de tendresse sans à priori, sa nudité ne doit pas conserver ses stratégies d'appâts et sa force d'attraction, pourtant toujours très forte chez moi.

Je suis puissament imprégnié par mon homosexuelité, par la nature même de mon sexe et de sa position dans la société mais dans mon massage, la sexualité doit garder sa place au sein de ma sphère intime et ne jamais prendre le dessus.
La question qu'il est intéressant de se poser c'est "Si je devais masser un homme avec mon identité d'homosexuel sexué, alors comment devrai-je masser les femmes et surtout comment les perçevrai-je ?" Un sexe de femme ne peut éveiller ma curiosité d'hétéro-embryonnaire ou d'homo accompli sans que chacun reprenne sa place de chasseur et de chassée. Est-ce ce que je recherche dans un massage ? Le regard de meute de ma sexualité, dominant et pervers ?
Dois-je alors rester homosexuel lorsque je masse une femme ? Et si tel est le cas, quelle sera mon implication profonde et l'honnêteté de mon touché ? Suis-je l'hétéro-embryonnaire dont je parlais plus haut ou un homme au clair avec sa sexualité ? Car, dans un tel cas de figure, quel statut avoir lorsque je masse un vieillard, celui de gérontophile et pédophile avec les enfants ? Pourquoi ce qui s'évanoui naturellement avec les vieillards et les enfants devrait se réactiver avec les adultes de mon âge ? La convergence de nos intérêts bien sûr, mais quid des afinités électives et des nécessités de l'esprit ? Le vieillard qui vous laisse indifférant sexuellement sera le même homme qui vous fascinera intellectuellement mais le massage que vous lui prodiguez ne doit, lui, qu'être un équlibre que comprendra le corps comme l'esprit. Indifférent vis-à-vis d'un vieux ou excité vis-à-vis d'un jeune c'est la même chose, le massage ne devient plus que plus que l'ombre de lui-même, parasité par les attentes des uns et des autres. Lorsque je ne suis que le guide et que mon massé n'est qu'un voyageur tout reprend sa place. Mon but est de lui faire découvrir des différents paysages de son corps mais les émotions, les souvenirs, là où il veut mener son esprit, lui-seul les connaît. Nous voyons bien que c'est sur un autre plan que nous devons nous situer.

Nous devons être celui ou celle, l'instant d'un massage, dont on attend rien que d'être soi et nous trouver là, en tant que masseur comme sentinelle de la descente dans l'intime. Je ne parle pas de cet intime apparent, visible, de celui qui trouble quand on l'expose, je parle de celui, tellement profond, qui vous constitue. Votre massé(e) doit comprendre que ce masseur vous regarde mais ne vous juge pas, il est là mais ne vous compare pas, il vous touche mais ne vous désir pas et cela parce que aimer c'est aussi penser. Vous devez avoir préparé son voyage, vous devez penser votre métier.
Biensûr que le désir n'est pas un ennemi dont la sexualité en serait la perversion, il ne s'agit pas de remettre le corps dans le carcan par-lequel notre histoire collective nous a laissé meurtrie, mais de le maîtriser pour que le spontané ne prenne pas le dessus pour devenir la finalité naturelle de tout rapport humain au nom d'un édonisme servant toujours les mêmes intérêts, pour tomber dans les mêmes ornières socio-culturelle faisant de moi un homme, un chasseur, un dominant requérant une sexualité à la mesure de ses capacités homosexuelles, sans contraintes et laissant à ma sexualité toutes les latitudes. Je cueille, je mange et je recrache le noyaux. Cet état-là de masculin macho pu comme c'est pas permis.
Masser c'est accompagner l'autre et devenir masseur c'est aimer cet accompagnement.
Baiser en massant, masser en baisant c'est top lorsqu'on est dans une relation établie dans laquelle on ne souhaite pas trouver que du génital. En temps que masseur ou masseuse pro, c'est s'installer dans une sexualité molle, sans consistance attendant le jour où ce sera génial dans les deux sens. En attendant, c'est votre quotidien que vous tissez, c'est votre qualité de masseur que vous empécher de décoler, et c'est le massage que vous desservez en faisant ce que font tout ceux qui n'ont pas de formation pratique sous couvert de massages exotiques.

Ce que je veux dire, lorsque j'écris que la sexualité annule les impératifs d'éthique qui s'impose en massage, c'est qu'autant je ne dois jamais me prononcer sur la beauté supposée ou ressentie de mon massé, autant on ne peut exiger de moi que j'anesthésie tout jugement de valeur pour entrer dans la sexualité qui entend au contraire la multiplication des perceptions. Masser sur un socle commun permet de s'entendre sur ce que l'on est en droit de trouver sur une prestation duplicable à volonté. La sexualité n'est plus sur ces socles communs mais au contraire sur la singularité des sens qu'aiguise un désir partagé.
Dimanche 7 juin 2009
Cabello Alain
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jeudi, 09 avril 2009
Ne brouillez pas votre massage
On ne peut pas dire massage no sexe au téléphone ou sur son site et finir à 4 pattes en fin de séance. La masturbation en France n'est pas un délit, pratiquez ce que vous avez envie de pratiquer mais ne virez pas de bord en permanence au risque de vous heurter aux récifs de l'illisibilité de votre activité.
Ce n'est pas pareil de masturber son client selon qu'il est, reste ou devient dans votre esprit, client ou personne, et point encore la même chose lorsque dans le secret de la sienne, vous êtes, restez ou devenez, masseur ou prostitué. Ce n'est toujours pas la même chose que de masturber son pénis en prolongation de séance que dans la durée qui devait normalement être dévolue au massage proposé. Et l'acte de prostitution sera certainement d'avantage consommé lorsque vous proposerez de le masturber en guise de massage ou si celle-ci intervient en supplément de la prestation.
C'est comme pour la corruption, elle a ses marqueurs propre que le comportement caractérise. Je ne dis pas que la masturbation en massage soit une corruption du massage mesurée à l'aune de la qualité du professionnel que je suis, je dis juste que le curseur dédouane souvent de toute formation et comme il ne suffit pas de savoir écrire pour être écrivain, il ne suffit pas non plus de se dire masseur pour l'être tout-à-fait. Masser en masturbant est tout aussi légitime que de masser en appuyant, en pétrissant et autre palpation en tout genre que l'on puisse développer pour faire réagir de façon diverse le corps. Simplement, lorsqu'une technique attachée à un résultat donné [la masturbation], pratiquée dans les mêmes conditions, pour la même finalité, contient les germes de l'appauvrissement et le qualificatif attenant [prostitution].
Prostitution ou massage, prostitution par massage, qu'importe, ce n'est ni un drame, ni une atteinte à notre profession comme j'ai pu l'écrire dans des papiers plus anciens, marquant mon propre cheminement. Je tente de dicerner dans ce qui détermine les tenants et les aboutissants d'un métier aussi ancien composé de mille techniques telles que les massages les suscitent depuis leurs origines et l'essentialité du message qui peut résulter de la sexualité. Le sexe n'est pas réducteur, il est juste constituant de l'homme mais l'intensité sa lumière, sa permanence voile toutes les autres étoiles qui constituent notre corps. Que cette lumière attire ou révèle, aussi intéressant que cela soit, n'est pas suffisant pour que l'on s'en satisfasse sans souhaiter jamais en comprendre les mécanismes et combien tout ce qui entoure cette aura de sexualité est tout aussi vital à son expression.
Alors est-ce que le sexe est complémentaire du massage. Comme Simone de Beauvoir s'élève contre la complémentarité supposée des femmes face aux hommes qui aurait pour signifiant la présence d'un Tout auquel elle ne peut se réduire à cause du déterminisme qu'il implique, il serait, en massage, tout aussi risqué de considérer le sexe comme complémentaire à la relaxation d'un Tout corporel qui ne ferait que satisfaire le déséquilibre déjà très marqué qu'il y a entre masseur et massé et entre corps perçu et le corps voulu. La perception du corps massé ne doit pas se laisser enfermer dans le corps voulu, résolument tourné vers la seule résultante de la sexualité. L'attrait de la récompense est une dégradation, moins pour le statut que le ressenti profond de l'exécutant. Est-ce que le résultat seul compte au détriment de la complexité des rapports humains au vu du bénéfice final ? Ca c'est le coeur de ma position éthique, mais reste à articuler ce droit qu'a chacun de procéder aux finalités qu'impliquent leur propre processus de réflexion et de construction. Certains s'en contenteront à défaut de connaître ou d'anticiper les conséquences que cela peut avoir sur leur équilibre, subordonnant le malaise liminaire à la réalité économique plus remarquable. Nous voyons bien que les qualificatifs stigmatisants qui accompagnent l'exercice de la prostitution n'a de sens que pour asseoir les normes morales d'une majorité qui s'annonce tout-à-fait étrangère à de tels comportements, même si elle en est la première des consommatrices. Le massage est une façon élégante de tenter de résorber ce passif social pour échapper aux regards de l'autre, mais la forme lisse qu'on tente de lui donner, outre le risque qu'elle comporte de déplacer l'index des accusateurs vers nos professions, constitue toujours la surface d'un durillon socio-professionnel dont l'épaississement de la corné est la seule manifestation apparente de la conscience d'un malaise. L'intèrieur de ce durillon représenterait dans cette image que je propose, toute la partie inconsciente de cette pratique.
C'est à chacun de nous de se poser la question de la finalité de nos activités humaines. La publicité que vous faite dépend de votre travail et de ce que vous allez proposer...
Payer pour avoir un encart publicitaire dans un journal, c'est payer pour avoir une visibilité publique, mais perdre un client parce que vous n'aurez pas voulu aller dans le sens de ses envies, c'est aussi accepter de payer pour une visibilité plus efficiente, celle-ci dans le tête même de votre clientèle. Dire non, c'est une forme de choix visuel. Dans la création de ce visuel, vous allez discriminer une partie des couleurs, des images non conforment, malgré leur attrait, au profit d'en ensemble plus cohérent. Plus vous chargerez par la couleur et par l'écrit, plus le message se dispersera, chacun comportant sa part d'information.
En massage il s'agira de discriminer un certain nombre de comportements dont la diversité et les finalités n'iront pas dans le sens de la cohésion de votre équilibre. Dites-vous bien qu'à ce stade, il ne faut pas parler de type de clientèle mais seulement de comportement de clientèle. Lui sera toujours dans la situation de chercher votre rythme parce qu'il souhaite rejoindre un univers approchant celui que vous proposez. Sachez imposer votre façon de travailler sans avoir à détourner le regard. Que vous soyez prostitué ou que vous ne souhaitez pas que vous soit opposé ce qualificatif parce que la finition à laquelle vous procédez ne vous semble pas relever des moeurs que l'on prête à ce terme, c'est à vous de l'imposer. Mais sachez analyser ce que vous faites et défendre votre métier.
Le massage est plus primitivement un instinct qu'un art de vivre qu'on aurait par la suite élaboré. C'est comme la peinture qui est instinctivement un mode de communication que l'art pictural qu'il est devenu.
C'est pour cela que la FNEMF souhaite représenter les intérets des professionnels du sexeen massage. Ne pas représenter cette sensibilité, c'est en nier l'existance et emplifier le faussé entre les personnes.
Alain Cabello
Mercredi 9 avril 2009
09:06 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 16 juillet 2008
Masser le sexe d'un défunt
Masser le sexe d'un défunt
Nous avons sur cette page un très bel exemple de manifestation de sexualité occidentale contemporaine passant par le massage d'un sexe de gisant. Les exemples ne sont pas rares dans l'histoire ou telle dépouille, devenue symbolique se charge de pouvoirs aphrodisiaques mais dans le cas présent il se pose l'étonnante question de la moralité de l'action.
C'est en 2004 qu'une dépêche de l'AFP déclare que "Yves Contassot, adjoint (Verts) du maire de Paris chargé des jardins, dont dépendent les cimetières, doit se rendre vendredi au Père-Lachaise, devant la tombe de Victor Noir, qui fait l'objet d'attouchements jugés inappropriés par ses services... Mais de quoi s'agit-il ? De l'étrange sort qu'il est advenu à Yvan Salmon, plus connu sous son nom de plume au journal La Marseillaise, Victor Noir, journaliste de 22 ans, tué au pistolet en 1870 par le Prince Pierre Bonaparte, neveu de Napoléon Ier et cousin de Napoléon III alors au pouvoir sous la Restauration, pour être venu lui demander des comptes au nom d'un de ses confères avec lequel il avait eu maille à partir.
L'affaire de ce duel avait à l'époque fait grand bruit et participé à discréditer Napoléon III qui perdait, la même année, la guerre qu'il avait déclarer à la Prusse.
Le Prince fut bien sûr acquitté mais le scandale ne s'arrêta pas là. Transféré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, le caveau fut recouvert d'un gisant de bronze, signé par le sculpteur Aimé Jules Dalou, également à l'origine du "triomphe de la République" Place de la Nation à Paris, sensé représenté le garçon lors de sa mort, _donc, de sa dernière entrevue avec le Prince_ chemise déboutonnée, pantalon ouvert à la ceinture et sexe en érection que des milliers de mains viennent, aujourd'hui encore, caresser, masser, afin de capter l'énergie sexuel de ce jeune Priape.

L'histoire ne nous dit pas si il était vraiment venu cherché réparation et ce qu'il s'est passé, pour qu'il soit ainsi débraillé, mais il est certain que cette déculotté met le Prince lui-même, et ce pour l'éternité, en "fâcheuse posture," faisant de l'homme qu'il a assassiné celui dont on veut toucher l'accoutrement bien suspect lorsque l'on vient chercher réparation pour l'honneur d'un autre. Si comme le disait Georges Brassens "même mort il bandait encore" il n'est pas anti-bonapartiste de penser que ce n'est pas la main dans son plastron que ce Napoléon devait avoir ce jour-là mais bien ailleurs. Gare au gorille ? Nous n'en sommes pas vraiment éloigné. Le bronze fit scandale mais la réputation de ses formes de garçons dépassèrent vite en réputation le souvenir même des moments de gloire du jeune homme. La patine persiste à ne laisser aucun doute sur l'actualité du nombre de visiteurs qui se presse "pour la forme et pour le geste" bien sûr. Rappelons que nous nous situons dans un cimetière, c'est-à-dire dans un sanctuaire, rassemblant toutes les confessions sur quelque chose d'aussi universelle que la peine. L'esprit cabotin du peuple ne cesse de surprendre et on ne peut demander aux jeunes générations d'être aussi empruntée vis-à-vis de la mort alors que son approche à radicalement changé. Comment ne pas susciter l'envie de toucher ce qu'Aimé Jules Dalou cru bon de souligner avec assez d'insistance pour que cela provoque le sandale dans une population considérant comme déplacée toute trace de virilité dans un endroit qui en est tant dénué ? Précisément parce qu'il n'en est pas dénué et que le pouvoir d'attraction érotico-sexuelle de la mort montre les prédispositions contestataires de la jeunesse qui trouve dans la mort un écho à ses angoisses et un moyen de prendre le large mental sur ses aînés.
La mort a, de tout temps, était l'exutoires de toutes les pulsions de l'homme et prend aussi dans la sexualité des aspects transgressifs sanctionnés par les moeurs admis.
Ce sexe volontairement massé ramène incontestablement à l'Eros et à la dimension votive du mouvement, il s'agit de caresser ce que d'autres chargent de pouvoirs surnaturels.
Nous sommes là devant une forme érotisée mais parfaitement passive de l'instrumentalisation de la mort, alors que dans l'histoire des dévotions le fétichisme a pu atteindre des sommets. La passion pour les reliquaires, la nature même des ex voto gallo-romain représentant sexes turgescent et seins lourds de lait dans lesquels l'église a mis bon ordre, ou les processions de tels saints ou saintes dans des pays particulièrement croyants se nourrit d'une sensualité issue du corps et la plus part du temps d'un corps défunt.
On nous oppose souvent la roideur du christianisme mais le dire ne conjure pas le voir, c'est être extraordinairement peu observateur que de ne pas remarquer la somptueuse permanence de la beauté des corps et les cimetières en regorgent.
Les Pietàs, le lavage des pieds des disciples par Jésus, chemin de Croix, le Christ crucifié, les écoulements de sang, la position de la tête, du buste, la robe sans couture, les genoux joints, des pieds rassemblés sous le clou scélérat, la mise au tombeau, co-existent avec une permanence de la chair que l'on ne peut distinguer de la sexualité qui prend tant de place dans les vie des hommes qui les représentent. Tout dans l'histoire de l'église n'est que visuels pour faire comprendre au peuple in-instruit les nécessités de la règle mais selon des schémas qui reprennent les fondamentaux sexuels à tel point que le toucher, expression de la dévotion entre constamment en contact avec l'iconographie religieuse. Embrasser, caresser, masser, pieds, mains, gravures, tapisseries, sculptures confortent la foi tout en déstabilisant le corps contraint aux retenues sociales les plus perverses.
Ainsi, combien de commandes vaticanes ou d'églises de village, destinées à la représentation des corps religieux auxquels ont est sensé s'identifier, furent rejetées, détruites, dissimulées, remplacées ou sujettes à controverse ? Ce penchant pour la chair que systématiquement couleurs et lignes viennent raviver alors qu'elles devaient prévenir des dangers du pêché persiste.
Le sexe est dans la mort et la mort est dans le sexe comme nous le savons aujourd'hui avec la SIDA et comme on le savait de tout temps avec les risques mortels que représentaient les maladies vénériennes. Vénérienne, Veneris qui nous vient de Vénus, déesse de l'Amour de la mythologie romaine, l'amour représenté encore une fois par le corps des femmes qui dans la chrétienté ne jouirent pas de la même réputation. On connaît le pouvoir de persuasion d'Eve et celui de la terrifiante Lilith, succube séducteur qui lui précéda.
Portant la perversion est bien avant tout sollicitée par les hommes grands pourvoyeurs de sexe et de prostitution. Dans ce massage de la queue Yvan Salmon, personnage du XIXème, il y a un remix continuellement mis à jour du film "Le retour de Martin Guerre" avec Gérard Depardieu et Bernard-Pierre Donnadieu.Nous avons là deux lits, un celui de l'amour ou plutôt du sexe en roue libre à plusieurs, Depardieu et Bernard-Pierre Donnadieu, nus, juste séparés par Nathalie Baye qui les masse et les masturbe, un sexe dans chaque mains. Le deuxième lit est celui de la mort dans lequel un gisant matérialise le dormeur; mais un dormeur que l'on a voulu clairement dépenaillé et remis dans sa génitalité de jeune homme. On ne fait pas un bronze au XIXème siècle, comme un croquis au fusain et un gisant, commande pour un caveau destiné au Père-Lachaise pour un mort qui fit grand émoi _100 000 personnes à son enterrement_ comme une création solitaire qui n'engage que l'artiste. Le message politique, l'irrévérence ne peut être distinguée de la dimension sexuelle originelle. La seule différence sur cet arrêt sur image est autant dans le nombre de bénéficiaires de ce massage que dans celui des masseurs et masseuses occasionnelles, à porter leurs mains là où naturellement nous portons tous nos yeux et participer aux "travaux d'hercule" qui semblaient ne pas déplaire à Nathalie Baye.
Pourquoi ainsi serait-il plus morale de faire bien plus crûment au cinéma ce qui serait inconvenant de pratiquer subrepticement dans un cimetière ? Le respect des sépultures ne peut justifier à lui seul qu'on érige des barrières contre ces irrévérences qui contiennent toujours leur part de pudeur mais aussi de peur face à la mort et ne préjuge en rien de l'esprit de ceux qui s'y adonnent, tout au plus un goût certain pour la remise en causes des valeurs bourgeoises.
Le massage pénien est autant un massage du mort qu'un massage de la mort, à la fois comme une défiance momentanée vis-à-vis de cette opposition que constitue la vie que comme une intention sexuelle de soumission face au pouvoir dominant de la mort elle-même. Elle est celle qui nous allonge dans la passivité éternel de l'inanimé, celle qui nous possède mais aussi celle qui s'érige en monument dans les lieux qui l'accueille, en orbituaire familial ou même de la cité toute entière. La charge phallique des cimetières n'est, dans le cas présent, que surexposée par les gibbosités d'un bronze. Donner à un mort ou à sa représentation une dimension sexuelle est conforme à l'esprit d'opposition que contient la vie. L'érection pour exister, pour se reproduire ou l'érection architecturale comme manifestation de la virilité de la mort répond en echo à nos fantasmes les plus profonds. Masser un sexe pour le faire bander et satisfaire à ses désires de vie est la même chose que de masser un sexe de gisant pour tenter de prendre à la mort elle-même son potentiel d'orgasme. La petite-mort qui est une perte momentanée de ses forces vitales par l'orgasme amenant jusqu'à l'oubli de soi, devient ici une mort-petite, c'est-à-dire la prise en compte de la forme d'un sexe marqué comme sexe mais qui n'en est qu'une représentation figée dans le métal. C'est prendre conscience de la différence de nature qu'il y a entre le giron intime d'un gisant et le giron d'un vivant. Coït, masturbation, placent nos attribues face à l'accomplissement d'une finalité qui contient la déchéance de l'énergie qu'on y a mis. Dans la logique de cet aboutissement de vie vers l'épuisement qui est une réduction de la mort il est naturel que l'inverse fonctionne par les représentations dont on la dote. Dans les pouvoirs illimités de la mort qui sont d'autant plus infinis que notre imagination n'a d'égale que sa permanence, à l'instar des formes artistiques qu'ont pu prendre les aspects morbides, on donne à la mort une image anthropologique qui se dote alors de tous les codes humains. Succubes ou Inccubes sont des démons mâles ou femelles, qui pour exister, se doivent d'abuser les vivants dans leur sommeil qui est une autre forme de mort, une frontière permettant cette rencontre des deux mondes. La lubricité de la mort n'est plus à prouvée puisqu'elle est l'inverse de la bienséance. Du côté des vivant, toucher au sexe d'un gisant c'est toucher à l'interdit, c'est accéder au sexe même de la mort selon un mode nécessaire à notre existence. Ce que ces jeunes gens flattent dans la mort génitalisée de Yvan Salmon, c'est la permanence érectile, lorsque celle-ci est matérialisée, qu'ils sollicitent comme le désire de prolonger leur vie qu'ils savent momentanée avec toute la perception de la menace dont chaque tombe est un huissier.
Samedi 12 juillet 2008
14:19 Publié dans Massage & Violence, Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 22 novembre 2007
Prostitution et massage
Les faux ennemis
Les prostitué(e)s qui se qualifient comme tels, ou ceux pour lesquel(le)s le travail de sape de l'inconscient à commencé son oeuvre de préservation des équilibres mentaux en ramenant les pratiques sexuelles dans le cadre d'un massage, à de simples finissions, et non comme objectif en soit, ne sont pas les ennemi(e)s de la profession mais les ombres malgré eux.
La prostitution fait la jonction entre la nature spontané de l'homme dans ses expressions sexuelles et la cérébralisation des comportements sexuels nécessaires à toute construction sociale. L'envie immédiate et immédiatement satisfaite chez l'enfant par la mise en oeuvre, souvent brutale, des actions utiles pour obtenir satisfaction, se heurtera à des codes imposés par d'autres que la vie en communauté rend nécessaires. Ce besoin de "prendre de la sexualité", de consommer de suite ce que l'on désir est obtenue par la rémunération d'un tiers. Je ne développerai pas ici les mécanismes qui d'ailleurs m'échappent, opposant besoins et envies, pulsions humaines et résultantes législatives faites d'actualités résiduelles, d'éducations, le tout enfermé dans un contexte le plus souvent agité, pour que soit ressenti comme nécessaire l'application d'une loi. Voir le papier De la dendrochronologie législative
Si nous, masseuses et masseurs, acceptons cette orientation prostitutive que prend le massage à cause de l'incapacité momentané de l'État de donner un statut sinon aux prostitués en tout les cas aux masseurs de relaxation que nous sommes, alors cette assimilation des genres s'amplifiera. J'apporterai deux précisions à cela. La première c'est que ce n'est pas à l'État de statuer sur une profession qui ne se mobilise pas avec vigueur sur ses revendications sociaux-professionnelles. La deuxième choses c'est que pour ma part, je ne souhaite pas que cette distinction entre masseur(se)s et prostitué(e)s se fasse au détriment des professionnel(le)s du sexe. Il y aurait en effet une faute morale d'envergure qu'il nous faut éviter à tout prix et qui consisterait à légitimer un mouvement en tapant sur un autre. La prostitution a toutes les morphologies historiques des boucs-émissaires sur le dos des quels se moralisent les causes les plus diverses. Cette tendance _naturelle mais intellectuellement plus que contestable surtout lorsqu'on l'a compris_ reste inhérente à toute entreprise de reconnaissance, nécessitant la mise en perspective des différences pour asseoir ses revendications. L'objectif étant alors de démontrer le coté pervers de l'absence de loi en montrant du doigts les extrêmes que la société considère comme tels. Ainsi, la prostitution deviendrait le mouton noir de la profession alors qu'il en est un des acteurs. En effet, il ne serait pas envisageable de demander que soit à leur tour, dans le cadre d'une reconnaissance de nos professions, pénalisés ceux qui utiliseraient le vocable de massage et tous ses dérivés pour parer leur pratique sexuelle. Je pense, même si ce n'est pas le sujet ici, que la France ne pourra longtemps faire l'économie d'un débat et d'une loi sur le sujet.
Le massage ne peut avoir d'ennemis mais seulement des gens à convaincre.
Les prostitué(e)s sont tout autant que nous dans le désir de reconnaissance et il est légitime pour eux de vouloir prendre leur distance avec les vocables péjoratifs dont on les affubles pour celui plus lissé de masseurs ou masseuses. Pour y parvenir il nous faut demander que distinction soit faite entre massage et pratiques prostitutives en procédant à la reconnaissance de la pratique des métiers de relaxations en France. Je pense pour ma part, et cela peut sembler un peu paradoxale au vu de mes prises de positions véhémentes que j'ai contre la prostitution en massage tant elle dénature cet art, qu'il devrait y avoir trois catégories de massages reconnues, les massages dit érotiques, les massage de relaxation sans but thérapeutique et enfin les massages thérapeutiques avec en tête le massage kinésithérapeutique. Ça ne sert à rien d'être opposé à une pratique qui s'immiscera toujours partout puisqu'elle est l'expression monnayée de la sexualité et qu'il n'est pas de loi en conformité avec les libertés les plus simples qui puisse l'interdire tout à fait. Quelque soit la position morale que l'on peut avoir, quelque soient les réticences éthiques que je partage tendant à considérer que la prostitution est un échec d'éducation et heurte nos sensibilités et nos idéaux d'amour, force est de constater que cette part de nous-même existe.
Alain Cabello
Jeudi 22 novembre 2007
14:10 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 21 novembre 2007
Le naturisme Szen
C'est en 2006 que Yann Morvan crée au sein du groupe Senso les instituts Szen. Le concept tient dans la notion de massage naturiste dont les hommes sont la cible. La loi n'est pas loin, tatillonne surtout lorsqu'il s'agit de l'emploi de jeunes femmes nues. Rappelons que la France sous ses dehors bon enfant à une des législation la plus répressive en terme de moeurs. Mais la faille est là, entre massage traditionnel et prostitution la nudité trouve sa place dans la légalité du droit à être naturiste. La nudité comme jumeaux avec une lecture façon roman de gare du massage, des filles jolies comme on les aime, qui vous masse de façon sensitive, toutes nues avec positions suggestives. Que demander de mieux ?
Szen a crée un précédent au niveau du massage qui marquera sociologiquement l'histoire du massage en France. Force est de constater qu'en terme de nouveauté dans le paysage du bien-être mais aussi en terme de présence sur Internet Szen et l'institut alain cabello ont plus qu'une longueur d'avance. A l'Institut alain cabello le masage naturiste n'est pas pratiqué mais cela n'empêche pas l'établissement d'avoir une politique bien arrêté sur le sujet. Ainsi, je milite pour que dans le cadre de l'enseignement du massage les écoles se conforme à cette demande et qu'il est légitime qu'enseignants et élèves puissent se masser mutuellement dans la nudité la plus total mais revenons à Szen dont c'est le sujet ici. Szen a crée un précédent mais pose aussi deux questions de fond. La place de ces femmes et de leur objetisation à laquelle, par l'entremise du regard de l'autre, elles ne peuvent échapper. Le deuxième questions qui lui est corrélée est celle du naturisme. Tout aussi évident et naturel d'ailleurs qu'il soit, il demande aux praticien(ne)s en massage d'y réfléchir à deux fois.
Les hommes n'ont pas une culture du massage suffisamment importante pour ne pas confondre massage et sexualité comme l'enfant apprenant à lire, confond le P et le B. Le besoin d'expressions sexuelles étant sûrement plus fréquent que celui du massage dans les pays où il émerge comme en France, il est regrettable de constater que lorsque le premier ne prime pas sur le second il y est toutefois souvent corrélé, quand la personne ne vient pas carrément pour cela.
Chez Szen il ne s'agit pas seulement de massages naturistes dans lesquels la personne se contenterait de masser également nu. Il ajoute au naturiste une visée exhibitionniste visant à satisfaire son pendant scoptophile, le voyeurisme.
Le naturiste dans le massage ne doit être qu'un moyen de plus pour parvenir à la relaxation la plus aboutie. Dès lors que ce naturisme devient une fin, il déplace l'objet, le massage, vers le sujet qui est la nudité. Lorsque dans la pratique du massage naturiste on ajoute de l'exhibitionnisme on participe à brouiller l'intention première qui est de relaxer. Non seulement le naturisme exhibitionniste participe à pervertir le massage par les facteurs sexuels qu'il suggère mais il objétise le corps et devient la première marche de la prostitution. Il est la vente d'un corps certes pas touchable mais scrutable à volonté et pour lequel on souhaiterait une relaxation là pour le coût, punie par la loi... et puis, si l'on me permet ce néologisme, ça "figurinise" le corps. Ce corps féminin redevenu l'espace d'une heure, possession masculine et pour les plaisirs desquels il se dévoile contre de l'argent. Ca me plairait beaucoup d'avoir l'opinion de féministes par contre moi en tant que masculiniste cette situation m'est insupportable.
La relaxation et la sexualité sont des parallèles en massage qui finissent toujours par se tangenter de façon consciente ou pas. Il y a toujours une part de sexualité dans le massage de par ces similitudes avec l'acte charnel, mais l'on voit bien que la compréhension du massage est une ascension qui demande de la discipline. La clientèle n'est pas astreinte aux mêmes devoirs de réflexions et n'est pas directement confrontée aux problèmes éthiques que cela fini par poser dans une pratique quotidienne du massage. Si le praticien doit toujours se rapprocher au plus près du sommet de cette ascension, le client sera lui plutôt tenté d'obtenir le plus de satisfaction possible pour un prix/temps donné.
Pour moi, ce type de massage favorise la ré-sexualisation à outrance du massage et toutes les dérives qu'elle sous-entendent. Bien sur, les masseuses de chez Szen suivent à la lettre les clauses d'un contrat très stricte, mais c'est autant de "clients" qui débarquent ensuite dans nos instituts pour demander là, beaucoup plus qu'ils savaient ne pouvoir obtenir de la part des professionnel(le)s d'un groupe. Le souci c'est que la pression commerciale devient telle que bien des jeunes qui s'installent finissent dans ces eaux où viennent patauger, quelques instants, ces clients ravis mais que la culpabilité guette. Pourtant penser ne rend pas spécialement coupable, seuls les actes délictueux pour l'esprit se teintent de reproches pour des actes dont ils sont eux-même les seuls commanditaires. Seulement pour ces garçons et ces filles, c'est leur quotidien, toute une profession et leur fabuleux potentiel de force et d'enthousiasme que l'on démantèle.
Alain Cabello
Mercredi 21 novembre 2007
19:40 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 18 novembre 2007
L'éjaculation dans le massage, finalité ou conséquence ?
Le massage du sexe est un massage à part entière et l'éjaculation est une incidente du massage qui peut participer pleinement au sentiment de relaxation de la personne ayant éjaculée. Cela est établie et ne fait plus débat. Physiologiquement la liaison éjaculation relaxation est évidente, scientifique et empiriquement constatée. Selon les chapelles du massage tantrique ou français celle-ci peut être intégrée au massage et devenir sinon une finalité, en tout cas une conséquence logique d'une gestuelle ne devant pas se contraindre à l'éviter.
Dans l'esprit de ces massages et en tous les cas du massage français dont je suis un praticien et un observateur assidu, il est clair que l'atteinte au massage est flagrante dès lors que l'assujettissement d'un individu se subordonne à une pratique sexuelle dont le massage devient l'instrument. Un massage ne saurait devenir par les déviations de certains ce contre-quoi il ne s'est lui-même, depuis ses origines jamais adossé. Le tantrique qui est un massage, rappelons-le basé sur la recherche des équilibres sexuels concerne les couples. Comment l'atteinte à la dignité humaine ne serait pas mise en jeux dés lors que le praticien devient le plus petit dénominateur commun de la sexualité des autres et dont le massage serait le vecteur ? Le massage n'est dès lors plus une finalité mais un moyen pour parvenir à une fin sexuelle. La question de fond serait de savoir si un massage réussi, générateur de bien-être, peut devenir source de malaises ? Tous le monde saura y répondre. Pourtant la seule présence d'un débat avec tout ce que cela soulève de problèmes éthiques insolubles est l'expression même de ce malaise et donc, par corollaire, ne saurait trouver sa place sans risquer d'abîmer masseur ou massé qui sont la plus part du temps de parfaits inconnus l'un pour l'autre.
Une inquiétude ne saurait se muer en plénitude.
Alors, l'éjaculation dans le massage, finalité ou conséquence ?
Force est de constater que ni l'une ni l'autre de sauraient se satisfaire de ce qui passerait de fait par la brisure d'un seau. Vue comme une finalité serait réduire cet art tout entier au rôle d'exécutant des basses oeuvres d'une sexualité de fait non épanouie pour aller chercher dans l'esprit du touché une finalité hygiénique.
La conséquence, elle, est plus complexe dans le fil de son aboutissement. En effet, l'incident, la nature du touché, son insistance pourrait justifier la conséquence, mais c'est oublier le devoir d'écoute de l'autre. Si se laisser entraîner dans la sexualité c'est déjà être sortir du massage, l'éjaculation étant elle la sortie de la sexualité dans laquelle il a bien fallu cheminer un moment aussi court soit-il témoigne bien d'un changement de cap.
L'éjaculation n'est pas une génération spontanéevenue de nulle par mais bien le fruit d'une excitation ayant pour objectif une finalité purgative. Certains qualifions même de rétention spermatique, de congestion du sexe contraire à la relaxation. Rappelons quand massage tantrique cela ne pose pas de problèmes lorsque l'on est en couple et le massage français organique n'est pas un mode de contraception naturelle fonctionnant par la seule retenue du géniteur.
Il y a une tension évidente entre massage et sexualité alors c'est quoi une tension ? C'est un point de pression qui s'effectue sur une paroi ici diffuse. Les praticiens le savent et doivent, par conséquent, s'être préparés à détendre ce noeud gordien. Ce n'est pas aux "clients" dans leur diversité d'avoir une idée arrêtée sur les tenants et les aboutissants de votre éthique professionnelle si vous n'avez, vous-même, procédé à aucune réflexion. C'est à vous de savoir ce qui est bon pour lui, pour vous dans le respect du massage que vous pratiquez et ce site vous y aide. Si vous ne faites pas ce travail de fond, vous vous confrontez à des pratiques à venir qui conditionneront les demandes de clientèle. Ne croyez pas à l'étanchéité de vos pratiques ou à celle d'une alcôve témoin de ce sur-quoi vous ne communiquerez pas volontiers. Le secret rend sujette à caution les plus dures années passées à s'instruire de son art. Les glissements dont je parle ne sont pas gênant dès lors qu'ils sont ceux des faiblesses de la vie et que l'on en tire les enseignement pour plus tard et se renforcer d'autant dans ses convictions. Ils sont condamnables dans le systématisme lorsqu'il se pose en méthode de fidélisation de clientèle. A ceux-là je dénie le terme de massage mais en ai-je moralement le droit ?
Alain Cabello
18/11/2007
16:00 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 28 octobre 2007
Faut-il masser la bite ?
Nous lirons ce titre avec les réserves qui s'imposent. Il s'agit bien sur du sexe en général mais que je développerai prochainement plus en détail dans d'autres papiers. Ici il prendra une couleur plus masculine et engagée.
Nous connaissons cette chanson que les militaires ont tous chantés durant leurs longues marches viriles
Un jour la petite Huguette
Tripotes moi la bite avec les doigts
Un jour la petite Huguette
S'en revenait des bois...
Longues marches viriles et machistes certes, mais qui en disent long sur notre sexualité et sur le rapport que nous entretenons avec notre corps. Les hommes ne pensent qu'au sexe nous dit-on et cela pousse le masseur et masculiniste que je suis à se demander :
...et si les hommes, en massage aussi, ne pensaient effectivement qu'au sexe ?
Cette observation de première analyse ne peut longtemps tenir dans la forme, face à la discrimination qu'elle suggère réduisant notre sexe à la primitivité du géniteur, et dans le fond à cause la complexité des mécanismes archétypiques que cela engage. Car, si les hommes ne pensent qu'au sexe, le sexe lui ne pense pas qu'aux hommes. On ne se complet pas à voir dans l'orchidée une nymphomane, dans le cochon un lubrique et dans l'homme, _race bien à part "on se rassure comme on peut_ un pervers priapique sans donner dans le sexisme le plus crasse et anti-masculin qui soit.
Nous abordons là le nœud gordien de l'espèce humaine, l'inconciliable dualité qu'il y a entre sexualité et cérébralité, entre nature et culture. En un mot, dois-je faire ce que ma nature me pousse instinctivement à faire, ce que mon corps réclame au plus profond de lui-même en opposition directe avec les lois du groupe, de la société dont j'ai besoin en tant qu'animal social ? L'homme depuis les origine se fait fort de s'extraire de ce monde fait de fange et de tribalité dont il est issu, multiplie codes sociaux et législations qui sont autant de contraintes corsetant nos penchants naturels et nos environnements de vie. Vous vous souvenez de ces panneaux dans Paris lors du ré-aménagement des voies publiques en 2004 ? "Zone urbaine prochainement civilisée"... Ces lois le plus souvent antinomiques avec nos aspirations premières puisque qu'elles dictent au groupe des comportements qui ne lui semble pas suffisamment spontanés pour se sécréter elle-même et que les désirs d'organisation poussent à élaborer. Seulement si organisation et propension tirent dans le même sens elles ne vont pas dans la même direction. Le but étant le bien-être de l'individus mais selon des procédés différents. L'organisation contient la notion d'ordre consubstantiel à l'agencement de toutes complexité et processus de complexification. Toute chose répond à des lois. Seulement la propension de l'individu isolé ne répond qu'à des critères égoïstes et opportunistes dictés par la situation du moment et ce, indépendamment du fait qu'il est lui-même le résultat d'une organisation des lois de la physique extrêmement ordonnées.
En massage cela donnerait, "dois-je être dans l'égoïsme des pulsions primaires selon l'item envie = sexe en déduction de toute autre considération extérieure, pulsion/exécution ?" ou, "dois-je me glisser, tout à fait naturellement, dans cette douce organisation du massage qui semble, au départ, répondre à mes attentes pulsionnelles faisant cause commune avec ces tenants couple/toucher/relaxation, mais me contraignant à ses aboutissants finaux basés sur des prédicats philosophiques construits et donc pré-contraints ?".
A ma connaissance seul deux massages ont travaillé et intégrer le sexe dans leur pratique qui sont le tantrique et le massage français par ordre d'ancienneté. Le massage tantrique s'incère dans les arcanes de la cosmogonie hindouiste dont la complexité est inversement proportionnelle à ce à quoi on voudrait le réduire en occident. J'entends par là un massage sans contexte, masturbatoir et surtout éjaculatoir avec validation des acquits sur parchemin estampillé Tantrique.
Le massage français considère le sexe et plus généralement l'ensembles des zones dites intimes comme de simples composantes du corps qu'il s'agit de manipuler selon des règles bien définies dans deux des trois massages qui le composent, le français-origine et le français-organique. Le massage français-classique, étant ordonnancé pour éviter ces zones afin d'être au plus proche de la sensibilité des personnes et qu'une technique monolithique ne les contraignent pas, pour en bénéficier, à subir un toucher. Le massage français est le fruit de son époque, le XXème siècle dont sont nés beaucoup de massages mais c'est le seul qui se soit développé sans théoriser d'incidences thérapeutiques et en prenant en compte le combat des femmes dans ce qu'il y a en terme d'avancées des moeurs.
On dit en massage français "amusez-vous à gommer les zones de votre corps qui n'ont pas été massées et regardez à quoi vous ressemblez". C'est un individu nié dans son corps, sans sexe, sans anus mais aussi souvent sans visage, sans articulations. C'est ce que j'appelle le paradoxe du petit orteil. Vous massez le pieds, extrémité s'il en est et en particulier ce petit orteil parce la réflexologie, parce que le raffinement est passé par là, et dès que la personne se retourne on fait celui qui ne voit rien. Cette découpe du sexe est appelée faire "U comme Ventre", c'est à dire quelque chose de pas conforme à l'anatomie, c'est découper la forme de la verge pour ne pas avoir à la toucher en présentant comme une anomalie ce U qui n'est pas la première lettre de Ventre. Pouvez-vous imaginer un seul instant qu'en 2007, en France, pays de droit que le sexe soit l'objet de tant de circonvolutions ?
Alors ce statut illégitime se délite progressivement, des hommes, des femmes se font masser tous les jours à la française ou en tantrique sans qu'ils n'y trouvent autre chose que le plaisir d'enfin exister dans leur totalité d'Être. Internet avec ses photos disponibles en permanence, la mode de l'épilation, du rasage contre lesquels je peste tant ils participent au conditionnement dans lequel les femmes sont tombées. La place du sous-vêtement aussi dont sexy n'a plus rien à envier aux femmes participe à cette dèsphallusation certes toujours barycentrée mais dont les préoccupations changent.
« Tout corps pesant a un centre de gravité bien défini en lequel tout le poids du corps peut être considéré comme concentré. » Archimède
Ce centre de gravité chez l'homme restera toujours génital mais il se regarde désormais autrement.
Donc à la question "Faut-il masser la bite" je réponds oui car elle mérité plus que les autres son statut de citoyen du corps.
09:25 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Massage de la bite
samedi, 27 octobre 2007
Massages et naturisme

La nudité a toujours fait débat dans le milieu du massage. Faut-il comme dans le massage thaïlandais être habillé de vètements amples ? Peut-on être vraiment relaxé en restant complètement habillé, comme dans le massage assis ? Doit-on plutôt ne garder que son slip comme le préconisent bien des instituts ? N'est-il pas mal venu d'être tout nu avec tout ce que cela comporte de risque de réactions corporelles comme dans le massage français ? Praticiens ou praticiennes doivent-ils partager cet état de nudité avec leur massé ?
Précisons tout de suite que je développerai une prise de position de principe au sujet du massage visant à sa promotion d'un point de vu tout d'abord éthique puis enfin professionnel.
Oui mais si je bande ?
C'est l'inquiétude n° 1 des hommes et la question que l'on partage en commun avec les mouvements naturistes. C'est la peur panique des "nouveaux pratiquants". L'érection, curseur de la non maîtrise de son émotivité. Alors que faire ? distinguer le moyen de la fin...
Le naturisme est un des moyens d'être plus à l'aise avec son soi corporel et son environnement tout en s'affranchissant des codes vestimentaires. Cette validation est d'autant plus ressentie comme juste lorsqu'elle est pratiquée par d'autres. En massage c'est la même chose, l'objectif étant d'être plus détendu en gommant les différences qui carcatérisent habituellement un masseur textile et un massé le plus souvent naturiste. Néanmoins, le naturisme fait de la nudité une intention alors que pour les massages faisant une utilisation d'huile elle est d'abord une nécessité pratique qui peut ensuite rejoindre le mouvement naturiste selon la sensibilité des personnes. On le voit donc, si la nudité est consubstantielle au naturisme elle reste optionnelle dans le massage.
En 2007 les deux seuls instituts à ce démarquer au sujet du massage naturisme en France sont les instituts Szen qui sont les premiers à pratiquer le massage naturiste et l'Institut alain cabello avec certes un praticien habillé mais qui reste le seul à pratiquer ouvertement les trois massages français en tentant pour les deux de n'être pas assimilable à de la prostitution. Et croyez-moi ce n'est pas une gageure avec la législation Afghanistanesque de la France qui doit être une des plus répressive au monde (j'en reparlerai dans un autre papier). Le massage français, dans le contexte législatif actuel concernant le statut du massage et de ses risques de prostitution, désapprouve le naturisme dans son massage. Il considère que la trop grande proximité corporelle avec le massé, nécessite d'être contrebalancée par une tenue de nature à rééquilibrer les enjeux de son massage, la relaxation. C'est bien sur laissé à l'appréciation de chacun, exception faite de ces réserves.
Si le massage est un retour aux origines prenant à la sieste ou au sommeil les mêmes comportements physiologiques, yeux clôts, endormissement etc, alors l'état de nudité de l'autre est secondaire. On peut arguer de l'esprit, du plaisir bien présent de ne pas sentir le moindre vêtement, mais dans les fait il en va autrement. La sociologie des comportements montre bien que les rapports humains changent selon que l'individu est seul, à deux ou participe à constituer un groupe. Clairement, être nu en famille ou dans un camping n'induit pas des actions/réactions, causes/effets de même nature que dans le tête à tête d'un massage. L'expression sexuelle bannie de nos comportements sociaux en groupe se re-légitime dans le couple dont c'est le principal vecteur.
Il faut accompagner la personne dans son abandon, dans sa relaxation et ne pas chercher à multiplier les effets d'éveils co-latéraux. La nudité envoie de fait des signaux sexuels amplifiés par la graphie corporelle, sollicitant le regard mais aussi l'ouï, les perceptions de chaleur etc. Quand ce naturisme se meut en exhibitionnisme et/ou en voyeurisme il ne dissimule plus ni intrants ni extrants sexuels et sont autant d'invites ruinant la relaxation par le repos. Certes, il la reformulera par la sexualité qui, à mon sens, est aussi un massage, mais dont l'expression commune est davantage pervertie par sa finalité. Sans cela, pour avoir pratiqué cette gémellité avec l'autre, cette simplicité dans l'expression des corps a de nombreux atouts pour elle.
Pour terminer je pense que le naturisme est compatible avec le massage dans la mesure où le massage aborde un corps originel dont la nudité est une des composantes. Néanmoins, les trop grandes interactions entre massage et sexualité liés aux risques de dépréciation que cela comporte et de la personne humaine et de la compréhension du massage, je ne la considère pas comme suffisamment incontournable pour la conseiller. Professionnellement je pense nécessaire de maintenir une distance factuelle entre masseur et massé soulignant la non inter-changeabilité des rôles dans l'instant si l'on veut atteindre son objectif. Considérons bien que dans cette logique professionnel, la multiplicité des personnes favorisera de fait les tentatives d'atteintes à l'éthique indépendamment d'un assentiment mutuel. Une activité de prostitution même consentie reste une atteinte grave à la dignité humaine. Si un rapport sexuel peut commencer ou terminer par un massage, un massage dans les règles de l'art ne peut commencer ou se terminer par un rapport sexuel.
Au final, le quel de ces deux massages est le plus naturistes ? Celui de Szen dont le personnel est nu et exhibitionniste ou celui de l'Institut alain cabello dont le personnel est habillé ? Peut-être pas celui que l'on croit. Si le naturisme se limite à la seule recherche de nudité alors Szen en est sans conteste le leader en France. Si le naturisme implique la reconnaisse totale de ce corps dénudé par l'action du massage alors l'Institut alain cabello constitue l'avant-garde. Ce n'est bien sur ni une course ni une question de leadership mais une question de fond pour le naturisme.
Alain Cabello
27/10/2007
20:20 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Massage, naturisme et massage
mardi, 23 octobre 2007
Tantrique et massage français
Prima materia (matière originelle)
Si dans la symbolique de la main les doigts représentent les différents massages du monde, le pouce serait le shiatsu et le tantrique l'auriculaire. Deux massages opposés pourrait-on croire mais reliés à un même esprit. Le premier est japonais, il se pratique habillé et utilise les pressions sur les méridiens à des fins de ré-équilibrage, le second, indien tend à réunir la polarisation des contraires dans l'unicité amoureuse. L'un est apparu comme beaucoup de massage au 20ème siècle l'autre il y a plus de 1500 ans. Alors on le voit ce n'est pas là l'ancienneté qui sanctionne les qualités supposées d'un massage mais ce qu'il apporte de plus. La spécificité du tantrique est donc cette dimension masso-sexuelle qui ne doit jamais être dissociée de son pendant hindouiste qui le rend difficile d'accès. Là où je veux en venir c'est que dans le cas du massage tantrique l'acte sexuel a sa place mais une place extrêmement codée qui ne se satisfait sûrement pas des approximations occidentales.
Que dans la tectonique des plaques du massage, l'Inde ait abouti au tantrique et que la sexualité y ait pris sa place se défend tout autant que cette même sexualité se pose autrement en massage français. Ne nous y trompons pas, la problématique de la sexualité et de ses incidences sur les pratiques concerne tous les massages du monde dès lors que ceux-ci sont pratiqués par des femmes et des hommes sexués. La réponse à y apporter est la même que dans la société civile, c'est par une sensibilisation commune et non par le déni que nous seront en mesure de répondre à nos interrogations. Ce sont les hommes qui créent le massage et ils y mettent toutes leurs espérances au repos, tout ce qui pourrait être facile dans une société idéale, nucléaire et moins complexe. Comment le sexe pourrait-il ne pas s'imposer dans cette dynamique de rencontre ? La notion de tête-à-tête, de couple, de nudité, de réactions corporelles, de manques d'habitudes nous mène par corrélation à ce que nous connaissons d'approchant : la sexualité et ce que nous croyons en connaître. Doit-on procéder par le sexe à une hiérarchisation par le bas des massages qui le pratiquent et ceux qui l'exclu ?
Le tantrique donne dans l'expression sexuelle les autres sont-ils has been pour autant ? Non bien sur, ce sont des mouvements et dans ces mouvements il y a le massage français qui sans nul doute dans l'attribution des doigts caractérisant les massages se verrait désigner celui de l'index, celui de l'interrogation.
Sexualité complémentaire ou compensatrice ?
Les massages qui touchent aux tabous bougent leur curseur en permanence selon les législations, les cultures, les périodes, les personnes même qui le pratiquent en fonction des acquits qu'ils en possèdent et des finalités. Cette notion d'unité cosmique, de point-mandala a toujours été dans la mystique comme dans l'alchimie, le repaire, l'objectif à atteindre pour ré-unir, pour unir de-nouveau nos inconciliables contraires. Mais est-ce par la sexualité compulsive que l'on y parviendra ? Cette demande de sexualité corrélée au massage souvent présentée comme complémentaire et le plus souvent bassement compensatrice et faussement libératrice. Cela devrait nous pousser à nous interroger sur nos finalités d'hommes, car attention, lorsque je dit "bassement compensatrice" c'est dénué de mépris et sûrement pas complètement illégitime... en effet, nécessité en massage ne fait pas loi et la finalité n'est certes pas dans l'accomplissement de la sexualité des autres. Je comprends et je respecte profondément ce besoin à l'expression sexuelle mais le massage demande certainement plus de rigueur pour prétendre être pratiqué dans l'équilibre que la sexualité rompt. Que cette prise de distance pendant le massage soit un révélateur de nos déséquilibres est une bonne chose, il nous montre ce que le quotidien nous voile, néanmoins, il ne faut pas demander aux masseurs et en tout cas pas aux praticiens de massage français de prendre le relais des thérapeutes de toutes obédiences. Voire Essai sur massage et sexualité.
Le massage tantrique n'est pas ce que l'on aimerait, en français libertins en faire c'est à dire un exutoire de toutes nos frustrations sexuelles. Ce massage est suffisamment ancien et suffisamment sage pour ne avoir souhaité réduire leur praticien(ne)s à de simples exécuteurs sexuels dont toute la trame originelle c'est constituée autour des rééquilibrages sexuels du COUPLE. Les massages dit tantriques de vingt minutes qui se termineraient comme l'accomplissement d'une finalité philosophique de cinq cents ans par une éjaculation est sinon une escroquerie en tout cas l'expression des bases oeuvres de la prostitution.
Le massage est une main qui s'articule de doigts, chacun dans sa diversité mais tous avec une fonction, une caractéristique qui lui est propre mais jamais tout à fait dissocié de l'ensemble. Les massages ne s'opposent pas, il se complètent. Le massage français est de ceux-ci.
Alain Cabello
mardi, 23 octobre 2007
16:40 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
