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violence et massage

  • Violence et massage

    Travaux sur violence et massage 

    J'aime beaucoup ce parallèle entre le monde du silence présumé du massage et celui des fonds marins qui n'ont de silencieux que ce qu'ils inspirent aux hommes qui les regardent. Le massage et la mer sont deux immensités qui révèlent et contiennent tout à la fois, le conscient et l'inconscient, la peur de la mort, le désir de survivre, de nager et sûrement davantage de violence que nos désirs de paix nous poussent à l'imaginer. La sauvagerie des contacts, cette rencontre avec le thanatos, avec l'inconnu auquel nos doigts se confrontent, ne nous attire pas vers le corps de l'autre comme on se plaît à l'imaginer dans une sorte d'attirance romantique et spontanée mais au contraire le repousse avec violence et peur tétanique. Les mains sont les extrémités de l'homme et si ces extrémités ne comportent pas d'organes vitaux ce n'est pas par hasard, elles ne sont que des extensions préhensiles et tactiles qui nous donnent à percevoir par les terminaisons nerveuses de la peau ce que nous pourrions être en mesure de prendre et ensuite de porter à notre bouche. Ce sont ces extrémités qui par l'autotomie organisent la stratégie de fuite chez certains animaux avec lesquels nous partageons le règne et ce sont ces mêmes extrémités qui se sont organisées pour permettre l'amputation sans que le pronostic vital ne soit engagé. Le premier contact avec ce qui n'est pas moi, l'infime surface, le bout d'un doigt par exemple, me met en situation de perception de l'autre et constitue un complément d'information sur la nature de ce que je touche mais informe aussi tactilement celui que je touche avec le danger potentiel que représente sa réaction. Ainsi, cette mise en contact qui affine mon information, révèle aussi ma présence et c'est à cet instant que le rapport de force s'établit. Le massage est un apprivoisement qui s'organise autour de cette capacité à toucher naturellement l'autre, mais ce qui est naturel n'est pas forcément sans appréhension. Toute le monde n'est pas en mesure de toucher n'importe quel corps. Certains autistes par exemple ne supportent pas d'être "contacté(e)s", un mot, une mains sur l'épaule peut déclencher chez eux des crises violentes. Je pense que nous sommes corporellement des autistes désireux de solitude, de repos, de silence et parfois aussi en recherche d'issues tactiles. C'est ce que j'appelle l'apprivoisement.

    Le contact défini ce qui est séparé.
    J'aimerais faire ici une autre similitude avec ce que je viens de développer plus haut par cette surprenant violence du massage qui nous semble pourtant à mille lieux de son expression traditionnelle. Je me méfie toujours des images d'épinales, des stéréotypes qui nous livres toutes faites des idées sur lesquelles paraît en biais, "Fragile, ne pas repenser". Derrière ces océans de tranquillité produit par l'homme la douleur ne serait pas. Moi je pense que le massage est beau parce qu'il n'est justement pas aussi évident que cela et que c'est pace qu'il demande un effort, parce qu'il est une construction qu'il est source d'un réel intérêt.
    En physique, la force gravitationnelle à laquelle n'échappe aucun corps dans l'univers se révèle pourtant des milliards de fois moins puissante que la force électromagnétique présente dans chaque atomes qui compose toute matière. A l'époque d'Aristote, le terme "atomos" désignait ce qui n'est n'est pas sécable même si depuis nous avons pu y pénétrer et comprendre que l'enveloppe externe de chaque atome contient une charge électrique négative qui les font se repousser mutuellement. Lorsque mes doigts masse un corps, si ceux-ci ne s'inter-pénètrent pas c'est que nos champs électriques mutuels se repoussent. C'est l'électromagnétisme. Sans aller jusqu'à faire des quatre équations de Maxwell et de Heaviside l'affirmation de mon postulat, je pense que cette répulsion initiale est en chacun de nous. L'autre est source de conflit, deux contient l'opposition, le dualisme. L'homme a ce caractère d'insécabilité qui fait qu'on ne peut entrer sans violence dans un corps défini par la nature. Toucher l'autre nécessite son approbation et cette approbation est une construction positive de soi.
    Le bien-être est l'objectif du massage pour un occidental même si le soin n'est jamais très loin mais objectif n'est pas résultat et bien des facteur peuvent réduire à néant la confiance, le désir de communication afficher par les protagonistes.

    Samedi 8 Mars 2008
    Cabello Alain