jeudi, 07 août 2008
Les thématiques
L'objectif de ces thématiques c'est d'aborder des sujets que l'on n'aborde jamais en massage, hygiène, odeurs corporelles et autres miasmes souterrains. La forme du blog permet cette latitude. Le but de ce blog est de poser des réflexions de fond sur le massage mais plus généralement d'aborder les questions pratiques pour que le ou la personne qui veut devenir masseur ou masseuse acquière les bases, et ce, gratuitement.
Ne vous étonnez donc pas de la crudité de certains textes, l'objectif est de poser les choses sans ambages.
Thématiques proposées :
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jeudi, 03 juillet 2008
Ingrid libérée, le MASSAGE toujours otage

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| La FNEMF partage la joie générale notamment par le biais de son Président Alain Cabello très sensible à cette cause mais la libération d'une femme ne doit pas faire oublier les milliers d'otages pas seulement enfermés dans des jungles exotiques loin de notre culture mais aussi incarcérés ignominieusement jusque dans les prisons de nos démocraties. Pour la FNEMF la prison que l'on tente de faire sauter est celle de la loi qui nous enferme dans l'exercice illégal de la médecine et l'interdiction qui nous est faite d'en employer le terme et tous ces dérivés en tant que professionnels. Nous sommes, nous les masseurs et masseuses de France les otages de cette loi inique prétexte à d'incessantes poursuites judiciaires, intimidations et biens d'autres procédés digne d'une République bananière. Nous ne serons jamais des, Relaxologue, terme à la solde de l'ordre établi. Ce rapt linguistique fait sur le mot massage montre combien la France respecte ses élites et écrase ses toucheurs en laissant la prostitution s'installer pour mieux ensuite justifier le maintient de son interdiction. Le mot massage est un terme générique vital à l'exercice de l'ensemble des massages du monde et ne saurait plus longtemps demeurer la propriété d'un seul, celui de la kinésithérapie qui s'est jadis arrogée sa seule exclusivité. Notre métier meurt autant que meurent les libertés dans un pays qui ne donne à ses citoyens que l'option de la prostitution et de l'argent facile qu'il prétend interdire. La FNEMF dénonce l'anarchie des formations, qu'il faille une ordonnance pour se laisser masser et les conséquences d'une telle inorganisation, la non reconnaissance des massages traditionnels sous prétexte qu'ils sont thérapeutiques. Pour libérer Ingrid comme pour sensibiliser autant de monde autour d'elle ne fallut-il pas toucher et toucher n'est-ce pas déjà masser ? Collectif de Libération du Massage La FNEMF Exige la restitution du mot massage "aux gens massage" Ingrid Bétancourt est libre mais le massage lui, ne l'est pas. Alain Cabello |
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Marcel carton Vincent Koffemann
Laurence Aubenas
le MASSAGE
13:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : massage, ingrid, bétancourt
mardi, 01 juillet 2008
Thématique : la transpiration
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Avec l'été la température augmente et avec elle, celle du corps qu'amplifient les mouvements nécessaires au massage et la présence d'une deuxième personne dans un espace restreint.
Chaque massage est un coureur cycliste qui s'engage parfois sur des étapes longues. le corps perd alors beaucoup d'eau que l'évaporation ou le pouvoir d'absorption des vêtements ne suffisent pas toujours à disperser.
Ce qu'il faut savoir, c'est que cette moiteur corporelle étrangère est, très généralement, extremement mal perçue par l'entourage.
Il est deux type de transpiration :
1 celle que vous produisez en vous déplaçant pour venir par exemple chez votre masseur(euse) ou chez votre massé(e)
2 Celle que produit le corps sur place pendant le massage.
Elles ne sont pas du même ordre, la première impliquant d'être plus ancienne et souvent plus odorante que la seconde. Cette sueur dont on a pas d'ailleurs toujours conscience est délétère dans un espace clôt. Il faut savoir que le massage favorise une promiscuité corporelle caractéristique et la perception de cette production corporelle peut prendre des aspects vraiment répugnants.
Je n'écris pas ces textes pour vous épargner ce que nul part ailleurs on ne vous dira par souci de convention, et le non dit aboutis souvent à des massages, voir carrément à des rapports humains, complètement dénaturés. Je vous invite donc à ne pas poursuivre cette lecture si vous craignez de rencontrer le Diable dans le détail, parce que c'est à ces détails qu'on le reconnaît parfois et il n'est pas beau à voir. Si ce n'est pas toujours agréable à lire imaginez ce que c'est que de travailler dans un endroit saturé d'odeurs humaines ?

Ce qu'il faut savoir c'est que chimiquement, la sueur se compose de 99% d'eau et ne sent donc pas mauvais ou ne contient pas suffisamment de molécules odorifères pour être perçue par l'odorat humain. Le % restant se compose de sels minéraux (chlorure de sodium) qui lui donne ce goût iodé, de la vitamine C, des anticorps, de l'urée, de l'acide urique mais aussi de l'ammoniac qui rendent la sueur très instable. C'est sa décomposition par le biais de la prolifération bactérienne qui est à l'origine de cette odeur acre qu'on lui connaît. Plus la dégradation s'accentue, plus l'odeur devient forte. La sueur charrie aussi avec elle de l'acide lactique, ce qui a la propriété d'attirer les moustiques mais sachez que l'on y trouve aussi les médicaments que vous consommez... C'est une sorte d'urine tégumentaire, c'est-à-dire de la peau, de plus, la transpiration est un marqueur sexuel d'envergure. Des études scientifiques ont démontrées que lorsque les femmes sont en période d'ovulation, celle-ci se dirigent plus spontanément vers les sièges dont les cousins ont été frottés aux plis axillaires masculins et ce constat est le même quelle que soit l'orientation sexuelle.
Mais, si la sueur fait partie intégrante de toute sexualité assumée et complètement aboutie, elle implique une proximité privilégiée que l'on à pas avec tous et que la grand majorité des couples n'a pas forcément atteint, voir savent entretenir.
Pour ajouter la seule partie glamour à ce texte sachez que bien des pubs de boissons "à servir très frai" et autres marques souhaitant relever l'érotisme de leur produit, nous on montrer d'irrésistibles individus de race humaine, transpirants comme des bêtes et pour lesquelles nous avons tous eu du mal à quitter l'écran des yeux... Mais bon, néanmoins, très généralement, votre odeur corporelle après une journée active n'est pas le parfum préféré de votre partenaire ou collègues de travaille, même si au début on pardonne beaucoup...
Sachez que les hommes transpirent davantage que les femmes ?
Plus vous êtes musculeux, poilu ou de forte carrure, plus vous aurez une propension à suer. Au-delà des températures estivales, le massage vous amènera à bouger parfois beaucoup.
Les saisons chaudes correspondent aussi à une augmentation de la production hormonale.
Les masseuses transpireront beaucoup plus lors de leur menstrues.
La hausse de température corporelle ne déclenche pas seulement le système de refroidissement qu'est la sueur. Le poil joue le rôle de diffuseur et selon la région concernée, l'odeur ne sera pas la même.
Les règles féminines n'ont pas la même intensité selon le cycle, il est donc conseillé d'arborer une hygiène irréprochable. Les hommes ne sont pas exempt de production très odorifères chargées de message sexuels qui peuvent rendre la région génitale, axillaire (aisselles) et anale extrêmement dérangeante.

Certaines personnes transpirent énormément lors de la conjonction mouvement/température/sexualité. Il m'est déjà arrivé à de multiples reprise d'être massé par des masseurs qui finissent par dégouliner de sueur au point d'entendre un goutte-à-goutte régulier tomber sur le tapis de latex ou carrément sur moi...
Imaginez un homme ou une femme, qui vient se faire masser chez un professionnel, qui paye pour cette parenthèse de détente et de raffinement que représente un massage dans une journée, et voit son masseur s'embraser progressivement pendant la séance au point que tout ne devient que moiteur autour de lui. Idem pour la personne massée qui à pris sa douche avant de venir alors que sa chemise est trempée. L'odeur est alors monstrueusement répulsive et l'impression que l'huile se mêle au jus corporel est vraiment sans nom. Je parle d'expérience, en tant que masseur, de situations auxquelles tout pro. sera confronté régulièrement à défaut de proposer une douche à ces clients mais dont il peut lui aussi faire l'objet en tant que client... Ne nous plaçons pas en victime de gens sans hygiène lorsque nous-même pouvons être régulièrement pris à défaut, c'est le seul moyen de rester en alerte et que notre esprit critique vaut aussi pour nous-même.
Ces zones saturées de sueur peuvent en révéler d'autres. La raie de fesses, comme tout plis naturel, présente toutes les conditions nécessaires à la fermentation et plus généralement à l'exhalaison des odeurs que les mouvements du massage des fessier rendent volatiles. La sueur entretient ici une humidité qui peut prendre un aspect mouillé auquel s'ajoute la dimension fécale. Se raser ne change rien. Le poil permet à l'humidité de s'évaporer plus rapidement par contre il retient davantage les odeurs. Vous raser facilite l'hygiène mais encore faut-il que celle-ci soit opportune. Prendre une douche le matin ne sert à rien si vous allez à la selle après et négligez de vous nettoyer l'anus ensuite. Nous les professionnel(le)s du massage, selon le type de massage que nous pratiquons (shiatsu et thaïlandais se pratiquent habillé), sommes ainsi parfois confrontés à des effluves anales qu'éventent les muscles fessiers qui s'ouvrent et se ferment au grès de la gestuelle utile. (Dans le massage français organique, la raie est massée)...
La conscience de cette situation embarrassante peut amener à un vrai stress lui même source d'augmentation de température et de la production de transpiration.
Vous n'êtes plus alors qu'incandescence, dégorgeant au-dessus de votre client qui reçoit par intermittence ce jus de vous-même, étranger à son corps, tantôt dans le cou, tantôt dans le dos...
Que faire ?
- Sûrement pas vous raser si vous êtes poilu. aucune profession ne doit exiger une modification profonde de son intimité.
Vous éponger régulièrement est tout aussi élégant que de se moucher en présence de quelqu'un. De plus vous casserez le rythme de votre massage sans compter que cette sudation gênante, ruine l'état d'esprit du massage. - Votre client(e)s est de son côté en enfer. S'il fait très chaud laissez les fenêtres fermées, humidifier votre espace, prenez-vous une douche fraîche même chez votre client(e), si vous avez transpiré, la personne vous en saura grès et préjugera favorablement de votre hygiène. Si cela n'est pas possible, lavez-vous les mains, les avant-bras et mouillez-vous le visage. Sachez que si votre corps a transpiré avant le massage, cela signifie qu'il a été en surchauffe et que toutes les conditions sont réunies pour que cela recommence. De plus votre peau, vos poils sont saturés d'humidité et si ça a séché c'est une mince pellicule de sébum et de sel qui persiste et rendra votre corps prédisposer à re-suer.
- Mettez un DEODORANT, habillez-vous léger façon marcel, évitez les vêtements synthétiques, n'hésitez pas à vous mettre torse nu si cela suffit à vous refroidir. Le vêtement peut s'avérer être une excellente éponge mais qui qu'il en soit regardez le standing des lieux ou le niveau social de la personne. Prévoyez un linge humide et frai que vous vous passerez sur les bras et les jambes dès le début et un verre d'eau. Ne mettez pas un claçon ou un boxer sous un short
- Pensez à mettre si nécessaire un bandeau de tennisman autour de votre front, c'est aussi pour cela qu'on demande aux cuisiniers de mettre une toque. C'est naturel de transpirer mais souvent très incommodant pour soit, alors imaginez pour les autres ? De plus, ça se prévoit.
- Attention aux parfums qui peuvent tourner avec l'acidité de la sueur, son PH n'est pas neutre.
- Lorsque vous vous faites massez exigez de prendre une douche.
Dans tous les cas, le massage sera modifié et mal perçu. Si votre masseur est répugné par votre corps ou que votre client est incommodé par vos odeurs corporelles ou par les liquides qui en suinte, alors l'escapade que représente le massage deviendra une sort de thriller gore.
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12:03 Publié dans Thématique : choses à ne pas faire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : transpiration, sueur, massage
mardi, 17 juin 2008
Pulsion de mort dans le massage
Nous nous sommes interrogés au CFDRM s'il fallait tomber dans l'évidence du noir pour cette page peu commune. La réponse nous fut proposée par l'histoire de la mort en occident et de sa symbolique, celle de l'oeil qui se clôt pour mourir ou pour se laisser masser, celle de l'esprit qui s'éteint ou entreprend le vide en soi l'instant d'une séance. Le noir était culturellement la couleur la plus chargée, la plus proche de la pénombre nécessaire à son accomplissement. Étrange entrée en matière aussi que ce texte d'ouverture qui s'interroge sur la pertinence d'une couleur, plutôt de d'aborder d'entrée le sujet _pourquoi le massage et la mort ?_ pourtant la couleur est messagère de bien plus de choses qu'une simple réaction rétinienne mais si il ne fallait en retenir que celle-ci, alors on peut dire que ce que oeil perçoit reste bien le privilège des vivants et de ces mises en lumières. Alors pourquoi l'étrange mésalliance, inhabituelle et méchante pour le moins surprenante, entre le massage et la mort ? Si le massage est si souvent mélanger à l'amour porteur de rouge et d'éros, le massage ne pouvait échapper à ce versant singulier dont les ombres tendent naturellement à nous dissimuler les premières manifestations de ce thanatos. Ce que Freud installa durablement dans la psychanalyse ne pouvait pas décemment ne jamais résonner dans les arcanes aussi forts complexes du massage. C'est à la mort de sa fille, Sophie, sa chère éblouissante Sophie en 1920 et trois ans plus tard de son petit fils, Hans, mais aussi celle de Karl Abraham, un de ses plus brillant disciples en 1925, qu'il élabora cette théorie de deux forces pulsionnelles de vie et de mort comme forces élémentaires constitutives de l'homme nécessaires à son équilibre mental, comme il le développera dans son livre, Au-delà du principe de plaisir. Les adeptes de cette école freudienne eurent du mal à intégrer cette dynamique alors que Freud apprenait la même année que la mort de Hans qu'il était atteint d'un cancer de la mâchoire. Le choc à lui seul ne pouvait-il pas suffire à expliquer ces relents de désarrois ? Pouvait-on penser un seul instant qu'à la seule peine un esprit si fin se laisserait prendre au point de confondre l'aveuglement de la douleur avec la perspicacité de sa pensée ? Le massage contient ces mêmes contraires et les pulsions l'animal de l'humain qui le pratique, le vit et le ressent.
Nous avons là de nombreux travaux à développer entre massage, psychanalyse et les liens qui s'entretiennent avec les pulsions de mort.
Nous verront que le massage contient sa part de violence comme une sorte de massage en négatif, d'anti-massage venant en négation du corps. Et puis, le CFDRM pouvait-il seulement ignorer un tel invité originel ? Non bien sûr. Il a sa place et pas la moindre si l'on veut bien prendre la peine de l'extraire de son étriquée définition biologique.
Lorsque l'on connaît le massage de relaxation qui se définit souvent comme un retour aux origines, on a du mal à imaginer, lorsqu'on y songe, qu'un retour si profond se fasse sans que jamais, nulle part, la présence de la mort ne soit présente. Le massage c'est la confiance, c'est l'abandon et l'abandon c'est confier à autrui sa sécurité... Je me laisse aller, "je m'en remets entre tes mains, je perds le contrôle" mais qu'est-ce donc que le contrôle si ce n'est la mise en sécurité de son corps par la veille de l'esprit ? Le bien-être est cette notion de laisser aller et si on le ressent avec tant d'intensité c'est précisément parce que l'homme primitif qui sommeil, replié en nous, n'a pas oublié les dangers de l'existence et ce qu'il en coûte des inattentions, lorsque l'on assiste impuissant aux conséquences des accidents de la vie sauvage. Si nous prenons un peu de recule et surtout le temps de réfléchir à ce que signifie par exemple l'expression, "dormir sur ses deux oreilles" on comprend bien qu'il ne s'agit pas de la même chose que de "ne dormir que d'un oeil". Le sommeil, selon les circonstances est certes, bénéfique, relaxant, mais il peut s'avérer mortel. Dormir, c'est bien là le danger. Dormir c'est se détendre et se détendre c'est déjà relâcher son attention. Ne dit-on pas d'un massage qu'il "permet de lâcher prise" ? Lâcher prise constitue les prémices d'une stratégie très ancienne ancrée chez les animaux de meute qui consiste à déléguer l'attention de chacun et donc de la sécurité du groupe à un seul, afin de se nourrir ou chasser convenablement, comme la partenaire enceinte délègue à son congénère le soin de la nourrir le temps de sa grossesse qui la rend inapte à le faire elle-même, le massé prépose ainsi son masseur à rester attentif pour lui tandis qu'il s'offre le rare plaisir de se laisser aller sans trop risques...
Pourtant, si l'abandon peut être source d'inquiétude, alors le toucher de l'autre, la proximité immédiate d'un tiers constitue un risque non négligeable. Dans un massage le danger est considérablement mesuré mais il persiste quoi qu'on fasse même si le premier échange contient, sans qu'on s'en rend compte, une kyrielles d'informations propices au terrain. L'agressivité nécessaire dans le conflit comme marqueur des potentialités des forces dont on dispose s'effacera en faveur de signaux d'invites. Les codes sociaux que nous libérons sont autant de mises en concordances de nos appartenances culturelles. Poignées de mains, civilités, sourires, prévenances seront autant de signaux de non agressivité et de soumission de nature à apaiser.
Renseignements pris, rassuré par l'environnement d'accueil, le massage peut commencer. Pourtant la parade mortelle n'a pour le coup pas cessée de s'étendre et se poursuit alors que tout semble pacifié. Seulement dans le couple recomposé pour les besoins d'un massage, persiste tout un ensemble de conditionnements qui rappellent notre place dans la société. La présence double de l'autre instruit de fait la dualité dans ce qui n'est pas moi et se révèle source de danger. Jamais deux ne seront identiques et cette présence des différences suffit à établir un rapport de force potentiellement létal à l'identité de l'autre. Celui qui domine est celui qui soumet et la soumission c'est admettre la toute puissance de l'autre sur mes acquits de vie avec la permanence du sujet de mort. Dans un massage, le passif n'est pas forcément celui qui se laisse masser mais peut concerner le masseur ou la masseuse selon la hiérarchie habituelle des sexes mais aussi des fragilités qui font que l'individu massant, donc pourtant dans la position de dominant, peut tout à fait se placer instinctivement par le massage en situation de négociation de statut. La létalité se situe dans ce processus d'effacement identitaire pour aboutir à une forme inconsciente de laisser-prise-de-pouvoir volontaire. Cette dominance passe par tout un complexe de signaux dont le corps est vecteur. Par le positionnement, la puissance du geste, sa spontanéité, son énergie, de l'information passera en permanence sans qu'une seule seconde soit neutre de toute charge communicationnelle. Le massage est féminin par sa bis-écoute, chacun entrant en communication avec un corps, celui du massé. Seulement le corps est lui masculin, intrusif et jamais tout a fait isolable du corps également masculin du masseur ou de la masseuse ce qui établit là l'opposition et donc l'amorce du conflit. La prostitution en est une forme mais elle n'est pas la seule. L'art du massage identifié dans un conflit du type prostitutif devient la victime de cet enjeux et se trouve en grande partie détruit dans ses principes comme dans son esprit. La scène devient alors la photographie d'une mise à mort qui ne sera pas sans blessés et pas non plus sans être pourvoyeur de conditionnements sociaux me confortant dans mes dispositions de prédateurs que nous avons tous.
En fait le massage idéal n'existe pas, il s'agirait de tenter d'atteindre une sorte d'équilibre inexistant et fantasmatique entre l'homme, sa nature, l'art qu'il conçoit par le massage et le ménagement des espaces nécessaires à deux protagonistes également éclairés de ces phénomènes inconscients. Autant dire un mythe.
Nous ici là matière à travailler sur les rapports qu'entretiennent massage et anthropologie qui ne peuvent se définir sans la thématique de la mort.
La position de mort est aussi présente dans les symétries corporels, dans la dualité des sens, dans le parcourt même que décrit la gestuelle du praticien ou de la praticienne. Nous avons là une sorte de Cène, prenant le corps pour table et les sens de chacun pour convives en rejouant à jamais ce dernier des repas finissant par la mort du maître. Masser c'est réunir pour à jamais trahir l'esprit d'un maître qu'on est venu chercher pour mieux le crucifier après, comme si les deux natures, humaine et divine, de l'un comme de l'autre, ne pouvaient tout à fait être conciliés mais recherchait à être Ré-concilié, c'est à dire, conciliées à nouveau, comme si la première fois ne pouvait être que celle de la rencontre en prévision d'une autre à venir, qui serait le mariage mais un mariage qui passerait par le meurtre. Prévision, et si le massage était une "pré-vision" de quelque chose d'inabouti en l'homme ? La nature christique de ce concept est nullement fortuite mais au contraire profondément sociologique et anthropologique, incapable de se détacher tout à fait de son fond archétypal. Échapper à la terreur de la mort est la poursuite de tout combat sachant que l'art du massage est art de guerre, enfermé momentanément dans une mandorle qui n'est qu'une projection de notre désir d'être rassuré. Et comme être seul n'est jamais la meilleure façon de sur-veiller l'inéluctable, la dualité est la façon la moins tragique de conserver l'autre comme témoin de ce danger et spectateur de notre mort, même si elle risque de venir par celui censé nous en prévenir. Mourir seul reste aussi inconcevable que de naître seul. Se faire masser c'est le Christ dans le sépulcre, finir son massage c'est la naissance, c'est rejouer la création, c'est renaître.
Le massage vu comme une pulsion de mort dégage toute une topologie, tout un cadastre qui le rend particulièrement insolite à étudié et il me semble que le laisser au seul confort des formalismes sociaux le dénature plus que d'admettre la part de non être qu'il contient. Le retour aux origines entend une deuxième naissance, un peu comme une image mythologique de retour à la fontaine de jouvence, celle de la renaissance, mais c'est oublier que cette renaissance passe par une sorte de mue, de mort pour de faux. Là nous sommes en plein alchimie mais toujours dans le giron proche de la mort. Lisons pour cela Jung, Psychologie et Alchimie, et nous verrons ce processus de la mort du roi dévoré pour mieux renaître. Pas aussi érudit que cette volumineuse sommes de savoirs anciens nous aurons tenter de vous démonter, à l'instar de ce disciple de Freud, que le massage trouve écho dans jusqu'au plus profond des cérébralités de l'anthropos. Si l'alchimie peut révéler par chacune de ces productions, son rapport étroit avec la psychologie humaine on voit bien qu'elle révèle tout autant, dans les corps des massés/masseur, des combats inconscients qui se jouent sous la surface calme d'une mer en proie à l'agitation du vivant et c'est ce mouvement de fond que décrit le geste. Ici nous retrouvons l'Abba et le Béra, rapport entre le modeleur et le modelé tel que nous le présente Marcel Jousse. Voilà la magie du massage, voila ce qui s'ordonne sous les mains d'un masseur ou d'une masseuse et c'est ici que l'on prend conscience que réduire le massage à des contingences de temps, l'enfermer dans une heure comme dépasser les frontières de la sexualité pour accomplir les basses oeuvres d'une sexualité, sans réel partage, est meurtre, pire encore, est assassinat. Et ne disons pas que les mains de celui ou de celle qui nous masse ne guide pas ce genre de pensée et que la prosaïcité de vos rapports n'ont d'équivalent que celle de son toucher, car toujours, culture est derrière, culture est partout. Ce n'est ni l'esprit, ni le savoir qui font la qualité du vivant mais sa nature intrinsèque.
Et voici posé le lien entre massage et alchimie, religion et croyances joint à leur terrain de prédilection, la mort.
Le fait d'aborder cet aspect du massage nous montre qu'il n'y a pas d'espace où l'homme puisse échapper à cette inquiétude sournoise. Oublier ou tenter d'oublier la mort c'est déjà mourir et ce de la façon la plus tragique et inversement proportionnelle à l'effort que l'on produit pour ne pas y penser. Car, si il y a quelque chose de pire encore que de mourir c'est bien l'effacement de la mémoire collective qui constitue l'irrémédiable anéantissement. Parler de la mort de quelqu'un le relie à une forme primitive de vie qui fut, et à l'influence qu'elle à eu sur ses contemporains et sur ceux qui en parlent. Exister de nouveau, l'espace d'une conversation, c'est le dernière moyen de vie qu'il puisse nous rester, tributaire que nous sommes des événements de ceux qui nous survivent. Peut-on d'ailleurs toujours se dire "tributaire que nous sommes des événements" alors que le verbe être n'est plus celui qui sied à notre statut de disparu ? En tout cas, c'est bien de ne plus parler d'un mort, comme si il n'avait jamais posé ses pieds sur terre, qui nous fait être si créatif.
Néanmoins, ce lien si secret qui se tisse entre le massage et la mort n'est pas toujours de mauvais augures. Le massage, isolé dans une scène de film d'horreur, peut se muer en un assassinat monté pour effrayer, pour confiner la raison dans les derniers retranchements de la folie, mais le massage, confronté à la mort, peu tout autant s'avérer un précieux allier et le massage dit cardiaque de nature à relancer la pompe nécessaire à notre circulation sanguine, a déjà extirpé de la mort des millions de personnes depuis qu'il fut découvert. Nous avons donc bien un aspect morbide que révoque la discipline prise dans son acception relaxante à une technique dont les résultats ne sont plus à démontrer.
Philosophie et même cinéma rejoignent le thème du massage que nous nous appliquerons à révéler dans sa forme noire.
Massage des morts au Mali ou au Niger, massage de mort par l'effacement d'une lettre létale au Golem dans la mystique juive, massage de la mort par les phénomènes de passage à trépas, massage de retour du monde des morts à Madagascar, massage cardiaque pour relancer la vie, les traces du massage corrélées à cette perte de substance vitale à toute vie sont nombreuses.
Ainsi, cet aller que nous vous proposons n'est pas toujours sans retour et brille des milles facettes d'un surprenant diamant, noir, va sans dire.
Mardi 17 juin 2008
Par Alain Cabello
18:53 Publié dans Massage & Violence | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, massage, inconscient
lundi, 16 juin 2008
Histoire du massage au Moyen-Âge
Ce texte provient de la rubrique histoire du massage du site du CFDRM
Au Moyen-Âge, les sources sur le massage se raréfient...
Le Moyen-Âge conserve cette idée fausse de période noire, sans pensées, qui attend la Renaissance. C'est faux bien sûr mais cela ne se vérifie pas en massage. Sa foisonne au 19ème, mais avant rien...
Quand commence et se termine le moyen age ? A la mort de l'antiquité. Bien sûr il s'agit-là de périodes et non d'édifices que l'on pourrait dater par son act de construction même si dans le cas présent nous avons celui de déconstruction, guerres perdues, successions etc.
L'antiquité prend fin, _comme nous le voyons sur le schéma de Jean-Francois Mangin, avec la chute avec la chute de l'empire romain d'occident en 476 par Odoacre. S'amorce alors ce que l'on nommera le haut moyen-âge matérialisé par la dynastie des Mérovingiens qui s'éteindra en 751. Charlemagne né au même moment et inaugure le règne des Carolingiens et l'émergence du Haut Moyen-Âge jusqu'en 987 avec la mort du roi, le traité de Verdun et la partition du royaume en trois parties, l'occidentale, la Médiane et l'orientale.
Les Capétiens entament un long règne contenant toute la période du Bas Moyen-Âge jusqu'en 1589 et l'événement de la Renaissance.
Mais que c'est-il passé en massage ?
Certes, nous disposons de textes de Galien, d'Hippocrate parlant de massages, de frictions comme Avicenne le fera au Xe siècle mais ensuite nous passons directement à Ambroise Paré qui conseille la friction pour favoriser la circulation du sang ; Guillaume Du Choul nous parle dans son livre "exercitations grecques et romaines", des massages qui se déroulaient dans les bains romains, mais ces ouvrages datent du 16ème siècle, c'est-à-dire de la fin du Moyen-Âge. Alors que s'est-il passé entre-temps ? Nous avons là pas moins de mille ans d'absence.
Dans le tableau de l'histoire des massages de George Berne et de Dujardin-Beaumetz, que nous propose Berne dans son ouvrage Le Massage de 1894(p.3), la division qui nous est proposée part de la période dite primitive pour s'achever à la 6ème, nommée, actuelle. Mais à la grecque, qu'il place en 4ème position, fait place celle de la Renaissance.
Le XIVème siècle verra une vague de froid sans précédent s'abattre sur le continent, marasme économique, pauvreté extrême, disette et en 1348 la peste décime les deux tiers de l'europe. De fait, on peut comprendre que les traces du massage se soient alors altérées, mais avant cette tragédie les Capétiens firent de la France le plus riche royaume d'europe jusqu'à Saint Louis, petit-fils de Philippe Auguste, alors pourquoi donc rien ne subsiste ?
Il est évident que beaucoup d'ouvrages sont à relire sous l'angle du massage mais les traces écrites de cette époque restent rares. Le livre sous sa forme actuelle en ce début du moyen-âge n'existe tout simplement pas. Le premier Codex dont on ait la trace, date du IXe siècle, voir la petite histoire du livre que propose le CFDRM sur la page des livres rares que contient son fond documentaire. Au paravent les écrits étaient sous forme de rouleaux que l'on nommé Volumen. Peu pratiques et surtout fragiles ils se conservaient mal à cause du support utilisé, le papyrus. L'invention du livre comme nous le connaissons aujourd'hui représente à la fois une évolution pratique et technique en remplaçant le rouleau de papyrus par la superposition de "pages" non plus en papier friable mais en cuir, en parchemin, c'est-à-dire en peau de vau tannée nommée Vélin beaucoup plus résistantes.
Jusqu'en 1450 le livre est manuscrit ce qui signifie, écrit à la main, et ce, généralement par des moines copistes qui se réunissaient dans une salle appelée scriptorium ou scriptorias au pluriel. L'importance de l'église, le nombre de monastères qui contenaient d'autant plus de moines que le gîte et le couver leur étaient assurés à des périodes souvent très instables du point de vue politiquement ou climatique, explique pourquoi les trois quart des ouvrages de l'époque étaient religieux et seul un quart traitait de loi et de médecine. Donc, si le massage se pratiquait de façon plus confidentiel dans les masures du peuple de France, nous n'en gardons pas de traces, en tout cas pas de traces écrites hormis celles que la médecine a pu laisser lorsqu'elle a su y trouver un intérêt médical et surtout braver les interdits qui pesaient sur le corps. Nous l'avons vu, à l'époque romaine, les thermes dans lesquelles se pratiquaient les massages étaient de véritables lupanars qui engendraient autant de grossesses illégitimes, que de maladies vénériennes au détriment de la morale, prè carré de toujours des religions. Au moyen-âge ce sont les étuves qui prennent le pas sur les thermes en hygiène publique et furent l'objet d'une étroite surveillance. Rappelons les nombreux écrits religieux condamnant le corps, sa faiblesse et les risques que cela comportait de se laisser aller au stupre et à la luxure. Un empire était tombait, alors que pouvait prétendre un corps lors du jugement dernier ? Le massage était une des portes du Latium donnant celle-ci sur le mal et l'église ne pouvait que le condamner. L'écrit peine donc a exprimer la réalité de la vie quotidienne des petites gens sachant que seules les élites savaient à peu près lire, écrire, et qu'il n'était pas aisé de se lancer dans la production lourde et coûteuse d'un livre traitant de sujets populaires aussi secondaire que le massage. Nous devons donc nous contenter de bribes au détour de livres traitant de tout autres sujets.
Alors, le massage qui avait accompagné l'empire romain lui-même inspiré des techniques connues des grecs, avait-il d'un coup disparu sous toutes ses formes ?
Il nous faut distinguer le massage direct fait dans l'objectif de rélaxer, de détendre autrui du massage pratique, indirect, que l'on pourrait nommer massage-malgré-lui mais quel qu'en soit l'objectif, gestes soignants ou esthétisants amènent invariablement à une confusion de sens que génère le toucher.
On peut masser sans s'en rendre compte, sans qu'il soit nécessaire de lui donner un nom. Doit-on nommer ce que la morale réprouve et ce que le corps attend et l'esprit comprend ? Que le geste soit thérapeutique, esthétique ou intime, son passage est source de bien ou de mieux-être mais son context peut-il suffire à l'isoler de ce qui constitue un massage et de sa définition ? La seule production de plaisir solliciter par le stimuli de la peau deviendrait-elle incongrue au regard de l'intention première ? Peut-on vraiment chasser tout sentiment de détente sous l'impulsion d'un toucher même si celui-ci n'était pas fait initialement pour détendre ?
Dans quelle mesure, l'époque, le rapport au corps pouvait-il permettre ces épanchements, ce laisser-aller ? Dans le petit peuple qui se levait à l'aube avec le soleil pour rejoindre les travaux des champs et ce couchait avec lui pour économiser au mieux les chandelles, peut-on envisager qu'il y ait eu massage ? Selon les périodes la vie était dure, violente, les maladies, les guerres, les catastrophes naturelles scandaient l'existence d'une vie faite de labeur souvent au service d'un plus puissant que soit. La nature des habitations, la promiscuité ne laissait elles-mêmes sûrement pas beaucoup de place à la vie intime et aux prélassements de leurs habitants. Néanmoins, de ce peuple est né bien des formes de jeux, de distractions ; certains s'en sortaient incontestablement mieux que d'autres. Le temps permettait alors de penser à soi comme le suggère l'art de la toilette indissociable du paraître en société. Les bains, l'utilisation des onguents, des huiles, des plantes réduites en pommades est l'amorce du massage. Il est étrange qu'une tradition romaine ait ainsi subitement disparue. De plus, si le massage est aussi anciennement lié à la prostitution de par la proximité qu'il convoque avec le corps, c'est parce qu'il fait partie intégrante de l'histoire de l'homme. On peine à croire que cette forme de prostitution ou en tout cas de collusion avec le corps ait brutalement disparu sur ordre de l'église. Que l'ordre ait été donné cela ne fait aucun doute, que les menaces afférentes aient été prononcées, nous le croyons bien, mais il y eu toujours des latitudes non négligeables entre la décision et l'application, entre les nécessité de la morales vue par d'autre et les nécessité du corps vue par soit sans même qu'il soit utile de condamner le laxiste. La seule compréhension de l'ordre, la seule perception de l'inconscient à toujours plongé l'homme dans des abîmes de réflexions qui certes, produisaient leurs effets mais dans un laps de temps qui suffisait toujours à l'expression d'une forme de liberté primitive difficilement contrôlable. Les chansons, les jurons, prenaient des libertés que ceux qui les prononçaient n'auraient pas eu l'audace d'orchestrer. La dérision suppose un espace de liberté insoupçonné auquel le massage n'a sûrement pas pu échapper surtout quand il permet d'aborder le corps de l'aimée. La caresse qui précède, accompagne ou succède à l'amour charnel est un massage primitif et il nous semble étonnant que ces mille ans de moyen-âge ne soient que gomme et néant et n'ai n'ait trouver d'alternatif pour se développer.
Là où ça se complique c'est que plus les sources sont anciennes, plus elles sont difficiles à localiser puis à déchiffrer. De plus, le massage n'est jamais qu'un geste qui ne nécessite pas d'outils pérennes et ne refait surface lors de fouilles archéologiques que de façon détournée.
Par exemple, la proximité que le massage entretient traditionnellement avec le bain et la toilette de façon générale est à la fois son malheur et ce qui le sauve. L'énormité de la production en faveur de la toilette l'a complètement esquivé. Le massage n'a besoin ni de fares, ni de vêtements ou de parfums nécessitant autant de métiers, d'outils et de gens pour espérer ressortir de quelques vestiges ayant échappé au temps comme à la destruction des hommes. Néanmoins, l'encombrante personnalité de la toilette à permis la création spécifique de vases, de flacons, de pilons pour la production des huiles, des préparations que la proximité avec l'art de la toilette n'aurait jamais produit au bénéfice d'une pratiques interdite et peu fréquente. Ni potiers, ni peintres, ni graveurs ne se seraient spécialisés dans des ustensiles marginalement utilisés et peu vendu si ce qu'ils contenaient ne servaient indistinctement à l'une comme à l'autre.
L'huile, l'onguent pour affiner la peau ne se satisfaisait pas de l'ivresse mais exigeait le flacon qui donnait à la beauté le statut qu'on lui prêtait. Ainsi le massage se glissait dans le sérail des productions artistiques et empruntait à la beauté le vase qu'il partageait avec elle. De son côté, la toilette ne pouvait se séparer de ce fidèle compagnon de ses origines par lequel passe la fascination qu'entretien la peau avec la main, la main, avec la peau. Toucher,prendre dans tous les latitudes fonctionnelle de la main ne peut se faire sans masser.
L'église fut-elle néfaste au massage ?
En histoire il faut se garder des jugements de valeur et considérer que l'interdit vient de rien pour aboutir nulle part. L'empire romain d'occident ne s'effondre pas comme cela, sa décadence avait commencé depuis longtemps. Les romains eux-même se lassaient des facéties des Dieux de leur panthéon, de toute cette extravagance et après s'être pris d'engouement pour la nouvelle conquête Egyptienne, les romains se rapprochèrent des cultes monothéistes, de Mythridate ou des sectes Chrétiennes.
L'église percevait l'exaspération du peuple pour ces agapes, pour ces fêtes sans fins devenues plus nombreuses que les jours travaillés qui ruinait le trésor et déstabilisait l'empire.
Les bains romains, les massages étaient devenus des lieux de luxure et après la dissolution de l'Etat, il est assez compréhensible que la propension aille vers plus de sobriété. Néanmoins les bains comportent en eux la dynamique du massage, longtemps dans l'histoire l'on eu des serviteurs, des "gens" qui s'occupaient de vous. La préparation des bains tout comme la cuisine, le lavage du linge ou la confection des vêtements nécessitaient beaucoup de mains-d'oeuvre. Il est donc assez naturel qu'a la suite du bain le massage se soit immiscé avec davantage de discrétion qu'au paravent mais avec tout autant d'évidence jusqu'à ce que le puritanisme fasse son travail de sape.
Néanmoins nous aimerions trouver des traces de cette condamnation. Y eu-t-il des textes spécifiques mentionnant clairement le massage ou en tout cas la friction ? Y avait-il d'autres mots pour le nommer ?
Bibliographie
Pour l'instant, au vue de ce que nous en savons au CFDRM, il n'existe pas d'ouvrages occidentaux traitant du massage de façon directe. Avicerne, médecin perse du Xe siècle écrira un Canon de la médecine dans lequel il abordera le massage à des fins thérapeutiques avec gravures à l'appui ce qui constitue une source de grade valeur mais rien en France et rien en europe à notre connaissance. Néanmoins, nous voyons bien que la dimension thérapeutique titille la médecine. La poudre de momie, la bave de crapaud et biens d'autres délicatesses appartenant au règne animal, végétal mais aussi minéral furent pillées, réduites et proposées sous toutes les formes possible que l'on retrouve dans des antidotaires. Nulle raison pour que le massage, les manipulations échappe à cette volonté de soigner sachant le potentiel de détente et les effets évident que le massage a sur la santé. Ce n'est pas pour rien qu'une des gravures du Canon de la médecine d'Avicenne, présente un massage des lombaires. Toutes ces méthodes thérapeutiques parfois très invasives ou répugnantes au résultat sujet à caution auraient été préférées à celles réputées efficaces et agréables ?
15:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, massage, moyen-Âge
dimanche, 01 juin 2008
Thématique : l'haleine

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L'haleine est souvent un problème auxquels les professionnel(le)s du massage sont confrontés. C'est la respiration de la personne qu'on masse, notamment sur le visage, qui va vous amener à vous décaler de ses courants respiratoires nauséabonds. Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer l'inverse et bien des masseurs, fumeurs ou ayant oublié de se laver les dents, dégagent une haleine fétide.
Bien, je ne ferai pas ici le topo sur les raisons qui font que notre haleine se dégrade pour devenir très désagréable à notre entourage. De plus, non seulement on ne s'en rend pas spontanément compte à moins d'y apporter une attention spécifique, mais on n'ose jamais dire, même à un proche que l'embrasser est un calvaire... Donc, dans le cadre d'un massage, si vous êtes en droit d'exiger une bonne hygiène corporelle, vous ne pouvez rajouter sérieusement "...et bucco-dentaire", d'où l'intérêt de sensibiliser les gens sur le sujet.
Les causes de ces odeurs dans leurs grandes lignes sont alimentaires et dentaires : ail, oignon, alcool, cigarettes ou cigares, plats gras favorisent les remontées gastriques.
Autres raisons, la malpropreté buccale. Se laver les dents n'est pas suffisant si l'on inclut pas, le lavage de la bouche. La langue (dessus et dessous), les gencives (devant et derrière), les joues intérieures doivent être nettoyées.
En tant que masseur vous vous devez d'être irréprochable puisque vous avez fait du corps votre métier. Donc, un masseur qui pue des pieds, sent la sueur, le tabac ou se traîne une mauvaise haleine, montre par là, la qualité de sa formation. Si il ne sait pas masser, ce qui est assez souvent le cas des masseurs sans formation ou débutant, si il rajoute à la liste de ses handicapes, de nouvelles tares qu'il pourrait aisément contrarier, il ne faut pas s'étonner qu'il ne travaille pas.
Que faire ?
Rien, en massage vous ne pouvez rien faire contre l'haleine d'un client et lui-même ne peut rien s'il s'en ait aperçu trop tard, c'est toujours préventif. Le masseur aux vents mortels, peut lui s'arranger pour ne pas souffler et tenir son visage le plus éloigné possible des prises d'air de son client. Ça détourne du massage, ça demande un réel effort mais éviter à autrui de sentir nos excavations stomacale est une sorte de civisme républicain qui s'apparente parfois même a de vrais cas de santé publique. Et le matin, en embrassant votre moitié, assurez-vous que votre bouche ne s'apparente pas à l'ouverture d'un caveau duquel s'échapperait le bébé mort-né de votre langue...
Jeudi 7 août 2008
15:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : haleine, massage, masseur
samedi, 27 octobre 2007
Massages et naturisme

La nudité a toujours fait débat dans le milieu du massage. Faut-il comme dans le massage thaïlandais être habillé de vètements amples ? Peut-on être vraiment relaxé en restant complètement habillé, comme dans le massage assis ? Doit-on plutôt ne garder que son slip comme le préconisent bien des instituts ? N'est-il pas mal venu d'être tout nu avec tout ce que cela comporte de risque de réactions corporelles comme dans le massage français ? Praticiens ou praticiennes doivent-ils partager cet état de nudité avec leur massé ?
Précisons tout de suite que je développerai une prise de position de principe au sujet du massage visant à sa promotion d'un point de vu tout d'abord éthique puis enfin professionnel.
Oui mais si je bande ?
C'est l'inquiétude n° 1 des hommes et la question que l'on partage en commun avec les mouvements naturistes. C'est la peur panique des "nouveaux pratiquants". L'érection, curseur de la non maîtrise de son émotivité. Alors que faire ? distinguer le moyen de la fin...
Le naturisme est un des moyens d'être plus à l'aise avec son soi corporel et son environnement tout en s'affranchissant des codes vestimentaires. Cette validation est d'autant plus ressentie comme juste lorsqu'elle est pratiquée par d'autres. En massage c'est la même chose, l'objectif étant d'être plus détendu en gommant les différences qui carcatérisent habituellement un masseur textile et un massé le plus souvent naturiste. Néanmoins, le naturisme fait de la nudité une intention alors que pour les massages faisant une utilisation d'huile elle est d'abord une nécessité pratique qui peut ensuite rejoindre le mouvement naturiste selon la sensibilité des personnes. On le voit donc, si la nudité est consubstantielle au naturisme elle reste optionnelle dans le massage.
En 2007 les deux seuls instituts à ce démarquer au sujet du massage naturisme en France sont les instituts Szen qui sont les premiers à pratiquer le massage naturiste et l'Institut alain cabello avec certes un praticien habillé mais qui reste le seul à pratiquer ouvertement les trois massages français en tentant pour les deux de n'être pas assimilable à de la prostitution. Et croyez-moi ce n'est pas une gageure avec la législation Afghanistanesque de la France qui doit être une des plus répressive au monde (j'en reparlerai dans un autre papier). Le massage français, dans le contexte législatif actuel concernant le statut du massage et de ses risques de prostitution, désapprouve le naturisme dans son massage. Il considère que la trop grande proximité corporelle avec le massé, nécessite d'être contrebalancée par une tenue de nature à rééquilibrer les enjeux de son massage, la relaxation. C'est bien sur laissé à l'appréciation de chacun, exception faite de ces réserves.
Si le massage est un retour aux origines prenant à la sieste ou au sommeil les mêmes comportements physiologiques, yeux clôts, endormissement etc, alors l'état de nudité de l'autre est secondaire. On peut arguer de l'esprit, du plaisir bien présent de ne pas sentir le moindre vêtement, mais dans les fait il en va autrement. La sociologie des comportements montre bien que les rapports humains changent selon que l'individu est seul, à deux ou participe à constituer un groupe. Clairement, être nu en famille ou dans un camping n'induit pas des actions/réactions, causes/effets de même nature que dans le tête à tête d'un massage. L'expression sexuelle bannie de nos comportements sociaux en groupe se re-légitime dans le couple dont c'est le principal vecteur.
Il faut accompagner la personne dans son abandon, dans sa relaxation et ne pas chercher à multiplier les effets d'éveils co-latéraux. La nudité envoie de fait des signaux sexuels amplifiés par la graphie corporelle, sollicitant le regard mais aussi l'ouï, les perceptions de chaleur etc. Quand ce naturisme se meut en exhibitionnisme et/ou en voyeurisme il ne dissimule plus ni intrants ni extrants sexuels et sont autant d'invites ruinant la relaxation par le repos. Certes, il la reformulera par la sexualité qui, à mon sens, est aussi un massage, mais dont l'expression commune est davantage pervertie par sa finalité. Sans cela, pour avoir pratiqué cette gémellité avec l'autre, cette simplicité dans l'expression des corps a de nombreux atouts pour elle.
Pour terminer je pense que le naturisme est compatible avec le massage dans la mesure où le massage aborde un corps originel dont la nudité est une des composantes. Néanmoins, les trop grandes interactions entre massage et sexualité liés aux risques de dépréciation que cela comporte et de la personne humaine et de la compréhension du massage, je ne la considère pas comme suffisamment incontournable pour la conseiller. Professionnellement je pense nécessaire de maintenir une distance factuelle entre masseur et massé soulignant la non inter-changeabilité des rôles dans l'instant si l'on veut atteindre son objectif. Considérons bien que dans cette logique professionnel, la multiplicité des personnes favorisera de fait les tentatives d'atteintes à l'éthique indépendamment d'un assentiment mutuel. Une activité de prostitution même consentie reste une atteinte grave à la dignité humaine. Si un rapport sexuel peut commencer ou terminer par un massage, un massage dans les règles de l'art ne peut commencer ou se terminer par un rapport sexuel.
Au final, le quel de ces deux massages est le plus naturistes ? Celui de Szen dont le personnel est nu et exhibitionniste ou celui de l'Institut alain cabello dont le personnel est habillé ? Peut-être pas celui que l'on croit. Si le naturisme se limite à la seule recherche de nudité alors Szen en est sans conteste le leader en France. Si le naturisme implique la reconnaisse totale de ce corps dénudé par l'action du massage alors l'Institut alain cabello constitue l'avant-garde. Ce n'est bien sur ni une course ni une question de leadership mais une question de fond pour le naturisme.
Alain Cabello
27/10/2007
20:20 Publié dans Massage et sexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Massage, naturisme et massage
