Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

essai

  • Essai sur la maltraitance institutionnelle sur les professions du massage.

    Texte produit pour le compte de la FNEMF 

    Lorsque que l'on né, la priorité des parents comme des pédiatres est de "régler l'enfant", qu'il fasse ses nuits, mange la quantité qu'on lui octroi et devienne le plus rapidement propre, autonome et conforme à ce que l'on projette qu'il devient pour être "inséré. Tout au long de cette enfance l'individus sera confronté aux règles de la société, c'est à dire à l'organisation de tout ceux qui ont oeuvré avant lui à l'établissement de cet environnement social, politique, économique et culturel. Si l'école sonne la rentrée à 8h30, il n'est pas question d'arriver à 9h00, pourtant qu'est-ce qu'une demi heure, trente minutes ? C'est un retard prémices d'anarchie. Le monde de l'enfant est ainsi un monde finit, avec des parents, des grands-parents, des frères ou des soeurs ou des cousins, bref, un monde qui visiblement existait avant que lui n'arrive et auquel il est obligé de s'adapter. Pourtant dès le départ, en quittant le monde intra-utérin quasi parfait ce ne sera que déchirures progressives et nécessité de louvoyer parmi les contraintes. Les règles qui prévalaient avec lui, changent avec l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite soeur, la naissance du conflit montre rapidement à cet enfant les limites de l'organisation de ce monde et cette rivalité l'invite à une sorte de prise d'autonomie, de mise en distance entre ce qu'il faut faire, ce qu'il doit faire et ce qu'il fait.
    Plus tard, selon les intérêts de chacun nous verrons que rien n'est en fait définitif et que les règles ne sont que des accords momentanés qui ne s'appliquent pas avec la même régularité que celle d'un métronome. D'ou ce sujet de la maltraitance en massage. On n'a peu l'habitude d'accoler ces deux termes mais ils révèlent une sorte de violence consubstantiel au corps que nos institutions rejouent malgré-elles.
    La maltraitance sur les prisonniers renvoi la France loin dans l'archaïsme des punitions croyant que l'enfermement  est une forme adoucie de châtiments ; la maltraitance sur les personnes handicapées qui ne voit jamais la ville que comme une négation permanente des spécificités physiques, mentales ou d'âge est une autre forme de châtiment ; la maltraitance dans les hôpitaux psychiatriques, dans l'isolement de l'enfant en échec scolaire, du vieillard que piétine l'Etat autant que certaine maison de retraite est une forme d'inaccomplissement de la règle. Je me suis alors posé la question de la maltraitance en massage. Ce mariage des contraires et de ses opposés est assez inattendu tant il semble que le rapport de confiance qui s'instaure entre masseur et massé entend le libre consentement et non la violence. C'est un sujet qui m'est cher que de tenter d'observer dans ces constructions factices la recherche de bien-être par l'entremise d'un tiers avec le ou laquelle vous n'entretenez aucun lien affectifs que ce soit et pis encore ce lien que l'on tente de tissé est-il rémunéré, c'est à dire, acheté. Le massage est un révélateur de ces tensions dans lesquelles chacun tente de s'aménager un espace propre dont l'objectif est une sorte de deal, de pact de non agression le temps d'une séance. Je tente de m'abandonner sur une séance et je demande une trêve. Seulement cela n'existe pas, demander son âge à son masseur ou masseuse, parler de "feeling" est déjà le rétablissement des rapports de forces initiaux. On ne choisi jamais son masseur ou masseuse qu'en fonction des propensions sexuelles qui sont les-nôtres et la sexualité est une forme vraie de violence permanente. Source de conflits en soit elle ne peut qu'en générer d'autres dans le groupe. Echapper au jugement de valeur, se lasser masser par un homme lorsqu'on est hétérosexuel parce que la puissance, la maîtrise du corps est plus conforme à celui qui nous contient demande une prise en main par l'esprit qui nécessite une énergie que l'on vient précisément relâcher en massage. Seulement ce retour aux origines se double d'un retour aux archétypes, aux frustrations de l'enfance qui redetermine notre rapport à l'autre et réamorce notre désir de puissance vitale. Deux est le chiffre nécessaire à la survit du conflit et il n'est pas besoin d'être deux pour constater la division qu'établit déjà en chacun de nous, conscient et inconscient. Seulement force est de constater que si deux est le chiffre nécessaire à la survit du conflit cette unité que l'homme traque depuis ces origines par le mariage des contraire en alchimie, par l'amour fusionnel ou par le massage , un n'est jamais que la disparition de la vie, de la mort de l'échange, des oppositions. La vie se conjugue et il n'est pas de conjugaisons fines sans la multiplicité des formes et donc sans conflit. Penser, créer est une acte de subversion, une remise en cause des acquits par la mise en place de nouvelles forme d'être et donc, d'opposition.

    Alors que'est-ce que la violence ? D'abord il faut dire ce que tout le monde conçoit bien que la violence ne se réduit pas dans la seule cinétique du geste dont les contours ne seraient définit que par l'intention ou par le fait. L'act ne polarise pas à lui seul le fait violent. C'est toute la deconstruction environnante, sorte de ptose sociale qui participe à la dévalorisation de l'autre et quelque part de soi. Il est à noter que je ne suis pas sociologue, je m'exprime en simple masseur de massage français mais la nature même de ce massage et la situation du massage est telle que le fait violent sous-tent l'ensemble des masso-expressions. L'Etat n'échappe bien sûr pas à cette dynamique et le rapport au corps dans la société se pose de façon permanente. Breugel écrirait qu'écrire s'était ré-écrire, et que corriger compliquait tout...
    Lorsque vous écrivez sur le massage des réflexions se forment, des perspectives se révèlent alors que vous n'en soupçonniez même pas l'existence jusque là. Seulement, vous vous rendez compte que le schéma mental qui est le-vôtre épouse celui de votre culture et de vos conditionnements sociaux. Ce que vous écrivez n'est en fait qu'une sorte de pantographe instinctif qui ne restitue que ce que la pointe de votre pensée rencontre de la topographie culturelle qui s'est imprimée en vous. La production intellectuelle sur la nature de la potée Auvergnate est relativement restreinte parce qu'elle ne révèle que des faits mineurs de la culture Auvergnate, par contre, il est stupéfient de constater la pauvreté de la production intellectuelle sur le massage. Ce simple constat nourrirait à lui seul un kirielle de thèses qui suffit à l'écriture de ce texte aussi médiocre soit-il. Si écrire c'est re-écrire, alors l'émergence d'un Centre Français de Documentation et de Recherche sur les Massages ou d'une Fédération Nationale et Ecologique du massage Français nécessitant jusqu'à la mise en ligne d'un département politique, implique bien qu'en effet, la situation actuelle du massage en France est catastrophique.
    Quelques mois avant l'écriture de ce texte j'ai entendu une gériatre qui expliquait qu'effectivement, il n'était pas besoin de violenter physiquement une personne diminuée pour qu'il y ait maltraitance. Le simple fait d'établir une gradation dans la "punition" par privation, de rincer un corps sans s'assurer que l'eau est à bonne température, de lui amener un repas froid ou de négliger un suivit médical était une forme caractérisée de maltraitance. Mais derrière cette maltraitance que l'on voudrait réduire à la simple la place que l'on octroi aux personnes malades ou âgées en institutions se profile celle des rapports que l'homme entretient avec lui-même et avec le groupe.

    Ecrire est une forme de dénonciation de l'admissible, c'est à dire de ce qui s'est déposé par strates successives jusqu'à constituer ce socle commun législative qui considère que masser est un exercice illégal de la médecine. Tout le monde est d'accord, la loi fut votée, l'Ordre des kinésithérapeutes rapporte combien il peut être dangereux de se laisser masser par un inexpérimenté et pourtant une partie du corps social réfute l'argument de la raison au nom de quelque chose de plus profond. Le fait de maltraitance est ici clairement établit par l'interdiction d'une pratique commune à tout être humain en faisant du massage un act décrété comme vocable officiel de la manipulation manuelle des tissus à des fins thérapeutiques. L'Etat n'est bien sur pas seulement l'institution qui autorise cette excroissance législative, il est celui qui l'a sécrété et celui qui la contient par la loi. L'Ordre des kinésithérapeutes qui représente les intérêts des "Masseurs-Kinésithérapeutes-Ré-éducateurs n'est pas non plus cette infirmière, sans âme, qui violenterait, jusqu'à la formation depuis ses origines l'art du massage, un vieillard vénérable devenu grabataire, mais la déviance d'un système qui de fait se retourne de façon corrective et correctrice contre lui-même. L'ensemble de ces acteurs ne constitue qu'un seul et même individus commun qui forme le corps social et dont une partie se retourne contre ce qui apparaît pathogène et en effet il l'est. Les germes de constestations que représente la divergence des opinons constitue déjà en soi la mise en danger des équilibres au sein d'un même corps. En réalité, le conflit ne peut être résolu mais juste déplacé tant on a vu que celui-ci se nourrit de la division que constitue le chiffre deux. Il s'agit juste par la loi d'obtenir une sorte d'équilibre prévalant un temps donné mais pas nature la recherche de cet équilibre abouti à un retour vers le point duquel on avait souhaité s'éloigner afin de conserver une identité. Je ne renvoie pas dos à dos les différents interlocuteurs du massage et mon objectif ici n'est pas de conspuer une organisation d'Etat, un Ordre para-médical ou des Masseurs in-organisés mais de souligner ce que cela représente, à la fois de désordre, de perte d'énergie, et en même temps de consubstantialité à la nature multiple de l'homme comme du reste de l'ensemble du règne animal. Néanmoins, d'un point de vu formel, l'existant du massage est aujourd'hui fortement menacé si personne ne prend la peine de ces divisions qui ne seront jamais qu'une réorientation des intérêts de chacun et de l'histoire de nombreuses philosophies en massage qui tendent à se dissoudre dans l'inculture, le manque de formation, la prostitution autant que dans le fait social. La violence institutionnelle, la violence des rapports humains dans le massage est une maltraitance par nature mais une maltraitance qu'oriente la penser. Ordonner son métier, potentialiser ses acquits constitue une réponse concrète, à jamais insuffisante mais nécessaire si l'on veut participer pleinement à ce dialogue forcément conflictuel.

    Lundi 16 juin 2008
    Alain Cabello