lundi, 24 mars 2008
Une édition par l'image et le texte
Les livre racontent toute une histoire souvent faite de protagonistes, d'hommes, de femmes dont le tenant de la tradition est le roman mais le livre de massage raconte lui une tout autre histoire, celle du corps lui-même ou plutôt des corps distincts qui le compose. Si ces livres jouissent d'une réputation moyenne ce n'est pas tant par le contenu qu'il révèle que par l'image qu'il contient en grand nombre. Cela procède du voyeurisme qu'il suggère en montrant des corps à moitiés nus qui semblent remplacer le sacro-saint contenu écrit par l'inanité graphique de la photo toujours supposée moins abouti que le texte. La photographie reste, encore aujourd'hui un sous produit des arts picturaux forcément moins noble que la peinture classique qui peine à s'imposer dans le monde de l'art parce qu'elle organise cet automatisme de la reproduction à l'identique qui est la voie de la banalisation. Le réalisme en peinture choque tout autant que le réalisme sans phares de la photographie comme d'ailleurs le réalisme dans le nouveau roman à heurté comme le massage dérange.
L'écrit lui nous vient de plus loin et il est des époques où le scribe, le "sachant-écrire" été un personnage aussi important qu'ont pu l'être pendant des siècles les écrivains publics. La détention des symboles porteurs de sens on permis l'émergence de la grammaire qui était au moyen-âge un des sept arts libéraux. Il existe toujours cette pé-éminence de l'écrit à charge de volumes sur la peinture et à fortiori sur la photo qui montre un corps suspect de souillures auquel le massage participe par ses entrées trop évidente sur l'intime décrété de tous. Alors, ces corps vautrés sous des flash sans concessions ont beaux en appeler au retour aux origines, il n'empêche qu'on montre par la gravure ce qui se cache encore dans la cité. Ainsi le livre de massage n'a guère la partie belle de l'édition tout comme celle d'ailleurs de nos bibliothèques respectives, parce qu'il ne pas dit par l'image ce que l'on persiste à vouloir lui faire développer par l'écrit. Cette dichotomie dans l'édition est la même qui se rejoue par le corps. Le souci de l'image est en conflit permanent avec l'esprit qui cherche continûment un corps qui fasse sens mais seulement avec ce qui lui est utile pour sa bonne compréhension. "pourquoi ce corps a-t-il besoin de s'exhiber ? Son fonctionnalisme sensitif le rend dépendant de l'autre". Le corps lui reproche à l'esprit son cartésianisme, sa rigueur et son intransigeance. "Pourquoi cet esprit préservé par l'inflexible occiput qui conserve, même blanchi par la mort, le prestige de la connaissance peut-il s'extraire d'un corps qui le place pourtant si haut ? Vivre sans répondre au contingences de l'autre voue ce couple indélébile à des déséquilibres que le massage participe à se retrouver. Le corps et l'esprit, l'image et le scriptural sont le contenu d'un même ensemble que l'Être tend à rassembler spontanément. Ce livre mal-aimé de nos étagères les moins accessibles c'est cette relation ambiguë que nous entretenons avec nous-même. A la fois achetant et cachant cet ouvrage qui parle de nous puisque le corps ou l'esprit en a suscité l'acquisition.
L'oeil organe noble mais ambiguë par le rapport qu'il entretient avec la vérité supposée irréfutable parce que vue et son caractère numineux que seule les paupières permettent d'occulter. La nuit même ne saurait entraver la crudité de la vision par les moyens que cet homme-dieu a su mettre à la disposition seule et unique du voir. Les filtres qui permettent cette variation dans l'accès aux connaissances de la chose vue sont l'inconscient et la sélectivité de la mémoire. C'est là que le corps carné rejoint le corps céphalo-rachidien, c'est par l'orbite que l'on passe de l'accès au dehors à ce qui est dedans et surtout derrière. L'organe visible, préhensile, visible, descriptif, et cette ONU de la pensée qu'est le cerveau, certes, un organe aussi, mais un organe dont on ne voit rien de la fonction organique. L'oeil au service de la photo, le cerveau au service du texte. L'un noble mais passif qui devient le simple transmetteur de l'information à l'autre qui en régit les fonctions.
Essayons d'aller plus loin dans la réflexion. Le livre sans image est pour l'enfant le must de ce qui est difficile. L'ouvrage imagé est pour l'adulte le must du récréatif. Le récréatif abandonnant de fait du contenu au profit du bien-être passif relayé par une simple numérisation de l'oeil. L'ouvrage traitant du massage subordonné par ce qu'il contient d'images au livres de contenu qui en est dénué. Qu'avons-nous d'autre ? Une frontière culturelle, sociologique, anthropologie qui oppose l'oeil au cerveau, doit-on croire ce que l'on voit ? Doit-on se fier à ce que l'on pense ? Les effets d'optiques bien connus nous montrent que l'oeil est faillible. Le cerveau lui-même n'est à l'abris de tout soupçon et peu percevoir des choses qui n'existent que dans le crédit qu'il y apporte, schizophrénie, paranoïa, délires etc. Dans le livre de massage il y a de l'image certes mais il y a aussi du texte ce qui pourrait s'apparenter dans les années 70 à "je suis une femme mais je pense" et ce discourt qui n'est plus tenable aujourd'hui ramène à des automatismes culturels qui se reporte aussi sur le livre. Ce qu'il y a de résiduel dans une prétendants miss France étudiante en économie se retrouve dans l'image au service de la démonstration d'une technique dont le texte serait du même tonneau. Ce qui est intéressant dans ce constat c'est que la nature des femmes ne préjuge en rien de leurs capacités cérébrales pourtant les propos sus-citée nous montrent nos archaïsmes culturels et l'emprunt de nos habitudes sociales. En massage il en va de-même on ne conteste pas la présence de la pensée, de la philosophie dans le massage mais à la première publication il entre en opposition avec les acquits de notre construction collective. Il est bien net qu'aujourd'hui en France, la dimension philosophique des massages est complètement évacuée. On ne les retrouve plus dans la pensée moderne mais seulement dans les strates d'une archéologie du touché. Cette pré-éminence de la photo et d'une technique isolée de ses bases réflexives nous donne un juste aperçu de cette opposition corps/esprit. Rusticité des photos, rusticité du texte et oubli pur et simple de nos fondamentaux culturels. Rajoutez à cela une législation qui "anatomise" le massage dans une description froide du Code de la santé publique. Placez le cadavre dans les frigos du médical congeler dans un lapidaire exercice illégal de la médecine. Prenez la qualité des praticiens en France qui le deviennent pour quatre cent cinquante euros sur un week end et terminez le tableau par les éditions que l'on voit fleurir et vous disposez d'un avis certes partial mais ô combien révélateur de la position du corps dans la société française de 2008.
Lundi 24 mars 2008
Alain Cabello
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vendredi, 21 décembre 2007
Domus, règles spéciales d'architectures
EN COURS D'ECRITURE
NE PAS LIRE
Je propose de lire avec vous les plans que j'ai réunis de la maison antique dite Villa-Massage, récupérer ça et là tout au long de ma carrière par ma pratique et ce que j'en sais. Je l'ai déroulé sur ma table d'architecte d'appreneur, armé de punaises et d'un bloc-note pour y marquer mes obcervations, voilà pour la méthode.
Le massage est donc une grande maison construite depuis des milliers d'années et l'on voudrait nous faire croire que cette vénérable bâtisse ne se compose que de deux portes, la thérapeutique et la relaxante mais pas de fenêtres. Construite sur le monde, elle ne se fendrait aucune ouverture cardinale. Les autres sciences, philosophies, mouvements de pensée, glisserait sur un toi hermétique à tout apport. Chaque appartement de massage serait construit autour d'un patio-philosophique composé de ses signifiants culturels qui s'ouvrirait sur des cieux peints et différenciés mais seraient dénués de ciels communs. La Philosophie avec un grand P serait sa matrice originelle sans qu'il puisse être possible d'en savoir davantage.
Seulement n'importe quel géographe du massage a le devoir de s'interroger sur les procédés d'irrigation de ses jardins somptueux et millénaires. D'où prennent-ils leur eau, quelles sources, d'où partent-elles et que charrient ses courants ? La philosophie constitutive des ces massages se suffirait donc à elle-même et ne ferait montre d'aucune dégénérescence ? Le massage serait donc une sorte de Symbiote que l'on aurait dans le ventre, qui pourrait vivre mille ans et se passerait de génération en génération à la suite d'une cérémonie issue de rites l'alchimiques.
On ne peut pas se satisfaire biensur de ces côtes vaticanes que ces plans nous livrent parcimonieusement. Son architecture est autrement plus complexe et en tout cas autant que l'homme est tenté de comprendre ce pan de lui-même. Alors non, pas de grands dessins qui nous dépasseraient mais une abondance de prises de vues aussi belles les unes que les autres, c'est ce que je vais tenter de vous présenter ici.
Ces jardins pleins de roses et d'eau ruisselantes sont en partie réels pour ceux qui savent les voire et en sont les jardiniers au quotidien. Se promener dans ces allées parfumées que bercent les chants anciens qui les ont taillé à la seule force de leur souffle, suffit à faire tomber à genou n'importe quel esthète et justement, c'est au sol que cela se passe.
A développer
Risque d'un massage domestique, asséché, algerbrosé.
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mercredi, 19 décembre 2007
Définition épistémologique du massage
EN COURS D'ECRITURE
NE PAS LIRE
Essai
L'art du massage ne peut en aucun cas se limiter à sa seule pratique à l'exclusion de tous les autres sens qui lui donnent corps. Sa définition est forcément plus large que le sens commun ne le laisse supposer dans une totalité qui dépasse la pratique. En fait, on a beau disséquer, isoler, faire une réduction au bénéfice du fond on voit bien que le vivant n'a de cesse de nous harceler de son effervescence et ne nous demande que de la radiation adaptative en tous milieu qu'il aborde.
Donc, contrairement à ce que l'on fait habituellement, je ne vais pas classifier les différentes étapes massantes de ce que j'appelle un déroulé technique, mais les replacer comme les simples composantes d'un ensemble beaucoup plus large qui contient le massage mais aussi le défini et l'explique. Il ne s'agira pas de disséquer le massage mais cette fois de le recomposer et de regarder sur quels domaines il empiète tout en restant lui-même. La définition technique du massage par la manipulation des tissus à des fin thérapeutiques ou de détentes est insupportable si le but est de l'expliquer. Chaque massage a d'ailleurs théorisé, conceptualisé son approche particulariste selon la proximité culturelle qui lui était propre. Télé-portez-vous à Bamako, Pékin ou Calcutta et vous subirez instantanément des distorsions culturelles, linguistiques, extrêmement déstabilisantes auxquelles les massages n'échappent pas. Le massage doit rentrer en correspondance organologique avec l'ensemble pour lequel il a été composé.
Pourquoi le massage, n'a t-il, à l'instar de tous les autres mode d'expression aucune entrée dans les sciences, dans la linguistique, dans les mathématiques, dans la philosophie dans tous les domaines que l'homme constitue autour de lui pour se présenter le monde ? Ces portes sont là comme des vestiges de temples enfouit qui attendent les archéologues de la pensée. Alors comme un pilleurs de tombes que je suis je vais m'essayer ici, avec les bâtons de dynamite de ma pertinence, d'entrer dans ce passage que je me propose d'inspecter avec vous : Définition épistémologique du massage.
C'est aisé pour moi puisque peu de gens pensent vraiment et profondément le massage, aujourd'hui encore et en tout cas en français. Il me suffit de prendre ça et là un sujet et de le hisser sur mon pauvre dos de voleur et me voilà riche.
Force est de constater que le massage est plus souvent victime qu'il ne le devrait du discours dénué de tout esprit pédagogique de la part de beaucoup, qui assènent des vérités fondamentales sur leur massage sans se préoccuper de leurs compréhensions par tous. De l'autre coté, la doxa diversement formulée, c'est-à-dire des préjugés qui achèvent de façon pas moins expéditive les signifiants et les signifiés du massage avec ce qu'ils ont sous la main.
Si nous n'apportons pas de définitions distinctives permettant la compréhension des strates qui le composent, nous seront comme Sisyphe contraint de toujours redescendre pour aller cherche le sens. Je pense que ce sens doit être écrit, et que c'est par l'écrit que nous renforcerons l'idée, non plus de ce que nous nous en faisons tous seul, isolé dans nos esprits cloisonnés, mais ce que collectivement nous serons amenés à comprendre et à partager réellement.
A la question, "Le massage est-il un simple déroulé technique ?", ça c'est le plus facile, il s'avere que non. La pratique est une chose, mais aucune technique ne peut être constituée par sa seule méthode quelle qu'elle soit et réduite à celle-ci. De même on ne peut le réduire à ce qu'il produit ou à ce vers quoi il tend, l'objectif.
Maintenant j'ai envie de me demander : Est-ce que c'est l'objectif qui conditionne l'intention puisque pour y parvenir l'intention doit être proportionnée ou si au contraire c'est l'intention qui assujetti l'objectif par ce qu'elle à d'incontournable pour l'atteindre ? Dans la chronologie des priorités l'intention précède l'objectif bien sur mais se trouve corrélés par le but commun qui ne peut être atteint sans l'accomplissement des deux. Nous parlerons de convergences.
L'objectif n'est donc pas le seul déterminant, il passe par l'intention qui valide l'objectif mais pas sa réalisation, puisque les variables sont trop nombreuses et dépendent aussi de la nature du massage. C'est une sorte de fonctionnalisme anthropologique fondé sur les origines et la culture, selon les traditions et l'impression du massage dans le tissus social qui sera relaxant ou thérapeutique. Très vite on se rend compte que les schémas se complexifient et que les connexions magico-religieuses, les forces telluriques, cosmiques crées un maillage extrêmement serré qui rend plus ardu leur définition et souvent même leur pratique. Le massage peut donc avoir non plus une seule fonction comme nous venons de le voir puisqu'il peut être relaxant ou thérapeutique mais il rempli aussi une multitude d'autres fonctions.
Textes et idées lancées
Je propose ces quelques connexions synaptiques qui ne sont pas les seules mais elles existent est sont extrêmement dynamiques. Elles ne demandent qu'à être mieux connues et définies beaucoup plus finement par d'autres. Le massage a donc différentes fonctions :
Fonction sociale et pédagogique
C'est la règle, l'écoute, l'acceptation des hiérarchies qui existe ausi dans le massage. C'est l'enseignement de soi, C'est le rejeux des tensions que l'on tente, par le dialogue et l'échange, de désamorcer via l'infra-communication du massage. Le jeux de mains, de doigts sont autant de caractères symboliques interprétés comme autant de signes déjà chargés, lus et donc compris.
Fonction politique
(le massage comporte la remise en cause des systèmes politiques de part la dualité qu'il sous-tend) il est l'amorce d'une cellule sociale primitive de laquelle part ou arrive tous les conflits. Le toucher étant une forme primaire d'échange il désamorce les incompréhensions et permet de voir jusqu'où le toucher et source de liberté pour devenir abus de pouvoir.
Fonction philosophique
Chaque massage a sa dialectique philosophique qui démontre combien la philosophie est constitutive et d'une histoire et d'une méthode. Trans-compréhension du monde, questionnement sur les agissements de l'homme en une mise en sens générale selon les codes d'une culture.
Fonction communicationnelle
(perception, ressenti, émotion, activation des 5 sens. L'homme communique pour se faire comprendre. Si nous n'étions pas aussi différents, si l'inné primait sur l'acquit nous n'aurions pas besoin de tout cet arsenal de communication que notre organisme a développé. Entre le dit, le perçu, le compris, l'entendu, qui est du domaine du conscient, le non-dit, le non retenu, l'oubli, se comprennent par des langages inconscients et composent les différents stades de compréhensions de l'animal humain. Toucher c'est tenter de comprendre.
Fonction économique
(le massage est basé sur l'échange dont le rythme fiduciaire de la gestuelle aboutie à une monétisation de la pratique. On vient acheter du repos et comme l'on est assuré dans la vie de tous les jours, on vient se laisser rassurer, toucher...
Fonction anthropologique
(Les massages ont déjà un distinction qui les particularisent et affine les identités de chacun et par lequel se dessine l'archétype du groupe. Codes sociaux, reconnaissance de l'autre, dominan/dominé, actif/passif etc A développer.
Fonction systémique
En systémique le massage est vu comme un système composé de sous-systèmes et de méta-systèmes. Pour la définir, Joël de Rosnay lui donnait l'image suivante "il y a les télescopes pour voir l'infiniment grand, les microscopes pour voir l'infiniment petit et moi je propose le macroscope pour voir l'infiniment complexe". Et bien le massage à pour fonction aussi de permettre cet accès direct à l'infiniment complexe corporel et transcendantal.
Le massage est-il corporaliste ?

Textes et idées lancées
Epistémologiquement cela donnerait la nature des liens qui les distingue
Indifférencié ou pas ?
La distorsion en massage
Questions corrélées
l'Épithème foucldienne Quelle est la forme d'un massage et quel en est le fond ?
Il prend la forme d'une codification gestuelle, temporelle
Travailler sur l'attitude positionnelle
17:00 Publié dans Reflextions sur le massage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 15 décembre 2007
Les choses à ne pas faire ou dire
Je lance pêle-mêle sur ce papier quelques observations que j'ai faite et qui sont à éviter...
- Éviter de raconter des anecdotes sur vos clients
- Restez toujours discret et ne parlez pas du massage que la personne a pris.
- La personne qui vous dit "j'ai du ventre..." ne lui répondait pas " il y a pire..."
- A celui qui vous dit son âge n'abondait pas dans ce stupide conditionnement généralisé qui rendrait soit disant flatteur le "vous ne les faites pas...". Ainsi il faudrait avoir l'âge de son esprit mais pas celui de son corps ? Étrange façon pour vivre une existence équilibrée...
- Evitez les jugements de valeurs, pas d'opinons émisent sur la beauté supposée de telle personne
17:35 Publié dans Reflextions sur le massage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 13 décembre 2007
La maison de la sorcière
EN COURS D'ECRITURE
Il était une fois une fort vilaine sorcière qui habitait là où les hommes l'acculèrent. Elle était habillé de moeurs et de pudibonderie, faisant de cette anomalie ce que l'on ne veut pas y trouver. Quand elle finit par mourir à cause de notre insatiable curiosité, elle laissa place à la réalité que les mensonges et nos idées reçus avait rendu bien vilaine. Mais qui était-elle donc ? Sa grande sorcellerie lui donnait le pouvoir de prendre bien des visages, celui du dogme comme celui de la peur qui tour à tour se succédait pour y nourrir les fantasmes de nos cauchemars. Elle se renommait Ana, mais les mauvaises langues _qu'on ne revit jamais_ finirent par l'appeler anal ou anus dans sa forme latine (qui veut dire année), pour souligner l'horreur du sort qui lui fut asséné.
Aujourd'hui on sait que l'anus est une sorte de soeur jumelle de la bouche en négatif. On nous dit qu'une autre sorcière, mère de toutes les autres l'aurait privé à tout jamais de pouvoir s'exprimer, et que seule la belle du visage serait en mesure de chanter, de composer des poèmes, et que plus elle serait bavarde et heureuse de son inestimable don, plus elle réduirait sa soeur au silence sans qu'elle n'en sache rien. C'est terrible comme histoire.
Sa maison ressemblait à toutes les maisons de sorcières, faite de poils, de mauvaises odeur et même d'une porte qui, nous dit-on, donnait directement dans les jardins du diable en personne. Le plus démoniaque, nous dit la légende, est que chacun de ceux qui vivaient à l'époque y étaient assis dessus et portaient ainsi en eux les germes de l'infamies...
Le pire finissent par nous raconter les vieux du village après avoir un peut trop bu, est que les péts seraient l'haleine de son rire constatant que, malgré qu'on n'ait tout bien consciencieusement nettoyé, nous sommes encore toujours autant dans la merde !
L'anus, un procès en sorcellerie
Que n'a-t-on pas dit ou plutôt, que n'a-t-on tue, des siècles durant, de la réalité anale de l'homme et si aujourd'hui il ne fait plus vraiment débat dans le massage français il reste souvent une découverte pour bien des personnes et tout particulièrement les hommes. Mais ce tabou n'est pas l'apanage des émotions, il s'insinue partout où on ne fait pas individuellement la lumière. Dans beaucoup de massage "le problème du sexe" est régler par la pose d'une serviette dessus mais l'anus lui s'est chargé d'une sexualité en négatif très ancienne. Si le sexe la symbolise, et véhicule toujours une sorte de malaise comme croiser quelqu'un dans la rue, la nuit, l'anus lui est l'obscurité elle-même. Le pénis reste contournable mais l'anus lui ne l'est pas, on évite pas la nuit, on peut tout au plus se déplacer de réverbère en réverbère sur une peau que la lumière rend visible au premier balayage optique. L'histoire fourmille de ce type de no mans land marquant la frontière du conscient et de son opposé inconscient.
L'expression de "pécher silencieux" par exemple, que l'église employait pour qualifier la sodomie. Cette pénétration, par derrière, excursion vers la connaissance, le savoir, qui permettez moins d'échapper au grand dessein de Dieu, qu'au pouvoir séculier du clergé et de son pendant temporel, le Roi et ses ramifications féodales. Les fesses marquent bien dans leur topographie cette opposition, cette scission entre deux mondes inconciliables qui appartiennent pourtant au même corps. Ce dualisme sévère reflète les vérités cachées que révèle par l'analyse le corps confondu. L'inconscient joue se rôle primordiale de joint de dilatation dont il suffit de regarder les déformations, les aspérités, les blessures pour comprendre par déduction, les formes fantomatiques du refoulement, pour tenter de les résoudre par la compréhension.
Alors cet anodonte perpétuellement déglutissant, sous bien des aspects, reste la maison de la sorcière de beaucoup d'entre-nous. C'est là une des entrées directes sur l'enfer, et la peur d'y faire le ménage est plus celle d'y trouver quelque chose de non conforme, comme le dentiste qui en cherchant bien, finit par trouver. La bouche est gracile, belle comme le jour pouvant mentir avec aplomb... L'anus a la difformité des gens de la terre, il est franc, sans atour même si par l'épilation on tente de lui redonner un peu de tenue comme à un garçon d'étable que l'on chausserait de chaussures neuves.
Notre société actuelle, ultra communiquante perpétue se mythe du beau verbe mais considère que masser tout le corps jusque dans les recoins de cette maison hantée est audacieux et un rien provoquant. La loi répond même à coté, comme d'habitude lorsqu'il s'agit de comprendre ce que les textes condamnent par principe plus que par réflexions. Je crois, mais il me faut encore aller en chercher confirmation, que les contacts avec les zones intimes sont considérés en France comme "plaisir donné à autrui" et assimilés à de la prostitution. On appréciera la cathédrale de nuances dont la loi fait preuve mais il n'est guère éloigné du sentiment diffus qui prévaut... Faut-il vraiment aller chercher "si loin" l'épanouissement par le massage ? En massage français on demande s'il faut rester à tout jamais dans la mandorle trinitaire, du père de l'exercice traditionnel du massage, du fils masseur/massé, et du St-esprit législatif ? Non à l'exégèses ? Non aux apocryphes ? Pourtant cet anus n'est pas sans sans règne, sans magnificences, il exprime une sorte de tectonique des plaques qui nous révèle non pas une dérive des continents mais un parcourt corporel, qui pour vivre, a besoin de mouvements. Par l'anus au XIXème siècle on avait théorisé les caractères anaux qui permettaient de confondre le délit d'homosexualité par pénétration des fondements mais aussi par constatation empiriques des régressions organiques humaines vers le zoomorphisme. L'homme perdait ainsi son statut d'homme mais devenait aussi tout bonnement animal à tel point que le fameux Tardieu, titillé par le besoin d'aborder le sujet commencera son livre en s'excusant très longuement de devoir, au non de la science, parler de cette monstruosité "comment écrire proprement sur de la saleté"... Le massage français prend alors soudainement un sens nouveau lorsqu'on lui rend les reliefs de son histoire. Certes, nous nous croyons désormais loin des élucubrations de ce Tardieu mais cette radiation adaptative des comportements, pour coller au plus juste à l'opinion ambiante, n'a pas subitement disparue avec le changement de siècle, sous prétexte que ces observations furent invalidées. Elle reste diffuse et comme les sédiments conservent longtemps en mémoire le passé de nos pollutions, il est des régions du corps qui hurlent encore des bûchers de nos sorcières. Le massage assagi tout cela, le touché apaise et l'anus moins que tout autres, n'échappent à ce besoin archétypique de contact. Toucher c'est communiquer, c'est reconnaître, c'est décrire ce qui devient une attention enfin réelle. Résoudre les peurs que contient le corps comme autant d'enclaves... la suite à venir
Jeudi 13 décembre...
23:30 Publié dans Reflextions sur le massage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 05 décembre 2007
Contres indications médicales
Article à venir
- Comment reconnaître une phlébite
- manipulation d'une cicatrice
- opération récente
- Dos et lombaires
- Champignons et verrues
- Le type de massage indiqué
- Le massage est-il mortel ?
13:50 Publié dans Reflextions sur le massage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 25 novembre 2007
L'anthropologie du geste
EN COURS D'ECRITURE
LA LECTURE DE CE TEXTE SERA INCOMPLETE

Habituellement l'anthropologie traditionnelle est basée sur l'anatomie et la morphologie de ce que l'on étudie. En massage, cette anthropologie embrasse les origines de l'homme. J'écris dans Mimisme et globalisme que sexe, anus, bouche/goût, yeux/vue, oreilles/ouïe, mains/touché et nez/odorat sont sept portes qui mènent à la remise en cause salutaire des dogmes par l'esprit sans cesse menacé de se laisser convaincre/corrompre par la nature extérieure qui trouve, dans les penchants des autres, de multiples correspondances dangereuse pour la pérénité des dogmes. Mais c'est aussi le danger de la compréhension de l'autre. Les sept portes dont je parle, sont des connections directes avec l'esprit mais par l'entremise du geste. C'est le geste qui va chercher cette entrée, cette ouverture sur l'esprit toujours inaccessible. En massage français, lorsque l'on nous dit que par la nudité on accède à l'intimité de la personne on répond "à choisir entre ces deux maux préféreriez-vous que l'on vous voit nu dans la rue avec une paire de lunettes spéciale ou que l'on entende tout ce que vous pensez ?". La réponse est toujours le premier des maux, démontrant la subordination de l'intimité physique pourtant plus riche en contenu discernable à l'intimité cérébrale. En réalité ce n'est pas de se montrer nu qui en dérange aujourd'hui beaucoup, mais plus ce que va révéler l'accès à ces sept portes et pas tant à l'autre qu'a soi.
L'intimité culturelle condamne plus le réalisme de la nudité, le fait de voir comme celui de montrer parce qu'il bouscule les codes établies. Prenez le cas fameux de ces deux femmes sur une plage, l'une que l'on dira jeune, toujours en conformité avec son mimème culturel et ses valeurs, pas du tout sensibilisée au naturisme et en maillot de bain, la seconde plus mature faisant du topless. Si vous demandez à la jeune fille pourquoi elle ne se met pas torse nu elle vous répondra "je ne veux pas montrer mes seins à tout le monde"... Mais si vous demandez à la seconde pourquoi elle a adoptée cette tenue elle vous dira tout simplement "pour bronzer". Jamais elle n'aura l'impression de "montrer ses seins à tout le monde". Ce n'est pas le corps ou un de ses composants qui pose problème, c'est ce qu'il suggère et par là même ce que ma culture véhicule comme tabous, c'est plus le contenant culturel que le contenu physique. La nudité cristallise l'interdit, elle lui donne une image et le regard désapprobateur réagit par mimisme. Le geste de l'anthropos est un geste à double tiroirs, lorsque se referme le tiroir des mimèmes, des comportement calqués sur ceux des autres c'est que vous avez ouvert celui de l'analyse de ses fonctionnements. Bien sur cela demande une certaine constance dans sa réflexion sinon le premier se ré-ouvre tandis que celui que vous aviez commencé à explorer se referme si vous laissez les mimèmes culturels se réinstaller. Il est une chose de comprendre un comportement donné par l'analyse méthodologique des faits, il en est une autre que d'aller contre ou de s'installer dans un comportement qui serait le fruit d'une remise en cause. L'homme est un animal social qui se cherche dès que ses fondamentaux sont remis en cause "crise" par des comportements non conforment à l'intégration qu'il avait fait de ces codes. Si une femme se met torse nu elle pourra paraître hors contexte vis à vis du groupe, si une deuxième l'imite elles constitueront de fait un second groupe avec ce que cela implique de dualité. Plus le pourcentage s'équilibre puis s'inverse, plus le tenant de ces acquis est isolé et perd en légitimité. Lire Rhinocéros de Ionesco. Tous cela constitue le geste, une multitude de gestes qui sont autant d'intrants et d'extrant dessinant celui que je doit être. Le mot même de massage suggère le geste sous-jacent, le repos, le bien-être mais ne le croyez pas dépossédé dans l'instant, d'un coup d'un seul de l'ensemble de ses mimismes anthropologiques. Le masseur non plus ne s'isolé de ses acquis comme un électricien de tout matériaux conducteurs, la volonté même n'y suffirait pas. Ce serait d'ailleurs tout à fait antinomique avec le massage car il faut être tout autant dans l'écriture comme un scribe aveugle sur une tablette d'argile que constitue le corps du massé que dans la lecture de textes beaucoup plus anciens que le sujet qu'on masse. C'est un massage par intussusception, le massé ne peut l'être sans que vous ne pénétriez en lui pour imprimer votre lecture à vous dans son corps à lui. La parole n'est que la verbalisation du geste dit Jousse. En massage cette loi s'applique
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Mimisme et globalisme
Le massage français est un massage dit global c'est à dire qu'il n'évite aucune zone corporelle spécifique et en particulier celles communément appelées "zones intimes" que je qualifie moi de "zones culturelles". On voit bien que le corps ne se vit pas de la même façon selon le continent sur lequel on se trouve. Les sociétés fermées, rurales, traditionalistes ont une sensibilité à la rumeur, au qu'en dira-t'on que les grandes villes, dans lesquelles les particularités se diluent plus aisément en ne remettant pas en jeux la crédibilité sociale qui se polarisera davantage sur la réussite socio-professionnelle que sur les comportements. En Europe, la France, l'Allemagne, l'Espagne ou dans les pays scandinaves, le naturisme s'est frayé un chemin pour des rendus très différents. Le massage français est une branche indirecte du naturisme de part l'accès structurel que ce massage a organisé, pour masser ce pourquoi le naturiste à tant combattu, en demandant que tout soit dévoilé considérant que l'intime de l'anthropos n'est pas derrière un morceau de tissus mais bien dans la tête du concerné. Ce globalisme anthropomorphique est une évolution majeure chez l'homme dans la reconquête de ses territoires corporels et dans son identification à l'autre. Si l'intime fut a ce point pourchassé jusque dans les esprits, c'est justement parce qu'il est une perception tactile du monde qui rend vite insupportables les inégalités, et visibles les atteintes répétées au statut social. Difficile en effet, de cacher une grossesse illégitime, une érection spontanée ou une caractéristique corporelle que les codes de l'époque auront décrété comme disgracieuse. De plus la nudité, en supprimant le vêtement, gomme ce qu'il contient de différenciation, de statut et dont d'autorité alors que tout est fait pour souligner ces inégalités. A quoi cela sert-il d'être riche si cela ne se voit pas ?
Certes, l'intime est avant tout dans la tête mais il n'est pas sans accès au monde, sexe, anus, bouche/goût, yeux/vue, oreilles/ouïe, mains/touché et nez/odora sont les sept portes qui mènent à la remise en cause salutaire des dogmes par l'esprit sans cesse menacé de se laisser convaincre/corrompre par la nature extérieure qui trouve, dans les penchants des autres, de multiples correspondances dangereuse pour la pérénité des dogmes. Ce sont ces sept portes que le massage révèle invitant à percevoir ce que les conventions ce sont toujours astreintes à dissimuler. Le ressenti de l'intime par d'autres est une indélicatesse. Le linguiste Marcel Jousse nous dit de cet anthropos qu'il est par essence même un mimeur et que "c'est par la prise de conscience de ce Mimisme qu'il se fait "connaissant" et par là se différencie spécifiquement de l'animal". A ce détail prêt que je ne saurait laisser passer et que je préfère remplacer par "se différencie spécifiquement 'des autres animaux'". Cette distinction quasi viscérale, qui tend à se démarquer coûte que coûte de ce règne animal est riche d'enseignement et pour moi d'interprétations. Elle est une des raisons pour lesquelles l'homme veut tant s'entourer de ce qui le distingue de cette "prima materia". Mais Jousse à raison. L'homme à ses débuts, fonctionne par mimisme qu'il identifie rapidement comme de la répétition, de la réitération apprise par coeur qu'il applique sans discernements, puisque dicté comme tel jusqu'à ce que la connaissance donne à cet homme, la conscience de soi et les valeurs propres de son individuation. Cet accès aux sept portes se libère dans le massage qui va chercher ce que le massé à oublié quelque part dans son esprit mais qui s'y trouve toujours. Dans le globalisme du naturisme se trouve aussi le globalisme du massage et le masseur à son tour "connaissant", réinterprétera les codes psycho-corporels par intussusception dans laquelle se rejouera toute la gestuelle originelle. C'est au dedans, du latin "intus" , que se reçoit "suscipere"les premières tentatives de lecture de l'être que le massé se nourrira des acquits du masseur. Le massage n'est pas un simple mimétisme mais un mimisme des schémas fondamentaux d'accès à l'autre. Cette culture orale que défendait Marcel Jousse comme étant le premier des gestes, menacé par l'écrit et les traductions incomplètes, rejoint le massage comme premier des gestes, menacé par l'approximation des vrais rendus humains non algerbrosés par la culture.
L'algerbrose est un mot que Jousse invente pour qualifier un glissement sémantique et une perte de sens premier dont, ceux qu'il appelle les latinicistes sont responsables, en cause la connaissance incomplète qu'ils avaient du sens anthropologique des mots. Ce terme a sa place dans le vocabulaire commun du massage. La non connaissance par la perception fine de l'homme massé, aboutie à une pratique algerbrosée, inexacte, déformée du massage. Si le massé glisse vers une terminologie agerbrosée du massage, si le masseur le suit dans cette lecture approximative et que l'État statue selon la seule définitions de son expression pratique, alors le sens premier de massage aura complètement disparu.
Le globalisme gestuel dépasse la primitivité du touché pour envelopper, révéler ce qui s'imprime de plus spécifique à la nature de ce que l'on aborde. Dans le massage français, ce globalisme anthropologique va chercher ce que l'intellection peut trouver de nourrissant pour les deux, masseu(se)r et massé(e) mais il se nourrit également de noétique, de ce refus de l'anthropocentrisme en l'élargissant aux perceptions des sources les plus diverses. L'art du massage n'est pas une gerbe historique jaillissant d'une méthode empirique née de l'observation d'un seul, dans son coin, mais d'une superposition de filtres divers par lesquels s'afine la méthode et s'écrit son histoire. De fait, si ce massage résiste a l'épreuve du temps c'est qu'il rentre en résonance avec la culture et les attentes de ceux qui le pratiquent. Le corps global n'est pas le corps humain isolé, sans racines, mais le corps de tout un système inter-agissant avec mille autres depuis ses origines. C'est pour cela qu'il est inapproprié et plus que réducteur de faire du massage un vecteur sexuel ou l'exercice d'une simple technique. Il faut tout en extraire pour comprendre ce qu'il sous-tend et seule une réflexion permanente peut le permettre. Le massage n'est pas un don et personne au nom d'une corporation, d'une loi peut en interdire la pratique sans tomber dans la dictature la plus noire où le touché se ferait délit. Tout le monde peut masser, tout le monde à le pouvoir de toucher l'autre, de l'atteindre dans son ailleurs. Il est inné mais il sera pour certains d'entre-nous, masseur(se)s du monde, un mode d'expression sublimé par le touché. Comme les cornes de deux escargots qui se rencontrent, il se rétracte au moindre doute et c'est pour cela que le massage français offre trois oreilles, trois mains, trois touchés afin que la tactilité de la peau reste toujours ouverte et jamais sur ses gardes.
Dimanche 25 septembre 2007
Alain Cabello
09:05 Publié dans Reflextions sur le massage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 24 novembre 2007
Au commencement était le geste

C'est à ceux qui veulent faire vivre cet art des Massages du monde, qu'il revient d'écrire ce que leurs inspire ce mouvement. La variété des questions récurrentes, les inquiétudes concernant le corps rejoignent les grands sujets d'études sociologiques, politiques et philosophiques. On ne peut réduire dans la pratique, tel ou tel massage à son seul exercice et, la théorie à la benoîte récitation de son histoire et à l'ancienneté de ses origines pour en poser la crédibilité. Nous sommes les dépositaires de cette époque que nous traversons et c'est avec les mots de cette époque que nous devons penser et écrire les vérités vivantes du massage d'aujourd'hui.
Que la France, très en retard dans la reconnaissance de ses métiers de la relaxation n'ait guère produit sur son territoire c'est une chose, mais il est étonnant qu'internet dans ce qu'il a d'accès pour tous, ne contiennent pas de sites basés sur la simple réflexion de ce geste ultime, me laisse interdit. Car il ne s'agit pas seulement de parler ou d'écrire sur sa seule pratique, le massage est un terme générique qui est l'affluent dans lequel se jettes nombre de nos questions de société. Je ne parle pas seulement de questions existentielles mais de l'ensemble de ce monde raçinaire des connaissances de la vie. Elles dépassent même pour moi l'antrhopos, le savoir, pour reprendre dans notre esprit ce que le massage n'a jamais cesser d'être, de la perception tactile dont l'origine remonte à la première impulsion électrique de notre univers. Combien je regrette de n'être pas l'érudit qui pourrait parler de massage et de psychologie, de massage et histoire, de massage et philosophies, de massage et tout ce qui me, nous rattache, qu'on le sache ou non, au monde des perceptions. C'est Joseph Vialatoux, philosophe français, qui écrit dans son intention philosophique que, je cite de mémoire "la perception c'est déjà de la science, et la science c'est la perception qui commence". Cette phrase m'avait fasciné à l'époque car elle me permettait, avec l'ensemble de mes lacunes intellectuelles de pouvoir lire ou parler de philosophie. Avec celle que j'avais prise chez Socrate lorsque j'étais adolescent, "Je ne sais qu'une chose c'est que je ne sais rien" j'étais désormais préservé du cynisme des médiocres qui veulent garder pour eux ce qu'ils n'ont en réalité pas. Car si il est une chose que le savoir vous donne c'est son esprit de communauté sans lequel il n'y a pas pluralité d'échanges. La connaissance éclaire de façon différentes les sujets que l'on aborde selon l'angle sous lesquels on les regarde. La seule ombre qu'elle puisse produire est celles de aspérités du savoir que l'on a pas encore étudiés. La perception, la seule perception celle-là même antérieure à la notion de compréhension était déjà de la science et je n'avais pas besoin d'être "validé" pour aborder ces sujet qui nous appartiennent à tous, en commun. Le massage c'est cela, précisément, c'est de la perception pure et cette perception c'est déjà de la science du massage qui nous dit que nous sommes tous à même de masser, tous. Ensuite c'est de la compréhension, "quel est le sens profond, systhémique de ce que je fais" ?
"au commencement était le geste" et ce geste a été la première des manifestations de l'homme, il est "le mouvement vers", la gestation qui prépare ce qui est en devenir et aboutie ensuite à la « gesta », « la chose faite ». L'art des massages du monde s'inscrit anthropologiquement dans cette dynamique fondatrice. Quelque soit la philosophie, la thérapeutique que cela sous-tend se trouve le mouvement vers. Le massage est un perpétuel mouvement vers l'autre avec lequel on communique afin d'élaboer cette gesta. Le massage est une "chose à faire", du début de la gestation à la fin terrestre de cette même gestation.
La France porte en elle cette culture du geste au sein même de cet art appelé chanson de geste que les troubadours chanterons pendant des siècles, tout au long du moyen-âge. Le linguiste Marcel Jousse, fait de la culture orale palestinienne le premier des gestes que la rythmo-catéchistique permet de mémoriser par la manducation de la parole, c'est à dire par l'absorption de l'enseignement comme de l'enseigneur. La chanson de geste est un dérivé lointain, certes, mais familier de la culture orale chantée rythmiquement pour mieux la dire par coeur, comme le massage comporte sa propre rythmo-gestuelle dans la récurrence de ses parcours.
Alors comme peut-on ne pas écrire quand, dans nos observations au quotidien, se trouve se mouvement tout ramassé sur lui-même qui ne demande que du sens et que les seuls alternatives qui lui sont proposées sont d'un coté un massage contraint sur une "heure" et de l'autre par des attentes triviales ?
La France est trop intellectuelle, la France est trop artistique, la France est trop ancienne dans sa culture pour ignorer plus longtemps le sens de ce qu'elle laisse échapper. L'ensemble de ses arts sont des hymnes permanents au massage et ce pays se doit désormais de parler. Je ne dis pas que nous sommes plus qu'une autre nation obligé de nous emparer de cette dynamique de laquelle aucun pays, aussi petit soit-il ne doit s'exclure. Je dis que la France a ses mots à elle pour dire et faire vivre son touché français dans son massage national.
Alain Cabello
Samedi 24 novembre 2007
10:55 Publié dans Reflextions sur le massage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 16 novembre 2007
L'hygiène ou l'industrialisation des corps
L'hygiène est la plus horrible des façon d'aborder le corps. Cette notion, selon moi se rapproche d'avantage dans le sens que je lui donne d'éducation des masses. Pour moi l'hygiène s'applique aux lieux publics, aux collectivités, aux cantines, aux hôpitaux mais pas à l'individu pris dans son unité d'homme pour lequel je parle plus volontier de propreté. Dans HYGIENE il y a un parfum de protocole mécanique visant à la destruction systématique des germes, des virus, des bactéries... Ce terme ne laisse la place à aucune nuance, l'hygiène doit être totale ou n'est pas. Tout doit être nettoyé, purifié. Seulement toutes les bactéries et autres petites choses qualifiées du doux nom de miasmes ne sont pas forcément pathogènes, c'est à dire dangereuse pour notre santé. Celles qui le sont ne présentent les mêmes risques selon les organismes. De plus nous vivons dans cet environnement depuis nos origines et rappelons que sans bactéries nous ne vivrions tout simplement pas.
La peste a décimée des millions de personnes, elle fut un fléau qui à suivit l'homme depuis sa sédentarisation. L'apparition des premiers villages, l'entreposage de la nourriture, la domestication animal, l'émergence de l'agriculture, l'apparition de stock de grains ont favorisé l'agrégation de nombreux insectes et autres petits vertébrés comme le rat. Alors imaginez losqu'on c'est rendu compte, après des siècles et des siècles de cohabitation plus qu'intime, que cette tragédie contre laquelle on ne pouvez rien que brûler les corps et les biens été du à la présence des rats... Le XIXème siècles fut l'époque du grand nettoyage. Mais attention avec méthode. L'hygiénisme a accompagnée dans ses développements les évènements politiques, le changement de donne sociale et les découvertes scientifiques.
Le 18ème à vu l'extinction de la monarchie déjà largement baignée des idées réformistes et parfois hérétiques de l'époque des lumières. Lorsque le roi tombe, son pendant moral le suit et l'église n'échappe pas à la purge d'ailleurs scandaleuse des révolutionnaires et je précise que je suis athée. Seulement l'image patriarcal du roi au pouvoir temporel sans limite qui disait NOUS en parlant du peuple de France ne pouvait disparaître sans être remplacée. L'église et l'intemporalité de Dieu pas tout à fait sans conséquences sur la vie des simples gens et elle-même contesté laissait le champs vide. Bien-sur l'image archétypique du père, du guide ne pouvait tomber aussi facilement et devait donc relayer une autre tout-puissance conforme aux valeurs politiques de l'époque.
Le 19ème est un formidable terrain de découvertes qui en entraîne d'autres. La révolution industrielle avait déjà commencée en Angleterre durant tout le 3ème tiers du 18ème avec l'essore économique que l'on connaît et qui changera la face de la France. Les sciences ne sont pas en restes et les acquis datant de Gallien ou d'aristote sont tout simplement contestée. La notion de génération spontanée mise à mal en 1668 par Francesco Redi tombera sous Pasteur. Les espoirs sont immenses. Ainsi né, après le dogme monarchico-religieux celui du scientifique tout puissant.
Au nom de la science on peut aborder tous les sujets même les plus tabous comme le très problématique corps humain. Il ne s'agit pas d'y toucher sans précautions, l'église éprouvée certes, mais ausi surtout la sensibilité des gens n'est pas loin. Le corps sera allongé sur un plan de travail afin d'en favoriser l'étude par l'auscultation. N'oublions pas que la symptomatologie fait son apparition à la même époque. Bien sur je n'ai ni la légitimité ni les compétences pour développer sensément les liens entre histoire-science-corps-massage mais vous voyez bien où je veux en venir. La table de massage se conforme à la lettre au dogme duquel est issue.
L'ère du tout javel, de ce rouleau-papier-cul du géant vert, je veux dire cet in-tissé qu'on met sur la table de massage pour l'isoler de la personne est justifiée à l'aune de l'histoire de l'hygiène médicale qui l'impose mais me semble une approche corporelle complètement antinomique avec le massage dit de relaxation. Le pire c'est que pour être conforme à ces critères d'hygiènes il faut normalement, en fin de prestation le plier en direction de son centre afin que les "saletés", sous-entendez les poils ne tombent au sol. Que cette pratique soit nécessaire en milieu médical cela s'entend mais dans un institut de beauté je trouve ça effarant. Alors bien-sur qu'il faut nettoyer votre tapis de massage, moi j'utilise un gel anti-bactérien mais faisons-le par propreté plus que par hygiène, le résultat sera le même mais l'esprit sera différent.
Qui se prend aujourd'hui une douche par HYGIENE ? Quand comprendra-t-on même si ce n'est ici pas le propos qu'il ne faut pas seulement parler d'hygiène bucco-dentaire aux enfant et surtout aux adolescents mais bien de sensualité, de perception bucco-dentaire, de bien-être bucco-dentaire. Alors que l'on a du mal à faire comprendre au gens que fumer tue et pue, pourquoi voulez-vous que les ados soient sensibles aux caries ?
On a tous, pour ceux qui fréquentent les instituts, cette sanction de la "douche obligatoire". Et après la douche combien d'entre-nous ont échappé à ce slip en in-tissé jetable qu'on vous demande de mettre ? En massage français ça ne se fait pas. La douche obligatoire préjuge du manque d'hygiène de la personne concernée et est au demeurant d'une impolitesse crasse. Par contre ne vous amusez pas à demander pourquoi il vous faut mettre cette chose (slip) difforme et jetable car la réponse sera sans appel. "PAR HYGIENE MONSIEUR". C'est dit. Je sorts de la douche et même douché je reste sale ? En réalité c'est pour dissimuler les "risques" d'érection et absorber toujours ce fameux "risque" d'écoulement séminal... Cette approche est proprement glaçante. Comme le boucher confronté à des traces de sang masseurs et masseuses doivent intégrer ce que sans défaut d'hygiène le corps produit. Perte de femmes, d'hommes, éjaculation accidentelle sont autant de choses naturel au corps. Accessoirement d'ailleurs, un bon masseur ne prendra même pas ces manifestations comme simplement inhérentes à l'organisme mais littéralement comme de réelles "informations" sous ses doigts. Je mets juste une réserve sur l'éjaculation que je ne qualifie bien entendu pas "d'accident" mais "d'incident" et qui n'a rien à faire dans un massage français. A moins que ce ne soit la méthode que vous avez trouver pour fidéliser le "client" auquel cas c'est faire preuve de bien peu de respect pour vous-même, votre métier et la formation que vous avez suivit.
Quelques conseils de base.
Lavez-vous les mains devant la personne à moins que vous ne le douchiez avant, auquel cas il verra bien que vous avez les mains propres. Sinon faites-le devant lui pour qu'il soit sur que les mains qui vont le masser n'ont pas encore l'huile du client précédent.- Nettoyez la bouteille d'huile ou de crème que vous utilisez
Il n'y a rien de plus inesthétique que d'avoir des traces d'empruntes de doigts ou pire un poil sur le flacon... - Réservez un endroit où l'on n'est pieds nus.
Ne marchez pas pieds nus là où votre client est chaussé et la salle de bain en fait partie
Alain Cabello
17 11 2007
18:20 Publié dans Reflextions sur le massage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
