samedi, 25 juillet 2009

Spartacus, homosexualité et massage

Logo.jpg

Texte libre de droits non commerciaux, produit bénévolement par Alain Cabello le samedi 25 juillet 2009 au bénéfice du CFDRM.
Toutes reproductions totales ou partielles hors photos sont autorisées.


Massage et cinéma
Spartacus
spartacus_1960.gif

Spartacus est à l'origine un livre écrit par l'écrivain américain, Howard Fast, né à New York en 11 novembre 1914 où il mourra en 2003. Edité dans les années cinquante, ce livre sera adapté au cinéma dix ans plus tard par Dalton Trumbo et dont la réalisation sera confiée à Stanley Kubrick. Dès sa sortie, le film rejoindra la liste noire du cinéma établie par le maccarthysme et quelques scènes seront censurées dont un dialogue de prostitution homosexuelle entre deux hommes, ayant pour toile de fond, un massage...

Le synopsis de Spartacus de 1960 :  73 avant J. C. Alors que la République romaine est en pleine décadence, en proie aux rivalités des ambitieux (Crassus, Pompée et déjà le jeune César), l’esclave Spartacus s’échappe avec ses compagnons d’une école de gladiateurs et devient le chef d’une révolte d’esclaves qui menace Rome. Crassus veut exploiter la situation pour devenir le maître de la République, tandis que le sénateur Gracchus essaie de pousser son protégé, César, pour contrer Crassus.

Spartacus_1960_4.JPG

C'est dans ce scénario, que nous découvrons la bi-sexualité de Marcus Licinius Crassus que joue Laurence Olivier, mise en lumière lors de son bain, quand il demande à son jeune esclave, Antoninus joué par Tony Curtis, de le rejoindre avec un siège...
Antoninus ne porte à la taille un short court, il prend un tabouret, descend avec dans le bassin, le dépose en son centre, Crassus s'y assied.
Spartacus_1960_3.JPGLa scène est lointaine, filmée en surplomb, nous la voyons d'ailleurs derrière un voile qui sépare les thermes des appartements privés de Crassus.
Antoninus entreprend de masser le dos de son maître alors que s'engage une étrange conversation sur les vertus de la bisexualité dont les sexes se font huîtres pour parler de celui des femmes et escargots pour imager celui des garçons. Cette scène est d'autant plus mythique qu'elle est un marqueur fort d'homosexualité au cinéma, faisant de cette pratique montrée ici comme tout-à-fait établie dans l'antiquité, la contestation de son interdiction aux USA dans les années soixante. Le dialogue est extrêmement bien amené sous les hospices de deux symboles puissants de l'intimité, le bain et le massage. Dès lors, ce film devient particulièrement important aussi bien dans l'histoire de la prise de parole publique de l'homosexualité comme dans l'histoire du massage au cinéma dans la mesure où il transpose, par le biais d'un focus historique, le rapport de force entre maître/massé et masseur/soumis au désir qui s'exprime par une exigence de prostitution.
La lecture de cette scène devient alors aussi bien cinématographie et revendication homosexuelle que masso-pratique et confrontation aux sexualités.

Je vous livre ici la fameuse scène.


Spartacus huitres escargots 

Voici le dialogue : 

Crassus– Vas me chercher un siège Antoninus - Mets-le dans l'eau
Antoninus descend dans le bassin, le pose au milieu
_ Là ça ira
Crassus s'y assied tandis qu'Antoninus lui masse le haut du dos avec de l'huile qu'il verse d'une fiole de verre.
Crassus– As-tu jamais volé, Antoninus ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – As-tu jamais menti ?
Antoninus – Pas, si je peux l’éviter.
Crassus – As-tu jamais, déshonoré les dieux ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – Te réfrènes-tu de ces vices par respect des, vertus, morales ?
Antoninus – Oui, maître.
Crassus – Manges-tu des huîtres ?
Antoninus – Lorsque j'en ai, maître.
Crassus – Manges-tu des escargots ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – Considères-tu que c'est moral de manger des huîtres et immoral de manger des escargots ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – Bien sûr que non. Tout est une question de goût, n'est-ce pas ?
Antoninus – Oui, maître.
Crassus – Et le goût n'est pas semblable à l'appétit, et donc n'a aucun rapport avec la moralité, n'est-ce pas ?
Antoninus – Cela pourrait sans doute se discuter, maître.
Crassus– Ça suffit. Mes vêtements, Antoninus.
Ils sortent tous les deux du bain, Antoninus en tête afin d'envelopper son maître d'une toge. Sur son épaule Antoninus lui met une étole.
– Pour satisfaire mes goûts, il me faut des huîtres et des escargots.
Antoninus écarte le voilage afin de laisser le passage libre à Crassus qui apparaît dans la pièce attenante à ses appartements.
Crassus– Regardes Antoninus.
Crassus se dirige vers le balcon duquel on voit, de l'autre côté du Tibre, passer une garnison romaine, capée de pourpre.
Crassus – De l'autre côté du fleuve il y a quelque chose qui vaut la peine d'être vu.
– Là, mon garçon, [Crassus se retourne en direction de son esclave] c'est Rome…, la puissante, la majestueuse…, la terrible cité de Rome. Le colosse qui domine le monde du levant au couchant. Nul ne peut résister à Rome, personne, aucun homme et aucune nation… et moins encore, un jeune garçon. [Crassus se retourne de nouveau en direction du paysage et poursuit]
– Il n'existe qu'une façon de traiter avec Rome Antoninus, il faut la servir, il faut courber la tête devant elle, ramper à ses pieds, il faut l'aimer. Ais-je raison Antoninus ?
[Lorsque Crassus se retourne en attendant la réponse, son esclave a disparu.]
– Antoninus ? Antoninus ?
La scène s'arrête là.
La seule alternative d'Antoninus c'est la fuite, le "Ais-je raison Antoninus ?" de son maître ne laisse la place qu'à une affirmation contrainte et non pensée. Le stade suivant ne pouvait être pour cet homme que l'acquiescement ou la fuite en guise de rébellion.

Spartacus_1960_5.JPG

A partir de cette scène qui découle d'un massage, Antoninus décide de fuir le service de son maître. Il est évident que dans l'antiquité les patriciens romains propriétaires de leur maison comme de leurs esclaves ne s'embêtaient pas d'autorisation pour abuser de leur personnel qu'ils achetaient en conséquence. Il se faisaient servir, habiller, déshabiller, masser, laver et selon les orientations, la sexualité était facile, obligé et d'autant plus exacerbée que ces soldats partaient régulièrement en mission et risquaient à tout moment d'être tués. C'est ce qu'il se passe ici. Rome se lève contre la révolte des esclaves menée par Spartacus, ancien gladiateur qui s'échappe avec une centaine d'esclaves et monte une armée pour s'opposer à la rudesse de leurs maîtres. Crassus doit partir ce qui pourrait expliquer l'élégance de l'approche. L'homosexualité qui n'était pas condamnée répondait à des codes dont la sodomie n'était pas la moindre de leurs transgressions et méritait quelques discrétions. Le citoyen romain pouvez abuser aussi bien des femmes, des hommes que des enfants de sa maison mais il devait toujours rester le dominant. Pas question de sodomie venant du personnel sur quelque membre de la famille et tout particulièrement sur les mâles qui devaient  rester actifs en toute circonstance. Cela n'empêchait pas qu'elle ait pas lieu, mais il ne fallait pas que cela se sache et ceux dont l'homosexualité était de notoriété publique, faisaient l'objet de railleries permanentes, de graffitis sur les murs de Rome et même de pamphlet lorsque le personnage était important.
Par contre, historiquement, alors que les romains déambulaient la plus part du temps nus dans les thermes publics, après avoir remis leur toge aux Apodytaires, vestiaires tenus par des esclaves appelés Capsaires, il est étonnant de voir qu'un romain disposant de ses propres bains, laisse son esclave habillé sachant qu'il le convoite. Les pauses où Crassus lui-même est habillé dans son bain ne répond en fait qu'à la censure mais dans le film, il est bien nu comme nous le voyons sur une autre photo.
Les esclaves étaient néanmoins coûteux et selon les périodes et la richesse de la famille qui les détenait, ils restaient bien traités notamment lorsqu'ils étaient érudits comme beaucoup de grecs très prisés pour occuper le poste de précepteurs des jeunes romains. Antoninus est particulièrement instruit, en fait il est poète ce qui explique que s'il répond avec déférence à l'autorité qui le gouverne, il se méfie de ce qu'il répond et parle avec mesure.
Reprenons.

Spartacus_1960_2.JPG

Crassus fait descendre son esclave dans son bain et lui demande de venir avec un siège. Il serait intéressant de savoir les sources d'inspiration de Howard Fast mais ce dont on peut déjà en déduire c'est que nous avons là un massage assis...
Crassus ne prend pas de front son esclave mais le ménage considérablement en abordant l'homosexualité qu'il considère comme normale, sur le registre du défaut. En effet, il commence par lui demander s'il n'a jamais volé, menti, (sans doute pour s'assurer de la véracité de la réponse que lui fera Antoninus et la réponse est déjà prudente) "Pas, si je peux l’éviter".
- As-tu jamais, déshonoré les dieux" et après la même réponse laconique et obéissante de l'esclave il poursuit par : "Te réfrènes-tu de ces vices par respect des, vertus, morales ?". Antoninus répond que oui, il respecte ce qui doit être respecté parmi les vertus comprises comme telles à l'époque. C'est là que le piège se referme lorsqu'il axe l'échange sur les mœurs...
Crassus – Manges-tu des huîtres ?
sous-entendu, aimes-tu les femmes ?
Antoninus – Lorsque j'en ai, maître.
La réponse est ambiguë et laisse penser que lorsqu'il en à il en mange, certes, mais que cela n'est pas être sa priorité, alors qu'un enthousiasme sincère et spontané aurait de fait laisser présager la place congrue laissée à tout autre alternative.
– "Lorsque j'en ai, maître" mais si je n'en ai pas, je pourrais me contenter des attraits de l'autre sexe... En même temps, sa réponse se double d'une logique assez implacable, "lorsque je n'en ai pas je ne peux de fait pas en manger"... Crassus poursuit donc sur cette ouverture :
Crassus – Manges-tu des escargots ?
Autrement dit, "Aimes-tu les le sexe des hommes ?"
Antoninus – Non, maître.
Crassus le coince ici
Crassus – Considères-tu que c'est moral de manger des huîtres et immoral de manger des escargots ?
En un mot, l'homosexualité te semble-t-elle immorale ?
Antoninus – Non, maître.
Antoninus ne peut répondre autre chose mais en disant cela il valide le fait que l'homosexualité et sa pratique ne se situe donc pas en contradiction avec les Dieux et la moralité, d'ailleurs, il referme la nasse sur son esclave en rajoutant comme entendu :
 – Bien sûr que non. Tout est une question de goût, n'est-ce pas ?
Antoninus – Oui, maître.
Crassus – Et le goût n'est pas semblable à l'appétit, et donc n'a aucun rapport avec la moralité, n'est-ce pas ?
Crassus lui dit très finement que l'on peut avoir le goût des homme sans en avoir l'appétit, c'est-à-dire la pratiquer sans l'aimer...
Antoninus se rebiffe mais il est déjà trop tard, le piège s'est refermé sur lui
Antoninus – Cela pourrait sans doute se discuter, maître.
Il lui répond que son affirmation pourrait être contestée mais Crassus l'entraîne au fond de sa logique de dominant en interrompant l'échange
Crassus– Ça suffit. Mes vêtements, Antoninus.
et il rajoute que pour son bon plaisir :
– Pour satisfaire mes goûts, il me faut des huîtres et des escargots.
Autrement dit, il me faut des femmes mais il me faut aussi des garçons, ce n'est pas une préférence mentionnée dans une conversation entre égaux, c'est un ordre qui se traduit par, "tu es à mon service et par conséquent, pour me satisfaire, il faut te donner complètement, que tu en aies ou non l'appétit, dès lors que j'en ai le goût". Ce qu'il avait tenter d'obtenir par la persuasion il l'exige par la métaphore et ce qui était une formulation élégante au départ devient un ultimatum à peine déguisé :

Crassus – De l'autre côté du fleuve il y a quelque chose qui vaut la peine d'être vu.
– Là, mon garçon, [Crassus se retourne en direction de son esclave] c'est Rome…, la puissante, la majestueuse…, la terrible cité de Rome. Le colosse qui domine le monde du levant au couchant. Nul ne peut résister à Rome, personne, aucun homme et aucune nation… et moins encore, un jeune garçon.
[Le message est clair, Rome c'est moi en tant que patricien romain et ce qui vaut la peine d'être vu, ce qui domine le monde, ce qui suffit à susciter la terreur ne peut être contesté dans ses désirs. Nul ne peut résister à Rome, et donc à moi, Crassus, personne, aucun homme et nous montons dans la hiérarchie de l'évocation des forces croissante, aucune nation… C'est juste après nation que Crassus donne le coup de grâce en regardant Antoninus dans les yeux, si aucune nation ne peut résister, comment un jeune garçon pourrait-il me résister alors qu'il est à mon service ?
[Crassus se retourne de nouveau en direction du paysage et poursuit]
– Il n'existe qu'une façon de traiter avec Rome Antoninus, il faut la servir, il faut courber la tête devant elle, ramper à ses pieds, il faut l'aimer. Ais-je raison Antoninus ?
[Lorsque Crassus se retourne en attendant la réponse, son esclave a disparu.]
– Antoninus ? Antoninus ?
Il exige ainsi que son esclave lui cède sans résistance, qu'il traite avec lui, même si l'irrédentisme de ce romain vise à l'invasion de son propre corps par le sien. Il faut qu'il le serve, qu'il courbe la tête, qu'il rampe à ses pieds, qu'il l'aime enfin, le don doit être total. Il devenir son amant. A cette manifestation de force, l'esclave, le soumis n'a que l'impuissance de laisser faire ce que dans sa nature même il exècre comme tant d'autres avant lui, et ce, jusqu'aux nation, violées, comme lui sera violé, à ceci près qu'Antoninus répond par la résistance. Que personne, qu'aucune nation ne puisse désobéir à Rome ne signifie pas qu'il s'en interdise la liberté individuelle de lui dire non.
Ne pas attendre la fin de la réflexion de Crassus, ne pas l'écouter jusqu'au bout c'est lui couper la parole, c'est répondre au sens qu'on ne partage plus mais qu'on impose, par l'absence qu'on inflige en indiquant que même Rome ne peut prétendre à tout de tout le monde. 

La métaphore que ce romain utilise dans cette période près-chrétienne est la même que celle que nous rencontrons dans le massage au quotidien. C'est l'illustration de ce rapport de force permanent et la place de l'intimidation et l'expression récurrente du désir de celui qui règne. Confronté à la sexualité, à celui qui a le pouvoir de l'argent, quelle attitude prendre ? Le risque de la résistance ou l'apathie de la soumission ? Cette scène est une allégorie de la prostitution et elle est d'autant plus intéressante qu'elle naît d'un massage, d'une décente dans le bain de son maître pour lui masser le dos, pour le nettoyer d'une éponge, pour le satisfaire. Seulement obéir aux contraintes de l'esclavagisme ou aux nécessités qu'implique sa fonction ne signifie pas renoncer à toute possession de soi-même. La fuite comme symbole de refus, de perte de position est ici préférée à la prostitution comme renoncement de son identité. Se donner sexuellement à son maître comme à son client en massage, c'est abandonner au désir de l'autre l'infime espace de liberté que renferme le prodigieux élan qu'impulse le corps lorsqu'il se donne à l'intime de celui ou de celle qu'il à choisi.

Le droit que se réserve chaque Être à se donner, implique le combat qu'il doit mener pour que ce don découle bien de sa seule volonté et soit proportionnel à l'énergie qu'il est prêt à y mettre pour le défendre afin que l'implication, la force de cette mise en commun volontaire d'une partie de sa souveraineté soit un cadeau et non une spoliation. L'abandon est l'antithèse du don, c'est la renonciation, la mort de la volonté dont la passivité du oui est l'acte d'enfermement. Être sous influence n'est pas l'expression de l'inexistence mais de l'acceptation d'une partition de ses prérogatives dont l'esclavage est la renonciation à les faire valoir. Ici il s'agit bien du choix et de la place que chacun s'octroie face à l'autorité brutale.

Être sous influence n'est pas l'expression de l'inexistence mais de l'acceptation d'une partition de ses prérogatives. Ici il s'agit bien du choix et de la place que chacun s'octroie face à l'autorité brutale.
Antoninus choisi de fuir pour mieux se révolter et rejoindre le soulèvement de Spartacus alors que Rome et son maître s'apprète justement à combattre. Ce n'est donc pas une évasion sans but mais un refus d'appartenir à ceux qui semblent tout-puissants. Dire non c'est se réserver une marge qui ne soit pas sous influence et de laquelle je suis le seul décisionnaire.

D'une vie à l'autre

Logo.jpg

Texte libre de droits non commerciaux produit bénévolement par Alain Cabello le Mardi 1er juillet 2008 au bénéfice du CFDRM.
Toutes reproductions totales ou partielles hors photos sont autorisées


Massage et cinéma
D'une vie à l'autre

  

eddie_cibrian.jpgEddie Cibrian dans D'une vie à l'autre, masseur sexy ou prostitué masculin ?

Ce cubain d'origine né au USA fait une courte apparition dans "D'une vie à l'autre" pour laquelle il joue le rôle d'un masseur. Jusque là rien à dire à part que la scène devient rapidement érotique et cumule bien des interrogations : le massage encore une fois vecteur de sexualité, un professionnalisme bafoué et le theme plus rarement abordé de la prostitution masculine au "déficite" de l'économie féminine.

Des origines cubaines, _sorte de must latin dans un pays sans beaucoup de liberté et auquel il ne reste que l'expression du sexe réservé aux riches adipeux_ mais Américain, qui confère à ce corps stéréotypé made in mâle dominant et hétérosexuel, un statut d'acteur vraiment sexy. Sûrement en faut-il plus pour réussir dans le cinéma mais ça a au moins le mérite d'exagérer les lignes directrices des valeurs que l'on prête au corps et plus spécifiquement aux hommes.
Alors, lisons le synopsis du film "D'une vie à l'autre", "Il s'agit de l'histoire d'une riche bourgeoise, Judith Nelson, amère et névrotique, depuis que son mari, médecin, l'a délaissée pour une ravissante pédiatre plus jeune qu'elle. Un soir, dans un club de jazz, un inconnu, la prenant pour une autre, l'embrasse fougueusement. Ce baiser inopiné va réveiller Judith. Quand elle rentre dans son luxueux appartement elle regarde pour la première fois le liftier, Pat, jusqu'alors invisible, petit homme rond et mélancolique. Que peuvent avoir en commun Judith et Pat?"

Cette présentation vaut tout de même son pesant de machisme. "l'histoire d'une riche bourgeoise, amère et névrotique, depuis que son mari, médecin, l'a délaissé pour une ravissante pédiatre plus jeune qu'elle." Qu'à donc pour effet cette phrase si ce n'est celui quelque part de légitimer implicitement le comportement d'un mari qui ne pouvait que "délaisser" une riche bourgeoise, comprenez une vie emmerdante, au bénéfice de la fraîcheur ? De plus, le malin ne s'est pas éloigné pour rien mais au contraire, _stéréotypons un peu plus_ pour une ravissante pédiatre plus jeune qu'elle. Rien que le fait d'être plus jeune semble déjà là un argument de poids dans une société où l'image semble absolument nécessaire et qui dans le cas présent, se glisse dans le corps d'une jeune et ravissante pédiatre. Cette prise de distance rend donc notre bourgeoise amère et névrotique et surtout, laisse supposer qu'elle en avait déjà les prédispositions.

Dans la scène de massage que comporte ce film, le rôle du mâle sûr de lui est poussé à son paroxysme avec le beau ténébreux Eddie Cibrian. C'est le baiser d'un inconnu qui se trompe de personne qui la réveille, c'est-à-dire d'un autre homme qui certes se trompe de personne mais en même temps l'ébranle. Il faut donc dépoussièrer tout ça et comment ? Mais en mimant les comportements masculins afin, là encore, de les faire légitimer par le beau sexe rendant l'acte d'autant plus banal qu'il devient pratiqué par tous et surtout par toutes. Ainsi, une femme libérée serait une femme se livrant aux mêmes pratiques que les hommes...
Alors, que fait cette Judith désespérée ? Et bien elle se paye un masseur. C'est ici qu'intervient notre beau et ténébreux et cubain et américain Eddie Cibrian et c'est précisément l'objet de ce papier. Précisons tout de suite qu'aucun des qualificatifs que je vais employer n'est péjoratif et préjudiciable au massage ou aux qualités de l'homme, ces caractéristiques prises toutes ensembles ne donnent qu'un profil avantageux, trop avantageux et in fine orienté au service, des hommes, toujours eux.
Ce profil est celui du macho, du dominant, du fécondateur est là, et cette femme si active dans son initiative à se payer un masseur redevient passive, même si la forme change un peu, c'est elle qui passe commande d'un masseur, le consomme comme un mec mais avec les attributs de la femme fatale. Ainsi, on voudrait nous faire croire que l'égalité homme/femme passerait par l'imitation des comportement de l'autre. Car c'est bien un masseur que Judith demande et non un massage, c'est un homme prudemment dénué de tous les vocables grincheux habituels, comme pute ou gigolo mais c'est pareil, il y a quasi synonymie avec masseur, même si l'on atténue l'évidence par un beau latin avec toute sa charge émotionnelle de sérial baiseur, de Ferrari du sexe. Ce n'est jamais dit parce que c'est le statut même qui l'exige mais ce garçon est un prostitué masculin.
Judith est l'autre versant féminin de la femme fatale car ce n'est que dans sa condition sociale que Judith est présentée comme, riche, bourgeoise, et ce n'est que cette seule période de sa vie qui l'a fait devenir amère et névrotique mais le casting n'échappe pas au mythe hollywoodien, Holly Hunter est en réalité belle, blonde et vamp. Quand on veut faire sport on roule en Ferrari, quand on veut renvoyer l'image d'une personne libérée on sort avec un latin symbole de sexe. Le masseur dispose aussi de tout une armada de stéréotypes assez proche et fondre le latin dans un masseur c'est lui ajouter une fonction de geisha on ne peut faire mieux, à part peut-être de sur-rajouter de la pression là où les hommes n'en non que déjà trop.



L'appartement est, comme nous le montre cette vidéo, de standing. Le masseur brun, bronzé, large d'épaules, est déjà en boxer tantôt noir dans cet extrait, tantôt blanc comme sur la photo, peut-être pour souligner l'ambivalence noir/blanc, pute/masseur si tenté que les professions puissent se définir par une couleur. Bref, un masseur professionnel en caleçon, tous les muscles sont bien à leur place, est assez étonnant. La cliente, elle, est en peignoir de satin blanc, de dos. Elle se dirige vers l'abat-jour de façon déjà très suggestive et ne se retourne que pour répondre à son masseur dont on vous restitue le dialogue.
_ "Ca fait combien de temps que vous ne vous êtes pas fait masser ?"
_ "Heu, je ne m'en souviens pas"
En version française on entend que dans l'intonation de la voix ce n'est pas le retour aux origines qui est recherché, ce n'est pas une femme prête à se laisser aller à une détente profonde par les arts traditionnels du massage qui vous fait déjà oublier tout ce qui vous entoure et vous qualifie socialement, mais bien une femme avec des arrières pensées d'homme, à moins que ce soit la façon dont les hommes rêvent de voir les femmes... La question qui suit est posée par le masseur, de face, dans un mouvement qui le fait aller vers la table de massage, c'est-à-dire vers le lit encore vide
_"Est-ce qu'il y a des endroits où vous voulez que j'insiste particulièrement ?.
Comme dire cela. Le sexysme devient ici insoutenable et presque Edenique, elle éteint la lumière, se retourne et répond sans équivoques sur ses intentions,
_" Je peux décider plus tard ?

Il ne s'agit pas de savoir si les gibosités du sous-vêtement du ténébreux seront saisies par les mains d'une Eve en proie à l'ennui mais bien quand est-ce qu'elles le seront avec le consentement des deux. Plus qu'une résolution de la condition humaine nous avons là un sexysme anti féminin évident mais ce qui n'apparaît pas immédiatement c'est que ce sexysme joue dans les deux sens en heurtant de plein fouet les hommes tout en égratignat gravement les métiers du massage. Ce film tente de nous montrer une femme prise au dépourvue par la décision de son mari qui finit par s'adapter assez vite à la situation en singeant d'abord le comportement des mecs puis en retrouvant au bas de chez elle, en la personne de son liftier, un espoir. Tout semble parfait pour cette femme mais avant de comprendre ce que son liftier, donc autre élément passif dans l'histoire, elle passe par tous les stades, y compris celui de s'offrir les services d'un masseur. Ces choses là sont toujours délicates à manipuler et les victimes ne sont pas seulement celles que l'on crois c'est-à-dire, les femmes. On ramène le mâle à son valorisant statut de reproducteur ou plus précisément dans le cas présent, d'assouvisseur de femmes en manque et d'ailleurs, comme beaucoup de ces masseurs "spéciaux" satisfait-il également les hommes. Car si ce n'est jamais dit, nous avons là au cinéma la scène d'une femme qui s'offre un gigolo qui est aussi masseur et aussi un être humain.

Le plan final de cette bande-annonce de laquelle j'ai tiré ces photos de moindre qualité nous montrait les deux mains de Judith se posant virilement sur le cul du masseur pour ne laisser aucun doute sur la suite de ce massage et de ce que nous véhiculons en tant que professionnel(le)s. Je dis "montrait" car la scène en a était retirée, il n'empêche que j'en avais fait une capture que je vous livre en fin d'article.

eddie_cibrian5.gif

Alors ce n'est qu'une bande-d'annonce mais c'est dans ce laps de temps que par le son et l'image que se concentre le message essentiel que le réalisateur souhaite faire passer et là encore, le massage est dévoyé. Que retient-on de ce passage, et bien essentiellement ce qu'il veut nous laisser voir dans l'instant, c'est-à-dire que la vie est difficile, qu'il suffit de ne pas se poser trop de questions et de se laisser aller à ses pulsions. Ce que ce film nous révèle c'est la perpétuelle solitude dans laquelle plonge celui du couple qui le premier se retrouve lâché. Au-delà de l'effet de surprise, il y a la permanence des faits, l'absence de l'autre que contenaient nos habitudes, le retour au point de départ avec dix, vingt ou trente ans de plus. C'est là qu'il faut réapprendre à vivre alors que l'on été devenu spectateur des déboires des autres. Peut-être serait-il utile que nous les hommes réfléchissions à deux fois avant de nous amuser avec ce type de re-sucer sexyste. Ce phallisme n'est plus supportable et en atteignant les femmes on ne résout rien. Ce mec immature qui part avec une pédiatre jeune et jolie, cette femme qui se fait prendre par un dieu-péripatéticien, ce liftier benoît qui se révèle, et le massage qui jamais n'est un refuge et toujours projette les mêmes fantasmes vides de toute histoire ne sert personne.
Ce costume mal taillé destiné à travestir cette femmes des travers masculins, loin de les banaliser, nous déshabille et révèle un sexisme crasse plus tragique que jamais.

eddie_cibrian9.gif

Epouses et concubines

Logo.jpg

Texte libre de droits non commerciaux produit bénévolement par Alain Cabello le samedi 30 août 2008 au bénéfice du CFDRM.
Toutes reproductions totales ou partielles hors photos sont autorisées.


Massage et cinéma
Epouses et concubines

 

Epouses_et_Concubines6.jpg

 

"Epouse et concubines" mériterait de d'être travaillé en profondeur tant ce film est un des plus prodigieux témoignage de la nature des liens qu'entretient le massage avec le pouvoir, ou plutôt devrions-nous dire, les pouvoirs, ceux de l'érotisme, de la tradition, des hiérarchies. De plus nous avons plusieurs formes de massages magnifiquement sublimés par Zhang Yimou. Ainsi, le massage des Epouses et Concubines prend une part centrale, et dans le cérémonial qui organise le prestige que constituerait le privilège d'avoir été choisie par le maître pour passer la nuit avec lui, et comme l'élément le plus actif du rite. Il est une communication qui s'installe jusque dans les sonorités qu'il produit, destinées à faire savoir aux autres épouses le rôle prépondérant que l'élue a.

Premier massage : Nous avons ce premier massage assez surprenant pour un oeil occidental qui consiste à frapper la plante des pieds avec de petits maillets armés de grelots sonores au son saccadée. Ces sons se placent comme de véritables massages-sonores comme le raffinement de l'Asie a su le développer pour devenir beaucoup plus que la simple conséquence d'une décoration d'ustensile destiné à sa pratique. La rythmique gestuelle mais aussi sonore est une mise en perspective de ce que suggère ce massage. Il annonce à toute la maison qu'une épouse bénéficie d'un massage destiné à la préparer pour la couche du maître. La trépidation symbolise le rituel, l'installe dans sa permanence.
Les pieds, recouverts d'un linge rouge lourd de sens est une extension du sexe et de sa préparation à l'amour comme l'Asie a su le formaliser. Ce n'est pas pour rien si le pied prend une telle place dans les massages asiatiques jusqu'à l'extraordinaire travail de la réflexologie. Tambouriner sur ce tissu c'est frapper, solliciter le droit d'entrer et en même temps commencer le travail érotique d'approche génitale. C'est un peu comme une extension du Lotus d'or qui consistait à bander les pieds des filles pour qu'ils ne dépassent pas 7,50 cm. Les souliers portés le jour des noces étaient également souvent brodés de scènes érotiques parfois très explicites et destinées à instruire l'épouse.
Le massage musical prévient la cité entière que la tradition se poursuit immuablement. Celle qui est choisie est celle qui possède la capacité à ce moment là de donner un enfant, une descendance au maître pour perpétuer la dynastie avec tous ce que cela suppose de domination et de privilège.

Epouses_et_Concubines1.jpg

 

Deuxième massage : Si Songlian est la dernière des épouses arrivées Qi Zhao, la servante constitue une des concubine. La rivalité entre ces deux femmes est immédiate et Songlian, la surprend en train de fricoter avec le maître, dans sa propre chambre. Certes, celui-ci a tous les droits mais cela heurte l'orgueil de Songlian et installe une tension supplémentaire entre les deux pièces de ce rouage traditionnel. Le maître s'agace de cette sensibilité et décide d'interrompre ses faveurs à la nouvelle arrivée et lui préfère une autre de ses épouses. Mais pour tout le monde cela signifie que quelque chose s'est mal passée ce qui n'est jamais bon dans un monde  aussi codifié que féroce...
Le massage qui suit est un de plus bel exemple d'érotisation par projection. Songlian n'étant plus visitée par le maître n'est plus massée mais les sonorité des maillets continuent à spécifier à tous qu'une épouse est choisie sur le même mode. Elle projette donc le privilège d'être massée en fermant les yeux et en s'auto-massant les pieds, l'un contre l'autre. Le fond est noir et illustre bien de sa solitude, l'apparat est remplacé par les jambes suspendues réduite à des frottements, simulacre de massage. Cette scène est très belle et lourde d'érotisme féminin. Le pied symbole de sexualité est là, filmé abandonné, obliger d'imaginer ce que d'autres ont le privilège d'avoir, être massés avant l'amour. Privilège, certes, mais privilège usurpé puisqu'en tant que nouvelle épouse, c'est elle qui devrait être à leurs place, et cela à cause de Qi Zhao, la servante. Ce qui est intéressant dans ce film c'est absence du maître qu'on ne voit jamais en gros plan. Il est omniprésent, il est celui autour duquel tourne ce monde mais on sent que le sujet n'est pas là. Aucune étreinte n'est montrée, son visage même n'apparaît que comme un personnage secondaire. Ce qui se joue dans ce film ce sont les relations entre épouses et concubines et le schéma complexe que constituent leurs vie.

Epouses_et_Concubines7.jpg

 

Troisième massage : Scène de massage du maître par la deuxième épouse qui se présente que l'amie la plus proche de la nouvelle arrivée. La suite montrera que les rivalités ne s'encombrent pas de sentiments. Ce massage fait partie des percussions.

Epouses_et_Concubines8.jpg
 

Quatrième massage : La flute que lui avait donné le père de Songlian a disparue. Elle appelle Qi Zhao qui lui jure ne pas y avoir touché. Songlian ne la croit pas et l'entraîne de force dans la chambre qu'elle habite. Qi Zhao la supplie, elle dit n'être pour rien dans ce vole mais quand Songlian pousse la porte de la chambre de la servante, elle découvre des lanternes rafistolées et allumées selon le même cérémonial réservé aux épouses. Cela représente un acte grave. Songlian fouille alors les affaires de Qi Zhao à la recherche de sa flute mais à la place de celle-ci, elle trouve une poupée destinée à l'envoûter.
Seulement les caractères écrits dessus ne peuvent avoir écrit par Qi Zhao qui est analphabète. Songlian jure de ne rien révéler de toute cette mise en scène si celle-ci lui révèle qui les a écrit. C'est la deuxième épouse, celle qu'elle croyait être son amie.
Cette figurine ensorcelée constitue une forme de massage chtonien, de massage souterrain non plus destiné à faire du bien mais à inviter le mal. Les caractères peints ainsi que les aiguilles enfoncées sont massage. Ces aiguilles, dans la tradition chinoise ont un double langage puisqu'en effet, ce sont des aiguilles que l'on utilise pour soigner. L'acuponcture est au coeur du système de soin traditionnel chinois mais il est détourné pour devenir une sorte d'anti-acuponcture destinée à tuer. Nous aurions là matière à mener des travaux intéressants le massage et la mort du CFDRM.

Epouses_et_Concubines9.jpg

 

Cinquième massage : Les relations entre Songlian et sa servante ne s'estompent pas et nous montrent dans la scène suivante un massage de domination et de hiérarchisation dirigée à l'intention d'une seule. L'épouse, ancienne universitaire qui à du interrompre ses études et donc, ce mouvement vers l'indépendance de l'esprit, par manque d'argent, rejoint le cercle traditionnel par le mariage arrangé qui ré-enferme l'individu en lui demandant de reprendre sa place. A son tour Songlian ne manque pas une occasion de rappeler à Qi Zhao sa place de domestique.
Le massage suivant est manuel, on sent la tension qu'il y à entre Songlian, la dernière des épouses arrivées et sa servante, Qi Zhao. C'est cette servante qui constitue une des concubines. Elle l'oblige à contourner la tradition, à lui masser les pieds, à se soumettre à ce massage de dominant. Qi Zhao est obligée de prendre la place de la vieille édentée préposée au massage et de masser sa maîtresse de façon assez similaire à celui qu'elle aurait eu si elle avait été choisie. Elle marque sa différence et lui stipule qu'à défaut d'avoir été choisie elle reste potentiellement une des élues ce que Qi Zhao n'est pas.

Epouses_et_Concubines5.jpg

 

Sixième massage : Nous sommes là en présence d'un autre simulacre de massage dans la chambre de la servante qui rêve au plus profond d'elle-même d'être une de ces épouses. Ce massage fantasmé est à mettre en parallèle avec celui que projette au même instant Songlian qui entend comme tous les personnes de la cité, raisonner les maillets de l'élue du soir.
Cette scène est très belle et nous montre l'ampleur de la solitude de celle que personne jamais ne masse et la puissance de l'esprit que l'imagination transcende.
Zhang Yimou nous montre ici un massage vraiment sompteux qui se caractérise par l'absence de touché. Pour ce faire masser il faut être deux mais quand on ne l'est pas on fait semblant et pour cela, nous avons la scansion de cet autre qui suggère. Le son dans ce film est immédiatement associé au massage mais même sans lui, la seule présence des lampions allumés suffit à installer l'atmosphère douce de la relaxation et de l'érotisme. N'oublions pas que les lumières rouge sont celles de la préparation à l'amour avec le maître.
En France, les lanternes rouges servaient à signaler l'entrée des bordels. Le rouge est associé à la sexualité.

Epouses_et_Concubines11.jpg

Septième massage :  Songlian, feint d'être enceinte comptant sur la présence quotidienne du maître dans sa couche pour l'être réellement. C'est du quitte ou double. Si cela réussi, elle s'imposera comme celle autour de laquelle tournera toute la maison, mais si elle échoue... Elle demande au maître que Zhuoyun, la deuxième épouse, vienne la masser alors qu'elle lui a délibérément coupé l'oreille en la coiffant pour se venger d'avoir écrit son nom sur la poupée retrouvée chez Qi Zhao. Bien sûr, rien n'est dit, tout n'est toujours que sourires et conventions, mais la rivalité entre ces femmes fait rage. Qui a dit que le massage n'était jamais que douceur ?

Epouses_et_Concubines6.jpg

mercredi, 22 juillet 2009

Trois catégories de masseurs

Par chacun de ces articles, je tente de définir toujours plus finement, au gré de mes réflexions, la place du massage et le rapport qu'il entretient avec la sexualité est un sujet vraiment passionnant qui m'amène à repositionner le corps et la place de chaque individu avec le sien, sans pour autant stigmatiser ceux qui détourneraient le massage de ses fins. D'ailleurs, masturber un sexe, celui d'un homme ou celui d'une femme ne saurait être exclue des gestes massants sous prétexte de non conformité aux valeurs établies. Il faut juste que chacun trouve sa place et que je puisse me positionner clairement. Ma situation sociale est une succession de marqueurs positifs par lesquels il me serait aisé de prendre confortablement mes distances avec ces "pseudo masseur(se)s" qui nous voleraient notre légitimité. Dire que le sexe est mal en massage parce que je ne le pratique pas, c'est prendre ma place sur la grille déjà existante des valeurs admises. Les professionnels du sexe étant ceux en bas de l'échelle sociale que l'on placerait encore une fois dans la catégorie des coucous voleurs de nid, comme s'il était possible d'établir une antériorité dans les moeurs.

Hom allongé.jpg

Trois catégories de masseurs
J'ai donc isolé trois catégories de masseurs indépendament des pratiques que je vous propose ici : je pense qu'il y a tout d'abord celui qui a compris le parti qu'il pouvait tirer du massage pour vendre de la sexualité en donnant à une clientèle un accès moins crue qu'une tarification au détail ; il y a celui qui entretient une proximité sincère avec le massage tout en s'accommodant de satisfaire plus ou moins fréquement les demandes de fin de séance, quand il n'adosse pas lui-même sa sexualité à celle de ses clients et enfin, il y à celui qui ne jure que par la technicité de son touché, de sa formation et de l'environnement au sein duquel il professe.

Je ne pense pas qu'il faille les cataloguer « prostitution », « perversion » et « professionnalisme », je pense que les trois sont aussi légitimes et nécessaires à l'espèce humaine. La société s'organise en fonction de ses besoins. Pourquoi faire l'effort de masser une heure alors que je ne sais pas spécialement le faire, que je n'en éprouve pas l'envie et que mes clients ne viennent pas pour ce prétexte mais bien pour ce qu'il dissimule ?

Au début de mon propos je parle des "fins du massage" mais de quelles fins s'agit-il et surtout, l'une serait-elle plus prestigieuse que l'autre ? Quelque chose me laisse penser que l'ordre qui suit ces propos va peut-être m'être moins favorable. En effet, des bienfaits que l'on peut attendre du massage il y a par ordre de priorité le thérapeutique, (soins et/ou prévention), le relaxant où je me situe et le sexuel. Et voilà, de la première place, je suis passé à la seconde en jouant sur la seule priorité culturellement acquise de tous mais qui change selon l'angle de vue.

Se soigner ou se prémunir des maladies en ré-ouvrant nos chakras, comme autant de portes vieilles et récalcitrantes destinées à toujours se refermer en coinçant nos énergies dedans semble une priorité assez légitime, en second viendrait la nécessité de se détendre pour n'être plus qu'à l'écoute toute pure de soi et pour finir, nous aurions le massage bassement sexuel. Le soin, la relaxation, le sexe me semble être le bon ordre en effet, et pourtant, pourquoi donner au sexe la dernière place ? Est-ce que le massage sexuel serait une sort de Juda n'écoutant que ses propres intérêts ? Mais tout cela me semble bien teinté de judéo-christianisme. Et si nous metions le sexe en tête, le massage en serait-il dévalorisé pour autant ? L'intention serait-elle le Cheval de Troie que les Grecs de la prostitution auraient utilisés pour faire entrer dans les remparts du massage un sexe ennemi ? Moi je crois que le massage a aussi pour vocation la dispersion de ses acquis pour mieux se reconstituer autour des primitives géométriques qui le parcourent. C'est un peu comme pour les images vectorielles que vous pouvez réduire ou agrandir sans déperdition de qualité en suivant la forme principale qui les composent, cette forme géométrique primitive. Vous pouvez réduir le massage à un point bien précis ou l'élargir pour lui donner une forme plus générale sans qu'il n'y ait de dégardation précisément parce qu'il suit une sort de schéma achétypale attaché à l'espèce qui le pratique et qui retrouve toujours ses propres lignes de force. Le sexe en est une extrêmement puissante et présente partout mais ce n'est pas pour autant qu'il faut lui abandonner l'espace au détriment d'autres formes de touchés, il faut juste en cultiver de nouvelles.
Au fur et à mesure que j'écris, j'essaye de me positionner et de trouver le bon angle de réverbération pour chacun, c'est comme pour la lumière qui n'a pas de couleur et don le spectre en révèle pourtant sept qui ont toutes leur origine et leur fonction.

29o1wlw.jpg

Le sexe en massage apanage des prostitués serait donc tout aussi légitime que la thérapies des kinésithérapeutes, ou la relaxation des masseurs qui tentent de parvenir au résultat escompté sans la contribution des deux premières ? Et bien je pense qu'à cela j'ai déjà répondu dans d'autres papiers, ce n'est pas d'atteindre ses objectifs qui est important c'est de savoir comment on s'y prend pour les attendre. L'assujétissement de l'autre a cette forme d'esclavage bourgeois par la sexualité qui se justifierait parce que l'on paye et que les acteurs sont d'accord, ne change rien au fait que l'individu pratique par automatisme des fonctions naturelles. Elle me répugne en massage mais guère plus que de voir des masses aller travailler tous les jours pour une vie souvent miséreuse et que cela profite toujours aux mêmes.

Je suis d'accord que l'on aménage dans nos métiers du massage un espace légal aux professionnel(le)s du sexe.L'ancienneté des pratiques ne les rend ni belles ni bonnes et ce n'est pas tant la prostitution que je souhaite légaliser que la perversion de la loi l'interdisant que je veux changer. Ce qui fait peur c'est l'amalgame, c'est d'être moi-même pris pour un prostitué, assimilé comme tel et en effet, comment me définir vis-à-vis de cet autre dont les moeurs se distinguent pourtant tellement des miennes ? Comment à l'énoncé de mon métier puis-je garantir de ma probité ? A l'énoncé de votre métier vous n'avez à garantir de votre probité et si c'est le regard des autres sur vous qui vous inquiète, alors Je vous dis de le dominer par vos acquis. Je pense que le comportement s'adapte à la pratique et que celui ou celle qui épouse une technique, intègre son enseignement, sa philosophie, fait une vraie formation, organise un espace conforme aux impératifs de qualité qu'il s'est fixé, porte en lui l'éthique qu'il propage. Ce que je conseillerais, c'est de se mettre au clair de ce que l'on sera amené à entendre toute sa vie précisément parce qu'on travaille sur le corps et d'intégrer une bonne fois pour toute que le sexe, voir la prostitution qui en est la forme la plus sysitématique, doit être considérée comme quelque chose de normale. Ma technique n'est ni au-dessus ni en-dessous de telle pratique jugée délétère et si je dois m'en dissocier ce n'est en suivant le faux-plis du réflexe socio-culturel mais par la puissance de ma seule réflexion. Avez-vous ou non travaillé sur le sexe, sur sa place en massage ? Vous entendrez toujours ses allusions gourmandes sur l'horizon des possibles avec vous mais lorsque vous écoutez un enfant apprendre à lire, vous ne le traîtez pas de crétin, la réponse est dans la pédagogie. Toujours vous aurez des massé(e)s ânonnants, des personnes qui se cherchent et si vous leur renvoyez les textes caduques de la loi ou des moeurs, ils se détourneront de vous alors que si vous leur expliquez, par les mots ou par la beauté de votre travail que ces moments que vous dessinez pour lui et sur lui valent, non pas mieux mais autrement par la rareté de ceux qui le pratiquent, et bien, celui que vous aurez enmené l'aura vraiment été pour autre chose. Même s'il y a pensé très fort, qu'il y a tenté souvent, ce que vous lui aurez donné ne restera pas sans mémoire.

11183472.jpg

Ce n'est pas le prostitué qui porte la prostitution, c'est le sexe qui la génère et l'homme la pratique tout autant qu'il la condamne mais c'est toujours l'exécutant que l'on critique et non le commenditaire. Le client de la prostituée n'est jamais nommé, il garde son qualificatif de "client" c'est-à-dire de consommateur alors que la praticienne se dévalorise socialement. C'est cela qu'il faut combattre et ce sera sûrement l'objet d'un nouveau papier. En tout cas, dans la fédération du massage français que je compte créer, les professionnel(le)s du sexe seront représenté(e)s.

Mercredi 22 juillet 2009
Par Alain Cabello

samedi, 01 novembre 2008

Hygiène anale défectueuse

Cas d'école
Hygiène anale défectueuse
Texte plutôt réservé aux pros du massage.

Là encore, je vous cite un cas d'école intéressant, pas très glorieux mais c'est aussi notre quotidien.

Un garçon me téléphone à l'institut que je dirige, il souhaite venir dans 30mn pour 30mn de massage organique. Il est déjà venu une fois et demande un massage français organique, ce massage étant une technique globale dans laquelle on masse tout, sexe et anus compris sans entrer dans la sexualité.

Il arrive et me dit qu'il souhaite 30mn rapidement redéfinit sur un budget de 50€. Il manifeste donc là son désir de verrouiller sur un montant sachant que si il y a un dépassement de mon fait, il est pour l'établissement. Le but est de s'adapter au budget ou au temps dont les gens disposent plutôt que des les contraindre sur des durées imposées, souvent source de perte pour les instituts et les masseurs et masseuses de domicile, c'est ce que nous allons tenter de démontrer ici avec ce cas typique.

Mon logiciel m'indique à montant égal que la durée correspondante est de 36mn. Il ne souhaite prendre ni douche au début, ni douche à la fin puisqu'il va ensuite faire du sport.

Le massage français organique étant un massage global je procède dès le début à ma jonction Atlas/anus destinée à démontrer qu'il n'y a pas de zone tabou. Masser l'anus ou le sexe en toute fin de massage tendrait à lui redonner la dominance de statut que le massage français s'évertue précisément à lui faire perdre par cette approche directe. Je constate alors un manquement flagrant à l'hygiène que le deuxième passage confirme. L'hygiène étant défectueuse, je ne touche donc plus à l'ensemble du périmètre anal.

A la fin de son massage ce garçon demande une prolongation de 5mn sur le sexe et l'anus... 5mn sur 36mn cela représente de façon purement arithmétique 13,89% de plus. Cherchez un placement qui vous rapporte 13,89%/jour ? Je lui indique qu'une prolongation le fera sortir de son budget à concurrence de 7€/5mn, ce qui lui convient.

Je lui suggère alors de prendre une douche localisée à l'anus, afin d'avoir un massage qui soit conforme à l'organique... Il comprend, se lève, va se laver. Je lui fournis une serviette, du savon puis il se ré-allonge... Au bout des 5mn, alors que j'allais intervenir pour lui dire que sa prolongation s'achevait, il me demande 5mn supplémentaire sur le sexe, soit, de-nouveau 13,89% de prolongation.

Le massage terminé, comme la première fois qu'il été venu, il décide que vraiment, l'huile est trop grasse pour se rhabiller comme cela et demande à prendre une autre douche, ce qui est en effet tout-à-fait légitime.

Il se douche, se sèche avec la serviette chaude que je lui tend et se rhabille. Ainsi, les deux douches et le rhabillage ont représenté 10mn, soit 27,79% de plus. Cela vous choque peut-être mais c'est une réalité froide conforme à toute bonne gestion d'un institut et surtout cela vous montre combien le fait d'imposer un tarif au début est contre productif.

Le Bilan

Nous constatons, sur ce cas d'école tout à fait réel, que ce garçon, pourtant au fait du fonctionnement du massage français et de l'institut, verrouille sur 50€, soit 36mn de prestation. On peut donc penser légitimement que le massage durera en effet, 36mn. Il n'en est rien et dans ce cas d'école, et bien c'est vous qui allez payer la différence et vous allez voir qu'elle n'est pas négligeable.

Une hygiène défectueuse oblige le masseur à ne pas masser comme convenu la zone incriminée. Le jeune homme ne comprend pas spontanément la raison pour laquelle l'anus ne lui a pas été massé alors que c'était prévu et demande alors une prolongation, précisément plus marqué sur l'anus. Nécessité est donc faite pour le masseur de lui suggérer une douche locale.

Ainsi, non seulement la personne demande 5mn de plus, mais son hygiène la contraint à se doucher. Cela veut dire que si vous ne vous êtes pas organisé pour le satisfaire, tous ce qui suit n'étant pas prévu, est payé par vous et subi...

Ainsi, si vous ne vous organisez pas et offrez un massage de 30 mn comme bcp d'instituts et bien vous êtes déjà en perte. 7€/5mn c'est 42€ alors qu'un massé qui limite son temps par contrainte financière se fixe toujours un montant, pas une durée. J'ai, 40€, 45 ou 50 mais je ne prends pas pour 42€ de massage. Le billet de 50€ est souvent la base parce c'est un chiffre rond qui ne nécessite aucun rendu de monnaie. Là vous avez, deux prolongations successives, deux douches et son rhabillage qui ont représenté au total exactement 20mn de plus, soit 55,56% des 36mn de départ. 20mn + 36 lui ont permis de manager tout-à-fait librement son massage et de le mener à 56mn, c'est-à-dire plus du double de ce qui été prévu.

Règlement

Sa note fut de 78€, il sort trois billets de 20€ et deux de 10€, soit 80€ et refuse les deux euros de monnaie que je lui tends.

Si je n'avais pas eu cette flexibilité là :

Sans le massage organique Français, il ne prenait pas de prolongations et disposait de l'appoint nécessaire, deux billets de 20€ et un de 10€.

Grâce à cette organisation, il a pu prolonger à souhait et plus que doubler sa séance initiale.

Au lieux des 50€ initiaux, il m'en a donné 80 et a refusé la monnaie ce qui ramène l'augmentation à 160%.

Si vous voulez avoir une vision comptable du pour-boire généré, deux euros ont représenté 4% de 50€ et 2,56% de 78€.

La leçon à en tirer

Bien sûr, il ne s'agit pas d'appréhender votre massage par le seul filtre de l'agent et des taux mais de savoir ce que cela vaut ou vous coût de ne pas vous organiser.

Un masseur ou une masseuse de massage lambda n'est jamais à 5mn près mais dans ce cas de figure se sera vous imposer 55,56% de prestation en plus ou plus précisément 56mn pour 50€ alors que le prix sur lequel vous étiez tombé d'accord était 36mn pour 50€. A durée égale, vous vous êtes laissé imposé une baisse de prix qu'il ne vous aura même pas demandé... Cela veut dire qu'à taux égal, sur ces 36mn, vous aurez en réalité été payé que 32,14€ tout compris... Mais bien sûr, vous avez vos 50€ en poche et vous n'y aurez vu que du feu.
Par contre, si vous ne visez pas à la qualité et que vous cumulez les massages de 30mn en terme de planning, c'est pareil, vous donnerez une heure complète et vous perdez la mise. Les massages à 50€ de l'heure c'est pareil, si vous ne vous organisez pas, vos massés occuperont sans le vouloir le même ratio et votre chiffre ne décollera pas.

Un masseur ou une masseuse de massage français n'est pas davantage à 5mn près, mais lui ou elle se fait payer au prorata et personne n'est lésé. Pas mal de masseurs réduisent un peut le massage, grignotent 5 ou 10 mn à leur massé quand ce n'est pas 20mn quand le "client" vient pour des massages plus spéciaux. Mais là vous grugez votre client et certains ont même le culot, cas là aussi avéré sur 60€, de vous faire remarquer que "le massage" n'ayant pas duré que la moitié du temps ne veulent alors payer que la moitié du prix même si vous les avez branlé à la fin. 30€ pour un petit massage et une masturbation c'est non seulement vous faire prendre pour une pute au tarif d'un philippin sans papier mais en plus pour un con. Alors que sur la base d'un compteur vous n'avez plus intérêt à diminuer votre massage, et en contre partie devez ré-hausser la qualité de votre travail.

Combien de masseur ou une masseuse pas à 5mn près ont perdu ces 30€ sur moins d'une heure de travail ? Et quel est le montant de la perte annuel ? Amusez-vous à mettre ces ratios sur le chiffre d'affaire d'une année d'exercice... C'est astronomique.

Pour l'hygiène c'est pareil, que ce garçon ait l'anus inopérant pour un massage est naturel. Vous n'êtes pas là pour juger les gens, dire qu'ils sont sales, qu'ils ne doutent de rien, on n'a tous été confronté à ces réalités corporelles dans notre propre pantalon ou dans notre sexualité et l'intime ne change rien aux impératifs catégoriques de propreté. L'objet de mon propos c'est de dire, préparez-vous à être professionnel, à savoir quoi répondre en génant le moins possible mais à ne pas vous laissez faire non plus. Vous êtes des masseuses et des masseurs pas des assistants sociaux. Soyez là où l'on vous attend.

jeudi, 07 août 2008

Les thématiques

L'objectif de ces thématiques c'est d'aborder des sujets que l'on n'aborde jamais en massage, hygiène, odeurs corporelles et autres miasmes souterrains. La forme du blog permet cette latitude. Le but de ce blog est de poser des réflexions de fond sur le massage mais plus généralement d'aborder les questions pratiques pour que le ou la personne qui veut devenir masseur ou masseuse acquière les bases, et ce, gratuitement.
Ne vous étonnez donc pas de la crudité de certains textes, l'objectif est de poser les choses sans ambages.

Thématiques proposées :

Thématique : l'haleine
Thématique : la transpiration
Thématique : masser un phlegmon

jeudi, 03 juillet 2008

Ingrid libérée, le MASSAGE toujours otage

 

La FNEMF partage la joie générale notamment par le biais de son Président Alain Cabello très sensible à cette cause mais la libération d'une femme ne doit pas faire oublier les milliers d'otages pas seulement enfermés dans des jungles exotiques loin de notre culture mais aussi incarcérés ignominieusement jusque dans les prisons de nos démocraties.

Pour la FNEMF la prison que l'on tente de faire sauter est celle de la loi qui nous enferme dans l'exercice illégal de la médecine et l'interdiction qui nous est faite d'en employer le terme et tous ces dérivés en tant que professionnels.
Le massage est aujourd'hui prisonnier dans la jungle des lois de France et reste aux mains restrictives d'un Code de la Santé Public en décalage avec le ressenti général.

Nous sommes, nous les masseurs et masseuses de France les otages de cette loi inique prétexte à d'incessantes poursuites judiciaires, intimidations et biens d'autres procédés digne d'une République bananière.

Nous ne serons jamais des, Relaxologue, terme à la solde de l'ordre établi. Ce rapt linguistique fait sur le mot massage montre combien la France respecte ses élites et écrase ses toucheurs en laissant la prostitution s'installer pour mieux ensuite justifier le maintient de son interdiction.

Le mot massage est un terme générique vital à l'exercice de l'ensemble des massages du monde et ne saurait plus longtemps demeurer la propriété d'un seul, celui de la kinésithérapie qui s'est jadis arrogée sa seule exclusivité.

Notre métier meurt autant que meurent les libertés dans un pays qui ne donne à ses citoyens que l'option de la prostitution et de l'argent facile qu'il prétend interdire. La FNEMF dénonce l'anarchie des formations, qu'il faille une ordonnance pour se laisser masser et les conséquences d'une telle inorganisation, la non reconnaissance des massages traditionnels sous prétexte qu'ils sont thérapeutiques.

Pour libérer Ingrid comme pour sensibiliser autant de monde autour d'elle ne fallut-il pas toucher et toucher n'est-ce pas déjà masser ?

Collectif de Libération du Massage

 La FNEMF Exige la restitution du mot massage "aux gens massage"

Ingrid Bétancourt est libre mais le massage lui, ne l'est pas.
Rejoignez le mouvement

Alain Cabello
Jeudi 03 juillet 2008
http://www.fnemf.fr  

 

 

 Marcel carton Vincent Koffemann
Laurence Aubenas
le MASSAGE

 

 

mardi, 01 juillet 2008

Thématique : la transpiration

Rejoindre l'accueil des thématiques

3679159404.jpgAvec l'été la température augmente et avec elle, celle du corps qu'amplifient les mouvements nécessaires au massage et la présence d'une deuxième personne dans un espace restreint.
Chaque massage est un coureur cycliste qui s'engage parfois sur des étapes longues. le corps perd alors beaucoup d'eau que l'évaporation ou le pouvoir d'absorption des vêtements ne suffisent pas toujours à disperser.

Ce qu'il faut savoir, c'est que cette moiteur corporelle étrangère est, très généralement, extremement mal perçue par l'entourage.

Il est deux type de transpiration :
1 celle que vous produisez en vous déplaçant pour venir par exemple chez votre masseur(euse) ou chez votre massé(e)
2 Celle que produit le corps sur place pendant le massage.

Elles ne sont pas du même ordre, la première impliquant d'être plus ancienne et souvent plus odorante que la seconde. Cette sueur dont on a pas d'ailleurs toujours conscience est délétère dans un espace clôt. Il faut savoir que le massage favorise une promiscuité corporelle caractéristique et la perception de cette production corporelle peut prendre des aspects vraiment répugnants.
Je n'écris pas ces textes pour vous épargner ce que nul part ailleurs on ne vous dira par souci de convention, et le non dit aboutis souvent à des massages, voir carrément à des rapports humains, complètement dénaturés. Je vous invite donc à ne pas poursuivre cette lecture si vous craignez de rencontrer le Diable dans le détail, parce que c'est à ces détails qu'on le reconnaît parfois et il n'est pas beau à voir. Si ce n'est pas toujours agréable à lire imaginez ce que c'est que de travailler dans un endroit saturé d'odeurs humaines ?

DSC_0055.jpg

Ce qu'il faut savoir c'est que chimiquement, la sueur se compose de 99% d'eau et ne sent donc pas mauvais ou ne contient pas suffisamment de molécules odorifères pour être perçue par l'odorat humain. Le % restant se compose de sels minéraux (chlorure de sodium) qui lui donne ce goût iodé, de la vitamine C, des anticorps, de l'urée, de l'acide urique mais aussi de l'ammoniac qui rendent la sueur très instable. C'est sa décomposition par le biais de la prolifération bactérienne qui est à l'origine de cette odeur acre qu'on lui connaît. Plus la dégradation s'accentue, plus l'odeur devient forte. La sueur charrie aussi avec elle de l'acide lactique, ce qui a la propriété d'attirer les moustiques mais sachez que l'on y trouve aussi les médicaments que vous consommez... C'est une sorte d'urine tégumentaire, c'est-à-dire de la peau, de plus, la transpiration est un marqueur sexuel d'envergure. Des études scientifiques ont démontrées que lorsque les femmes sont en période d'ovulation, celle-ci se dirigent plus spontanément vers les sièges dont les cousins ont été frottés aux plis axillaires masculins et ce constat est le même quelle que soit l'orientation sexuelle.
Mais, si la sueur fait partie intégrante de toute sexualité assumée et complètement aboutie, elle implique une proximité privilégiée que l'on à pas avec tous et que la grand majorité des couples n'a pas forcément atteint, voir savent entretenir.
Pour ajouter la seule partie glamour à ce texte sachez que bien des pubs de boissons "à servir très frai" et autres marques souhaitant relever l'érotisme de leur produit, nous on montrer d'irrésistibles individus de race humaine, transpirants comme des bêtes et pour lesquelles nous avons tous eu du mal à quitter l'écran des yeux... Mais bon, néanmoins, très généralement, votre odeur corporelle après une journée active n'est pas le parfum préféré de votre partenaire ou collègues de travaille, même si au début on pardonne beaucoup...

Sachez que les hommes transpirent davantage que les femmes ?
Plus vous êtes musculeux, poilu ou de forte carrure, plus vous aurez une propension à suer. Au-delà des températures estivales, le massage vous amènera à bouger parfois beaucoup.
Les saisons chaudes correspondent aussi à une augmentation de la production hormonale.
Les masseuses transpireront beaucoup plus lors de leur menstrues.
La hausse de température corporelle ne déclenche pas seulement le système de refroidissement qu'est la sueur. Le poil joue le rôle de diffuseur et selon la région concernée, l'odeur ne sera pas la même.
Les règles féminines n'ont pas la même intensité selon le cycle, il est donc conseillé d'arborer une hygiène irréprochable. Les hommes ne sont pas exempt de production très odorifères chargées de message sexuels qui peuvent rendre la région génitale, axillaire (aisselles) et anale extrêmement dérangeante.

image26f.jpg

Certaines personnes transpirent énormément lors de la conjonction mouvement/température/sexualité. Il m'est déjà arrivé à de multiples reprise d'être massé par des masseurs qui finissent par dégouliner de sueur au point d'entendre un goutte-à-goutte régulier tomber sur le tapis  de latex ou carrément sur moi...
Imaginez un homme ou une femme, qui vient se faire masser chez un professionnel, qui paye pour cette parenthèse de détente et de raffinement que représente un massage dans une journée, et voit son masseur s'embraser progressivement pendant la séance au point que tout ne devient que moiteur autour de lui. Idem pour la personne massée qui à pris sa douche avant de venir alors que sa chemise est trempée. L'odeur est alors monstrueusement répulsive et l'impression que l'huile se mêle au jus corporel est vraiment sans nom. Je parle d'expérience, en tant que masseur, de situations auxquelles tout pro. sera confronté régulièrement à défaut de proposer une douche à ces clients mais dont il peut lui aussi faire l'objet en tant que client... Ne nous plaçons pas en victime de gens sans hygiène lorsque nous-même pouvons être régulièrement pris à défaut, c'est le seul moyen de rester en alerte et que notre esprit critique vaut aussi pour nous-même.

Ces zones saturées de sueur peuvent en révéler d'autres. La raie de fesses, comme tout plis naturel, présente toutes les conditions nécessaires à la fermentation et plus généralement à l'exhalaison des odeurs que les mouvements du massage des fessier rendent volatiles. La sueur entretient ici une humidité qui peut prendre un aspect mouillé auquel s'ajoute la dimension fécale. Se raser ne change rien. Le poil permet à l'humidité de s'évaporer plus rapidement par contre il retient davantage les odeurs. Vous raser facilite l'hygiène mais encore faut-il que celle-ci soit opportune. Prendre une douche le matin ne sert à rien si vous allez à la selle après et négligez de vous nettoyer l'anus ensuite. Nous les professionnel(le)s du massage, selon le type de massage que nous pratiquons (shiatsu et thaïlandais se pratiquent habillé), sommes ainsi parfois confrontés à des effluves anales qu'éventent les muscles fessiers qui s'ouvrent et se ferment au grès de la gestuelle utile. (Dans le massage français organique, la raie est massée)...

La conscience de cette situation embarrassante peut amener à un vrai stress lui même source d'augmentation de température et de la production de transpiration.
Vous n'êtes plus alors qu'incandescence, dégorgeant au-dessus de votre client qui reçoit par intermittence ce jus de vous-même, étranger à son corps, tantôt dans le cou, tantôt dans le dos...

Que faire ?

  1. Sûrement pas vous raser si vous êtes poilu. aucune profession ne doit exiger une modification profonde de son intimité.
    Vous éponger régulièrement est tout aussi élégant que de se moucher en présence de quelqu'un. De plus vous casserez le rythme de votre massage sans compter que cette sudation gênante, ruine l'état d'esprit du massage.
  2. Votre client(e)s est de son côté en enfer. S'il fait très chaud laissez les fenêtres fermées, humidifier votre espace, prenez-vous une douche fraîche même chez votre client(e), si vous avez transpiré, la personne vous en saura grès et préjugera favorablement de votre hygiène. Si cela n'est pas possible, lavez-vous les mains, les avant-bras et mouillez-vous le visage. Sachez que si votre corps a transpiré avant le massage, cela signifie qu'il a été en surchauffe et que toutes les conditions sont réunies pour que cela recommence. De plus votre peau, vos poils sont saturés d'humidité et si ça a séché c'est une mince pellicule de sébum et de sel qui persiste et rendra votre corps prédisposer à re-suer.
  3. Mettez un DEODORANT, habillez-vous léger façon marcel, évitez les vêtements synthétiques, n'hésitez pas à vous mettre torse nu si cela suffit à vous refroidir. Le vêtement peut s'avérer être une excellente éponge mais qui qu'il en soit regardez le standing des lieux ou le niveau social de la personne. Prévoyez un linge humide et frai que vous vous passerez sur les bras et les jambes dès le début et un verre d'eau. Ne mettez pas un claçon ou un boxer sous un short
  4. Pensez à mettre si nécessaire un bandeau de tennisman autour de votre front, c'est aussi pour cela qu'on demande aux cuisiniers de mettre une toque. C'est naturel de transpirer mais souvent très incommodant pour soit, alors imaginez pour les autres ? De plus, ça se prévoit.
  5. Attention aux parfums qui peuvent tourner avec l'acidité de la sueur, son PH n'est pas neutre.
  6. Lorsque vous vous faites massez exigez de prendre une douche.

Dans tous les cas, le massage sera modifié et mal perçu. Si votre masseur est répugné par votre corps ou que votre client est incommodé par vos odeurs corporelles ou par les liquides qui en suinte, alors l'escapade que représente le massage deviendra une sort de thriller gore.

Rejoindre l'accueil des thématiques

mardi, 17 juin 2008

Pulsion de mort dans le massage

Nous nous sommes interrogés au CFDRM s'il fallait tomber dans l'évidence du noir pour cette page peu commune. La réponse nous fut proposée par l'histoire de la mort en occident et de sa symbolique, celle de l'oeil qui se clôt pour mourir ou pour se laisser masser, celle de l'esprit qui s'éteint ou entreprend le vide en soi l'instant d'une séance. Le noir était culturellement la couleur la plus chargée, la plus proche de la pénombre nécessaire à son accomplissement. Étrange entrée en matière aussi que ce texte d'ouverture qui s'interroge sur la pertinence d'une couleur, plutôt de d'aborder d'entrée le sujet _pourquoi le massage et la mort ?_ pourtant la couleur est messagère de bien plus de choses qu'une simple réaction rétinienne mais si il ne fallait en retenir que celle-ci, alors on peut dire que ce que oeil perçoit reste bien le privilège des vivants et de ces mises en lumières. Alors pourquoi l'étrange mésalliance, inhabituelle et méchante pour le moins surprenante, entre le massage et la mort ? Si le massage est si souvent mélanger à l'amour porteur de rouge et d'éros, le massage ne pouvait échapper à ce versant singulier dont les ombres tendent naturellement à nous dissimuler les premières manifestations de ce thanatos. Ce que Freud installa durablement dans la psychanalyse ne pouvait pas décemment ne jamais résonner dans les arcanes aussi forts complexes du massage. C'est à la mort de sa fille, Sophie, sa chère éblouissante Sophie en 1920 et trois ans plus tard de son petit fils, Hans, mais aussi celle de Karl Abraham, un de ses plus brillant disciples en 1925, qu'il élabora cette théorie de deux forces pulsionnelles de vie et de mort comme forces élémentaires constitutives de l'homme nécessaires à son équilibre mental, comme il le développera dans son livre, Au-delà du principe de plaisir. Les adeptes de cette école freudienne eurent du mal à intégrer cette dynamique alors que Freud apprenait la même année que la mort de Hans qu'il était atteint d'un cancer de la mâchoire. Le choc à lui seul ne pouvait-il pas suffire à expliquer ces relents de désarrois ? Pouvait-on penser un seul instant qu'à la seule peine un esprit si fin se laisserait prendre au point de confondre l'aveuglement de la douleur avec la perspicacité de sa pensée ? Le massage contient ces mêmes contraires et les pulsions l'animal de l'humain qui le pratique, le vit et le ressent.
Nous avons là de nombreux travaux à développer entre massage, psychanalyse et les liens qui s'entretiennent avec les pulsions de mort.

Nous verront que le massage contient sa part de violence comme une sorte de massage en négatif, d'anti-massage venant en négation du corps. Et puis, le CFDRM pouvait-il seulement ignorer un tel invité originel ? Non bien sûr. Il a sa place et pas la moindre si l'on veut bien prendre la peine de l'extraire de son étriquée définition biologique.

Lorsque l'on connaît le massage de relaxation qui se définit souvent comme un retour aux origines, on a du mal à imaginer, lorsqu'on y songe, qu'un retour si profond se fasse sans que jamais, nulle part, la présence de la mort ne soit présente. Le massage c'est la confiance, c'est l'abandon et l'abandon c'est confier à autrui sa sécurité... Je me laisse aller, "je m'en remets entre tes mains, je perds le contrôle" mais qu'est-ce donc que le contrôle si ce n'est la mise en sécurité de son corps par la veille de l'esprit ? Le bien-être est cette notion de laisser aller et si on le ressent avec tant d'intensité c'est précisément parce que l'homme primitif qui sommeil, replié en nous, n'a pas oublié les dangers de l'existence et ce qu'il en coûte des inattentions, lorsque l'on assiste impuissant aux conséquences des accidents de la vie sauvage. Si nous prenons un peu de recule et surtout le temps de réfléchir à ce que signifie par exemple l'expression, "dormir sur ses deux oreilles" on comprend bien qu'il ne s'agit pas de la même chose que de "ne dormir que d'un oeil". Le sommeil, selon les circonstances est certes, bénéfique, relaxant, mais il peut s'avérer mortel. Dormir, c'est bien là le danger. Dormir c'est se détendre et se détendre c'est déjà relâcher son attention. Ne dit-on pas d'un massage qu'il "permet de lâcher prise" ? Lâcher prise constitue les prémices d'une stratégie très ancienne ancrée chez les animaux de meute qui consiste à déléguer l'attention de chacun et donc de la sécurité du groupe à un seul, afin de se nourrir ou chasser convenablement, comme la partenaire enceinte délègue à son congénère le soin de la nourrir le temps de sa grossesse qui la rend inapte à le faire elle-même, le massé prépose ainsi son masseur à rester attentif pour lui tandis qu'il s'offre le rare plaisir de se laisser aller sans trop risques...
Pourtant, si l'abandon peut être source d'inquiétude, alors le toucher de l'autre, la proximité immédiate d'un tiers constitue un risque non négligeable. Dans un massage le danger est considérablement mesuré mais il persiste quoi qu'on fasse même si le premier échange contient, sans qu'on s'en rend compte, une kyrielles d'informations propices au terrain. L'agressivité nécessaire dans le conflit comme marqueur des potentialités des forces dont on dispose s'effacera en faveur de signaux d'invites. Les codes sociaux que nous libérons sont autant de mises en concordances de nos appartenances culturelles. Poignées de mains, civilités, sourires, prévenances seront autant de signaux de non agressivité et de soumission de nature à apaiser.

Renseignements pris, rassuré par l'environnement d'accueil, le massage peut commencer. Pourtant la parade mortelle n'a pour le coup pas cessée de s'étendre et se poursuit alors que tout semble pacifié. Seulement dans le couple recomposé pour les besoins d'un massage, persiste tout un ensemble de conditionnements qui rappellent notre place dans la société. La présence double de l'autre instruit de fait la dualité dans ce qui n'est pas moi et se révèle source de danger. Jamais deux ne seront identiques et cette présence des différences suffit à établir un rapport de force potentiellement létal à l'identité de l'autre. Celui qui domine est celui qui soumet et la soumission c'est admettre la toute puissance de l'autre sur mes acquits de vie avec la permanence du sujet de mort. Dans un massage, le passif n'est pas forcément celui qui se laisse masser mais peut concerner le masseur ou la masseuse selon la hiérarchie habituelle des sexes mais aussi des fragilités qui font que l'individu massant, donc pourtant dans la position de dominant, peut tout à fait se placer instinctivement par le massage en situation de négociation de statut. La létalité se situe dans ce processus d'effacement identitaire pour aboutir à une forme inconsciente de laisser-prise-de-pouvoir volontaire. Cette dominance passe par tout un complexe de signaux dont le corps est vecteur. Par le positionnement, la puissance du geste, sa spontanéité, son énergie, de l'information passera en permanence sans qu'une seule seconde soit neutre de toute charge communicationnelle. Le massage est féminin par sa bis-écoute, chacun entrant en communication avec un corps, celui du massé. Seulement le corps est lui masculin, intrusif et jamais tout a fait isolable du corps également masculin du masseur ou de la masseuse ce qui établit là l'opposition et donc l'amorce du conflit. La prostitution en est une forme mais elle n'est pas la seule. L'art du massage identifié dans un conflit du type prostitutif devient la victime de cet enjeux et se trouve en grande partie détruit dans ses principes comme dans son esprit. La scène devient alors la photographie d'une mise à mort qui ne sera pas sans blessés et pas non plus sans être pourvoyeur de conditionnements sociaux me confortant dans mes dispositions de prédateurs que nous avons tous.
En fait le massage idéal n'existe pas, il s'agirait de tenter d'atteindre une sorte d'équilibre inexistant et fantasmatique entre l'homme, sa nature, l'art qu'il conçoit par le massage et le ménagement des espaces nécessaires à deux protagonistes également éclairés de ces phénomènes inconscients. Autant dire un mythe.
Nous ici là matière à travailler sur les rapports qu'entretiennent massage et anthropologie qui ne peuvent se définir sans la thématique de la mort. 

La position de mort est aussi présente dans les symétries corporels, dans la dualité des sens, dans le parcourt même que décrit la gestuelle du praticien ou de la praticienne. Nous avons là une sorte de Cène, prenant le corps pour table et les sens de chacun pour convives en rejouant à jamais ce dernier des repas finissant par la mort du maître. Masser c'est réunir pour à jamais trahir l'esprit d'un maître qu'on est venu chercher pour mieux le crucifier après, comme si les deux natures, humaine et divine, de l'un comme de l'autre, ne pouvaient tout à fait être conciliés mais recherchait à être Ré-concilié, c'est à dire, conciliées à nouveau, comme si la première fois ne pouvait être que celle de la rencontre en prévision d'une autre à venir, qui serait le mariage mais un mariage qui passerait par le meurtre. Prévision, et si le massage était une "pré-vision" de quelque chose d'inabouti en l'homme ? La nature christique de ce concept est nullement fortuite mais au contraire profondément sociologique et anthropologique, incapable de se détacher tout à fait de son fond archétypal. Échapper à la terreur de la mort est la poursuite de tout combat sachant que l'art du massage est art de guerre, enfermé momentanément dans une mandorle qui n'est qu'une projection de notre désir d'être rassuré. Et comme être seul n'est jamais la meilleure façon de sur-veiller l'inéluctable, la dualité est la façon la moins tragique de conserver l'autre comme témoin de ce danger et spectateur de notre mort, même si elle risque de venir par celui censé nous en prévenir. Mourir seul reste aussi inconcevable que de naître seul. Se faire masser c'est le Christ dans le sépulcre, finir son massage c'est la naissance, c'est rejouer la création, c'est renaître.

Le massage vu comme une pulsion de mort dégage toute une topologie, tout un cadastre qui le rend particulièrement insolite à étudié et il me semble que le laisser au seul confort des formalismes sociaux le dénature plus que d'admettre la part de non être qu'il contient. Le retour aux origines entend une deuxième naissance, un peu comme une image mythologique de retour à la fontaine de jouvence, celle de la renaissance, mais c'est oublier que cette renaissance passe par une sorte de mue, de mort pour de faux. Là nous sommes en plein alchimie mais toujours dans le giron proche de la mort. Lisons pour cela Jung, Psychologie et Alchimie, et nous verrons ce processus de la mort du roi dévoré pour mieux renaître. Pas aussi érudit que cette volumineuse sommes de savoirs anciens nous aurons tenter de vous démonter, à l'instar de ce disciple de Freud, que le massage trouve écho dans jusqu'au plus profond des cérébralités de l'anthropos. Si l'alchimie peut révéler par chacune de ces productions, son rapport étroit avec la psychologie humaine on voit bien qu'elle révèle tout autant, dans les corps des massés/masseur, des combats inconscients qui se jouent sous la surface calme d'une mer en proie à l'agitation du vivant et c'est ce mouvement de fond que décrit le geste. Ici nous retrouvons l'Abba et le Béra, rapport entre le modeleur et le modelé tel que nous le présente Marcel Jousse. Voilà la magie du massage, voila ce qui s'ordonne sous les mains d'un masseur ou d'une masseuse et c'est ici que l'on prend conscience que réduire le massage à des contingences de temps, l'enfermer dans une heure comme dépasser les frontières de la sexualité pour accomplir les basses oeuvres d'une sexualité, sans réel partage, est meurtre, pire encore, est assassinat. Et ne disons pas que les mains de celui ou de celle qui nous masse ne guide pas ce genre de pensée et que la prosaïcité de vos rapports n'ont d'équivalent que celle de son toucher, car toujours, culture est derrière, culture est partout. Ce n'est ni l'esprit, ni le savoir qui font la qualité du vivant mais sa nature intrinsèque.
Et voici posé le lien entre massage et alchimie, religion et croyances joint à leur terrain de prédilection, la mort. 

Le fait d'aborder cet aspect du massage nous montre qu'il n'y a pas d'espace où l'homme puisse échapper à cette inquiétude sournoise. Oublier ou tenter d'oublier la mort c'est déjà mourir et ce de la façon la plus tragique et inversement proportionnelle à l'effort que l'on produit pour ne pas y penser. Car, si il y a quelque chose de pire encore que de mourir c'est bien l'effacement de la mémoire collective qui constitue l'irrémédiable anéantissement. Parler de la mort de quelqu'un le relie à une forme primitive de vie qui fut, et à l'influence qu'elle à eu sur ses contemporains et sur ceux qui en parlent. Exister de nouveau, l'espace d'une conversation, c'est le dernière moyen de vie qu'il puisse nous rester, tributaire que nous sommes des événements de ceux qui nous survivent. Peut-on d'ailleurs toujours se dire "tributaire que nous sommes des événements" alors que le verbe être n'est plus celui qui sied à notre statut de disparu ? En tout cas, c'est bien de ne plus parler d'un mort, comme si il n'avait jamais posé ses pieds sur terre, qui nous fait être si créatif.
Néanmoins, ce lien si secret qui se tisse entre le massage et la mort n'est pas toujours de mauvais augures. Le massage, isolé dans une scène de film d'horreur, peut se muer en un assassinat monté pour effrayer, pour confiner la raison dans les derniers retranchements de la folie, mais le massage, confronté à la mort, peu tout autant s'avérer un précieux allier et le massage dit cardiaque de nature à relancer la pompe nécessaire à notre circulation sanguine, a déjà extirpé de la mort des millions de personnes depuis qu'il fut découvert. Nous avons donc bien un aspect morbide que révoque la discipline prise dans son acception relaxante à une technique dont les résultats ne sont plus à démontrer.
Philosophie et même cinéma rejoignent le thème du massage que nous nous appliquerons à révéler dans sa forme noire.

Massage des morts au Mali ou au Niger, massage de mort par l'effacement d'une lettre létale au Golem dans la mystique juive, massage de la mort par les phénomènes de passage à trépas, massage de retour du monde des morts à Madagascar, massage cardiaque pour relancer la vie, les traces du massage corrélées à cette perte de substance vitale à toute vie sont nombreuses.

Ainsi, cet aller que nous vous proposons n'est pas toujours sans retour et brille des milles facettes d'un surprenant diamant, noir, va sans dire.

Mardi 17 juin 2008
Par Alain Cabello

lundi, 16 juin 2008

Histoire du massage au Moyen-Âge

Ce texte provient de la rubrique histoire du massage du site du CFDRM

Au Moyen-Âge, les sources sur le massage se raréfient...

Le Moyen-Âge conserve cette idée fausse de période noire, sans pensées, qui attend la Renaissance. C'est faux bien sûr mais cela ne se vérifie pas en massage. Sa foisonne au 19ème, mais avant rien...

Quand commence et se termine le moyen age ? A la mort de l'antiquité. Bien sûr il s'agit-là de périodes et non d'édifices que l'on pourrait dater par son act de construction même si dans le cas présent nous avons celui de déconstruction, guerres perdues, successions etc.
 

L'antiquité prend fin, _comme nous le voyons sur le schéma de Jean-Francois Mangin, avec la chute avec la chute de l'empire romain d'occident en 476 par Odoacre. S'amorce alors ce que l'on nommera le haut moyen-âge matérialisé par la dynastie des Mérovingiens qui s'éteindra en 751. Charlemagne né au même moment et inaugure le règne des Carolingiens et l'émergence du Haut Moyen-Âge jusqu'en 987 avec la mort du roi, le traité de Verdun et la partition du royaume en trois parties, l'occidentale, la Médiane et l'orientale.
Les Capétiens entament un long règne contenant toute la période du Bas Moyen-Âge jusqu'en 1589 et l'événement de la Renaissance.

Mais que c'est-il passé en massage ?
Certes, nous disposons de textes de Galien, d'Hippocrate parlant de massages, de frictions comme Avicenne le fera au Xe siècle mais ensuite nous passons directement à Ambroise Paré qui conseille la friction pour favoriser la circulation du sang ; Guillaume Du Choul nous parle dans son livre "exercitations grecques et romaines", des massages qui se déroulaient dans les bains romains, mais ces ouvrages datent du 16ème siècle, c'est-à-dire de la fin du Moyen-Âge. Alors que s'est-il passé entre-temps ? Nous avons là pas moins de mille ans d'absence.
Dans le tableau de l'histoire des massages de George Berne et de Dujardin-Beaumetz, que nous propose Berne dans son ouvrage Le Massage de 1894(p.3), la division qui nous est proposée part de la période dite primitive pour s'achever à la 6ème, nommée, actuelle. Mais à la grecque, qu'il place en 4ème position, fait place celle de la Renaissance.

Le XIVème siècle verra une vague de froid sans précédent s'abattre sur le continent, marasme économique, pauvreté extrême, disette et en 1348 la peste décime les deux tiers de l'europe. De fait, on peut comprendre que les traces du massage se soient alors altérées, mais avant cette tragédie les Capétiens firent de la France le plus riche royaume d'europe jusqu'à Saint Louis, petit-fils de Philippe Auguste, alors pourquoi donc rien ne subsiste ?

Il est évident que beaucoup d'ouvrages sont à relire sous l'angle du massage mais les traces écrites de cette époque restent rares. Le livre sous sa forme actuelle en ce début du moyen-âge n'existe tout simplement pas. Le premier Codex dont on ait la trace, date du IXe siècle, voir la petite histoire du livre que propose le CFDRM sur la page des livres rares que contient son fond documentaire. Au paravent les écrits étaient sous forme de rouleaux que l'on nommé Volumen. Peu pratiques et surtout fragiles ils se conservaient mal à cause du support utilisé, le papyrus. L'invention du livre comme nous le connaissons aujourd'hui représente à la fois une évolution pratique et technique en remplaçant le rouleau de papyrus par la superposition de "pages" non plus en papier friable mais en cuir, en parchemin, c'est-à-dire en peau de vau tannée nommée Vélin beaucoup plus résistantes.

Jusqu'en 1450 le livre est manuscrit ce qui signifie, écrit à la main, et ce, généralement par des moines copistes qui se réunissaient dans une salle appelée scriptorium ou scriptorias au pluriel. L'importance de l'église, le nombre de monastères qui contenaient d'autant plus de moines que le gîte et le couver leur étaient assurés à des périodes souvent très instables du point de vue politiquement ou climatique, explique pourquoi les trois quart des ouvrages de l'époque étaient religieux et seul un quart traitait de loi et de médecine. Donc, si le massage se pratiquait de façon plus confidentiel dans les masures du peuple de France, nous n'en gardons pas de traces, en tout cas pas de traces écrites hormis celles que la médecine a pu laisser lorsqu'elle a su y trouver un intérêt médical et surtout braver les interdits qui pesaient sur le corps. Nous l'avons vu, à l'époque romaine, les thermes dans lesquelles se pratiquaient les massages étaient de véritables lupanars qui engendraient autant de grossesses illégitimes, que de maladies vénériennes au détriment de la morale, prè carré de toujours des religions. Au moyen-âge ce sont les étuves qui prennent le pas sur les thermes en hygiène publique et furent l'objet d'une étroite surveillance. Rappelons les nombreux écrits religieux condamnant le corps, sa faiblesse et les risques que cela comportait de se laisser aller au stupre et à la luxure. Un empire était tombait, alors que pouvait prétendre un corps lors du jugement dernier ? Le massage était une des portes du Latium donnant celle-ci sur le mal et l'église ne pouvait que le condamner. L'écrit peine donc a exprimer la réalité de la vie quotidienne des petites gens sachant que seules les élites savaient à peu près lire, écrire, et qu'il n'était pas aisé de se lancer dans la production lourde et coûteuse d'un livre traitant de sujets populaires aussi secondaire que le massage. Nous devons donc nous contenter de bribes au détour de livres traitant de tout autres sujets.

Alors, le massage qui avait accompagné l'empire romain lui-même inspiré des techniques connues des grecs, avait-il d'un coup disparu sous toutes ses formes ?
Il nous faut distinguer le massage direct fait dans l'objectif de rélaxer, de détendre autrui du massage pratique, indirect, que l'on pourrait nommer massage-malgré-lui mais quel qu'en soit l'objectif, gestes soignants ou esthétisants amènent invariablement à une confusion de sens que génère le toucher.
On peut masser sans s'en rendre compte, sans qu'il soit nécessaire de lui donner un nom. Doit-on nommer ce que la morale réprouve et ce que le corps attend et l'esprit comprend ? Que le geste soit thérapeutique, esthétique ou intime, son passage est source de bien ou de mieux-être mais son context peut-il suffire à l'isoler de ce qui constitue un massage et de sa définition ? La seule production de plaisir solliciter par le stimuli de la peau deviendrait-elle incongrue au regard de l'intention première ? Peut-on vraiment chasser tout sentiment de détente sous l'impulsion d'un toucher même si celui-ci n'était pas fait initialement pour détendre ?
Dans quelle mesure, l'époque, le rapport au corps pouvait-il permettre ces épanchements, ce laisser-aller ? Dans le petit peuple qui se levait à l'aube avec le soleil pour rejoindre les travaux des champs et ce couchait avec lui pour économiser au mieux les chandelles, peut-on envisager qu'il y ait eu massage ? Selon les périodes la vie était dure, violente, les maladies, les guerres, les catastrophes naturelles scandaient l'existence d'une vie faite de labeur souvent au service d'un plus puissant que soit. La nature des habitations, la promiscuité ne laissait elles-mêmes sûrement pas beaucoup de place à la vie intime et aux prélassements de leurs habitants. Néanmoins, de ce peuple est né bien des formes de jeux, de distractions ; certains s'en sortaient incontestablement mieux que d'autres. Le temps permettait alors de penser à soi comme le suggère l'art de la toilette indissociable du paraître en société. Les bains, l'utilisation des onguents, des huiles, des plantes réduites en pommades est l'amorce du massage. Il est étrange qu'une tradition romaine ait ainsi subitement disparue. De plus, si le massage est aussi anciennement lié à la prostitution de par la proximité qu'il convoque avec le corps, c'est parce qu'il fait partie intégrante de l'histoire de l'homme. On peine à croire que cette forme de prostitution ou en tout cas de collusion avec le corps ait brutalement disparu sur ordre de l'église. Que l'ordre ait été donné cela ne fait aucun doute, que les menaces afférentes aient été prononcées, nous le croyons bien, mais il y eu toujours des latitudes non négligeables entre la décision et l'application, entre les nécessité de la morales vue par d'autre et les nécessité du corps vue par soit sans même qu'il soit utile de condamner le laxiste. La seule compréhension de l'ordre, la seule perception de l'inconscient à toujours plongé l'homme dans des abîmes de réflexions qui certes, produisaient leurs effets mais dans un laps de temps qui suffisait toujours à l'expression d'une forme de liberté primitive difficilement contrôlable. Les chansons, les jurons, prenaient des libertés que ceux qui les prononçaient n'auraient pas eu l'audace d'orchestrer. La dérision suppose un espace de liberté insoupçonné auquel le massage n'a sûrement pas pu échapper surtout quand il permet d'aborder le corps de l'aimée. La caresse qui précède, accompagne ou succède à l'amour charnel est un massage primitif et il nous semble étonnant que ces mille ans de moyen-âge ne soient que gomme et néant et n'ai n'ait trouver d'alternatif pour se développer.

Là où ça se complique c'est que plus les sources sont anciennes, plus elles sont difficiles à localiser puis à déchiffrer. De plus, le massage n'est jamais qu'un geste qui ne nécessite pas d'outils pérennes et ne refait surface lors de fouilles archéologiques que de façon détournée.
Par exemple, la proximité que le massage entretient traditionnellement avec le bain et la toilette de façon générale est à la fois son malheur et ce qui le sauve. L'énormité de la production en faveur de la toilette l'a complètement esquivé. Le massage n'a besoin ni de fares, ni de vêtements ou de parfums nécessitant autant de métiers, d'outils et de gens pour espérer ressortir de quelques vestiges ayant échappé au temps comme à la destruction des hommes. Néanmoins, l'encombrante personnalité de la toilette à permis la création spécifique de vases, de flacons, de pilons pour la production des huiles, des préparations que la proximité avec l'art de la toilette n'aurait jamais produit au bénéfice d'une pratiques interdite et peu fréquente. Ni potiers, ni peintres, ni graveurs ne se seraient spécialisés dans des ustensiles marginalement utilisés et peu vendu si ce qu'ils contenaient ne servaient indistinctement à l'une comme à l'autre.
L'huile, l'onguent pour affiner la peau ne se satisfaisait pas de l'ivresse mais exigeait le flacon qui donnait à la beauté le statut qu'on lui prêtait. Ainsi le massage se glissait dans le sérail des productions artistiques et empruntait à la beauté le vase qu'il partageait avec elle. De son côté, la toilette ne pouvait se séparer de ce fidèle compagnon de ses origines par lequel passe la fascination qu'entretien la peau avec la main, la main, avec la peau. Toucher,prendre dans tous les latitudes fonctionnelle de la main ne peut se faire sans masser.

L'église fut-elle néfaste au massage ?
En histoire il faut se garder des jugements de valeur et considérer que l'interdit vient de rien pour aboutir nulle part. L'empire romain d'occident ne s'effondre pas comme cela, sa décadence avait commencé depuis longtemps. Les romains eux-même se lassaient des facéties des Dieux de leur panthéon, de toute cette extravagance et après s'être pris d'engouement pour la nouvelle conquête Egyptienne, les romains se rapprochèrent des cultes monothéistes, de Mythridate ou des sectes Chrétiennes.
L'église percevait l'exaspération du peuple pour ces agapes, pour ces fêtes sans fins devenues plus nombreuses que les jours travaillés qui ruinait le trésor et déstabilisait l'empire.
Les bains romains, les massages étaient devenus des lieux de luxure et après la dissolution de l'Etat, il est assez compréhensible que la propension aille vers plus de sobriété. Néanmoins les bains comportent en eux la dynamique du massage, longtemps dans l'histoire l'on eu des serviteurs, des "gens" qui s'occupaient de vous. La préparation des bains tout comme la cuisine, le lavage du linge ou la confection des vêtements nécessitaient beaucoup de mains-d'oeuvre. Il est donc assez naturel qu'a la suite du bain le massage se soit immiscé avec davantage de discrétion qu'au paravent mais avec tout autant d'évidence jusqu'à ce que le puritanisme fasse son travail de sape.
Néanmoins nous aimerions trouver des traces de cette condamnation. Y eu-t-il des textes spécifiques mentionnant clairement le massage ou en tout cas la friction ? Y avait-il d'autres mots pour le nommer ?

Bibliographie
Pour l'instant, au vue de ce que nous en savons au CFDRM, il n'existe pas d'ouvrages occidentaux traitant du massage de façon directe. Avicerne, médecin perse du Xe siècle écrira un Canon de la médecine dans lequel il abordera le massage à des fins thérapeutiques avec gravures à l'appui ce qui constitue une source de grade valeur mais rien en France et rien en europe à notre connaissance. Néanmoins, nous voyons bien que la dimension thérapeutique  titille la médecine. La poudre de momie, la bave de crapaud et biens d'autres délicatesses appartenant au règne animal, végétal mais aussi minéral furent pillées, réduites et proposées sous toutes les formes possible que l'on retrouve dans des antidotaires. Nulle raison pour que le massage, les manipulations échappe à cette volonté de soigner sachant le potentiel de détente et les effets évident que le massage a sur la santé. Ce n'est pas pour rien qu'une des gravures du Canon de la médecine d'Avicenne, présente un massage des lombaires. Toutes ces méthodes thérapeutiques parfois très invasives ou répugnantes au résultat sujet à caution auraient été préférées à celles réputées efficaces et agréables ?

http://www.cfdrm.fr/

Toutes les notes